Nuage : matière absorbante

MUSIQUES | Le bavard et le faux taiseux. L’un, Damien Pousset, délégué artistique de la Biennale Musiques en scène, qui s'ouvre prochainement, trouve l’idée fondatrice et la malaxe jusqu’au cœur. L’autre, James Giroudon, Directeur Général de Grame, milite poliment et depuis toujours pour une musique contemporaine accessible à chacun. Rencontre avec deux hommes sur un nuage. Propos recueillis par Pascale Clavel

Pascale Clavel | Mardi 25 février 2014

Quid de la musique contemporaine aujourd'hui ?
James Giroudon :
L'idée de Grame a toujours été de trouver, en face de la création contemporaine sous ses diverses formes, des publics qui ne soient pas uniquement des publics de spécialistes. C'est un challenge que nous nous sommes toujours fixés. Les musiques contemporaines doivent être immergées complètement dans la modernité, dans ce qui fait les mutations de la société. La création musicale d'aujourd'hui, ce sont des œuvres de concert aux formats traditionnels mais élargis aux nouvelles technologies. Ce sont aussi beaucoup d'autres types de regard en direction de l'art numérique, de l'image, des arts plastiques… La Biennale, cette année, davantage que d'autres éditions, grâce à la présence d'Heiner Goebbels, donne cette ouverture à 360 degrés. Musiques en scène 2014, c'est la musique présente, ici dans un théâtre, ici dans un musée, dans des lieux que fréquentent des publics très variés. C'est aussi dans la modernité des propositions que nous allons chercher un nouveau public. La musique est là, dans ce melting pot des moyens d'expression.

Damien Pousset : Vous nous demandez en fait pourquoi la musique contemporaine a autant de mal à rencontrer un public. Pourquoi la musique savante, même classique, se communique avec difficulté et comment on doit trouver des moyens pour qu'elle retrouve le chemin vers un public. La musique est un art du temps, un art abstrait. Notre temps va à l'encontre de cette pratique, nous sommes dans un temps très morcelé et nos outils informatiques nous encouragent à avoir un mode de pensée discontinu, alors que cet art-là est plutôt un art du continu. Lors de la Biennale, la musique est dans les théâtres, dans la rue, dans le participatif avec, comme exemple, le concert de téléphones portables. Nous avons mis en place tout un dispositif d'accompagnement du public. Depuis plusieurs mois, nous avons ouvert "La fabrique de l'oreille", des moments de réflexion, aux Subsistances, où l'on invite le public à venir réfléchir à une notion qui n'a a priori rien à voir avec la musique mais à voir avec le thème du nuage. Un des grands enjeux de cette Biennale, c'est de ramener la musique dans une forme de quotidienneté. Dans mon exemple, le téléphone portable, que tout le monde possède, devient instrument de musique. 

En quoi est-elle si différente des autres Biennales ?
JG :
Elle est différente d'abord par sa visibilité dans la ville. La présence des conteneurs, le nuage place des Terreaux… des dispositifs simples mais efficaces. Il est important qu'une manifestation devienne un événement. Je me demande toujours comment nous faisons existence dans une ville où les propositions culturelles sont déjà si nombreuses. Cette année, une étape supplémentaire a été franchie. On demande au public de rester une heure, parfois deux voire six heures à écouter un concert et, dans cette époque d'immédiateté, c'est un enjeu mais aussi un point fort qu'il faut absolument défendre.

D'où vient l'idée du nuage ?
DP :
Le nuage, c'est le cloud computing. L'idée que toutes nos machines, toutes nos données se mettent finalement à fonctionner en réseau, se mettent à communiquer entre elles presque malgré nous. Le nuage, c'est le réseau, la création à distance, la manière dont la musique se met à communiquer avec les autres disciplines. D'où Heiner Goebbels, l'artiste qui représente le mieux cette manière de faire entrer en résonnance toutes les pratiques artistiques. Bien sûr, dans l'idée du nuage, il y a une dimension poétique. Toutes les œuvres présentées travaillent sur la notion de communication mais ce sont aussi des œuvres qui ont quelque chose à voir avec le nuage de façon poétique. Je pense à la première œuvre du festival, un grand nuage de six heures, le 2e Quatuor de Morton Feldman. Cette œuvre, ce sont des microparticules jouées par chaque instrumentiste. Forme longue, méditative, on peut rester six heures comme on peut rester dix minutes. Le nuage aussi comme une invitation à la création à distance. Par exemple le Jardin des songes de Jean-Baptiste Barrière au Musée Gadagne : les gens vont pouvoir venir déposer leurs rêves et à la fin, un concert simultané se donnera entre New-York et Lyon. Nous avons aussi une création avec le centre de détention de Corbas. Des femmes détenues vont jouer dans le cadre du concert du Chœur Britten, travail encore sur la notion d'espace. Autre exemple avec l'univers de Rebecca Saunders, compositrice britannique qui installe des instruments dans l'espace, et les fait communiquer à distance d'une manière très délicate et belle.

JG : Le nuage, ce sont des notions sur lesquelles nous travaillons de manière habituelle à Grame. Nous en avons fait cette fois la tête de pont d'une manifestation, c'est une belle cohérence avec les préoccupations qui nous animent d'une manière générale. L'interconnexion, la création à distance, sont des choses au cœur de nos problématiques. En 2012, la Biennale était autour de l'œuvre de Michael Jarrell, en 2010 autour de celle de Kaija Saariaho, personnalités emblématiques de la création musicale dans toute son ouverture. Je pense que la thématique de 2014 est encore plus en phase avec ce qui nous anime.

Biennale Musiques en scène
Du mercredi 5 au samedi 29 mars

Jardin des songes

Installation interactive visuelle et musicale de Jean-Baptiste Barrière
Musées Gadagne 1 place du Petit Collège Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Stifters Dinge

Par Heiner Goebbels. Spectacle musical sans acteurs ni musiciens, 1h10
Théâtre National Populaire 8 place Lazare-Goujon Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Silence dans les rangs : "La Révolution silencieuse"

Biopic | de Lars Kraume (All, 1h51) avec Leonard Scheicher, Tom Gramenz, Lena Klenke…

Vincent Raymond | Lundi 30 avril 2018

Silence dans les rangs :

1956, à Stalinstadt en RDA. Pour protester à leur façon contre la répression en cours à Budapest, Kurt, Theo et Lena proposent à leurs camarades de terminale de procéder à une minute de silence. L’initiative est adoptée, mais les conséquences seront redoutables… Sur les écrans français quelques semaines après que l’on a célébré en Allemagne le 5 février dernier le Zirkeltag — date à partir de laquelle le nombre de jours depuis l’effondrement du Mur dépasse celui durant lequel il balafrait la ville — ce biopic d’anonymes porte une valeur très symbolique outre-Rhin, et purement informative ailleurs. En particulier à destination des générations nouvelles : difficile d’imaginer pour elles que les Corées actuelles correspondent à un modèle superlatif des RFA et RDA d’antan. Pas de révélation en revanche dans la présentation des méthodes coercitives dont le régime “démocratique” pouvait user lorsqu’il s’agissait de “convaincre” une brebis dès lors qu’elle s’égarait du bon troupeau et de ses camarades : chantage, manœuvres psychologiques, intimidations… Une sacrée bande de vil

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Journées Grame, matins calmes

MUSIQUES | La France et la Corée célèbrent cette année le 130e anniversaire de leurs relations diplomatiques. Pour l'occasion, le Grame et le CNSMD vous invitent à une balade musicale inédite où les deux cultures s’emmêlent.

Pascale Clavel | Mardi 3 novembre 2015

Journées Grame, matins calmes

C'était l’occasion rêvée pour le Grame d’être au coeur de l'actualité, visible et investi. Son directeur, James Giroudon, a en effet scellé des liens durables avec la Corée depuis fort longtemps, donnant à entendre au public lyonnais à maintes reprises la grande diversité de sa musique. Cette saison, le pari est encore plus étonnant. On connaît du Grame son foisonnement d’idées novatrices, la richesse de ses rencontres, l'exigence de ses recherches sur des mondes insoupçonnés. Pour l’année de la Corée en France, il entend mettre en perspective la culture musicale traditionnelle et la création contemporaine des deux pays. Du 6 au 20 novembre, c’est un parcours quasi initiatique qui nous est ainsi proposé, en cinq rendez-vous dans trois lieux coutumiers de ce type de décloisonnement. Contrepoint C’est au TNG -Les Ateliers que tout commence, avec Un chemin de sable blanc de Marie-Hélène Bernard. Une oeuvre singulière pour chanteuse de pansori, percussions et création vidéo pensée comme une rêverie. Genre musical emblématique de la Corée, reconnu "Patrimoine mondia

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Aux Journées GRAME, Samuel Sighicelli rompt la glace

SCENES | Avec "Chant d'hiver", le compositeur et metteur en scène Samuel Sighicelli distord brillamment les codes musicaux, visuels et théâtraux. Embarquement pour un singulier voyage en Antarctique. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 24 février 2015

Aux Journées GRAME, Samuel Sighicelli rompt la glace

Instruments classiques, chant lyrique, vidéo… Tout cela ressemble à un petit opéra moderne à première vue. Mais c’est plus souple et moins guindé que cela, quand bien même ce Chant d’hiver est rangé dans la même catégorie, restrictive et néanmoins adaptée, de "spectacle musical". Musicien, premier prix du Conservatoire national supérieur de Paris en composition et improvisation en 1998, Samuel Sighicelli se fait ici le metteur en scène d'une partition mêlant des lieder de Schubert (Winterreise) et Schumann (Mondnacht), un texte polaire de Tanguy Viel, un important travail de création vidéo signé Fabien Zocco, des insertions musicales de son cru et les prestations de la mezzo-soprano et contrebassiste Elise Dabrowski, de la pianiste Claudine Simon et du comédien belge Dominique Tack – vu chez Joël Pommerat notamment. Avec une particularité : tout ce petit monde a travaillé et peaufiné son rôle à même le plateau, de concert. Rien n’était figé en amont des répétitions. Constellation Inviter au voyage, telle est l'ambition qui traverse toutes les créations de Sighicelli, que ce soit via la cartographie de l'exploitation p

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Am stram GRAME

MUSIQUES | La musique classique s’étire et s’expose sur plusieurs siècles. Nous le savons, mais nous l’oublions. Elle s’étend même si loin que la musique contemporaine (...)

Pascale Clavel | Mardi 6 janvier 2015

Am stram GRAME

La musique classique s’étire et s’expose sur plusieurs siècles. Nous le savons, mais nous l’oublions. Elle s’étend même si loin que la musique contemporaine paraît souvent futuriste en comparaison. Ainsi de celle que, à partir du 22 janvier, donneront à écouter pendant presque 2 mois les Journées GRAME, véritables bouffées d’air du temps qui contrasteront avec les programmations que nous vous commentions en début de saison : l'Opéra et ses "jardins mystérieux", l'Auditorium et son intégrale Brahms, la Croix-Rousse et le Roméo et Juliette 39-45 de Jean Lacornerie... Concerts (comme celui du collectif SR9TW, qui revisite Tom Waits), performances (de Félix Lachaize, qui rendra compte d'un d'un mois de field recordings à Taipei) ou théâtre musical (Chants d'hiver, expédition polaire sur fond de Schubert), tous les moyens y seront bons pour secouer notre cocotier et montrer la vivacité de la création actuelle. On en profitera pour jeter une oreille attentive à la nouvelle création des Percussions Claviers de Lyon de Gérard Lecointe, directeur du Théâtre de la Renaissance – où se tient le gros des Journées GRAME – à l'appétit artistique d'ogr

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L'interprétation des rêves

ARTS | Freudiens tenez-vous bien, l'artiste multimédia et compositeur Jean-Baptiste Barrière (né en 1958 à Paris) propose une nouvelle interprétation des rêves ! Une (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 mars 2014

L'interprétation des rêves

Freudiens tenez-vous bien, l'artiste multimédia et compositeur Jean-Baptiste Barrière (né en 1958 à Paris) propose une nouvelle interprétation des rêves ! Une interprétation interactive, en musique et en images, qui plus est.  Dans l'une des grottes de fraîcheur du jardin du Musée Gadagne, le visiteur fait face d'abord à sa propre image, refletée par une sorte de miroir multimédia. Ses mouvements déclenchent ensuite le récit d'un rêve accompagné du portrait du récitant, que l'on peut en bougeant distordre visuellement et musicalement. «Il n'est pas question, déclare l'artiste, d'illustrer les rêves en sons et en images, mais plutôt d'explorer ces matériaux comme on se promènerait dans un jardin inconnu et merveilleux, à la découverte de sensations nouvelles. Ce sont autant de paysages et situations imaginaires, dans lesquels on découvre des rêves racontés par des gens du monde entier dans toutes les langues». La banque des rêves exploitée par Jean-Baptiste Barrière est en effet alimentée à la fois par un site Internet où chacun peut raconter ses aventures oniriques (

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Pas la moindre des choses

MUSIQUES | A la fin de l'année dernière, la Familie Flöz, collectif berlinois passé maître dans l'art de la pantomime masquée, donnait à voir, dans une généreuse débauche (...)

Benjamin Mialot | Mardi 11 mars 2014

Pas la moindre des choses

A la fin de l'année dernière, la Familie Flöz, collectif berlinois passé maître dans l'art de la pantomime masquée, donnait à voir, dans une généreuse débauche d'énergie et de fantaisie, les querelles, délires et autres micro-événements plus ou moins cocasses qui, peut-être, à l'abri des regards, surviennent dans les coulisses d'un théâtre. Cette semaine, au TNP, leur compatriote Heiner Goebbels, compositeur et metteur en scène dont l’œuvre structure la septième édition de la très avant-gardiste biennale Musiques en Scène, met lui au centre du plateau les objets et phénomènes qui d'ordinaire participent de la magie d'un spectacle sans qu'on les remarque vraiment : projecteurs, instruments, bouts de décors, écrans, gouttes de pluie qui résonnent sur le toit... Autant d'éléments qui s'imbriquent dans Stifters Dinge («les choses de Stifter», du nom d'un écrivain autrichien romantique du XIXe siècle), atonale «œuvre pour piano sans pianiste mais avec cinq pianos» qu'interprète un assemblage assez monumental et motorisé desdits pianos, à mi-chemin de l'installation contemporaine et du bazar horrifique, de l'exposition de trophées de chasse et de la pièce de

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Quelques Grame de finesse

MUSIQUES | La 7e édition des Journées GRAME prend de l’ampleur et montre par cette extension que la création contemporaine est mouvante, vivante et absolument de son temps. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 10 janvier 2013

Quelques Grame de finesse

Les mélomanes ont souvent un problème avec leur époque. Combien de fois entendons-nous la litanie «mes oreilles s’arrêtent à la fin du XIXe» ? À cette aune, l'existence de GRAME est une bénédiction ; que ses journées s’allongent, c’est encore plus louable. Et on ne peut qu’être admiratif de l’acharnement du directeur artistique James Giroudon ; il a su fabriquer, dans un paysage lyonnais où il ne faut pas trop secouer les habitudes musicales, un objet rare et précieux. Car les Journées dressent un état des lieux d’une musique exigeante qui bouscule les conventions. Temps fort de la création contemporaine, elles invitent à de nombreuses évasions : vers la Corée, au travers de rencontres entre arts sonores et visuels, mais aussi dans une excursion à travers danse et musique avec la chorégraphe Michèle Noiret, les classes de danse du CNSMD et la grande Anne Teresa de Keersmaeker. 26 compositeurs, 13 pays représentés, 10 créations : tout un programme qui bouscule les codes, se joue des frontières et mélange joyeusement les esthétiques les plus éloignées les unes des autres. Parti pris… … celui de pointer du doigt deux créations étonnantes au sei

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Claude et Robert en tête

MUSIQUES | Peut-on dire, sans tomber dans le clin d’œil historique trop appuyé, que cette deuxième partie de saison est marquée du sceau de Robert Badinter ? L’Opéra de (...)

Pascale Clavel | Dimanche 6 janvier 2013

Claude et Robert en tête

Peut-on dire, sans tomber dans le clin d’œil historique trop appuyé, que cette deuxième partie de saison est marquée du sceau de Robert Badinter ? L’Opéra de Lyon vient de réussir l’exploit le plus impressionnant de ces dernières années, en choisissant comme clef de voute du prochain Festival Justice/Injustice Claude, premier opéra du compositeur Thierry Escaich. L’ancien garde des Sceaux en a écrit le livret d’après le court roman de Victor Hugo. Lorsqu’on sait que Jérémie Rhorer est à la baguette et Olivier Py à la mise en scène, on jubile par avance. N’en oublions pas le reste de la programmation musicale lyonnaise, riche et diversifiée, savoureuse et délicatement construite autour de quelques pépites à déguster sans modération. Le Festival de musique baroque notamment, qui fête ses 30 ans et fait pour l’occasion venir Marc Minkowski, le baroqueux qui résiste le mieux au temps. Il nous livrera en avril une Messe en ut de Mozart des plus inspirées. Les Journées Grame quant à elles, s’étirent dans le temps pour que nos oreilles puissent enfin s’installer dans leur siècle. De janvier à mai, elles nous invitent

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Vous avez dit classique ?

MUSIQUES | Classique & lyrique — Le cru 2012, toutes maisons confondues, reste savoureux, surprenant, audacieux et remarquablement de notre temps. De l’Auditorium à l’Opéra, en passant par le CNSMD tout en faisant un crochet par GRAME, tout est à découvrir avec gourmandise. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Vendredi 23 décembre 2011

Vous avez dit classique ?

L’Auditorium a décidé de miser gros sur l’idée du festival et trois grands rendez-vous nous attendent. Le Festival French Kiss, qui rassemble les musiques françaises de tous les temps, tous répertoires mêlés. La première mouture ayant eu un certain succès, la seconde se déploie de janvier à février et offre un éventail d’œuvres et d’interprètes très étonnant. Les enfants ne sont pas en reste, pour eux, la maison a concocté un Festival "Le Loup". Durant une semaine, les petits pourront avoir peur, la bête revient, sort du bois pour se retrouver au beau milieu du plateau de l’Auditorium. Et puis, en fin de saison, le public va pouvoir danser à perdre haleine avec un Festival Valse assez réjouissant. Du côté de l’Opéra : un festival dont Serge Dorny a creusé le sillon de longue date. Des œuvres méconnues de Puccini se confrontent à de petits opéras allemands de la même époque. L’idée est de mettre en lien des pièces à l’esthétique presque opposée mais qui parlent d’une seule et même voix d’un début de XXe siècle fascinant et innovant. Une machinerie énorme, trois metteurs en scène, un seul chef d’orchestre, Lothar Koenigs, qui pendant trois semaines, portera tout à bout de baguette

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Musiques du temps présent

MUSIQUES | Musique / Journées GRAME : une 6e édition qui prend son temps, se dilate, se meut, se renouvelle et nous réjouit par avance. James Giroudon réussit un incroyable tour de force, celui de faire aimer la musique contemporaine à un large public. Pascale Clavel Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 31 mars 2011

Musiques du temps présent

5 semaines, 23 premières mondiales et françaises, 40 compositeurs et plasticiens, 6 pays représentés, 31 œuvres musicales, 6 installations, 10 concerts, 1 film, 2 conférences : régal des yeux et des oreilles. Autant de chiffres qui en disent long sur la bonne santé de la musique contemporaine. Créations, recherches ininterrompues, Grame est un lieu d’ébullition où les compositeurs ouvrent la porte aux vidéastes, aux danseurs, aux arts en général. James Giroudon, directeur artistique de ces journées, est un visionnaire tranquille, un érudit qui s’en défend, un musicien qui regarde le monde et s’en inspire. Il fait de cet événement un rendez-vous incontournable pour les amateurs d’une musique exigeante, déroutante, qui a le culot d’explorer des univers complexes. Les rendez-vous de cette 6e édition sont multiples, d’une grande richesse de propos et d’une diversité remarquable : ouverture sur de nouveaux lieux, prise de risque à inviter de jeunes créateurs régionaux, prise de position politique avec un concert «du côté du Mexique»… Convergence des artsPour le public, les envies peuvent être si nombreuses qu’une petite feuille de route s’impose. Un premier rendez-vous, au T

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Bouillon de culture

MUSIQUES | Musique / Grame, le centre national de création musicale, poursuit sa perpétuelle effervescence en proposant, entre deux biennales Musiques en scène, des Journées Grame où la musique contemporaine se fait ludique, ouverte et innovante. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Mercredi 11 février 2009

Bouillon de culture

Au menu de la saison 2009 : les Journées Grame, 5e édition. Sur une durée inhabituelle — presque un mois, le public lyonnais va pouvoir découvrir des paysages musicaux ludiques, des ambiances sonores extravagantes, des moments de créations jouissifs. Caisse de résonance d’un travail peu visible mais intense que Grame peaufine toute l’année, ce rendez-vous montre à ceux qui en doutent encore que la création contemporaine est multiple, sans cesse en mouvement, riche d’une liberté fondamentale. L’audacieux directeur de Grame, James Giroudon s’explique : «Il existe une marque de fabrique, un esprit Grame. Tout se téléscope : l’activité des compositeurs, les projets de diffusion, les concerts à Montréal… En ce moment, nous avons une création à Taipei et très prochainement une autre à Paris.» En 2001, la première série des Journées Grame se déroulait sur une semaine. Elles ont grandement évolué et s’étendent maintenant sur plus d’un mois. Preuve par troisCes Journées Grame 2009 se construisent en trois temps. Un premier autour des nouvelles technologies au Centre Culturel Théo Argence de Saint-Priest : deux installations sonores et visuelles vont soumettre au public des possi

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