Gwenael Morin, point final

Nadja Pobel | Mardi 3 avril 2018

Photo : © Pierre Grosbois


Le metteur en scène Gwenael Morin quittera la direction du Théâtre du Point du Jour le 15 août 2018. Le Landerneau théâtral ne bruisse que de cela et les candidatures vont bon train pour cette salle à la taille intermédiaire rare (200 à 350 places selon configurations).

D'ici là, Philippe Quesne revient du 17 au 21 avril avec La Mélancolie des dragons, étrange spectacle punk sous la neige et Morin et son théâtre permanent joueront Œdipe à Colonne du 26 juin au 7 juillet à la suite d'une Nuit des Tragédies de Juillet le 21 juin.

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Un nouveau Point du Jour avec Angélique Clairand et Éric Massé

Théâtre | Pour leur première rentrée en tant que directeur et directrice à la tête du Théâtre du Point du Jour, Angélique Clairand et Éric Massé s’associent à de jeunes collectifs qui ont le vent en poupe et proposent des entrées très diverses au théâtre (expositions, projets participatifs, immersifs et itinérants).

Nadja Pobel | Mardi 10 septembre 2019

Un nouveau Point du Jour avec Angélique Clairand et Éric Massé

Une photo d’un rassemblement spontané dans le parc de Gezi d’Istanbul prise en 2013 par Leonora Baumann, membre du collectif Item, orne la plaquette de cet An 1 du Point du Jour nouvelle ère. Ce cliché en dit long sur la volonté du duo élu de tisser des liens avec le territoire (Item est installé à Lyon), de regarder et considérer ceux qui luttent contre l’oppression (Gezi jouxte la place Taksim) et de s'ouvrir à d’autres arts. Deux fois par saison un journaliste, un photojournaliste, un metteur en scène et un interprète s’empareront d’un sujet d’actualité pendant une semaine. Ce Grand ReporTERRE aura pour thème la radicalisation politique en 2019-20. Par ailleurs, une expérience sensorielle et sonore, Fugueuses (en mai) par une jeune autrice tout juste sortie de l’ENSATT, Judith Bordas, se basera sur une collecte de témoignages des habitants du 5e arrondissement. De nombreux spectacles seront en langue des signes et d’autres nomades, en balade dans les quartiers de l’arrondissement. Passer la 5e Celui qui ouvre la saison sera en appartements : Elle et lui

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Re-territorialiser le Point du Jour avec Eric Massé et Angélique Clairand

Théâtre | Nommés début janvier à la tête du théâtre du Point du Jour après un long suspense, Angélique Clairand et Éric Massé précisent leur projet : profondément axé sur le territoire.

Nadja Pobel | Mardi 5 février 2019

Re-territorialiser le Point du Jour avec Eric Massé et Angélique Clairand

Gérard Collomb n’aura finalement pas cédé aux sirènes de Claudia Stavisky qui souhaitait faire du Théâtre du Point du Jour une annexe des Célestins. C’est lui qui, le 31 janvier, a introduit le baptême du feu d’Angélique Clairand et Éric Massé sous les ors de la République adoubé par la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes dont le directeur Michel Prosic a rappelé que ce théâtre avait « une ampleur locale, métropolitaine, nationale et internationale » et qu’il était une « marque de fabrique ». Jean-Louis Martinelli, Gwenaël Morin et plus encore Michel Raskine ont effectivement fait l’histoire et la renommée de ce lieu d’une taille intermédiaire rare à Lyon (280 sièges), au croisement des Scènes Découvertes et des grands plateaux. D’où le fait que ce lieu fut l’objet de la convoitise de 51 candidats puis de six "short-listés". Aucune création à l’ordre du jour Les vainqueurs ont, selon M. Prosic, étayé leur propos en quatre mots-clés : la diversité

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Six finalistes pour le Point du Jour

Théâtre | La short-list pour reprendre la direction du Point du Jour est désormais connue.

Nadja Pobel | Vendredi 14 septembre 2018

Six finalistes pour le Point du Jour

Ils ne sont plus que six désormais à pouvoir prétendre prendre la direction du Théâtre du Point du Jour : le Collectif X, Abdelwaheb Sefsaf, Éric Massé & Angélique Clairand, Thierry Jolivet (du collectif La Meute), Baptiste Guiton & Pauline Laidet et enfin Olivier Coulon-Jablonka. Seul ce dernier n'est pas un local, puisqu'il était membre de l'ensemble artistique du CDN de Sartrouville jusqu'en septembre 2017 et qu'il est actuellement associé au CDN de la Commune d'Aubervilliers. Le Collectif X est basé à Saint-Étienne tout comme Abdelwaheb Sefsaf et sa compagnie Nomade in France (Aligator, Médina Mérika, Si loin si proche) ainsi que la compagnie des Lumas fondée par Angélique Clairand et Éric Massé (Mujer vertical, Tartuffe) par ailleurs membre du collectif artistique du CDN de Valence. Les autres candidats sont lyonnais : Pauline Laidet (Fleisch), Baptiste Guiton (Lune jaune, Groenland, artiste associé au TNP) et Thierry Jolivet du collectif La Meute (Belgrade, La Famille royale

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Julien Poncet parmi les candidats à la reprise du Point du Jour

Théâtre | C’est l’une des affaires qui occupe le milieu culturel en cette rentrée : qui pour succéder à Gwenael Morin au Point du Jour ? La sortie de la (...)

Nadja Pobel | Jeudi 6 septembre 2018

Julien Poncet parmi les candidats à la reprise du Point du Jour

C’est l’une des affaires qui occupe le milieu culturel en cette rentrée : qui pour succéder à Gwenael Morin au Point du Jour ? La sortie de la short list n’est qu’une question de jours. Parmi la kyrielle de candidats, figurent Thierry Jolivet et sa compagnie La Meute, soutenue par Les Célestins, les metteurs en scène Thomas Poulard et sa compagnie du Bonhomme, Philippe Mangenot et Olivier Borle, Baptiste Guiton et Pauline Laidet, Julie Guichard et Maxime Mansion. Et, plus étonnant, Julien Poncet, actuel directeur de la Comédie Odéon associé aux artistes Emmanuel Meirieu (Les Naufragés) et Anne Bouvier (comédienne passée par l’ENSATT et le Conservatoire de Paris). Le candidat dés

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Villefranche, 5C, Point du Jour : leurs têtes tournent

Changements | Des directrices arrivent, le Point du Jour est prêt pour sa transition. Détails.

Nadja Pobel | Lundi 10 septembre 2018

Villefranche, 5C, Point du Jour : leurs têtes tournent

Point du Jour en suspension Gwenaël Morin a rendu les clés le 15 août du Théâtre du Point du Jour, cinq ans et demi après son arrivée. Son théâtre permanent aura été une expérience en décalage complet avec la profusion et le zapping pratiqués ailleurs mais a touché ses limites. En dépit des invitations faites au Collectif X, Philippe Quesne, Nathalie Béasse et Yves-Noël Genod, ce lieu a perdu une partie de son public et n'accueillait pas d'autres artistes que ceux cités. Cette saison, les Célestins y programment huit des neuf spectacles initialement destinés à la Célestine, inondée lors des crues de décembre dernier (une navette par car est mise à disposition des spectateurs chaque jour de représentation). Début janvier, une équipe artistique sera en place pour qu'une nouvelle saison émerge à la rentrée 2019. Parmi les candidats, figure Julien Poncet (Comédie Odéon) associé à Emmanuel Meirieu.

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Les Célestins hébergés par le Point du Jour

SCENES | Cela semblait être logique depuis que les Célestins ont appris début mai que leur petite salle serait hors d'usage toute la saison prochaine : les neuf (...)

Nadja Pobel | Jeudi 17 mai 2018

Les Célestins hébergés par le Point du Jour

Cela semblait être logique depuis que les Célestins ont appris début mai que leur petite salle serait hors d'usage toute la saison prochaine : les neuf spectacles programmés seront joués au Théâtre du Point du Jour. La crue de la Saône a passablement endommagé la Célestine souterraine cet hiver. Et parallèlement, le théâtre du 5e arrondissement connaîtra une saison de transition après le départ cet été de Gwenael Morin et l'attente de la nomination d'une nouvelle direction. La phase de recrutement vient à peine de commencer. De là à penser que les Célestins puissent durablement s'installer là-haut... La programmation du théâtre sera révélée ce jeudi 17 mai.

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Pas de bataille pour Hernani

Théâtre | On croit connaître la recette du théâtre permanent jusqu’à plus soif. Avec Hernani, on en redécouvre le (bon) goût. Gwenaël Morin pousse toujours plus loin l’ascèse mais y trouve une âme.

Nadja Pobel | Mardi 5 décembre 2017

Pas de bataille pour Hernani

C’est au départ une contrainte et c’est in fine une grande liberté. De quoi s’agit-il ? De ces codes du théâtre et des rituels qui pavent la démarche même de s’y rendre. Sans réservation et sans paiement, il est tentant d’y renoncer même au tout dernier moment. Dénudée de ses fauteuils (!), la salle se présente simplement avec ses marches moquettées sur lesquelles le public est invité à se poser avec quelques gros coussins mis à disposition. Aride, déconcertant : la mise en condition est perturbante, limite agaçante. Comme d’habitude, la lumière plein feu embarque spectateurs et acteurs dans un même espace. Rien n’empêche donc de consulter éventuellement son portable ou de lire le déroulé de la pièce – à disposition à l’entrée - comme la plupart des vingt personnes présentes ce soir-là. Cette absence d’impératifs est peut-être bien la meilleure façon de se laisser happer et d’être concerné. « Je me nomme Hernani (…) c’est un nom de banni » En face, la troupe est de haut niveau et les rôles distribués, sans que le critère du genre n’entre en compte, sont magnifiquement portés par notamment un quatuor de fidèles, dont Barba

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Où sont les jeunes compagnies ?

Émergence | Il est parfois difficile de pister la jeune création théâtrale au sein des salles lyonnaises : faut-il s'en inquiéter ?

Nadja Pobel | Mardi 5 septembre 2017

Où sont les jeunes compagnies ?

L’ENSATT fête ses vingt ans d’implantation à Lyon en octobre. La ville abrite aussi le Conservatoire d’art dramatique, à rayonnement régional et qui n’a pas à rougir en comparaison de son illustre grande sœur. Mais bien peu de théâtres semblent en mesure d’accueillir l'émergence en étant issue. Si ce travail a été fait avec brio aux Clochards Célestes avec Élisabeth Saint-Blancat et que ce qu’annonce Louise Vignaud est très prometteur, si le Théâtre de l’Élysée fait un travail absolument remarquable de défrichage, cela ne peut suffire à faire grandir des compagnies en devenir dans ces salles aux jauges très réduites. Alors Lyon, la belle institutionnelle s’assoit-elle sur cette phase transitoire indispensable à la croissance des artistes ? Les Célestins, dotés d’une salle bis depuis leur réouverture, abondent en ce sens ; mais ce n’est pas leur rôle, même si c’est là que La Meute a pu donner ses créations

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À l'école de Molière

Théâtre | La promo du Conservatoire de Lyon s'empare cette semaine de quatre Molière en tirant leurs rôles au sort. Qu'est-ce que ce théâtre fleuve ?

Nadja Pobel | Mardi 25 avril 2017

À l'école de Molière

Molière, oui, mais « de Vitez ». Entendez par-là les versions du metteur en scène, acteur et pédagogue Antoine Vitez, montées en 1978 et 79 avec les élèves du Conservatoire national de Paris. Gwenael Morin a repris ce modèle : des comédiens, juste des comédiens ; ceux du Conservatoire régional de Lyon. Cette aventure-là débute en 2013. Et voici qu'après trois ans de jeu, et notamment parce que leur passage unanimement salué aux Amandiers-Nanterre en janvier 2016, a entraîné des sollicitations pour poursuivre l'aventure, ce groupe cède sa place aux nouveaux diplômés sortis il y a moins d'un an de cette formation. C'est avant tout une histoire de passation, dont Gwenael Morin est resté éloigné, laissant à Philippe Mangenot le soin de piloter la suite. En juin dernier, alors qu'ils valident leur diplôme d'études théâtrales, les douze étudiants reçoivent cette proposition de continuer à travailler ensemble et les rôles de Tartuffe, Dom Juan, Le Misanthro

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Andromaque à la racine

Point du Jour | Gratuite, indéfinie dans le temps, Andromaque est au Point du Jour sans fard et renverse les codes ; à commencer par la façon d'effectuer une sortie théâtrale.

Nadja Pobel | Mardi 24 janvier 2017

Andromaque à la racine

C'est une antienne bien connue que Gwenaël Morin développe depuis des années (et depuis 2013 au Point du Jour) : faire un théâtre permanent et considérer l’œuvre théâtrale comme un bien public qu'il faudrait offrir aux spectateurs, encore et encore, puisque personne n'aura jamais assez d'une vie pour explorer la richesse des écrits de nos anciens. Cette humilité assortie d'un sens de l'économie radicale tranche avec ses congénères : pas de droit d'auteurs pour ces œuvres tombées dans le domaine public et pas de billetterie payante par retour d’ascenseur. Sophocle, Molière, Shakespeare... le metteur en scène a su explorer ses classiques dans son théâtre que, volontairement, il ne transforme pas en bar (à peine une salle d'attente blanche avant d'accéder à la salle) et souvent dans des lieux insolites : reconnaissons-lui le mérite d'avoir emmené le théâtre où il n'est pas, comme des quartiers excentrés du 5e arrondissement cet été dans le cadre des

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Happy child en demi-teinte

Théâtre du Point du Jour | Pièce bancale, captivante puis opaque, Happy Child est la première des quatre œuvres que présente Nathalie Béasse au Point du Jour d'ici fin 2016. Découverte.

Nadja Pobel | Mardi 13 septembre 2016

Happy child en demi-teinte

Une boite crème cernée de grands rideaux de velours. Un homme qui traîne de lourds sacs dont on ne saura jamais le contenu. Puis ils déboulent à deux, trois, quatre, cinq. Si les liens qui les unissent restent inconnus, ils se connaissent manifestement depuis longtemps : accolades, frictions, détente. C'est chaleureux puis abrupt et drôle. Nathalie Béasse manie à merveille ces instants de bascule. Elle attrape les détails, n'installe pas de longueur, laisse exister une phase de jeu au deuxième plan quand l'action principale est à l'avant. Ce serait presque un rassemblement tcheckhovien devant une cerisaie décrépie, d'autant que la clarté du décor évoque le froid et la neige russe. Et les mélodies échappées du piano donnent l'illusion de faire surgir la joie ; la courte séquence épistolaire et le solo déguingandé sur Tindersticks, ou la scrutation des gestes tendres (une main qui glisse dans le dos de la pianiste avant qu'elle ne décolle du sol) achèvent de conférer à cette première demi-heur

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La langue de Sophocle portée par Gwenaël Morin

Nuits de Fourvière | « Pas de décor, pas de costume, c'était une putain d'idée » ironisait en 2002 Vincent Delerm à propos du festival d'Avignon. Gwenaël Morin applique ce principe à la lettre pour que les grands auteurs soient entendus. Sophocle sera dans les recoins du 5e arrondissement. Et c'est gratuit !

Nadja Pobel | Mardi 28 juin 2016

La langue de Sophocle portée par Gwenaël Morin

Des Shakespeare, des Molière, Musset, Racine, un jour peut-être les Tchekhov : Gwenaël Morin s'attelle à monter les auteurs majeurs depuis plus de dix ans. Non par mépris envers les vivants mais ces chefs d’œuvres sont si grands que c'est presque un devoir pour lui de les porter à connaissance. Encore et toujours. Comme un acte de service public qui justifierait que le théâtre du Point du Jour qu'il dirige depuis 2013 ne soit occupé que par sa compagnie, à l’exception des invitations faites à Yves-Noël Genod ou le collectif X, afin d'y poursuivre son théâtre permanent (jeu tous les soirs, répétitions tous les jours quand le rythme habituel est beaucoup plus séquencé). Pour ces Sophocle, il procède comme pour les Molière qui ont notamment connu un mois de plein succès tant critique que public aux Amandiers de Nanterre cet hiver : les rôles sont tirés au sort. Peu importe le genre des personnages

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Le Point du Jour fermé

SCENES | Le Théâtre du Point du Jour (Lyon 5e) nous fait savoir ce jeudi 19 novembre après-midi que, pour une raison encore inconnue, le lieu est fermé pour le (...)

Nadja Pobel | Jeudi 19 novembre 2015

Le Point du Jour fermé

Le Théâtre du Point du Jour (Lyon 5e) nous fait savoir ce jeudi 19 novembre après-midi que, pour une raison encore inconnue, le lieu est fermé pour le moment et qu'aucune date de réouverture n'a été arrêtée. Depuis septembre (et en théorie jusqu'à décembre), le comédien Yves-Noël Genod y donnait des Leçons de théâtre et de ténèbres en huit épisodes. Le cinquième était en cours.

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L'ennuyeuse leçon de théâtre d'Yves-Noël Genod

SCENES | De quoi le Point du Jour est-il le nom ? Depuis cet hiver et la présentation d'un Soulier de satin découpé en quatre morceaux par le Collectif X, (...)

Nadja Pobel | Mardi 6 octobre 2015

L'ennuyeuse leçon de théâtre d'Yves-Noël Genod

De quoi le Point du Jour est-il le nom ? Depuis cet hiver et la présentation d'un Soulier de satin découpé en quatre morceaux par le Collectif X, ce théâtre perché sur la colline qui prie désarçonne et, pour tout dire, ne nous séduit plus. Quoiqu'on pense de l'esthétique (ou plutôt de son absence) de Gwenaël Morin, ses séries consacrées à Tchekhov, Molière ou Shakespeare ont eu le mérite de livrer des classiques sur un plateau, remplissant presque une mission de service public. Cet automne, place à Yves-Noël Genod qui décline une semaine sur deux des Leçons de théâtre et de ténèbres. Le premier volet nous a échappé. Il était, selon le metteur en scène, «plus théâtral» que celui-ci, très performatif. Et de nous prévenir : «Ça dure 1h45 mais on voit le temps passer. C'est une expérience de l'éternité.» Étonnante promesse derrière laquelle ne se cache que de l'ennui. Pourtant, on ne peut pas enlever à Genod son courage de tenter des

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Yves-Noël Genod, de permanence au Point du Jour

SCENES | C’est un pari et un appel à la curiosité : «Venez nous voir !». Oui mais voir quoi ? Du théâtre permanent. Depuis le 1er janvier 2013 (...)

Nadja Pobel | Mardi 8 septembre 2015

Yves-Noël Genod, de permanence au Point du Jour

C’est un pari et un appel à la curiosité : «Venez nous voir !». Oui mais voir quoi ? Du théâtre permanent. Depuis le 1er janvier 2013 (et jusqu’à fin décembre 2016 a minima), Gwenaël Morin poursuit cette expérience largement développée à Aubervilliers qui, si elle est incompatible avec bons nombres de compagnies, a le mérite d'inventer un théâtre du quotidien, tout en proposant une autre forme d’accueil du public : sans réservation et à 5€ la place. Lui-même l'a pratiqué avec Molière, Tchekhov ou Shakespeare, avant de convier le Collectif X pour quatre journées du Soulier de satin sur quatre mois. Hardcore. Cet automne, c’est le comédien et metteur en scène Yves-Noël Genod qui, une semaine sur deux, va dérouler huit épisodes d’un même mouvement théâtral. Son contenu ? Lui-même ne le connait pas vraiment, si ce n’est que Baudelaire et des dramaturges passeront par là, souvent dits dans le noir par dix à trente comédiens qui travailleront dans l’urgence. Car ce qu’aime Yves-Noël Genod, c’est «ouvrir la perception du public», rappelant qu’étymologiquement, le théâtr

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Le point sur Morin

SCENES | Gwenaël Morin, à la tête depuis le 1er janvier du Théâtre du Point du Jour, est un homme de théâtre atypique : il se propose de créer quotidiennement, avec ses acteurs et des anonymes, les grands classiques du répertoire dans un théâtre dit «permanent». Rencontre. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 6 septembre 2013

Le point sur Morin

Vous avez déclaré il ya longtemps que le théâtre ne sert à rien, ne rend service à personne et n’est même pas à la mode. Pourquoi en avoir fait votre vie ?Gwenaël Morin : C’est vrai que ça ne sert rien, que ce ne soit pas à la mode est moins vrai. Il y a des espèces de phases où la branchitude s’épuise des biennales d’art contemporain et se ré-intéresse au spectacle vivant jusqu’à la prochaine décennie. Il y a des flux. Je voulais dire qu’un artiste est illégitime donc ne peut être à la mode, utile ou intéresser les gens a priori. Deleuze dit que l’artiste crée pour un peuple à venir, un peuple du futur, un peuple qui n’existe pas. C’est comme si l’artiste mettait au jour des évidences qui le deviendront a posteriori et si elles ne le deviennent pas, c’est que son œuvre aura d’une certaine manière échoué. C’est une espèce d’appel des contraires. En 2003, vous jouiez déjà au Point du Jour avec un spectacle – Mademoiselle Julie - à la scénographie dépouillée. Qu’est-ce qui vous pousse vers cette esthétique ?Le dépouillement n’e

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Les Nuits de Thèbes

SCENES | Au commencement âpre et foutraque, l'"Antigone" de Gwenaël Morin se révèle au fil du jeu captivante et juste, dans un décor naturel à couper le souffle : les ruines romaines surplombant l’amphithéâtre de Fourvière. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 6 juin 2013

Les Nuits de Thèbes

On a beau connaître la recette de Gwenaël Morin, elle déroute encore. «Pas de décor, pas de costume, c’était une putain d’idée», comme le chantait ironiquement Vincent Delerm. Dans son Antigone (d'après Sophocle), les costumes sont des vêtements basiques (nuisette, jupe) ; les quelques accessoires sont comme d’habitude composés de carton et de gros scotch ; les hommes sont joués par des femmes et vice-versa. Bref, la "patte Morin" est immédiatement reconaissable, y compris dans le choix du texte, un gros morceau du répertoire - Gwenaël Morin a pris l’habitude, hormis quatre Fassbinder récemment, de monter des chefs d’œuvres (Philoctète, Tartuffe, Lorenzaccio…) en lesquels il a, dit-il, «une confiance aveugle». Pari payant : avec la traduction simple et néanmoins très contemporaine (2004) d’Irène Bonnaud et Malika Hammou, le metteur en scène va à l’essentiel, une histoire familiale qui dégénère et se mêle à celle de la Cité. Antigone, gone (de Lyon) Antigone veut enterrer son frère Polynice auquel Créon, chef de la Cité et

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Gwenaël Morin au Point du jour

SCENES | Gwenael Morin deviendra le 1er janvier 2013 le nouveau directeur du Théâtre du Point du Jour (Lyon 5). Le metteur en scène assurait déjà une sorte d’intérim à (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 30 novembre 2012

Gwenaël Morin au Point du jour

Gwenael Morin deviendra le 1er janvier 2013 le nouveau directeur du Théâtre du Point du Jour (Lyon 5). Le metteur en scène assurait déjà une sorte d’intérim à ce poste depuis le départ volontaire de Michel Raskine et André Guittier, il y a un an. Son souhait : faire de ce lieu un «théâtre permanent», comme il l'a déjà fait à Aubervilliers, animé par une troupe d’acteurs engagés et un public participatif, soit un théâtre ouvert à tous et pas seulement aux heures de spectacle. Depuis septembre, Gwenael Morin revisite le répertoire de Fassbinder selon un mode de répétitions ouvertes (du 1er au 9 de chaque mois) suivi d’une représentation le 10. Ce lundi à 20h, Village en flamme clôturera cette série d’«antithéâtre», ainsi qu'il la nomme. Nadja Pobel

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Gwenaël Morin nouveau directeur du théâtre du Point du jour

SCENES | Le metteur en scène Gwenael Morin a été sélectionné pour la direction du Théâtre du Point du Jour à Lyon. La prise de fonction de la nouvelle équipe prendra effet (...)

Christophe Chabert | Mercredi 28 novembre 2012

Gwenaël Morin nouveau directeur du théâtre du Point du jour

Le metteur en scène Gwenael Morin a été sélectionné pour la direction du Théâtre du Point du Jour à Lyon. La prise de fonction de la nouvelle équipe prendra effet au 1er janvier 2013. La commission chargée des auditions, représentant les différents partenaires (Ville de Lyon, Région Rhône-Alpes, Conseil général du Rhône et Ministère de la culture -DRAC Rhône Alpes), a reçu vingt candidatures. Neuf équipes ont été auditionnées début novembre. Gwenaël Morin souhaite faire du Théâtre du Point du Jour un «théâtre permanent», comme il l'a déjà fait à Aubervilliers, animé par une troupe d’acteurs engagés.  Des rendez-vous avec le public seront programmés au premier semestre 2013 avant le lancement de la saison du « Théâtre permanent » le 1er septembre 2013. Du 1er au 10 décembre à 20h, Gwenael Morin propose des répétitions ouvertes de "Village en flamme", quatrième volet d'Antiteatre (40 jours de traversée de quatre pièces majeures du répertoire de Rainer Werner Fassbinder).

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A capela

SCENES | Depuis 1998, les mises en scène de Gwenaël Morin (né en 1969) n'ont guère changé : absence de décors, d'effets spectaculaires et de costumes, pour un (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 20 janvier 2012

A capela

Depuis 1998, les mises en scène de Gwenaël Morin (né en 1969) n'ont guère changé : absence de décors, d'effets spectaculaires et de costumes, pour un investissement total de la présence et de la parole de l'acteur. Il adapte au Point du Jour un texte de jeunesse de Peter Handke, Introspection, écrit en 1966 et qui recèle bien des idées qui éclateront au grand jour en... mai 1968. Ce monologue pour deux personnages est ici interprété par un chœur (antique et contemporain) de sept acteurs, la plupart du temps simplement en ligne face au public. Il y est question de l’histoire d'un être humain, de sa naissance à aujourd'hui, en passant par toutes les étapes de sa vie, ses déboires, ses espoirs et ses transgressions. Le texte est acide, drôle, répétitif, vindicatif, poétique, musical : le chœur se fait d'ailleurs aussi souvent chorale (des moments chantés et surtout des moments rythmiques où le texte est scandé). Et l'on retient de cette stimulante mise en scène la mise en collectif du singulier, en multiplicité de l'individuel. Un «Je» parle ou chante en chœur : façon à la fois de s'aliéner aux autres (le règlement) ou de pouvoir lutter, se révolter, résister en s

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