En direct et en différé

ECRANS | La saison cinéma sera, du côté du Méliès et du France, l’occasion de sortir du flot infernal des sorties pour faire des pauses avec des réalisateurs, des retours en arrière sur l’Histoire du cinéma ou simplement de prolonger de manière décalée l’expérience du film. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 31 août 2012

Le premier événement de taille de cette saison cinéma aura lieu au Méliès le mercredi 11 septembre : les spectateurs pourront en effet converser avec rien moins que le grand William Friedkin. Le réalisateur de French connection et L'Exorciste, qui vient de fêter ses 77 printemps, revient en force avec Killer Joe, une comédie très très noire où une famille de Texans vénaux et méchants engagent un flic ripou pour liquider la mère divorcée afin de toucher son assurance-vie. Le tueur (Matthew McConaughey, star de la rentrée cinéma grâce à ses prestations habitées dans Magic Mike, Paperboy et Mud) exige toutefois une «caution» : la virginité de Dottie, la jeune et pas encore pervertie fille de la famille. Friedkin inaugure ce qui s'annonce comme un des rendez-vous phares du Méliès : Skype me if you can. En direct depuis chez lui via Skype, le cinéaste répondra donc aux questions du public et, si l'on en croit ses récentes interviews, cela devrait être passionnant. En octobre, c'est le réalisateur de House of boys, Jean-Claude Schlim, qui se prêtera à l'exercice, en partenariat avec le festival de cinéma gay et lesbien Face à face dont la huitième édition aura lieu du 22 au 25 novembre.

Longs courts

En parlant de festival, Le Méliès accueille du 13 au 15 septembre la première édition de Tournez court, qui mettra le court-métrage au cœur de la cinéphilie stéphanoise. Le programme est du genre costaud, avec plus de trente films présentés en 48 heures, avec en guise d'événement d'ouverture la projection de La Bifle de Jean-Baptiste Saurel, petite sensation de la dernière Quinzaine des réalisateurs cannoise. Le Méliès poursuit aussi sa collaboration au long cours avec l'association Mes Couilles Dans Ton Slip (que, par pruderie, on commence à réduire à ses initiales MCDTS) pour les soirées Pop corn. Premier rendez-vous le 28 septembre à 21h avec le mythique Ghostbusters (qu'on n'appelle plus guère par son titre français S.O.S. fantômes), du pop corn à volonté et un after au café du cinéma dans la foulée. Enfin, Le Méliès et Le France s'unissent pour proposer un cycle consacré au Cinéma des antipodes du 19 au 22 septembre, avec la reprise de quelques films australiens et néo-zélandais récents comme Le Chemin de la liberté, Samson et Delilah ou Les Saphirs. En ouverture, le chef-d'œuvre de Peter Weir Picnic à Hanging rock, véritable rêve cinématographique inspiré d'une histoire vraie, la disparition mystérieuse de quelques jeunes filles lors d'une sortie scolaire au pied d'une falaise escarpée au début du XIXe siècle. Le film est tout aussi mystérieux, envisageant le monde et les êtres comme le produit de forces telluriques et mettant en scène l'énigme comme une odyssée psychédélique.

John et Michael

Pour rester dans l'histoire du cinéma, Le Méliès inaugure en septembre son nouvel équipement numérique (longtemps attendu et devenu impératif) avec les versions restaurées en haute définition de cinq films de John Cassavetes : Shadows, Faces, Une femme sous influence, Meurtre d'un bookmaker chinois et Opening night. Ces cinq œuvres clés sont à la source de la redécouverte, à la fin des années 80, d'un cinéaste majeur, à la recherche d'une vérité humaine par un patient travail de direction d'acteurs cherchant à effacer la frontière entre le jeu et la réalité. Qu'il s'engage dans une relecture du film noir (Meurtre d'un bookmaker chinois), qu'il fasse le portrait d'une épouse borderline (Une femme sous influence), qu'il traite à sa manière la question du racisme (Shadows) ou qu'il réfléchisse à son propre rapport à l'art et à la représentation (Opening night), Cassavetes ne dévie jamais de sa ligne, où il s'agit de saisir dans la durée les flux et les reflux des émotions primaires : colère, peur, tristesse et joie, souvent mêlées dans un tourbillon déchirant. En octobre, c'est Michael Haneke qui sera à l'honneur, avec la sortie d'Amour, mais aussi la reprise de sa trilogie de la glaciation (Le Septième continent, Benny's video, 71 fragments d'une chronologie du hasard) et quelques-unes de ses œuvres majeures (Funny games, La Pianiste, Le Ruban blanc). Ce cycle sera enfin l'occasion de saluer la sortie du livre d'entretiens réalisés par l'excellent Michel Cieutat, le premier ouvrage d'importance consacré à Haneke, désormais membre du club très fermé des cinéastes aux deux Palmes d'or. Ça s'appelle être au cœur de l'événement, et on en parlera en détail dans notre prochain numéro…

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Arc-en-ciel

Festival ciné | La 17ème édition de Face à Face, festival stéphanois du film LGBTI+, promet cette année encore trois jours (...)

Niko Rodamel | Mardi 30 novembre 2021

Arc-en-ciel

La 17ème édition de Face à Face, festival stéphanois du film LGBTI+, promet cette année encore trois jours intenses avec du ciné, de la danse, de la musique et par-dessus tout de la bonne humeur ! Côté cinoche, le programme est plutôt alléchant avec 12 longs métrages (dont 5 avant-premières) et 17 courts métrages présentés lors de la 9ème nuit du court. La soirée d’ouverture donnera le ton avec la projection du cultissime Kinky Boots de Julian Jarrold, sorti en 2005 puis adapté en comédie musicale en 2013. Parmi les nombreux invités citons Pier & Flo, auteurs-compositeurs-interprètes du groupe Cassandre, la danseuse queer Lasseindra Ninja qui animera une Master Class de voguing, ou encore une partie de l’équipe de la série Les Engagés : seront présents le scénariste et co-réalisateur Sullivan Le Postec, ainsi que les acteurs Claudius Pan et Adrian De La Vega. Les spectateurs pourront en effet découvrir en avant-premiè

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Pour la vie

Transidentité | Ben, un homme trans, décide de porter le bébé que sa compagne, Aude, ne peut pas avoir. Avec The Good Man, Marie-Castille Mention-Schaar met en lumière un (...)

Cerise Rochet | Vendredi 29 octobre 2021

Pour la vie

Ben, un homme trans, décide de porter le bébé que sa compagne, Aude, ne peut pas avoir. Avec The Good Man, Marie-Castille Mention-Schaar met en lumière un sujet encore aujourd’hui laissé pour compte par le débat public : la maternité des personnes transgenres. Programmé en salles à compter du 10 novembre, le film a déjà fait couler un peu d’encre, de par le choix d’une actrice cisgenre pour interpréter un homme trans. Pour débattre du film, et peut-être aussi de ce choix, le Family propose une projection suivie d’un échange avec des intervenants du festival Face à Face et de l’association TransAide spécialisée sur les questions de transidentité. Ciné-échange autour de A Good man, le lundi 29 novembre au Family de Saint-Just-Saint-Rambert

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Faire face

Festival ciné | C'est à une 15e édition d'un festival toujours aussi fier que l'équipe de Face à Face nous convie. Au programme, de nombreux films, longs et courts, des (...)

Nicolas Bros | Mardi 5 novembre 2019

Faire face

C'est à une 15e édition d'un festival toujours aussi fier que l'équipe de Face à Face nous convie. Au programme, de nombreux films, longs et courts, des conférences, rencontres et animations se succéderont du 26 novembre au 1er décembre. Une période qui coïncide avec la journée de lutte contre le sida (1er décembre) mais également avec un cycle consacré aux "années sida" à la Cinémathèque de Saint-Étienne avec débats et témoignages. De surcroît, le festival propose deux nouveautés cette année avec un stand de réalité virtuelle le samedi 30 novembre au Méliès Saint-François et un "cinescape game" le même jour au Méliès Jean Jaurès. Côté pellicule, la célèbre Nuit du Court fête sa 8e année avec 18 films sélectionnés et projetés le 30 novembre au Méliès Saint-François. La séance culte est consacrée à Priscilla, folle du désert. À signaler également les diffusions Plaire, aimer et courir vite de Christophe Honoré (27/11 à la cinémathèque) ou encore le film franco-guatémaltèque Tremblements de Jayro Bustamante (le 26/11 à Saint-François) suivi d'un échange avec un ex-ministre du culte catholique. Enfin, précisons que l'association est en recherche permanent

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Réfractions

Expo photos | « La Street Photography est une branche de la photographie prise en extérieur dont le sujet principal est une présence humaine, directe ou indirecte, dans (...)

Niko Rodamel | Mardi 4 décembre 2018

Réfractions

« La Street Photography est une branche de la photographie prise en extérieur dont le sujet principal est une présence humaine, directe ou indirecte, dans des lieux publics… bla bla bla. » Voilà pour la définition ! La série Face à face que présente Jacky Billon-Grand sur les murs du Chok Théâtre s’inscrit pleinement dans cette veine, optant pour une démarche plutôt originale, puisque centrée sur la notion de reflet. Smartphone à portée de main, Jacky déambule au gré des rues et des places, principalement à Lyon où il travaille, à Saint-Étienne où il vit, mais aussi à Paris ou en Arles. Le photographe scrute les vitrines et les panneaux publicitaires à la recherche des visages qui se superposent furtivement avec le décor immédiat que constituent les arbres, le mobilier urbain ou même les passants. L’homme retrouve parfois certains lieux repérés en amont, des spots où l’effet recherché est souvent au rendez-vous si par chance la lumière est bonne, sans quoi il faudra repasser à une autre heure de la journée, voire un autre jour. Un travail étonnant, très graphique, à découvrir absolument. Face à face, exposition photographique de Jacky

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Première vidéo "Dans l'Oeil du Petit Bulletin Saint-Étienne"

Nouveau format d'interview | Nouveau format pour le Petit Bulletin Saint-Étienne avec le lancement des interviews vidéos avec un invité à la rédaction. Pour le début, c'est Olivier (...)

Nicolas Bros | Jeudi 22 novembre 2018

Première vidéo

Nouveau format pour le Petit Bulletin Saint-Étienne avec le lancement des interviews vidéos avec un invité à la rédaction. Pour le début, c'est Olivier Bachelard de l'association Face à Face qui s'est prêté au jeu. Vous pouvez retrouver cette première juste en -dessous. N'hésitez pas à partager cette vidéo et à nous donner votre avis sur notre page Facebook.

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Face à Face dévoile son thème 2018

ECRANS | Le festival du film LGBT+ de Saint-Étienne, Face à Face vient de dévoiler le thème central de sa prochaine édition, la 14e, qui se déroulera du 19 au 25 novembre (...)

Nicolas Bros | Jeudi 6 septembre 2018

Face à Face dévoile son thème 2018

Le festival du film LGBT+ de Saint-Étienne, Face à Face vient de dévoiler le thème central de sa prochaine édition, la 14e, qui se déroulera du 19 au 25 novembre 2018. L'équipe d'organisation a décidé de mettre en avant le sujet de l'homoparentalité. Parmi les nouveautés annoncées pour cette année, la présence de deux ou trois événements Off. Les lieux du festival restent les deux cinémas Méliès (Jean Jaurès et Saint-François), la Cinémathèque, le Zoobar, le F2, La Maison Rouge ainsi que le New Dandy. 14e festival Face à Face, du 19 au 25 novembre 2018

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Treize enthousiasmant

Face à Face | Contre mauvaise fortune — entendez “coupe brutale de la subvention régionale”—, le festival stéphanois fait belle programmation pour sa 13e édition en alignant des films primés un peu partout dans le monde et qui, au passage, croisent les questions LGBT.

Vincent Raymond | Mardi 31 octobre 2017

Treize enthousiasmant

Comme un élégant pied-de-nez aux élu·e·s d’Auvergne Rhône-Alpes ayant jugé la manifestation indigne de recevoir leur obole, Face à Face affiche cette année une sélection plus qualitative que jamais, prouvant sa haute exigence — et son absence de communautarisme. S’il fallait encore le prouver à quelques esprits étriqués, le choix d’une thématique LGBT, s’il est politique et social, ne présage pas de la valeur artistique des œuvres projetées. Laquelle est peu discutable cette année. Tout contre Face à Face C’est en effet à un pluri-récidiviste des palmarès qu’échoit l’honneur d’ouvrir les réjouissances, Seule la terre de Francis Lee, salué d’un prix du meilleur film dramatique à Sundance et du Hitchcock d’Or de Dinard, cette romance entre travailleurs agricoles en Grande-Bretagne est aussi passée par la Berlinale. La clôture se fera avec le Queer Lion de Venise — une pépite islandaise — le très beau Heartstone, de Gudmundur Arnar Gudmundsson, portrait de groupe d’adolescents au moment de l’affirmation de soi et de sa sexualité dans un contexte de rudesse généralisée (climat, famille, mœurs). La justesse de

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Happy End : Point trop final

ECRANS | de Michael Haneke (Fr.-Aut.-All., 1h48) avec Isabelle Huppert, Jean-Louis Trintignant, Mathieu Kassovitz…

Vincent Raymond | Mercredi 4 octobre 2017

Happy End : Point trop final

Après avoir causé la mort de sa mère dépressive par surdose d’anxiolytique, une pré-adolescente débarque chez son chirurgien de père, qui partage la demeure familiale calaisienne avec un patriarche réclamant l’euthanasie, une sœur entrepreneuse en plein tracas professionnels… Toujours aussi jovial, Michael Haneke convoque ici des figures et motifs bien connus pour une mise en pièce classique d’une caste déclinante, résonnant vaguement avec l’actualité grâce à l’irruption un tantinet artificielle de malheureux migrants. Dans le rôle du patriarche appelant la mort, Trintignant joue une extension de son personnage de Amour — il y fait explicitement allusion ; quant à Huppert, elle fronce le museau, écarquille les sourcils et incarne un bloc de béton congelé — quelle surprise ! Happy End ressemble hélas à du Haneke en kit : si tous les éléments habituels dérangeants sont là, manque un liant — comme la durée obstinée des plans, par exemple. Privé des longues séquences de tension faisant l’ordinaire si perturbant du cinéaste autrichie

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Lettre de Cannes #3

Festival de Cannes 2017 | Ou comment la courtoisie est une valeur qui se perd, un grand cinéaste se suicide à Cannes, et Netflix invente le vidéo-film.

Christophe Chabert | Mardi 23 mai 2017

Lettre de Cannes #3

Cher PB, Au son d’un hélicoptère tournoyant dans le ciel, loin au-dessus de la croisette, je t’écris à nouveau pour te parler de cinéma. Mais avant, j’aimerais te raconter un petit jeu que je pratique avec quelques amis depuis que je me rends au festival. Ce jeu, qui est plutôt une forme de compétition honorifique, s’appelle le Prix de la courtoisie. Rien à voir avec la radio d’extrême droite éponyme — cela me rappelle qu’autrefois, quand moi-même je faisais de la radio, un des animateurs ne cessait de présenter les titres musicaux en parlant d’albums « éponymes », sans trop savoir ce qu’il racontait puisqu’il allait jusqu’à dire de certains qu’ils étaient « parfaitement éponymes », laissant penser que d’autres étaient « un peu éponymes » et d’autres encore « moyennement éponymes »… Le Prix de la courtoisie consiste à saluer chaleureusement TOUS les agents d’accueil que l’on croise avant d’accéder aux projections, de les remercier chaque fois qu’ils font quelque chose pour nous — biper nos badges, nous indiquer nos places… — et, plus globalement, de leur sourire et de ne pas les traiter comme des paillassons. La base, quoi… Sauf au festival de Cannes où les

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Envers et contre tout, mais surtout pour tou-te-s

12e Face à Face : | Le rendez-vous stéphanois du cinéma LGBT s'offre même en exclusivité pour l'ouverture une pépite qui devrait devenir un film-culte : L'Ornithologue.

Vincent Raymond | Mercredi 2 novembre 2016

Envers et contre tout, mais surtout pour tou-te-s

Confronté comme tant de manifestations culturelles dans un contexte économique tendu à de douloureuses incertitudes — d’aucuns ne semblent vraiment pas adhérer au sous-titre/manifeste du festival “Ensemble contre l’homophobie !” —, Face à Face aurait pu se mettre cette année entre parenthèses. Refusant un défaitisme mortifère, l’équipe a troussé une 12e édition à la hauteur des précédentes. Précédé par un chapelet de séances délocalisées (au Colisée de Saint-Galmier pour une projection-débat du brillant documentaire La Sociologue et l’Ourson d’Étienne Chaillou & Mathias Thery mercredi 16 novembre à 20h30 et une avant-première du délicieux Mademoiselle de Park Chan-wook le 19 à 20h30 ou encore au Renoir de Roanne pour celle de You will never be alone de Alex Anwandte le 18 à 20h30), le festival s’ouvre même jeudi 24 au Méliès Jean-Jaurès à 21h avec une splendide curiosité en amont de sa sortie, L’Ornithologue, de João Pedro Rodrigues. Su

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Festival Face à Face : « Contre la parole de l’obscurantisme »

ECRANS | La 11e édition de Face à Face, le festival gay et lesbien de Saint-Étienne, se tiendra du 19 au 22 novembre prochains. Si l’association qui la programme renouvelé son équipe, c’est pour mieux poursuivre le travail accompli durant sa première décennie… Vincent Raymond

François Cau | Mardi 3 novembre 2015

Festival Face à Face : « Contre la parole de l’obscurantisme »

« C’est à la fois difficile et exaltant ». Alors que le festival s’annonce, Martial Dumas, nouveau président de Face à Face, assume avec un mélange d’enthousiasme et de gravité sa fonction dans l’association : « en dix ans, le festival s’est forgé une image et un impact au niveau national, voire international : il fait partie du top 5 francophone. En tant que cinéphiles, nous avons à cœur de continuer à proposer la programmation la meilleure possible, et d’élever la qualité des séances. » Dès l’ouverture, le très attendu film de Sean Baker Tangerine (prix du jury à Deauville) donnera le tempo, en avant-première française. Nombreuses, d’ailleurs, seront les exclusivités lors de cette édition : outre Vierge sous serment de Laura Bauspuri et The Duke of Burgundy de Peter Strickland qui n’ont jamais été montrés au public stéphanois, Face à Face privilégiera l’inédit en France. Un joli tour de force, incluant la projection (suivie d’une vidéo-rencontre) Beira-Mar, de Filipe Matzembacher et Marcio Reolon, débusqué à la dernière Berlinale. Cette richesse dans le choix et la provenance des pays se trouve, paradoxalement, renforcée pa

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Histoire de matous

SCENES | A l’heure où le Beaujolais nouveau fait son apparition annuelle, Océanerosemarie montre à l’occasion du festival Face à Face de Saint-Étienne, (...)

Florence Barnola | Mardi 3 novembre 2015

Histoire de matous

A l’heure où le Beaujolais nouveau fait son apparition annuelle, Océanerosemarie montre à l’occasion du festival Face à Face de Saint-Étienne, son seule-en-scène Chatons Violents. L’humoriste, chroniqueuse notamment dans On va tous y passer sur France Inter mais aussi sur Europe 1 dans Faites entrer l'invité, s’est d’abord fait connaître comme chanteuse sous le nom de scène Oshen. Après deux albums, elle fait une pause en 2009 pour se consacrer au one-man-show. Son premier spectacle, La lesbienne invisible, fait un carton avec plus de quarante mille spectateurs. Après un autre album sorti en 2011, deux livres (Ma cuisine lesbienne, Le guide pratique du mariage homo) en 2012 et 2013 et une BD (adaptation de son one-man-show), des chroniques radio, elle revient en 2015 avec Chatons violents. Au vu des dernières productions de l’artiste, on pourrait aisément penser qu’il s’agit à nouveau d’un spectacle sur l’homosexualité. Pas du tout. Dans ce deuxième opus, Océanerosemarie évoque les problèmes de couple, l’adoption de chatons, les Parisiens s’exilant à Marseille, le racisme de gauche, etc. La comédie

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Face à face : dix ans et toujours aussi gay

ECRANS | Comme le dit son président Antoine Blanchard-Royer dans l’édito du nouveau festival Face à face : «Après plusieurs éditions thématiques, nous avons décidé cette année (...)

Christophe Chabert | Mardi 4 novembre 2014

Face à face : dix ans et toujours aussi gay

Comme le dit son président Antoine Blanchard-Royer dans l’édito du nouveau festival Face à face : «Après plusieurs éditions thématiques, nous avons décidé cette année de nous recentrer simplement sur le cinéma d'auteur pour vous présenter des films souvent inédits qui resteraient invisibles sans nos festivals.» Autrement dit : plutôt que de chercher à regrouper des œuvres qui n’ont comme dénominateur commun que la déjà très vaste étiquette de "cinéma gay", autant y aller franco et proposer aux spectateurs les meilleurs films récents ou à venir, inédits à Saint-Étienne ou inédits tout courts, et arroser l’ensemble d’une dose de festivité histoire de célébrer les dix ans d’un festival devenu incontournable. Ainsi, en avant-goût de la manifestation, Face à face se délocalise à Roanne pour présenter un film qui n’avait pas eu droit aux écrans de l’Espace Renoir… C’est pourtant un des plus marquants de l’année 2014, puisqu’il s’agit du puissant Eastern boys de Robin Campillo, dont le récit gigogne dessine une carte du désir entre un quadra embourgeoisé et un jeune immigré ukrainien, carte qui recouvre aussi les troubles échanges économiques de servitude entr

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"Je ne me considère pas comme un dj techno"

MUSIQUES | Jennifer Cardini est une incontournable dans la liste des Djs made in France. Habituée des dancefloors, elle a tenu résidence dans des clubs aussi prestigieux que le Rex ou le Pulp à Paris. Habitant désormais en Allemagne et plus précisément à Cologne, la Française viendra mettre un point d'orgue au 10e festival Face à Face. Propos recueillis par Nicolas Bros.

Nicolas Bros | Mercredi 29 octobre 2014

Est-ce que depuis le lancement du label Correspondant en 2011, vous consacrez plus de temps à la production ?Malheureusement pas assez, le label et ma carrière de dj m’occupent énormément mais j’espère qu’il en sera autrement en 2015. 
Après trois ans, quel bilan pouvez-vous faire sur le lancement de ce label ? Je suis fière de nos sorties et de l’évolution du label et j’en tire un bilan plutôt positif. A un niveau plus personnel je dois dire que travailler sur un projet commun, échanger des idées et être embarquée dans le processus créatif d’un autre artiste m’a énormément apporté. Comment a évolué votre style au cours de ces dernières années ? Est-ce que le terme "techno" est le mieux approprié afin de qualifier la musique que vous jouez ou produisez ?

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Le courage de faire face

CONNAITRE | La neuvième édition de FACE à FACE, le festival international du film gay et lesbien de Saint-Étienne, s'articule autour de la notion de courage : en voici quelques-uns des temps forts.

Marc Chassaubene | Jeudi 7 novembre 2013

Le courage de faire face

«Le courage est la première des qualités humaines, car elle garantit toutes les autres» : faisant leur cette maxime d’Aristote, les organisateurs de FACE à FACE, le festival international du film gay et lesbien de Saint-Étienne, ont décidé de placer sa neuvième édition sous l’égide de cette vertu cardinale. Car il en faut encore, du courage, à l'étranger ou en France, pour assumer qui l'on est : c'est ce que montrent une grande partie des films projetés durant ces quatre jours. À commencer par celui qui fera l'ouverture du festival (jeudi 28 novembre à 21h au cinéma Le Méliès) : Bambi, de Sébastien Lifshitz, sorte de spin-off de son précédent documentaire, Les Invisibles. La femme qui s'y dévoile, Marie-Pierre Pruvot, y raconte son enfance dans l'Algérie colonisée, lorsqu'elle s'appelait encore Jean-Pierre, puis la montée à la capitale, où elle devient bientôt la reine des nuits parisiennes sous le nom de Bambi, et enfin son changement de sexe et de carrière, lorsqu'elle abandonne les planches des cabarets pour devenir... professeur de Lettres ! C'est précisément ce même Sébastien Lifshitz qui présidera la deuxième Nuit du court-métrage LGBT (

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Face à l’écran

ECRANS | Comme à chaque mois de novembre depuis sept ans, l’association Face à Face organise à Saint-Étienne un festival du film gay et lesbien qui se déroule principalement au cinéma Le France. Romain Vallet

Marc Chassaubene | Dimanche 4 novembre 2012

Face à l’écran

Avec la fermeture cette année du G Club (l’unique discothèque gay de la ville) et du bar lesbien La Bohème, le milieu commercial LGBT stéphanois se résume aujourd’hui à deux bars et deux saunas. Mais n’allez surtout pas dire à Antoine Blanchard, président de l’association Face à Face et donc l’un des principaux organisateurs du festival du même nom, que toute trace de vie homosexuelle a disparu de la surface de Saint-Étienne. «Le dynamisme gay et lesbien d’une ville ne se résume pas aux bars et aux boîtes de nuit !» s’exclamera-t-il aussitôt. Et c’est vrai qu’on aurait plutôt tendance à lui donner raison au vu du travail fourni depuis sept ans par les militants de Face à Face. En 2005, Antoine, Nicolas et quelques autres lançaient le festival du film gay et lesbien de Saint-Étienne. En 2012, pour sa huitième édition, Face à Face proposera une réflexion autour du thème «censure et autocensure». Parce qu’à l’étranger la simple évocation de l’homosexualité est parfois pénalement réprimée et que chez nous aussi, de nombreux gays et lesbiennes sont contraints de taire leurs amours à leurs collègues, à leur famille, voire à leurs amis. Un sujet que connaît bien Louis-Georges Tin, avoc

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Haneke ressort de la glace

ECRANS | Reprise opportune de La Trilogie de la Glaciation Émotionnelle de Michael Haneke, accompagnée de son film le plus polémique, "Funny Games", durant tout le mois d’octobre au Méliès : les prémisses d'une œuvre forte, paradoxale et inquiète. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 28 septembre 2012

Haneke ressort de la glace

Quand Benny’s video est sorti sur les écrans français, une décharge électrique a parcouru le cerveau des cinéphiles. Ou plutôt un tir de pistolet à grenaille, image à la fois centrale et manquante du film, d’abord montrée en vidéo pour l’abattage d’un cochon, puis laissée hors champ lors du meurtre d’une adolescente. On parlait alors de Bresson (pour le jeu blanc des comédiens), de Wenders (pour la réflexion sur l’image qui déresponsabilise l’individu)… Mais très vite, ce style et ces thèmes seront ceux de Michael Haneke, tellement reconnaissables qu’ils vont créer une foule d’imitateurs, dans son pays, l’Autriche, puis partout dans le monde — ce mois-ci, on pourra mesurer à quel point le jeune Michel Franco subit l’influence d’Haneke dans son Después du Lucía. Benny’s video était en fait le volet central d’une trilogie dite «de la glaciation émotionnelle». Avant, Haneke mettait en scène dans Le Septième continent le lent suicide d’une famille qui choisissait de disparaître comme elle avait vécue : avec la même désespérante routine existentielle. Ensuite, avec 71 fragments d’une chronologie du hasard, il donnait une forme plu

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Amour

ECRANS | Nouveau sommet dans l’œuvre de Michael Haneke, le crépuscule d’un couple comme une ultime épreuve de leur amour face à la maladie. Sublime, grâce à une mise en scène à la bonne distance et deux comédiens admirables. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 27 septembre 2012

Amour

C’est un petit-déjeuner comme les autres pour Georges et Anne (Trintignant et Riva, vraiment bouleversants), octogénaires, mariés depuis des lustres mais toujours amoureux. Sauf que, soudain, Anne ne bouge plus, comme absente à elle-même. Georges tente de la sortir de cette léthargie, rien n’y fait. Tout aussi soudainement, elle revient à elle, comme si ce long blanc n’avait pas existé. C’est le premier signe de la maladie qui va peu à peu lui faire perdre son autonomie physique, puis l’usage du langage, «et la suite, on la connaît» comme dit Georges à sa fille, bourgeoise agaçante de commisération. Mais la scène elle-même pourrait être celle d’un film fantastique. Avec Amour, Michael Haneke démontre à nouveau à quel point il sait faire surgir cette angoisse à l’intérieur du quotidien : une serrure fracturée, un pigeon qui s’introduit dans l’appartement, un cauchemar où Georges est attaqué par un individu masqué qui l’étouffe… Dans ce huis clos asphyxiant dont l’issue est annoncée dès le prologue, l’inquiétude est là, palpable dans la chair des plans subtilement éclairés par l’immense Darius Khondji. Alors, s’il n’y a pas d’alternative à la mort qui rode, y a-t-il encor

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