Baptiste Guiton : Take shelter

Nadja Pobel | Mardi 5 février 2019

Photo : © Michel Cavalca


Au premier abord déroutant et presque trop tape-à-l'œil, le décor imposant de Après la fin (au TNP jusqu'au 21 février) se révèle au fur et à mesure d'un déroulé de la pièce fort à propos. Et c'est la tonalité générale de ce travail, qui ne cesse de se préciser et de monter en puissance au long de 85 minutes.

Baptiste Guiton monte pour la deuxième fois l'auteur britannique majeur qu'est le quadra Dennis Kelly, après Mon prof est un troll un peu trop foutraque pour être convaincant. Ici, sous les armatures d'un abri anti-atomique, il étrangle Mark et Louise. Le premier a sauvé la seconde d'une attaque nucléaire ayant anéanti la vie de ceux restés au-dessus. Tenter de sortir équivaudrait à s'étouffer sous les cendres.

Kelly est retors : seul Mark connaît la vérité et peut-être ne dit-il que la sienne. Sa haine caricaturale des barbus, à qui il faut faire la guerre, se meut en violence aveugle pour être aimé de celle qu'il désire - et qu'il séquestre peut-être plus qu'il ne la protège. Malgré une bande-son trop insistante et inutilement bourdonnante, Thomas Rortais et Tiphaine Rabaud Fournier s'accordent parfaitement dans cette tension constante où leurs corps (violemment malmenés pour elle) sont presque plus importants que leurs paroles et donnent à ressentir l'enfermement lu dans un mauvais Régis Jauffret (Claustria). En contre-point, le final, tout en logorrhée et immobilisme, est d'une justesse implacable.


Après la fin

De Dennis Kelly, ms Baptiste Guiton, 1h20
Théâtre National Populaire 8 place Lazare-Goujon Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Son père était ami avec François Berreur (metteur en scène et co-fondateur des éditions Le Solitaire intempestif), mais c'est une anecdote qui les fait rire quand ils se croisent aujourd'hui. Son attrait pour le théâtre puise plutôt ses racines dans une MJC vaillante de Lons-le-Saunier. Baptiste Guiton a alors essayé tous les sports mais rien ne le canalise. Le théâtre sera sa voie dans son Jura natal. Durant ses années d’école primaire, à raison de deux fois trois heures par semaine, il apprend et joue en fin d'année devant des comités d'entreprise dans une salle de 400 places ! « Notre professeur était spécialiste des contes et fables, écrivait des pièces sur Merlin l'enchanteur ou d'après La Fontaine... ». Le gamin joue avec une troupe d'ados, d'adultes car tous les groupes se mélangent et les voici une cinquantaine en coulisse. Cet esprit de collectif ne le quittera pas. Sa formation se poursuit au lycée, dans une filière littéraire qui le pousse au lycée climatique (à la base, pour ceux qui souffrent de problèmes ORL, pulmonaires...) de Salins-les-Bains, en pension pour suivre l'enseignement d'un des

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Au commencement, un souffle. Un halètement. Encore dans le noir, la narratrice est proche du suffoquement. Elle a besoin d’air. Son salut viendra de dire ce qu’elle vient de « décider sans prévenir » : partir en expédition au Groenland. Pour l’instant, elle est attentive à sa fille qui vient de trébucher et qu’elle doit relever car c’est avec elle qu’elle s’en va. Ce récit de Pauline Sales, auteure contemporaine confirmée, co-directrice depuis 2009 d’un centre dramatique national (Vire), n’est pas celui d’une femme déséquilibrée. Plutôt d’une épouse et mère lucide qui, face à son ennui, son enfermement dans les conventions, son « envahissement », tire la plus sage des conclusions. Et tant pis si elle se heurte au manque d’argent, aux flics, au froid, à la faim, ce qui compte c’est le mouvement, fut-il synonyme d’atterrissage dans un camion frigorifique de viande qui fera office brièvement de banquise. « Ma vie ne me ressemble pas » Ce texte, Baptiste Guiton et la comédienne Thiphaine Rabaud Fournier l’avaient déjà travaillé à la Comédie de Saint-Étienne dont ils sont tou

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Sensible à l’enfance, Dennis Kelly, dramaturge britannique de 47 ans, n’a de cesse d’observer la place que les adultes réservent à leur descendance. Dans Occupe-toi du bébé (présenté en avril à l’Élysée dans une version tranchante par Élodie Guibert), il évoque un double infanticide. Dans Mon prof est un troll, il s’adresse plus directement aux petits. Le spectacle proposé jusqu’au 3 février au TNP est accessible aux enfants dès six ans, qui répondent aisément aux adresses régulières des comédiens. Un frère et une sœur turbulents écopent bientôt d’un troll comme directeur de leur école qui leur mène une vie infernale. Écrit comme un conte sans rôle attribué, la pièce porte le poids sur scène d’être de l’anti-théâtre. Baptiste Guiton (un des quatre metteurs en scène associé au TNP dont on se souvient du très onirique et réussi Lune jaune et d’un trop propre Cœur d’acier) se débat avec toutes ces descriptions de faits, d’expression des personnages qui ne donnent plus aux comédiens qu’une matière à surjouer, à commencer par le troll lui-même. Dans un décor surchargé, ap

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