Plus jazz que fort

Stéphane Duchêne | Jeudi 20 mai 2010

Festival / Entré l'an dernier dans sa troisième décennie, Fort en Jazz entame celle-ci par un déménagement. Le festival qui jusqu'ici se déroulait au Fort du Bruissin, le «fort» de «Fort en Jazz», investira pour cette édition 2010 l'Iris de Francheville. Une solution moins coûteuse en infrastructure qui permet à Fort en Jazz de se concentrer sur une programmation plus riche et plus longue. En effet, que les amateurs se rassurent, s'il n'est plus question de fort, le jazz lui sera toujours fidèle au poste pour monter la garde pendant les deux semaines que dure désormais le festival. Toujours soucieux de promouvoir les projets innovants en Rhône-Alpes et de sensibiliser les plus jeunes à cette musique qui «englobe toutes les musiques» (cette année le jazz manouche avec la projection du film Swing de Tony Gatlif et des conférences-expositions sur Django Reinhardt), Fort en Jazz n'en soigne pas moins sa programmation, celle-là même qui donne son prestige à tout bon festival. On pourra ainsi y applaudir le génial contrebassiste israëlo-new-yorkais Avishaï Cohen, client prisé de ce genre d'événements qui viendra présenter son nouvel album Aurora. Ou encore la très rock n'roll, pour une jazzeuse (et aussi pour une québécoise), Térez Montcalm, coqueluche des media musicaux. Une programmation assez jeune, loin des habituels jazzeux cacochymes qui ont connu Miles ou Coltrane, puisqu'elle propose également Vincent Segal (de Bumcello) et Ballaké Sissoko pour un duo violoncelle-kora qui promet. Ainsi que Stacey Kent (Madame festival de jazz), ou le trompettiste Ibrahim Maalouf. Bref, un casting qui transpire l'envie d'aller de l'avant et ça fait du bien. SDFort en jazz
A l'Iris de Francheville du 1er au 13 juin.

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Magic system

MUSIQUES | Depuis plus de vingt ans, Malik Mezzadri, plus connu sous le nom de Magic Malik, trimballe sa flûte traversière sur toutes les scènes du monde et (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 10 juin 2014

Magic system

Depuis plus de vingt ans, Malik Mezzadri, plus connu sous le nom de Magic Malik, trimballe sa flûte traversière sur toutes les scènes du monde et multiplie les collaborations jusqu'à la limite de la schizophrénie esthétique. Surtout, avec ou sans son Magic Malik Orchestra, le natif d'Abidjan grandi en Guadeloupe se nourrit, avec un instrument pas forcément taillé pour la légende, d'expériences musicales sans limites, entre jazz, hip hop et électro. C'est ce dernier genre que Malik explore en compagnie de DJ Oil (des Troublemakers), Gilbert Nouno et Hubert Motteau à la batterie sur Tranz Denied. Mais, on s'en doute, en appliquant son propre système de pensée, d'écriture et d'interprétation. La flûte y est toujours présente, mais Malik joue de nombreux autres instruments et chante sur ce qui relève davantage d'une plongée dans des univers musicaux multiples : pop japonaise (le très ludique Shibuyi Memories), world music et donc électro, certes, mais jouée à la manière d'une formation jazz. Tranz Denied est donc un OVNI, ambassadeur idéal de festivals de jazz qui cherchent, comme Fort

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Big Shorter

MUSIQUES | Pour fêter son quart de siècle, Fort en Jazz s'offre, en guise de climax d'une déjà belle programmation (Magic Malick, Roberto Negro, Malia, Bigre !, Médéric (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 3 juin 2014

Big Shorter

Pour fêter son quart de siècle, Fort en Jazz s'offre, en guise de climax d'une déjà belle programmation (Magic Malick, Roberto Negro, Malia, Bigre !, Médéric Collignon Quartet, Carla Bley trio...), une petite escapade du côté de l'Auditorium en compagnie de Jazz à Vienne et, surtout, du saxophoniste Wayne Shorter. Ni plus ni moins que l'un des grands maîtres de la soufflante jazz, et l'un de ceux qui font le lien entre l'ancienne génération, celle de l'âge d'or, des Miles et des Coltrane, et la nouvelle pour ne pas dire "les" nouvelles. Car Shorter affiche haut ses quatre-vingts printemps, ce qui pour un jazzman n'est guère signifiant mais le serait beaucoup plus pour un rocker.  Shorter, c'est donc le saxophoniste du quintette de Miles de 1964 à 1971 – où il côtoya aussi Herbie Hancock, l'un de ses grands partenaires historiques au fil des âges – dont il fut le principal maître d'oeuvre en matière de composition. Mais Shorter, c'est aussi la figure marquante d'un des monuments du jazz-rock (dont il avait au préalable déjà emprunté la voie avec Miles) : Weather Report. Le pont avec le rock ne s'arrêtera d'aill

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Mélange Fort

MUSIQUES | Alors que l'exposition hommage à Django Reinhardt se poursuit au Fort du Bruissin jusqu'au 14 juillet, le festival Fort en Jazz se refermera le 24 juin (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 24 mai 2013

Mélange Fort

Alors que l'exposition hommage à Django Reinhardt se poursuit au Fort du Bruissin jusqu'au 14 juillet, le festival Fort en Jazz se refermera le 24 juin avec les Canadiens de The Lost Fingers, dont le nom est un hommage au maître du jazz manouche et à ses fameux doigts manquants - lesquels ne l'ont pas empêché de devenir le plus grand guitariste de son genre. Pour eux, il s'agit surtout de revisiter à la sauce manouche des standards des années 80. Un bien beau symbole d'une édition 2013 qui n'hésite pas à abuser des mélanges. Ainsi aura-t-on la joie (ou pas) d'assister au grand retour de Matt Bianco, le groupe d'un certain Mark Reilly qui, à l'époque où les Smiths régnaient sur le bon goût, fut l'un des rares Anglais à produire une musique tournée vers le jazz et les rythmes latino. Non sans empocher le pactole avec quelques tubes, dont le mythique Yeh, Yeh. Parmi les prestations à ne pas rater, on notera celle du pianiste et claviériste Bojan Z, grand rafleur de Victoires du Jazz, tout comme Eric Legnini, qui viendra présenter un projet où se croisent afro beat, folk,

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Fortichimmo

MUSIQUES | Très orientée «nouveaux talents» en plus de quelques valeurs sûres, Fort en Jazz joue cette année la politique de l'offre rafraîchissante et du talent juvénile qui transpire par tous les pores du jazz et de ses dérivés. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 31 mai 2012

Fortichimmo

Allez, avouez – faute avouée à moitié pardonnée comme disait mémé avant de nous coller une gifle au lieu de deux – quand on vous dit pianiste d'origine arménienne à Fort en Jazz, vous pensez immédiatement : André Manoukian. N'ayez pas honte, cela a également été notre cas. Eh bien si vous passez faire un petit tour à Francheville à l'occasion de Fort en Jazz, vous en ressortirez grandi en terme de «moi je connais un pianiste d'origine arménienne qui déchire, je peux te dire que c'est une autre came que Dédé Manoukian (qui pourtant n'est pas manchot)». Car oui, le Tigran Hamasyan dont il est question est un peu une bête de pianiste. Qui en plus, enfonce une autre idée reçue trop tenace selon laquelle le piano-jazz serait chiant à mourir (et Michel Petrucciani, il est pas mort peut-être ?). À même pas 25 ans, le jeune Tigran, passé par le Thelonious Monk Institute of Jazz et l'université de South California a remporté tout ce que le monde du jazz compte de prix et fait le tour du monde, quand d'autres peinent, à cet âge, à faire le tour du quartier. Avec son savant mélange de folklore arménien et de jazz, ce fan de rock ouvrira Fort en Jazz en conclusion d'une rés

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Ça jazze fort

MUSIQUES | Festival / Installé au Fort du Bruissin à Francheville, Fort en Jazz est parvenu à forger sa propre identité dans un pays jazz régional pourtant touffu. Cette année, le festival fête brillamment ses 20 ans. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 15 mai 2009

Ça jazze fort

Depuis vingt ans, Fort en Jazz réussit a priori l’impensable : célébrer le jazz dans une ancienne fortification militaire. En transformant un fort du XIXe siècle, sevré de boulets, en centre d’art contemporain perdu en pleine nature, la commune de Francheville est parvenue avec originalité à mettre en valeur son patrimoine (fut-il militaire, il n’en reste pas moins historique). Et c’est ce cadre «fort» qui a permis à Fort en jazz d’asseoir son identité face à des événements jazz voisins (Vaulx, Vienne) qui pourraient lui prendre de la lumière. Ainsi qu’une programmation plutôt bien vue. L’événement cette année est sans conteste la venue du Christian Vander Quartet. À la différence des fondus de jazz tordu, le grand public ignore probablement qui est Christian Vander. Impossible en revanche qu’il n’ait jamais entendu parler de Magma, la formation mythique formée par Vander à la fin des années 60 et qui a vu défiler des dizaines de membres, parmi lesquelles quelques futures légendes du jazz. Quand il n’est pas aux commandes de ce monstre musical qui en appelle autant à Coltrane (son idole) qu’à Stravinsky (idem), Vander évolue avec cette formation plus légère, très prisée des connais

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Fort intérieur

MUSIQUES | Le 12 juin, s’ouvre la partie musicale du festival Fort en Jazz qui, du haut de sa place forte médiévale, suit le jazz sur des chemins de traverse. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 5 juin 2008

Fort intérieur

Si Fort en Jazz à choisi de se retrancher entre les murs d’un fort défensif, c’est peut-être moins pour mettre en valeur le patrimoine local que pour défendre bec et ongles les valeurs et les vertus du jazz. Mais un jazz intergénérationnel et transversal. Pas grand-chose de commun à priori entre Jean-Jacques Milteau, Incognito (from London) et les Nantais d’Hocus Pocus. Si ce n’est le jazz qui cimente les interstices dans lesquels viennent se nicher les particularismes de chacun. Ce ciment-là le festival a choisi de l’exposer, au milieu des vieilles pierres par le biais de l’exposition l’Odyssée du Jazz (débutée le 24 mai, mais visible jusqu’au 24 juin). Manière de retracer, à l’usage des jeunes générations, les grandes étapes et les grandes figures de cette épopée qui court des racines africaines à l’affranchissement absolu que fut le free jazz. Avant d’essaimer librement dans tous les genres musicaux. Cet essaimage et cette liberté, Jean-Jacques Milteau en attestera mieux que quiconque. Son mérite aura été de montrer qu’on peut se faire un nom dans le concert international avec un instrument, l’harmonica, qui tient dans la poche arrière du jean. Instrument qui jusque-là dan

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