Sur vos écrans en juillet

Les films du mois / Cet été, cap sur des sorties ciné de qualité, pour accompagner les jours de pluie, ou de fortes chaleur.

Sorties du 5 juillet

À voir

★★★☆☆ Les Filles d’Olfa 

Tunisie, de nos jours. Mère de quatre filles, la dynamique Olfa a en perdu deux, aspirées par le fondamentalisme religieux. Afin de raconter l’histoire de cette femme au caractère bien trempé — non exempte d’ambiguïtés — et reconstituer les événements qui ont conduit à ce drame personnel, la réalisatrice Kaouther Ben Hania a engagé des comédiennes pour suppléer les sœurs restantes. En résulte un objet hybride à la croisée du documentaire et de la fiction…

Chacun reconnaîtra dans le procédé de l’enquête-reconstitution menée par la cinéaste abolissant volontairement les limites entre le film en train de se tourner/la fiction/le making of/le tournage/le hors-champ/le documentaire stricto sensu, le tout parmi les protagonistes d’un « fait divers » authentique, la démarche adoptée par Abbas Kiarostami pour Close-up (1990). Le désir de transparence technique se confronte en permanence au mystère des mobiles des protagonistes comme à leurs paradoxes : pourquoi Olfa est-elle tantôt si libérée, tantôt si prude et conservatrice ? Pourquoi ses deux filles ont-elles versé avec une telle facilité dans la religion ? Olfa ne dissimule-t-elle pas derrière sa forfanterie un sentiment de culpabilité ? Au fil de saynètes dévoilant des pans complémentaires de chacune, les portraits se densifient et nuancent les premières impressions. Indubitablement, le procédé fonctionne comme celui du documenteur dans Le Challat de Tunis (2014) ou des plans séquences de La Belle et la Meute (2017) — oui, Kaouther Ben Hanna aime les concepts —, mais il n’a pas le privilège de l’originalité.

De Kaouther Ben Hania (Fr., Tun-All.-Ar.-Sa., 1h50) avec Hend Sabri, Olfa Hamrouni, Eya Chikahoui…

★★★☆☆ À contretemps

Avocat très impliqué dans le droit des mal-logés, Rafa en oublierait jusqu’à sa propre famille quand il défend ses clients. À la veille d’une série d’expulsions, il entreprend un marathon administratif escorté (malgré lui) par son beau-fils. Leur chemin croise celui de futures familles à la rue. Et de drames atroces…

Chronique à la Dardenne (mais en langue ibère), ce premier long métrage du comédien Juan Diego Botto entrelaçant plusieurs destinées cabossées par la violente crise immobilière ayant ravagé la société espagnole contemporaine, tient à la fois du thriller — course contre la montre oblige — et de la comédie dramatique. Car entre les incessants allers-retours de Rafa auprès des administrations, des victimes, des membres des associations, il y a tous ces échanges qu’il a avec son beau-fils d’abord furieux d’être piégé dans ce cirque, puis goguenard et enfin acquis à la cause. Haletant autant qu’édifiant (ce scandale des prêts hypothécaires a été une abomination ; il a fallu un soulèvement populaire pour forcer la sphère politique à réagir). Toujours à sa place dans les rôles de type lambda, Luis Tosar fait le job en avocat hâbleur sonnant à toutes les portes pour sauver ses clients de la rue. On a plus de peine à trouver crédible Penélope Cruz dans son emploi de caissière : ce n’est jamais son personnage (Azucena) que l’on voit mais la-star-tentant-de-se-faire-passer-pour… Quand la notoriété sabote le métier…

De Juan Diego Botto (Esp., 1h43) avec Luis Tosar, Penélope Cruz, Juan Diego Botto…

Sorties du 12 juillet

À voir

★★★☆☆ Les Algues vertes 

Journaliste d’investigation travaillant occasionnellement pour une grande radio, Inès Léraud s’intéresse à une série de morts en Bretagne attribuées à des algues vertes. Cherchant à comprendre les raisons de leur prolifération, elle reçoit intimidations et menaces d’une partie du monde agro-industriel…

Les Algues Vertes - © Haut et Court

 

L’enquête initiale était polémique, la BD qui s’en était inspirée avait remis une pièce dans la machine ; on peut s’attendre à ce que le film adapté de cette dernière continue à remuer la vase saumâtre et méphitique que d’aucuns auraient aimé laisser pourrir sans bruit. Nommant sans crainte ceux qu’ils accusent d’être responsables de l’eutrophisation, donc prolifération de ces marées toxiques (les tenants de l’agro-industrie), Les Algues vertes suit de manière assez classique le parcours d’une lanceuse d’alerte confrontée à l’intimidation physique, au déni et à l’impuissance des politiques ou de ses employeurs face aux lobbies économiques. Si l’on ne s’étonne guère de trouver Pierre Jolivet à la réalisation d’un film socialement engagé, ce n’est pas Céline Sallette qui marquera les esprits : elle est égale à elle-même, à la limite de la transparence. Plus surprenantes s’avèrent les interprétations de Julie Ferrier, en veuve de victime et de R. Jonathan Lambert dans la peau d’un élu façon Loïg Chesnais-Girard, le président de la région Bretagne.

De Pierre Jolivet (Fr. 1h47) avec Céline Sallette, Nina Meurisse, Julie Ferrier…

★★★☆☆ Les Herbes sèches 

Enseignant dans un village au plus profond de l’Anatolie, Samet espère sa prochaine mutation à Istanbul. Au retour des vacances d’hiver, sa vie monotone est chamboulée par un problème avec des élèves mais aussi par sa rencontre avec une jeune femme de la ville d’à-côté, une professeure d’anglais boiteuse…

Quand la rumeur et la jalousie peuvent détruire des vies, aidées en cela par le silence complice et la lâcheté des autres. Nuri Bilge Ceylan dévide un fil avec lequel il a déjà brodé, comme enivré de sa propension à étirer le temps dans des conversations obliquant lourdement en joutes oratoires, qui épaississent l’augment initial. La dénonciation calomnieuse était un sujet en soi ; l’intrigue amoureuse (où un homme s’ingénie de manière perverse à conquérir une femme alors qu’il sait pertinemment qu’un rival éprouve des sentiments à son égard, comme dans Burning de Lee Chang-dong) en était un autre ; hélas les deux se neutralisent et provoquent un sentiment de trop plein dans cette ambiance statique. De manière involontaire Les Herbes sèches fait écho à Vers un avenir radieux de Moretti, dans lequel des « représentants » de Netflix préconisent un moment « what the fuck ». Il s’agit en l’occurrence d’une séquence où Samet sort littéralement de l’espace diégétique que constituent le décor et le plateau, croise l’équipe de tournage pour aller se rafraîchir en coulisses. L’intrigue se poursuit ensuite, sans explication. À chacun de gloser sur la supériorité du cinéma par rapport à la vie, le mentir-vrai de la fiction, l’illusion du réel etc. Vous avez 3h17, on ne ramasse pas les copies à la fin.

De Nuri Bilge Ceylan (Tur.-Fr.-All.-Su., 3h17) avec Deniz Celiloğlu, Merve Dizdar, Musab Ekici…

Sorties du 19 juillet

À voir

★★★☆☆ Les Ombres persanes 

Farzineh surprend son époux Jalal en route vers une destination inconnue. Elle le suit et constate qu’il se rend chez une femme dans un immeuble. Le soir, face à ses dénégations, elle se rend à nouveau à l’adresse et découvre que Farzineh et Jalal ont des sosies parfaits, Bita et Mohsen, eux-mêmes mariés…

LES OMBRES PERSANES © 7 FILMS BOUTIQUE MAJID FILM PRODUCTION DARK PRECURSOR PRODUCTIONS

 

On doit à l’auteur du (trop) mésestimé Pig (2018) cette histoire de doubles à la lisière du fantastique cronenbergien, où le spectre du rationnel ne cesse de déjouer les poussées du surnaturel. Et si Farzineh, enceinte et ne pouvant prendre son traitement habituel, était en proie à des hallucinations ? Et si Farzineh et Bita étaient des jumelles qui s’ignorent ? Et si, et si… Reste que ce surgissement d’alter ego tombe à point nommé pour révéler la personnalité intérieure de chacun et que des apparences similaires peuvent abriter des caractères totalement opposés. Captivant thriller psychologique, Les Ombres persanes bénéficie de la subtilité d’interprétation des deux comédiens Taraneh Alidoosti et Navid Mohammadzadeh — figures familières du cinéma iranien — composant chacun deux personnages réellement dissemblables. Mais aussi de la réalisation immersive de Mani Haghighi offrant de Téhéran un visage inhabituel (rappelant certains polar tournés Séoul ou Tokyo) : sous une pluie quasi-ininterrompue. Le ruissellement sur les parebrises qui en résulte confère à l’image une texture floue renforçant l’impression de confusion entre les individus, comme il suggère un regard embrumé de larmes…

De Mani Haghighi (Ir.-Fr., 1h47) avec Navid Mohammadzadeh, Taraneh Alidoosti, Vahid Aghapoor…

★★★☆☆Paula 

Paula, la petite dizaine, vit avec son père Joseph souffrant des poumons pendant que sa mère travaille à l’étranger. Pour l’été, ils partent habiter une maisonnette dans la forêt. Sur place, Joseph devient de plus en plus exigeant avec Paula, la restreignant de plus en plus. Il décide même de ne plus rentrer…

Voici un conte de Perrault contemporain où la lecture visuelle rend les métaphores immédiatement explicites : pas besoin d’être grand clerc pour comprendre la relation malsaine « incestuelle » créée par Joseph à force d’interdits, de privations, de chantages affectifs… Autant de bousculades psychologiques visant à l’isoler davantage pour accroître son emprise sur une fillette au seuil de la puberté, dont on devine qu’elle se pose des questions sur sa propre situation entre enfance et adolescente — la caméra, généreuse en gros plans, flotte d’ailleurs beaucoup entre la hauteur de Paula et celle des adultes. Pour ce premier long métrage Angela Ottobah fait défiler des figures symboliques (l’ogre, la créature des bois, le prince charmant…), des rites de passage (avec des scouts, des immersions et des franchissements de rives…) Envoyant continûment des signaux d’anormalité sans jamais rien montrer d’explicite, Paula provoque un sentiment de déstabilisation qui peut perturber les âmes sensibles. Pas forcément les plus jeunes : il a reçu la Mention Spéciale du Jury Pass Culture au Festival International du film de Biarritz – Nouvelles Vagues. 

De Angela Ottobah (Fr., avec avert. 1h38) Avec Finnegan Oldfield, Aline Helan-Boudon, Salomon Diallo…

 Sorties du 26 juillet

À voir

★★★☆☆ Les Damnés ne pleurent pas 

Maroc. Mère célibataire d’un grand adolescent prénommé Selim, Fatima-Zahra est auréolée d’une odeur de soufre jusque dans sa propre famille. Obligée de partir à la cloche de bois, elle arrive avec son fils à Tanger, dans l’espoir de recommencer leur étrange vie à deux. Mais à quel prix ?

Présenté en compétition lors du dernier festival Écrans Mixtes où il a décroché le Grand Prix Road, ce road movie emmené par la solaire Aïcha Tebbae ne ment pas sur son titre : certains (et surtout certaines) doivent payer à vie des “fautes“ dont ils ne sont pas responsables, subir jusqu’au trépas l’opprobre sans se plaindre, voire le transmettre à leur descendance… Un siècle plus tard et de l’autre côté de la Méditerranée, on n’est pas si loin de certains films de Pagnol. Bien sûr, la question de la sexualité est ici plus ouvertement abordée — et notamment son versant tarifé, perçu comme une possibilité d’émancipation autant qu’un miroir aux alouettes. En effet, Selim se trouve un amant européen qui l’emploie dans son riad… mais le “remet à sa place“ lorsque son légitime débarque. Comme sa mère, il se retrouve ravalé au rang d’objet de divertissement périssable dans cette société gouvernée par l’hypocrisie.

De Fyzal Boulifa (Fr.-Bel.-Mar, 1h41) avec Aïcha Tebbae, Abdellah El Hajjouji, Antoine Reinartz…

★★★☆☆Sabotage 

Venus de Californie, du Dakota ou d’ailleurs aux États-Unis, un petit groupe de jeunes activistes se retrouve au Texas pour mener une opération visant ébranler l’industrie pétrolière, la plus responsable à leurs yeux des multiples crises environnementales. À chacun d’entre eux sa motivation profonde…

Ce suivi méthodique d’une opération “d’éco-terrorisme“ rappelle évidemment Night Moves (2013). Mais là où Kelly Reicherdt s’attachait aux conséquences funestes de l’acte et à son empreinte sur la conscience des responsables, Daniel Goldhaber scande son récit de flash-back portant sur les causes expliquant — pour ne pas dire qu’elles légitiment — l’engagement sacrificiel des militants. Excluant toute perte humaine (si ce n’est la leur) et toute pollution, leur coup d’éclat est une réponse à l’empoisonnement systémique dont ils ont été, directement ou non, les victimes. Adaptation d’un livre ayant donné son titre original au film (Comment faire sauter un pipeline), Sabotage se montre en effet très explicite ; il y a d’ailleurs comme un parallèle entre la construction d’une théorie de la riposte pragmatique et celle de l’organisation concrète de l’action sur le terrain. En plus de cette trame politique forte, Goldhaber instille des éléments sentimentaux et du suspense qui rendent jusqu’aux dernières secondes l’intrigue captivante. On n’est pas loin de l’art de Soderbergh — ce qui n’est pas un mince compliment.

De Daniel Goldhaber (É.-U., 1h44) avec Ariela Barer, Kristine Frøseth, Lukas Gage…

 

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