Gil & Veloso : amicalement vôtre

MUSIQUES | Amis depuis (presque) toujours et enfanteurs du tropicalisme, les deux géants de la musique brésilienne Caetano Veloso et Gilberto Gil, 72 ans chacun, yin et yang de Salvador de Bahia, remontent une fois encore sur scène pour célébrer, s'il était besoin, leur complicité musicale devant témoins.

Stéphane Duchêne | Mercredi 1 juillet 2015

«Deux amis, un siècle de musique», c'est ainsi qu'est baptisée la tournée qui réunit Caetano Veloso et Gilberto Gil. Et qui les verra monter sur scène avec chacun une guitare et un répertoire immense. Caetano & Gil se sont un peu les Brett Butler et Danny Wilde de la musique brésilienne, aux trajectoires individuelles marquées mais dont le destin restera irrémédiablement lié pour l'Histoire, l'esprit indissociable malgré les désaccords et les différences.

Nés la même année, en 1942, et tous deux grandis à Salvador de Bahia, l'un est blanc issu d'un milieu modeste, l'autre noir et fils de médecin, les deux sont très engagés politiquement mais quand Gil est nommé ministre de Lula (premier président de gauche depuis leurs propres tribulations tropicalistes), Veloso est dubitatif avant de se raviser.

Leurs caractères aussi sont rigoureusement opposés – Veloso est un hyperactif et bon vivant, Gil un gros dormeur (et c'est lui qui sera ministre) et quasiment maître zen – mais ils se complètent comme se complétaient Lennon et Macca et se sont trouvés comme on trouve l'amour, chacun vouant à l'autre une admiration sans bornes et jamais envieuse.

Pour Gil, la rencontre avec Veloso, au début des années 60, met fin à une impression de «grande solitude artistique». À l'époque, Caetano est le seul à comprendre un traître mot de la révolution musicale, faite d'un immense crossover entre local et global, que Gil veut enfanter. Et pour cause, celui qui avait découvert son futur ami à la télévision, fasciné par son sens du swing, affirmait en 1982 «Gil croit en Dieu, moi je crois en lui».

Ensemble, ils croiront en un autre futur pour la musique et la société brésiliennes et en paieront le prix d'un exil qui leur permettra aussi de se construire et d'explorer les mondes qu'ils tentaient d'approcher via le tropicalisme, devenant par là des géants de ce que l'on appelle vulgairement la world music. World music qu'ils ont contribué à rendre noble tout en les faisant entrer dans le monde pop et inversement.

Caetano & Gil [+ Chucho Valdès]
À Jazz à Vienne vendredi 3 juillet


Caetano Gil + Chucho Valdés + Stéphane Kerecki


Théâtre antique de Vienne Vienne
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Re-Gilberto

Jazz à Vienne | En 1972, Gilberto Gil revient de son exil forcé en Grande-Bretagne et les temps ont changé au Brésil. Le tropicalisme n'ayant plus l'heur de choquer, Gil, (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 3 juillet 2018

Re-Gilberto

En 1972, Gilberto Gil revient de son exil forcé en Grande-Bretagne et les temps ont changé au Brésil. Le tropicalisme n'ayant plus l'heur de choquer, Gil, après le très beau Expresso 2222 lance sa fameuse trilogie en "Re" : Refazenda (1975), Refavela (1977) et Realce (1979). En plein milieu de cette période, lors d'un voyage au Nigéria, où il est invité au Festival Mondial d’Art et de Culture Noire, Gil rencontre le roi de l'afrobeat Fela Kuti tout en faisant la découverte du balafon, ce xylophone africain pilier de la musique mandingue, dont il fait rapidement l'un des ingrédients de quelques compositions de Refavela. En résulte une réussite absolue en ce qu'elle mêle subtilement influences afro et nonchalance urbaine au croisement du funk et de la samba, le tout subtilement arrosé de ces arrangements pop et de ce sens du chaos organisé digne du

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La tropical family de Caetano Veloso et ses fils

Nuits de Fourvière | En compagnie de ses trois fils Moreno, Zeca et Tom, l'immense songwriter brésilien Caetano Veloso, 75 ans, offre un spectacle collégial et familial qui promet d'être un sommet de joie et de mélancolie mêlées, à venir écouter religieusement comme l'indique un titre qui prône le recueillement : Ofertorio.

Stéphane Duchêne | Mardi 3 juillet 2018

La tropical family de Caetano Veloso et ses fils

En général, quand le New York Times dit quelque chose – enfin, l'écrit –, on l'écoute. Or s'agissant de Caetano Veloso, co-inventeur de la MPB (música popular brasileira, soit la pop brésilienne) et peut-être surtout avec son ami Gilberto Gil et quelques compères bien inspirés (Gal Costa, Os Mutantes, Jorge Ben...) de ce tropicalisme qui révolutionna la musique brésilienne en lui donnant des atours pop, psychédéliques et surtout, révolutionnaires – chose peu anodine à l'époque –, le Times, donc, déclare que l'auteur d'Irene est « l'un des plus grands songwriters du siècle ». Il ne dut pas être le seul et à vrai dire, bien malin qui pourrait dire le contraire face au génie, extraordinairement prolifique, de celui qui a su allier, notamment à une époque, les années 60, où

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Jazz à Vienne - Du 26 juin au 11 juillet à Vienne (38)

MUSIQUES | Entre éternels retours et renouvellement forcenés des talents, Jazz à Vienne continue pour sa 35e édition de puiser aux sources du jazz tout en se posant en laboratoire de la musique de demain. Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Jazz à Vienne - Du 26 juin au 11 juillet à Vienne (38)

On pourrait dire cela de chacune des éditions de Jazz à Vienne, mais c'est particulièrement vrai pour celle-ci : elle marque un retour aux sources, et même plusieurs. D'abord avec une ouverture en forme d'hommage et de déclaration d'amour à la ville-mère du jazz, La Nouvelle Orléans. Où l'on croisera entre autres Dee Dee Bridgewater, mais aussi la fascinante Leyla McCalla, et dont le point d'orgue sera la présence, peu commune, du pianiste, chanteur, auteur-compositeur et surtout producteur de R'n'B originel Allen Toussaint. Comme chaque année, c'est un retour aux sources en chaîne qui s'opère derrière. Retour un peu permanent avec l'éternel comeback de figures comme George Benson ou Didier Lockwood, mais aussi de genres oubliés, avec le légendaire Golden Gate Quartet, qui prêche le gospel depuis 80 ans, et Gilberto Gil et Caetano Veloso, ce couple inspiré qui mit le feux aux poudres de la musique brésilienne (et de la musique tout court) à la fin des années 60 pour accoucher d'un mouvement qu'on appela tropicalisme. Dans le genre all-stars, ne pas manquer n

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Gil & Veloso : une histoire du tropicalisme

MUSIQUES | Réunis pour une tournée commune très attendue qui passe par Vienne, Caetano Veloso et Gilberto Gil ont initié, à la fin des années 60 et en amont de leurs immenses carrières internationales, l'une des grandes révolutions musicales et culturelles du Brésil : le tropicalisme. Un mouvement contestataire contesté qui a durablement marqué les esprits en libérant, parfois contre leur gré, les consciences brésiliennes. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mercredi 1 juillet 2015

Gil & Veloso : une histoire du tropicalisme

Trop radicales ou trop avant-gardistes, il est des épiphanies dont on ne mesure pas immédiatement la portée. On connaît par cœur l'histoire de l'électrification de Bob Dylan qui, un soir de 1965 au festival de Newport, en dépit de l'incrédulité qu'elle suscita, changea à jamais la face du rock. C'est à peu près au même phénomène qu'ont assisté les Brésiliens en 1967, lorsque sur la scène de TV Record, Gilberto Gil, Caetano Veloso et Os Mutantes ont fait exploser ce qui était alors le canon de la musique brésilienne, à savoir la bossa nova, laissant l'acoustique et les costumes bien mis au placard au profit d'une pop à tête chercheuse arborant cheveux longs et idées pas plus courtes. Vite conspués pour cette rupture radicale avec l'ordre culturel établi, Veloso et Gil, hippies poussés dans le chaudron culturel bahianais, ne font pourtant rien d'autre qu'actualiser les principes édictés par le concept de «cannibalisme culturel» d'Oswaldo Andrade qui, en 1928, prônait la nécessité pour le Brésil d'absorber la culture internationale.

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Allen Toussaint lance Jazz à Vienne

MUSIQUES | En 2005, le terrible ouragan Katrina, outre les dégâts humains et catastrophiques qu'il a infligés à la Nouvelle Orléans, a commis un crime de lèse-majesté. (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 23 juin 2015

Allen Toussaint lance Jazz à Vienne

En 2005, le terrible ouragan Katrina, outre les dégâts humains et catastrophiques qu'il a infligés à la Nouvelle Orléans, a commis un crime de lèse-majesté. Détruisant son studio et sa maison, il a mis à la porte l'une des légendes locales, pilier de la culture musicale et donc de la Culture avec un grand C d'une Big Easy qui l'était soudain beaucoup moins, easy : Allen Toussaint. Mais s'il est "aisé" d'abattre d'un coup de brise un monumental chêne Quercus Virginia, il est plus compliqué d'en effacer l'ombre tentaculaire et infinie. Car Allen Toussaint, c'est à lui tout seul près de 60 ans de musique néo-orléanaise, l'incarnation des mélanges constitutifs de l'art musical local par sa manière de revisiter le R'n'B originel à sa sauce et sa volonté toujours farouche de mêler son talent à celui des autres, quitte à rester volontairement dans l'ombre. Sa carrière solo, pourtant brillante, n'ayant jamais été sa priorité, Toussaint a toujours pris davantage de plaisir a écrire, composer, produire pour les autres dans à peu près tous les styles imaginables, au point de devenir une référence très demandée, y compris par les géants de la pop (Macca, Costello, Joe Coc

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Jazz à Vienne 2015 : la programmation

ACTUS | La programmation de Jazz à Vienne ? Du classique jamais trop classique, des habitués qui prennent le temps de se changer, des têtes d'affiches de tous ordres. Bref, Vienne tel qu'en lui même : ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 24 mars 2015

Jazz à Vienne 2015 : la programmation

Après un premier vrai-faux départ sous forme d'Extra Night avec Pharrell Williams, c'est en mode pas moins happy que va débuter cette année Jazz à Vienne le 26 juin avec un week-end aux accents carnavalesques de la Nouvelle Orléans : de la légendaire figure locale Allen Toussaint au Dirty Dozen Brass Band et à la fascinante et prometteuse Leyla McCalla. En passant, on serait tenté de dire "bien sûr", par Dee Dee Bridgewater qui, après avoir gratifié Vienne de tout le spectre esthétique de la black music, revient en compagnie du New Orleans Jazz Orchestra. Et puisqu'on en est à parler des habitués du festival – ceux dont on a l'impression qu'ils sont là même quand ils ne le sont pas, comme Jean-Jacques Milteau, Éric Bibb, Didier Lockwood ou Éric Truffaz – on ne peut faire l'économie d'un Marcus Miller qui, en compagnie de l'ONL, dirigé pour l'occasion par Damon Gupton, retourne aux sources musicales et géographiques du jazz – un projet au départ discographique baptisé Afrodeezia et première in

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Pharrell Williams à Jazz à Vienne

MUSIQUES | Après Stevie Wonder l'an passé, Jazz à Vienne reconduira en 2015 sa doublement bien nommée Extra Night en accueillant dans le Théâtre antique l'auteur du tube (...)

Benjamin Mialot | Mardi 23 décembre 2014

Pharrell Williams à Jazz à Vienne

Après Stevie Wonder l'an passé, Jazz à Vienne reconduira en 2015 sa doublement bien nommée Extra Night en accueillant dans le Théâtre antique l'auteur du tube interplanéntaire Happy (et, pour ce qui nous concerne, l'un des trois cerveaux de N.E.R.D.). A la différence de la légende soul, c'est toutefois en amont du festival que se produira Pharrell : mardi 23 juin, soit trois jours avant le début officiel des réjouissances (qui se poursuivront jusqu'au 11 juillet). Les places seront en vente à partir du mardi 6 janvier (pour des prix allant de 65 à 79€). Pensez à doubler le noeud à votre mouchoir : il n'y aura certainement pas pour tout le monde.

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L'affiche de Jazz à Vienne 2015

MUSIQUES | A chacun sa tradition en ce quatrième jeudi du mois de novembre : Thanksgiving pour les Américains, le dévoilement de l'affiche de Jazz à Vienne pour (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 27 novembre 2014

L'affiche de Jazz à Vienne 2015

A chacun sa tradition en ce quatrième jeudi du mois de novembre : Thanksgiving pour les Américains, le dévoilement de l'affiche de Jazz à Vienne pour nous. Voici donc celle de la trente-cinquième édition du festival, pour le moins surprenante de psychédélisme. On ne sait pour l'heure si la programmation sera à l'avenant, mais vous pouvez d'ores et déjà vous abonner "à l'aveugle" (ou plutôt "à la sourde") à un tarif préférentiel. Par ici : www.jazzavienne.com

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Joyau Gilberto(s)

MUSIQUES | C'est en solo, à la guitare acoustique, que la légende Gilberto Gil, homme aux milles vies et aux mille musiques, vient faire résonner l'Auditorium de douce sambas livrées en hommage à un autre maître brésilien : Joao Gilberto. Stéphane Duchene

Stéphane Duchêne | Mardi 30 septembre 2014

Joyau Gilberto(s)

L'an dernier, le Brésil nous avait envoyé l'un des dignes successeurs de Gilberto Gil et de son compère en tropicalisme Caetano Veloso en la personne de Rodrigo Amarante. Comme ses aînés, ce dernier est un musicien de l'exil : géographique d'abord, entre Etats-Unis et France – même si le sien est un peu plus volontaire que ceux, londoniens, de Gil et Veloso, "contraints" par le contexte de la dictature militaire qui ne voyait pas d'un très bon œil ces types un peu trop libres pour être honnêtes – mais aussi musical – comme eux, il pratique un art nourri du brassage pop. Une dernière chose toutefois relie Amarante et les tropicalistes en chef : il a été le compère musical au sein de L'Orquestra Imperial de Moreno Veloso, le fils de Caetano. Or c'est ce même Moreno qui vient de produire le dernier album de Gilberto Gil. Un album qui constitue pour l'enfant du Nordeste une sorte de retour aux sources : un hommage à la samba et plus précisément à Joao Gilberto. Desafinado De la pa

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Carrefour des inclassables

MUSIQUES | Dans la catégorie de ce que nous nommerons les inclassables, plutôt que sommairement world, jazz, blues, soul, etc., on retrouvera cette saison tout un aréopage de divas plus ou moins faunes et de grands fauves plus ou moins rugissants. Autant de personnalités musicales qui en imposent dès la première note. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 23 septembre 2014

Carrefour des inclassables

Au premier rang des femmes puissantes – dont la touche à tout Meshell Ndegeocello le 14 novembre à l'Epicerie Moderne –, il y a bien sûr la reine Susheela Raman. Inclassable, cette grande habituée des salles lyonnaises (cette fois le Kao, le 17 octobre) l'est peut-être plus que n'importe qui. Avec Queen Between, elle joue justement les go-between avec des musiciens du Rajasthan et la tradition qawwalie. Même constat pour une autre reine, Rosemary Standley qui, après Birds on a Wire avec Dom La Nena l'an dernier (à redécouvrir le 3 octobre à l'Atrium et le lendemain au Toboggan), vient présenter au Théâtre de Vénissieux, le 14 novembre, A Queen of Heart, un spectacle qui a déjà pris La Bastille (l'opéra parisien) et dans lequel elle se livre à un époustouflant exercice de transformisme music-hall où se croisent Purcell, Bashung, Nina Simone et l'âge d'or d'Hollywood. Pas de quoi, sans doute, impressionner la soul-woman Sharon Jones, reine elle du label Daptone, q

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L'âme et le cœur

MUSIQUES | World-Jazz-Soul / Premier grand rendez-vous de cette rentrée : l'immense Caetano Veloso sera à l'Auditorium dans une petite quinzaine de jours (le 7 (...)

| Mercredi 3 octobre 2007

L'âme et le cœur

World-Jazz-Soul / Premier grand rendez-vous de cette rentrée : l'immense Caetano Veloso sera à l'Auditorium dans une petite quinzaine de jours (le 7 octobre). Un des pères du tropicalisme brésilien n'a pas choisi comme son collègue Gilberto Gil les lambris de la République mais continue son intense activisme musical (dernier album en date : Cé). Dans le même auditorium, une autre légende en octobre : Chick Corea, pionnier du jazz fusion, s'y produira avec le joueur de banjo (moins à la mode que le Ukulele) Belá Fleck. Pour finir ce trimestre de musique pas classique, l'Auditorium invitera Anouar Brahem et son oud à se joindre au saxophoniste John Surman et au contrebassiste Dave Holland le 14 décembre : autant dire un trait d'union parfait entre jazz et musiques du monde. Pour ceux qui n'en peuvent mais d'attendre la sortie de son prochain film, Emir Kusturica viendra avec son No Smoking Orchestra sur la scène du Transbordeur faire un peu de «Unza, unza» le 27 octobre. Ailleurs, le Radiant poursuit son ouverture à la musique avec une invitation lancée au groupe de jazz manouche Samarabalouf (le 1er décembre) et une autre à la guitariste à la voix puissante de contralto Ilene Barnes

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Increvable Veloso

MUSIQUES | Musique / À 65 ans, Caetano Veloso, un des pères fondateurs du tropicalisme brésilien, mais aussi un des héritiers les plus fidèles de Joao Gilberto, prolonge sa tournée sans fin et sa discographie pléthorique. Proximo acordão : l'Auditorium. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 10 octobre 2007

Increvable Veloso

Écrire sur Caetano Veloso donne le tournis. Écouter sa musique aussi, mais pour d'autres raisons. La longévité (65 ans, dont 40 à ne faire que de la musique) et la productivité (une cinquantaine d'albums, dont la majorité sont des compositions originales) de Veloso laissent rêveur ; mais son enthousiasme et sa capacité à bousculer sans arrêt l'image que le public peut se faire de lui sont encore plus impressionnantes. Il n'y a qu'à se souvenir de cette interview accordée au début de l'année à Libération où il exprimait sa ferveur face à sa (re)découverte des Pixies, chez qui il retrouvait le goût de la concision et l'urgence de son maître Joao Gilberto. Du rock à la bossa nova, de l'Amérique au Brésil, Caetano Veloso est un globe-trotter au sens le plus premier du terme, tout en étant aussi un véritable pionnier. Veloso, c'est pour beaucoup le père du Tropicalisme, ce mouvement musical, culturel et révolutionnaire qui, en 1968, fit trembler le Brésil au point d'envoyer ses principaux activistes dans les geôles de la dictature militaire. Veloso, Gilberto Gil, Tom Zé, Gal Costa et Os Mutantes ont eu l'audace de mêler à leur culture (samba et bossa nova) tout ce que le monde comptait

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