Ava : Jeune fille en fleur avant l'ombre

ECRANS | Dernier été pour les yeux d’Ava, ado condamnée à la cécité s’affranchissant des interdits ; premiers regards sur le cinéma de Léa Mysius (coscénariste des Fantômes d’Ismaël) avec ce film troublant et troublé, ivre de la séduction solaire de la jeune Noée Abita.

Vincent Raymond | Mercredi 28 juin 2017

Ava a treize ans, une mère célibataire fantasque, une petite sœur au biberon et une maladie qui va la rendre aveugle à la fin des grandes vacances. Loin de s'apitoyer sur son sort, l'ado profite de ce qui lui reste de vue pour longer les marges avec un jeune gitan qui la fascine…

Bonne pioche pour la Semaine de la Critique que ce premier long métrage de Léa Mysius, tout à la fois empli de la vitalité rebelle de la jeunesse et confronté à l'inéluctable d'une disparition précoce. Un poème sensoriel débarrassé d'un ancrage forcené au réalisme, Ava qui s'octroie des parenthèses de folie douce lorsqu'il s'agit d'évoquer le ressenti de la liberté, le frisson de l'incertain. Une révolte métaphorique dans une fuite à la poursuite de la beauté, où la suggestion discrète l'emporte sur la pataude monstration.

Garde à vue

On sait combien un film peut se trouver transfiguré par son acteur·trice grâce à l'accord intime entre l'interprète et son personnage. Ce que livre ici la débutante Noée Abita tient de la vibration : à l'âge des métamorphoses, avec son regard fixe et sa moue évoquant Adèle Exarchopoulos ou L'Effrontée ayant intériorisé tous ses désirs pour mieux les saisir, elle offre simultanément un visage d'innocence enfantine et une stupéfiante gravité. C'est dans l'absence d'effet de performances ou d'outrances en skaï guimauve qu'elle révèle sa puissance. Less is always more.

À sa nature bouleversante répond la présence familière de Laure Calamy, idéale ici dans un de ces emplois de cyclothymiques extraverties qu'on lui connaît — celui de la mère. Longtemps silhouette, devenue visage, puis second rôle régulier et sympathique, la comédienne va se trouver simultanément à l'affiche de nombreux films par le hasard de sorties concomitantes. Pour un·e interprète, la tentation est immense de répondre à toutes les sollicitations, qui sont autant de déclarations d'amour émanant des cinéastes ; grand est alors le risque de se “berléaniser”. Souhaitons-lui, pour maintenir ce désir intact, de préserver sa part de mystère en se montrant plus rare. Ou sélective.

Ava de Léa Mysius (Fr., 1h45) avec Noée Abita, Laure Calamy, Juan Cano…


Ava

De Léa Mysius (Fr, 1h45) avec Noée Abita, Laure Calamy...

De Léa Mysius (Fr, 1h45) avec Noée Abita, Laure Calamy...

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Ava, 13 ans, est en vacances au bord de l'océan quand elle apprend qu'elle va perdre la vue plus vite que prévu. Sa mère décide de faire comme si de rien n’était pour passer le plus bel été de leur vie. Ava affronte le problème à sa manière. Elle vole un grand chien noir qui appartient à un jeune homme en fuite…


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Siddhant Malviya reçoit le 2nd prix international recherche design Jacques Bonnaval

Distinction | Il a été choisi parmi 21 candidats. L'ingénieur-designer indien Siddhant Malviya vient d'être désigné lauréat du second Prix international recherche design (...)

Nicolas Bros | Vendredi 9 juillet 2021

Siddhant Malviya reçoit le 2nd prix international recherche design Jacques Bonnaval

Il a été choisi parmi 21 candidats. L'ingénieur-designer indien Siddhant Malviya vient d'être désigné lauréat du second Prix international recherche design Jacques Bonnaval. Créé en 2019 sous l'impulsion de Gaël Perdriau, président de Saint-Etienne Métropole, cette récompense rend hommage au créateur de la Biennale du design stéphanoise, Jacques Bonnaval. Le jury de cette deuxième édition de ce prix a particulièrement apprécié « la double démarche de biodesign et de design participatif, ainsi que les qualités sensibles produites par les images présentes dans le dossier de candidature de Siddhant Malviya, "Now, a performance of the biofuture". » La création du designer indien correspond à « une compilation de créations théâtrales ou cinématographiques qui simulent et interprètent un avenir possible après l’ère du plastique, après l’ère du changement climatique, et représentent une réalité imaginée à travers des actes démocratiques de design discursif. » Siddhant Malviya va désormais pouvoir bénéficier de plusieurs récompenses telles qu'une résidence de trois mois à la Cité du design, la possibilité de mener une expérimentation sur le territoire stéphan

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Megarama change de bobine à Saint-Etienne

Salles | Après avoir racheté l’Alhambra et le Camion Rouge, le groupe Megarama a entrepris des travaux conséquents dans le premier. Tout en changeant les noms des deux cinémas stéphanois.

Nicolas Bros | Mercredi 30 juin 2021

Megarama change de bobine à Saint-Etienne

Après son rachat il y a presque une année des cinémas Alhambra (place Jean-Jaurès) et Camion Rouge (vers la place Chavanelle), le groupe Megarama de Jean-Pierre Lemoine a remis ces deux établissements à sa sauce. Si le Camion Rouge a simplement changé de nom (devenant Megarama Chavanelle) et remplacé ses bornes de caisses et logiciels, le désormais ex-Alhambra (devenu Megarama Jean-Jaurès) a lui subi de nombreux travaux. Une enveloppe de 5 millions d’euros a été investie dans le cinéma pour reprendre le hall d’accueil, les sanitaires, les salles et les sièges. D’autre part, les trois grandes salles ont été dotées de projecteurs laser alors que les écrans n’ont quant à eux pas été touchés. Avec ce grand coup de fraîcheur, cumulé à la réouverture des salles obscures, le nouveau propriétaire compte bien redonner un coup de fouet à ces deux établissements qui avaient perdu de leur superbe au fil du temps.

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Du soleil plein la rue

Festival musiques & spectacles de rue | Parmi les festivals qui se maintiennent cet été dans la Loire, la Rue des artistes s’avance avec une programmation fidèle à son ADN. Un mélange entre des têtes (...)

Nicolas Bros | Mercredi 9 juin 2021

Du soleil plein la rue

Parmi les festivals qui se maintiennent cet été dans la Loire, la Rue des artistes s’avance avec une programmation fidèle à son ADN. Un mélange entre des têtes d’affiche, des découverte et une offre garnie de spectacles de rue en parallèle des concerts. Côté gros noms, on retiendra la gouaille de Java dont le rap-musette devrai vaillamment faire oublier l’absence de Tiken Jah Fakoly, Mouss & Hakin (Zebda) qui viendront en mode sound-system pour secouer le parc Nelson Mandela ou encore les régionaux de Wailing Trees qui présenteront leur troisième album au titre prometteur : Insert Sun (sorti en 2020). La Rue des Artistes, du 18 au 20 juin à Saint-Chamond, parc Nelson Mandela Plus d’infos et billetterie sur www.laruedesartistes.fr

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Slalom : Sortie de piste

Drame | ★★★☆☆ Un film de Charlène Favier (Fr-Bel, 1h30) avec Noée Abita, Jérémie Renier, Marie Denarnaud…

Vincent Raymond | Mercredi 2 juin 2021

Slalom : Sortie de piste

Lyz, 15 ans, intègre une classe de ski-études. Délaissée par ses parents, l’adolescente douée va rapidement passer sous la coupe d’un entraîneur abusif… À l’instar de la pratique du ski, le traitement de certains sujets sensibles réclame du tact et de l’équilibre ; le moindre faux-pas entraînant une chute fatale. Celui dont Charlène Favier s’empare à beau croiser une double actualité — la mise au jour de scandales dans l’univers des sports de glace en particulier et l’avénement du mouvement #MeToo en général —, il n’était pas exempt d’un risque de manichéisme, en (sur)chargeant facilement le coupable, ou en édulcorant ce qu’elle représente. Au contraire a-t-elle choisi de montrer la construction d’une mécanique d’emprise dans son détail, dans la complexité de son irrésistible déploiement, ne cachant pas l’existence d’une responsabilité collective — un “terreau favorable” pour un prédateur. En découle l’apparente acceptation de la victime, son mutisme malgré les appels à l’aide. Admirablement servi par le duo Noée Abita-Jérémie Renier, duo qui ne s’épargne rien dans

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L'éPOPée Verte, le docu

Scène stéphanoise | L'avenir de la musique pop française, c'est Saint-Etienne. Attention, ne voyez pas là l'adjectif "pop" comme un épitèthe péjoratif. À l'instar de ce qu'a pu (...)

Nicolas Bros | Mercredi 5 mai 2021

L'éPOPée Verte, le docu

L'avenir de la musique pop française, c'est Saint-Etienne. Attention, ne voyez pas là l'adjectif "pop" comme un épitèthe péjoratif. À l'instar de ce qu'a pu constituer Rennes pour le rock dans les années 80, Saint-Étienne est aujourd'hui le berceau d'une scène musicale d'où émergent de nombreux talents mêlant chanson, rap et électro. Parmi ceux-ci, Terrenoire, Zed Yun Pavarotti, La Belle Vie, Fils Cara et Coeur ont pris part à un projet destiné à mettre en avant cette effervescence créative stéphanoise : l'éPOPée Verte. Si le concert parisien réunissant tous ces artistes n'a pu se tenir pour cause de Covid, une soirée s'est déroulée au Fil de Saint-Etienne le 3 octobre 2020. Si ce live est passé, vous pouvez le revoir

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ZED Yun survole Sainté

Rap/chanson | ZED Yun Pavarotti est stéphanois et toujours fier de l'être. A l'instar de Dub inc qui sort régulièrement des vidéos tournées sur leurs terres ligériennes, le (...)

Nicolas Bros | Mardi 13 avril 2021

ZED Yun survole Sainté

ZED Yun Pavarotti est stéphanois et toujours fier de l'être. A l'instar de Dub inc qui sort régulièrement des vidéos tournées sur leurs terres ligériennes, le rappeur vient de sortir lui aussi un clip tourné à Sainté, celui de son titre Merveille. On y découvre Bergson ou encore le stade Geoffroy-Guichard.

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"Slalom" : Sortie de piste

ECRANS | ★★★☆☆ De Charlène Favier (Fr.-Bel., 1h30) avec Noée Abita, Jérémie Renier, Marie Denarnaud… sortie le 16 décembre

Vincent Raymond | Mardi 8 décembre 2020

Lyz, 15 ans, intègre une classe de ski-études. Délaissée par ses parents, l’adolescente douée va rapidement passer sous la coupe d’un entraîneur abusif… À l’instar de la pratique du ski, le traitement de certains sujets sensibles réclame du tact et de l’équilibre ; le moindre faux-pas entraînant une chute fatale. Celui dont Charlène Favier s’empare a beau croiser une double actualité — la mise au jour de scandales dans l’univers des sports de glace en particulier et l’avénement du mouvement #MeToo en général —, il n’était pas exempt d’un risque de manichéisme, en (sur)chargeant facilement le coupable, ou en édulcorant ce qu’elle représente. Au contraire a-t-elle choisi de montrer la construction d’une mécanique d’emprise dans son détail, dans la complexité de son irrésistible déploiement, ne cachant pas l’existence d’une responsabilité collective — un “terreau favorable” pour un prédateur. En découle l’apparente acceptation de la victime, son mutisme malgré les appels à l’aide. Admirablement servi par le duo Noée Abita-Jérémie Renier, duo qui ne s’épargne rien dans l’épreuve, ce film va au-delà du “dossier“ en offra

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Revivez l'éPOPée Verte en vidéo

Rembobine ! | Avec l'éPOPée Verte qui s'est déroulée samedi 3 octobre au Fil à Saint-Étienne, c'est tout un pan de la nouvelle "scène stéphanoise" qui s'est produite en live, chez (...)

Nicolas Bros | Lundi 19 octobre 2020

Revivez l'éPOPée Verte en vidéo

Avec l'éPOPée Verte qui s'est déroulée samedi 3 octobre au Fil à Saint-Étienne, c'est tout un pan de la nouvelle "scène stéphanoise" qui s'est produite en live, chez elle ! Au programme : Terrenoire, Zed Yun Pavarotti, La Belle Vie, Fils Cara et Coeur, sur scène et en interview (grâce à nos confrères de Radio Dio). Le tout a été enregistré en vidéo par les équipes de la salle stéphanoise et est désormais en ligne. Bande de veinards.

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Zed Yun et les autres

Disques locaux | Le rappeur Zed Yun Pavarotti n'a pas oublié ses racines. La preuve avec le titre de son premier album, Beauseigne. Un titre qui colle bien à son univers (...)

Nicolas Bros | Mardi 6 octobre 2020

Zed Yun et les autres

Le rappeur Zed Yun Pavarotti n'a pas oublié ses racines. La preuve avec le titre de son premier album, Beauseigne. Un titre qui colle bien à son univers rap qui surfe sur les désillusions d'une jeunesse un peu perdue. Puissance, maîtrise et divagation font de chaque composition de cet artiste, toujours accompagné de son fidèle producteur Osha, un nouveau titre destiné à tourner en boucle dans toute bonne playlist. Zed Yun Pavarotti n'est pas l'avenir du hip-hop français, il est le rap français actuel. Signalons aussi tout d'abord les deux EP d'un autre artiste stéphanois qui fait frémir le public parisien et francophone : Fils Cara. Avec Volume et Fictions, il impose une chanson hybride gonflée à la sub pop et au rap. Ensuite, c'est encore un artiste stéphanois, Lucas Ottin, alias Claustinto, qui a délivré le 18 septembre un premier album à l'engagement

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La caravane de la fête des quartiers

Initiative | Depuis le 6 juillet, une quinzaine de jeunes Stéphanois s'attèlent pour créer un outil festif et mobile inédit : le "caravane sound system". Porté par le (...)

Nicolas Bros | Mercredi 29 juillet 2020

La caravane de la fête des quartiers

Depuis le 6 juillet, une quinzaine de jeunes Stéphanois s'attèlent pour créer un outil festif et mobile inédit : le "caravane sound system". Porté par le Centre Culturel Cinématographique stéphanois Les3C, la MJC des Tilleuls, l'espace Alfred Sisley et soutenu par la Ville de Saint-Étienne, ce projet a été préparé pendant plus de deux ans en amont. « L'idée est d'impliquer les jeunes dans la création d'une caravane aménagée pour créer des animations musicales directement dans les quartiers stéphanois, précise Camille Descombes, responsable de la médiation culturelle au sein de Les3C. Nous avons organisé une résidence pendant le mois de juillet pendant laquelle les jeunes ont pu travaillé avec des professionnels de la menuiserie, de la soudure, du design graphique mais également avec un Dj et ingénieur du son. Ils ont également pu visiter une association par jour pour découvrir leur fonctionnement, les formes juridiques, etc. » Une fois cette résidence terminée, la caravane sera prête à l'emploi et commencera ses pérégrinations musicales, notamment du côté de Montchovet en août.

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Thierry Pilat dans l’Oeil du Petit Bulletin #45

Quand Sainté monte à Paris | C'est le retour des interviews vidéo "Dans l'Oeil du Petit Bulletin" avec Thierry Pilat, le directeur du Fil, qui nous explique le (...)

Nicolas Bros | Mercredi 4 mars 2020

Thierry Pilat dans l’Oeil du Petit Bulletin #45

C'est le retour des interviews vidéo "Dans l'Oeil du Petit Bulletin" avec Thierry Pilat, le directeur du Fil, qui nous explique le projet L'éPOPée Verte.

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Une éPOPée Verte jusqu'à Paris

Talents locaux | Vous doutez encore du fait que Saint-Étienne est une terre de talents ? Alors lorgnez un peu sur le nouveau projet lancé par le Fil. Ça s'appelle L'éPOPée (...)

Nicolas Bros | Mercredi 4 mars 2020

Une éPOPée Verte jusqu'à Paris

Vous doutez encore du fait que Saint-Étienne est une terre de talents ? Alors lorgnez un peu sur le nouveau projet lancé par le Fil. Ça s'appelle L'éPOPée Verte. Cet événement a pour but de mettre en avant plusieurs artistes de la "nouvelle scène musicale" stéphanoise à travers deux concerts. Le premier se déroule le mercredi 1er avril à La Maroquinerie à Paris. Un concert destiné aux professionnels et médias parisiens, afin qu'ils puissent découvrir la puissance créative stéphanoise. Le match retour est prévu au Fil, le 17 avril, pour une soirée ouverte à tous et gratuite. La programmation du concert de La Maroquinerie regroupe Zed Yun Pavarotti, Fils Cara, Terrenoire,

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Cav and Pag

Lyrique | Peu d’ouvrages ont scellé leur destin d’une gémellité si grande qu’il semble désormais impensable de les programmer "dé-fusionnés". Cavalleria Rusticana (...)

Alain Koenig | Mercredi 4 mars 2020

Cav and Pag

Peu d’ouvrages ont scellé leur destin d’une gémellité si grande qu’il semble désormais impensable de les programmer "dé-fusionnés". Cavalleria Rusticana de Mascagni et I Pagliacci de Leoncavallo, opéras fulgurants, font couche commune au Panthéon. Si le label "vériste" fait toujours débat, le courant musical traversant l’Italie lyrique du début du 20e siècle masque des disparités d’aptitudes criantes : Mascagni, Leoncavallo, Cilea ou Giordano aspireront toujours à l’ivresse inspirée du grand Puccini. Quel fil rouge permit donc à "Cav/Pag", unique postérité de leurs auteurs, de transformer l’essai ? Deux faits divers sanglants et passionnels, chargés d’un érotisme torride, Calabre et Sicile sur fond de misère et d’us vernaculaires aux antipodes de ceux du parterre de l’opéra, deux partitions bien léchées, qui suscitent les louanges de la critique, et quelques flèches décochées à l’âme humaine par le truchement d’un lyrisme contagieux mais accessible à tous (Ah ! L’Intermezzo de Cavalleria Rusticana !). Accès idéal pour le profane au temple intimidant de l’art lyrique, "Cav and Pag" allient beauté, intrigue haletante et lyris

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"La Cravate" : Auto-psy d’un frontiste

Film du mois | De l’espoir à la désillusion, le parcours d’un jeune militant FN lors de la campagne pour l’élection présidentielle 2017. Un portrait documentaire mâtiné d’auto-analyse reposant sur un dispositif ingénieux signé par les auteurs du remarqué "La Sociologue et l’Ourson".

Vincent Raymond | Mercredi 5 février 2020

2017, dans le Nord de la France. Bastien, vingt ans à peine, est déjà un militant chevronné du FN. Auprès de son délégué départemental, guère plus âgé que lui, il prépare la campagne de Marine Le Pen et rêve d’intégrer les hautes sphères du parti. Une caméra le suit durant quelques mois… Déjà auteurs d’un très réussi documentaire conjuguant un dispositif original et une thématique sociétale on ne peut plus clivante (La Sociologue et l’Ourson, consacré au projet de loi du Mariage pour tous), Mathias Théry & Etienne Chaillou n’ont pas choisi la facilité avec ce sujet qu’on devine à mille lieues de leurs affinités politiques. Mais c’est sans ironie ni dédain, avec la sincère curiosité de sociologues (pour ne pas dire d’anthropologues) qu’ils s’attachent aux pas de leur “personnage“, histoire de comprendre la logique de son embrigadement, la dialectique du parti qu’il a rejoint et ses aspirations personnelles. Le terme de “personnage“, renvoyant ordinairement à un corpus de fiction, n’a ici rien d’usurpé puisque

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"Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part" : Gavalda remix

ECRANS | De Arnaud Viard (Fr., 1h29) avec Jean-Paul Rouve, Alice Taglioni, Benjamin Lavernhe…

Vincent Raymond | Mardi 21 janvier 2020

Jean-Pierre, qui s’est jadis rêvé comédien, a depuis rejoint avec succès le négoce des vins. Aîné d’une fratrie comptant Juliette (une prof démangée par l’écriture et tout juste enceinte), Mathieu, employé timide et Margaux, photographe en galère, il traverse une phase difficile… En transposant à l’écran l’ouvrage homonyme d’Anna Gavalda, Arnaud Viard s’est attelé à un double défi. D’abord, d’unifier les nouvelles du recueil en une seule trame narrative sur le modèle de ce qu’avait accompli Robert Altman à partir de Neuf histoires et un poème de Carver pour bâtir son Short Cuts. Ensuite, de prendre le risque de décevoir les millions (oui oui) de lecteurs — voire adulateurs — de l’autrice qui avaient pu se forger du recueil leurs propres images. On ne contestera pas l’option choisie, évitant le morcellement du film à sketches, ni le choix de la distribution (les comédiennes et comédiens sont globalement bien trouvés, en particulier Rouve et Taglioni, quand la douleur les traverse comme un fantôme puis les habite). Mais quelle plaie de devoir, encore et toujours, subir ces destins de familles parisiennes pseudo normales, c’est

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"Seules Les Bêtes" : Col de la Croix mourant

ECRANS | De Dominik Moll (Fr.-All., 1h57) avec Denis Ménochet, Laure Calamy, Valeria Bruni Tedeschi…

Vincent Raymond | Mercredi 4 décembre 2019

Une petite communauté montagnarde gelée par l’hiver, la disparition d’une femme provoque des réactions contrastées : indifférence du rude Michel, suspicion de son épouse Alice qui pense que le son amant, le solitaire Joseph, n’est pas étranger à l’affaire. Elle n’a pas forcément tort… Retour gagnant pour l’efficace Dominik Moll, toujours à l’aise dans les ambiances psychologiquement glaçantes : le polar de Colin Niel semblait écrit pour qu’il s’empare de ses personnages tourmentés emmitouflés sous plusieurs couches de peaux et de vêtements, et qu’il compose autour de chacun d’entre eux un chapitre — autant dire un fragment — de l’histoire globale, en variant les points de vues. Comme dans Rashōmon de Kurosawa, chaque protagoniste fabrique sa vérité partir de faits objectifs, de conjectures et de sa propre part de ténèbres. Une situation donnée pour suspecte dans une séquence se révèlera ainsi totalement anodine dans l’autre… mais l’inverse se vérifiera encore plus souvent. Portrait d’une région rurale d’altitude standard (en proie à ses difficultés économiques ordinaires, à la saisonnalité touristique,

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"Les Éblouis" : Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir

Un Christ d'horreur | De Sarah Suco (Fr., 1h39) avec Camille Cottin, Jean-Pierre Darroussin, Eric Caravaca…

Vincent Raymond | Mercredi 27 novembre 2019

Depuis que sa famille a rejoint la communauté chrétienne de Luc-Marie, Camille a vu sa mère sortir de son apathie dépressive. Mais les règles et les rites qui lui sont imposés, ainsi qu’à ses frères, l’étouffent. Camille sent bien l’anormalité de cette aliénation souriante, au nom de la foi… Dans une semaine faste en films d’épouvante, Les Éblouis ne dépare pas. S’inspirant de ses souvenirs personnels, la comédienne Sarah Suco signe un premier long métrage d’autant plus effrayant qu’il se passe d’effets en décrivant au jours le jour et à travers les yeux d’une adolescente, les conséquences du mécanisme d’embrigadement sectaire. Comment un loup aux allures débonnaires se déguise en berger pour attirer à lui les proies qu’il a flairées fragiles — en l’occurence, la mère de Camille, dépressive et flétrie dans son existence. Et parvient à tout obtenir d’eux grâce à un conditionnement culpabilisateur. Se revendiquant du christianisme et pratiquant une lecture très personnelle des Écritures, la “communauté“ déviante de Luc-Marie est l’un de ces trop nombreux cercles de fêlés prétendant détenir la Vérité en droite

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Ils rééditent leur salon

Salon des éditeurs stéphanois | Après une première édition en 2018 où ils avaient attiré environ 1500 personnes, l'association des éditeurs stéphanois remet le couvert avec son salon qu'elle organise du 18 au 20 octobre à la Bourse du travail, pendant la Fête du livre.

Nicolas Bros | Lundi 14 octobre 2019

Ils rééditent leur salon

« Les 18 éditeurs stéphanois de l'association seront présents mais également 12 éditeurs invités, issus de la région Auvergne-Rhône-Alpes » se réjouit Daniel Damart, l'un des organisteurs du 2e salon des éditeurs stéphanois* qui se déroule en fin de semaine du côté de la Bourse du travail de Saint-Étienne. Cet événement, né de la rencontre en 2017 de plusieurs éditeurs locaux lors de la Rue de la République du livre - événement parallèle à la Fête du livre pendant lequel les locaux vacants de la rue étaient investis par des associations et structures locales - propose de découvrir le travail effectué par des éditeurs locaux et régionaux de littérature, de BD ou encore de poésie. « En 2017, lors de la Rue de la République du livre nous nous sommes rendus compte que nous, éditeurs locaux, avions les mêmes problématiques » détaille Daniel Damart. Se dessine alors l'envie de créer un événement dans la continuité de ce rassemblement poncutel, afin de montrer aux habitants l'étendue du savoir-faire des structures locales. « En avril 2018, nous avons créé l'association des éditeurs stéphanois et nous nous sommes interrogés quant à notre participation à la Fête du

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"L’espace cinématographique nous renvoie à nos responsabilités collectives"

Ceux qui travaillent | Antoine Russbach signe avec Ceux qui travaillent (présenté à Avignon et Gérardmer) l’un des premiers films francophones les plus percutants de l’année, où il expose en pleine lumière les coulisses du système capitaliste. À voir pour dessiller les consommateurs !

Vincent Raymond | Mardi 1 octobre 2019

Quel est le point de départ de ce film ? Antoine Russbach : Au départ, ce film s’inscrivait dans un projet plus vaste, beaucoup trop compliqué et trop cher pour un premier film : Ceux qui travaillent, ceux qui combattent et ceux qui prient, reprenant l’ordre de la société médiévale — ceux qui travaillent étant le tiers-état, les paysans ; ceux qui combattent, la noblesse et puis ceux qui prient le clergé s’occupant de notre âme. Je l’ai scindé en trois et donc ce film se pose la question de qui, aujourd’hui, nous nourrit. Je suis parti la chaîne de distribution logistique de biens, sur la manière que l’on a de consommer aujourd’hui. La particularité, c’est que ça parle du travail dans sa finalité avec un personnage d’une classe sociale élevée qui, d’une certaine manière représente le modèle de réussite que l’on peut avoir naïvement dans notre société et qui contient quelque chose de défaillant. Toutes les décisions que prend votre personnage semblent répondre à une logique pragmatique — même si elles peuvent paraître absurdes, voire inhumaines. Y a-t-il chez lui que

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"Ceux qui travaillent" : La gueule de l’emploi

KAPITAL | De Antoine Russbach (Sui.-Bel, 1h42) avec Olivier Gourmet, Adèle Bochatay, Delphine Bibet…

Vincent Raymond | Mercredi 25 septembre 2019

Premier arrivé, dernier parti ; costume cravate, droit comme un i… Frank a tout du cadre modèle dans la société de fret maritime où il a gravi tous les échelons. Mais une décision coupable lui vaut d’être licencié. Lui qui se pensait pour toujours dans le camp des vainqueurs va vaciller… Précipité d’économie, de chronique sociale et d’éthique cristallisé en une fiction tragiquement réelle, ce premier long métrage aussi cuisant qu’une gifle fait d’un Olivier Gourmet marmoréen (et magistral, comme à l’accoutumée) le bras armé du capitalisme sans état d’âme — pléonasme. Antoine Russbach ayant de surcroît l’adresse de ne pas tomber dans le piège du manichéisme, le personnage de Frank gagne en épaisseur humaine au fur et à mesure de sa déchéance et de ses rechutes, puisqu’il comprend être aussi la victime du système dont il se croyait seulement bénéficiaire — “profiteur“ serait plus exact. On le hait en le plaignant à la fois, en particulier lorsqu’il constate la fragilité de sa “réussite” reposant sur le fait qu’il est un tiroir-caisse pour toute sa famille. Exception faite de sa plus jeune fille, encore épargnée par la fièvre consumériste.

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24 révoltes par seconde

Panorama ciné rentrée/septembre | Peu importe qu’il soit passé au tout numérique : lorsqu’il s’agit des colères du mondes, le 7e Art retrousse ses babines et retrouve les bobines. Au moins de celles et ceux qui les incarnent…

Vincent Raymond | Mardi 3 septembre 2019

24 révoltes par seconde

Le feuilleton de l’été ne se suivait pas sur les petits écrans (la saga estivale made in TF1, c’est tellement 1987), ni sur les tablettes (la saison 7 de Orange is the new black qui se fait la malle des serveurs de Netflix France, ce fail trop beau pour être vrai), mais dans les coulisses du cinéma hexagonal dont la plupart des représentants (membres de la SRF, étudiants de la Femis, indépendants…) ont accueilli avec des piques l’éventualité d’une nomination du producteur Dominique Boutonnat à la tête du CNC, l’instance suprême de la profession. Pas uniquement parce que celui-ci figurait parmi les premiers à avoir abondé au comité de soutien du candidat Macron (encore que…) ; plutôt pour le rapport que la Ministère de la Culture lui avait commandé, dans lequel il préconisait le financement privé du cinéma et de l’audiovisuel. Ni la mobilisatio

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Et la caravane passe...

Dans le Tour | Le Tour de France, c'est une histoire de cyclistes, mais pas seulement. Embarqués à bord des caravanes publicitaires, des passionnés de la Grande Boucle vivent une aventure en parallèle de celle des athlètes.

Antoine Desvoivre | Jeudi 18 juillet 2019

Et la caravane passe...

Des véhicules bleus, oranges, jaunes ou violets, forment un cortège bigarré. Ils sont affublés de statues, tantôt grandioses, tantôt grotesques, mais aux proportions toujours démesurées. Idoles du consumérisme, ils portent fièrement les bannières de grandes marques. Pour sûr, la caravane publicitaire des partenaires du Tour de France offre un spectacle unique en son genre. Alors que l'on n'a pas encore aperçu l'ombre d'un vélo au départ de la piste, sur les parkings des sponsors, c'est déjà l'effervescence. On lustre les carrosseries des voitures et des chars, puis on s'installe pour un périple long de 200 kilomètres qui durera plus de six heures. Le convoi hétéroclite ouvre la piste aux cyclistes et le spectacle pour le public. Bruno Basil est chauffeur de poids lourds et, depuis trois ans, au mois de juillet, il conduit un char dans la caravane. « Ça fait voir du pays », déclare-t-il avant d'ajouter « c'est magique de voir tous ces gens heureux au bord de la piste ». En effet, les spectateurs sont au rendez-vous pour le passage de la caravane. Les athlètes ne seront pas là avant encore deux bonnes heures, mais déjà on se press

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Culture sèche

Musée | Branle-bas de combat au Musée d'Art Moderne et Contemporain ! La semaine denrière, des infiltrations d'eau ont été constatées à l’intérieur du bâtiment. En (...)

Antoine Desvoivre | Lundi 1 juillet 2019

Culture sèche

Branle-bas de combat au Musée d'Art Moderne et Contemporain ! La semaine denrière, des infiltrations d'eau ont été constatées à l’intérieur du bâtiment. En cause : une toiture grandement endommagée par l'orage de grêle du 15 juin dernier. Heureusement, le personnel s'est mobilisé aussi sec et aucune œuvre n'a été dégradée. Toutefois, certaines salles restent fermées au public et une partie de l'exposition est placée en "cale sèche" pour des raisons de sécurité et de conservation. Des interventions d'urgence sur la toiture sont prévues pour retrouver des conditions normales d'accueil du public dans les plus brefs délais. Une période de fermeture totale du musée est prévue du 23 au 29 septembre, pour une phase de travaux consacrés à la reprise complète de l'étanchéité. L'occasion pour le MAMC+ de renouveler intégralement sa collection.

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Un nouveau nom pour une deuxième vie

Patrimoine / Maison dite François 1er | Trois étages, une façade à pans de bois croisés, une autre en pierres taillées et une vue sur la place Boivin, à deux pas de la Grand'église de Saint-Étienne. Si vous ne l'avez pas reconnue, il s'agit de la Maison François 1er ou plutôt la demeure Chamoncel comme il convient désormais de l'appeler.

Antoine Desvoivre | Vendredi 7 juin 2019

Un nouveau nom pour une deuxième vie

L'une des bâtisses les plus emblématiques du vieux bourg stéphanois reprend sa dénomination historique et reçoit une nouvelle vocation. La demeure Chamoncel (plus connue sous le nom de Maison François 1er) accueillera à partir du second semestre 2020, le Centre d'Interprétation de l'Architecture et du Patrimoine (CIAP) de Saint-Étienne. Cette maison renaissance sera affectée à la promotion du patrimoine et des lettres de notre cité. Mise en valeur du patrimoine stéphanois C'est au XVIe siècle, que Monsieur Chamoncel, forgeron de son état, a fait bâtir cette maison. Si Saint-Étienne n'a connu de réel développement qu'à la révolution industrielle (début XIXe siècle), le bourg existait déjà bien avant. L'édifice, aujourd’hui classé Monument Historique, constitue l'une des traces encore visibles de cette époque. C'est la présence de trésors d'architecture classique à l'instar de la demeure Chamoncel qui a permis à la ville de Saint-Étienne d'obtenir le label Ville d'art et d'histoire en 2001 (convention renouvelée en 2017). « Nombreux sont ceux qui reconnaissent que, quand on prend la peine de lever la tête, on découvre une qualité arch

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Zed Yun Pavarotti : « J'aurai beaucoup d'affects avec ce concert »

Rap | Le jeune rappeur stéphanois Zed Yun Pavarotti ne cesse de grimper et de gagner en notoriété avec son flow éthéré et ses titres entêtants aux lyrics à l'abstraction orfévrée. Désormais installé à Paris pour travailler, il revient sur sa terre natale pour un concert qu'il attend avec une pointe d'appréhension mais également une envie débordante. Rencontre avec ce petit génie de la scène rap française.

Nicolas Bros | Mardi 4 juin 2019

Zed Yun Pavarotti : « J'aurai beaucoup d'affects avec ce concert »

Comment en es-tu arrivé à la musique ? Tout cela a commencé par un effet de groupe, d'entraînement où on rappait un peu avec des amis. On freestylait. À un moment, j'ai essayé de faire un morceau en solo, en regroupant les idées que j'avais et en les structurant avec un refrain, des couplets. Je me suis rendu compte que le résultat était correct, ça m'a plu et je n'ai jamais arrêté... Pourquoi Zed Yun Pavarotti ? À un moment donné, j'ai dû choisir quel nom porté, et je ne voulais absolument pas quelque chose de périmé... Zed, c'est en lien avec mon nom de famille. J'avais acheté un vinyle de Pavarotti à Sainté et à force de le voir et de l'écouter, je me suis intéressé à son histoire, à lui. C'est un clin d'œil pour ce personnage dont je suis très fan. Tu ne produis pas toi-même de musique. Tu as commencé d'ailleurs avec des instrumentales que tu recevais par le web ? À l'époque j'en recevais un peu mais pas tant que ça. Je connaissais aussi des producteurs à Saint

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"Les Grands Squelettes" : Vies, modes d’emploi

ECRANS | De Philippe Ramos (Fr., 1h10) avec Melvil Poupaud, Denis Lavant, Anne Azoulay…

Vincent Raymond | Mercredi 24 avril 2019

Une heure dans vie de passants ; une heure parmi leurs pensées, leurs désirs, leurs amours, leurs douleurs. Une heure emprunté à chacune et chacun, figée dans le grand manège de la journée et du monde… Impossible de ne pas penser d’entrée à La Jetée (1962) de Chris Marker, référence obligée lorsqu’un cinéaste s’aventure dans un film à narration photographique. Au-delà de la performance ou du gadget, la forme doit servir le fond et c’est bien entendu le cas ici — au reste, Philippe Ramos avait déjà montré son appétence pour les tableaux fixes dans l’excellent Fou d’amour. En saisissant au vol des individus lambda, en s’immisçant dans leur course ordinaire, il réalise des instantanés de leur vie, au plus intime de leur psyché et de leur affect. L’interruption de leurs mouvement rend leur voix plus audible et l’oreille plus captive aux inflexions ténues de leurs confessions : ce qu’ils se disent à part soi, ils ne le confieraient sans doute pas à des tiers. Tout juste long métrage,

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Christian Olivier : « Tout ce qui peut faire remuer les choses m'intéresse »

Chanson | Christian Olivier, chanteur emblématique des Têtes Raides, a sorti un second album solo en juin dernier. Intitulé "After/Avant", cet opus reste dans une veine engagée et musicalement intéressant pour son ouverture à des sons différents de ce dont nous a habitué l'intéressé. Rencontre avec Christian Olivier, avant son passage au Clapier ce vendredi 21 décembre.

Nicolas Bros | Lundi 17 décembre 2018

Christian Olivier : « Tout ce qui peut faire remuer les choses m'intéresse »

Pourquoi avoir fait le choix de vous lancer en solo en 2016 avec On/Off. Était-ce pour faire une pause avec Les Têtes Raides ? Oui, il était temps de faire une petite pause. Il y avait eu plus de 25 ans de route. C'était une manière de "breaker" un peu et de se ressourcer. J'avais le désir de continuer de faire de la musique, de poursuivre mes histoires graphiques, de lectures musicales, de bande originale de films... Concernant On/Off, j'avais envie d'essayer de nouvelles choses, de travailler avec des gens différents... Par exemple, Edith Fambuena à la réalisation et ça a vraiment été un plaisir. Ça m'a permis de me mettre dans une autre situation. Sur After/Avant, avez-vous travaillé avec la même réalisatrice ? Non, je l'ai fait avec un mec rencontré en studio et avec qui je me suis très bien entendu. Il s'appelle Félix Remy. On a enregistré au studio Pigalle à Paris. Il a vraiment cerné mes attentes. En chemin, je me suis mis à travailler avec Peter Combard, un des deux guitaristes avec qui j'avais déjà travaillé sur On/Off et qui est venu m'épauler sur les machines pour ce deuxième album. F

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"Diamantino" : ß-footballeur

Prix de la Semaine de la Critique 2018 | de Gabriel Abrantes & Daniel Schmidt (Por.-Fr.-Bré., 1h32) avec Carloto Cotta, Cleo Tavares, Anabela Moreira…

Vincent Raymond | Mercredi 21 novembre 2018

Star de l’équipe portugaise de football, Diamantino manque sa finale de la Coupe du Monde. Désespéré, désorienté, cet esprit simple instrumentalisé par les siens craint d’avoir perdu sa vista. Un parti souverainiste europhobe essaie alors de le cloner mais, ouf, les services secrets veillent… Inutile d’être spécialiste du ballon rond pour deviner à travers le personnage de Diamantino, surdoué se transcendant sur le gazon, incapable de la moindre réflexion construire à l’extérieur du stade, un “hommage“ à CR7. Postulant que son héros doit son talent (génie ?) à des visions psychédéliques d’espèces de bichons bondissant dans des vapeurs roses, ce film s’inscrit clairement dans un registre décalé ; une sorte de conte bizarroïde où la princesse aurait des crampons, le prince serait un faux-migrant travesti (mais vraie membre des services secrets) et la marâtre deux sœurs jumelles obsédées par la fortune du frangin débile, prêtes à le vendre à la découpe. Émaillé de flashes proto-organico-fantastiques à la Mandico, le projet pourrait être séduisant, surtout dans sa charge politique d

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"Le Jeu" : Drame de cœur à vous l’honneur

Phone Game | de Fred Cavayé (Fr., 1h30) avec Bérénice Bejo, Suzanne Clément, Stéphane De Groodt…

Vincent Raymond | Jeudi 11 octobre 2018

Une soirée comme Vincent et Marie en organisent souvent : autour d’un bon repas entre amis. Sauf que cette fois-ci, l’idée émerge que tous les messages parvenant sur les smartphones durant le dîner soient partagés à haute et intelligible voix. Un jeu bien anodin aux effets dévastateurs… Connu du grand public grâce à des polars à force interchangeables car redondants, Fred Cavayé s’était récemment aventuré dans la comédie (Radin) ; on n’imaginait pas que tout cela le préparait à signer avec Le Jeu son meilleur thriller, une étude de mœurs aussi acide que rythmée dissimulée sous des oripeaux d’un vaudeville à la Bruel et Danièle Thompson. Remake d’un film italien à succès, Perfetti sconosciuti (jusqu’à présent inédit dans nos salles, également adapté par Alex de la Iglesia), cette fausse comédie chorale bifurque rapidement sur une voie dramatique perturbante, révélant comme dans Carnage les visages de chacune et chacun lorsque se fissurent les masques des convenances so

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"Nos batailles" : Le combat ordinaire

C'est la lutte ! | de Guillaume Senez (Fr.-Bel., 1h38) avec Romain Duris, Laetitia Dosch, Laure Calamy…

Vincent Raymond | Mardi 2 octobre 2018

Chef d’équipe dans un entrepôt 2.0, Olivier affronte chaque jour une direction tyrannique, avant de retrouver la paix des siens. Un jour, sa femme le quitte sans prévenir, le laissant seul avec ses deux enfants. C’est un autre combat qui s’engage alors : faire sans, avec l’angoisse en plus… Enfin un rôle consistant pour Romain Duris et nous rappeler que, s’il dilapide parfois ses qualités à la demande de certains cinéastes le poussant à cabotiner, le comédien sait aussi mettre son naturel et sa sauvagerie au service d’emplois du quotidien dans des films à fleur d’âme tels que Nos batailles. Tout est ici d’une justesse infinie, sans la moindre fausse note : l’injustice qui sourd, la description du lean management cynique dans sa désincarnation ultime, le dialogue et les situations, jusqu’au sourire mouillé de sanglots d’une femme cherchant à ne pas perdre la face après une réplique maladroite de l’homme dont elle s’est éprise — Laure Calamy, parfaite dans la réserve, comme tous les personnages secondaires. Par son dédain du pathos et son sens ai

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Éric Judor - Julien Guetta : « Le beau ne sort que d’accidents heureux »

Roulez jeunesse ! | Pour son premier long métrage Roulez jeunesse, Julien Guetta a osé demandé à Éric Judor de changer de registre. Cela tombe bien : celui-ci voulait glisser vers un format plus dramatique. Rencontre en deux temps et à deux voix.

Vincent Raymond | Mercredi 5 septembre 2018

Éric Judor - Julien Guetta : « Le beau ne sort que d’accidents heureux »

Votre film flirte avec la comédie italienne et la comédie à l’anglaise… JG : C’était une des ambitions, clairement. Comme de choisir Eric, qui fait beaucoup de comédies, pour l’emmener vers quelque chose d’autre, dans quelque chose de plus singulier qu’on n’a pas forcément l’habitude de voir en France. J’ai une très grande admiration pour Éric. C’est un acteur très technique, quelqu’un de très professionnel qui gère la comédie — c’est hyper agréable quand on est réalisateur — et même le drame. Et il est aussi réalisateur… D’où vient ce personnage d’Alex, l’adulte un peu enfant qu’il interprète ? JG : Je pense que j’étais comme ça quand j’ai commencé à écrire. Et que je n’aimais pas trop cette figure — c’est pour ça que je ne trouve pas le personnage complètement irresponsable non plus. C’est un bon gars maladroit, un mec trop gentil, qui sait quand même se démerder avec la vie. Et puis, j’ai eu un fils pendant l’écriture du film, ça a modi

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"Roulez jeunesse" : Père de dépannage

Comédie familiale | de Julien Guetta (Fr., 1h24) avec Éric Judor, Laure Calamy, Brigitte Roüan…

Vincent Raymond | Mercredi 5 septembre 2018

Peu rongé par l’ambition, Alex s’épanouit au volant de la dépanneuse du garage administré par sa mère. Son bon cœur le conduit un soir à aider une jeune femme déboussolée, qui l’entraîne chez elle et le plaque le lendemain en lui laissant ses trois enfants en cadeau… Comment grandir quand on n’en éprouve pas le besoin impérieux ; comment accepter de couper le cordon quand on a toujours surprotégé son fils ; comment admettre que l’on a encore besoin de référents adultes lorsque l’on est adolescent ; est-il normal de ne pas éprouver d’instinct maternel ? Roulez jeunesse mesure chaque terme du syntagme “comédie familiale“ en explorant avec finesse le lien et l’attachement sous toutes ses formes — voilà pour les lecteurs·trices de Françoise Dolto. Pour son premier long en tant que réalisateur, Julien Guetta approfondit donc des questionnements entamés dans ses courts métrages Les Ventres vides et surtout Lana del Roy (primé à Villeurbanne), où la famille en crise constituait à la fois le périmètre et la rai

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"Sauvage" : Léo Love Caniveau

Drame | de Camille Vidal-Naquet (Fr., 1h39) avec Félix Maritaud, Eric Bernard, Philippe Ohrel…

Vincent Raymond | Mercredi 5 septembre 2018

Pour se fournir sa came quotidienne, Léo se vend ici ou là à des hommes, traînant son corps délabré de SDF sur les pavés parisiens. Des occasions de s’en sortir se présentent à lui parfois, mais il préfère vivre dans l’instant présent, l’adrénaline du fix et la sueur des corps incertains… Venir après Van Sant, après Téchiné, après Chéreau, après Genet, enfin après tout le monde en somme, dans la contre-allée de la représentation des éphèbes clochardisés vendant leur corps contre au mieux une bouffée de drogue, c’est déjà risqué. Mais ensuite tomber dans le maniérisme esthétique du pseudo pris sur le vif (avec coups de zooms en veux-tu, en voilà, rattrapage de point), dérouler les clichés comme on enfile des perles (boîtes gays nids à vieux fortunés, musicien vicieux rôdant tel le vautour…) pour nous conduire à cette fin prévisible comme si elle avait été claironnée… Était-ce bien nécessaire ? L’ultime plan, en tant qu’évocation indirecte de Verlaine, a plus d’intérêt, de force et de sens que bien des simagrées précédentes. On peut également sauver une ou deux répliques, assez bien troussées — elles.

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"Come as you are" : La mauvaise éducation

Drame | de Desiree Akhavan (É.-U., 1h31) avec Chloë Grace Moretz, Sasha Lane, John Gallagher Jr.…

Vincent Raymond | Vendredi 31 août 2018

1993. Surprise en train en plein ébat avec une camarade, la jeune Cameron est envoyée par sa tante dans camp religieux de “réhabilitation“ pour les adolescents “déviants“ placé sous la férule des frère-sœur Marsh. Au sein du groupe, Cameron tente de préserver son intime personnalité… Cette vieille obsession puritano- normative de guérir l’homosexualité par la réclusion et la prière ! Dans l’idée (et l’efficacité), cela rejoint l’antique sacrifice des vierges pour s’assurer de bonnes récoltes ; le fait de croire que l’on peut infléchir des événements sur lesquels l’on n’a aucune prise en sadisant ses semblables au nom de l’intérêt général. La prétendue maison de rééducation religieuse des Marsh est à la fois un lieu de retrait du monde pour des familles honteuses de l’orientation de leur enfant (“cachons ce gay que nous ne saurions voir“) et un centre de torture psychologique. Paradoxalement, le confinement des ados et les chambrées non mixtes tendent à annuler le lavage de cerveau hétéro opéré pendant la journée. Desiree Akhavan épouse avec beaucoup de justesse et de sensibilité

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Un nouveau tremplin musical amateur à Saint-Étienne

MUSIQUES | Nouvelle initiative du côté du quartier Chavanelle/Villeboeuf avec le concours de chant amateur Zik & Song qui se tiendra le samedi 15 septembre (...)

Nicolas Bros | Mercredi 6 juin 2018

Un nouveau tremplin musical amateur à Saint-Étienne

Nouvelle initiative du côté du quartier Chavanelle/Villeboeuf avec le concours de chant amateur Zik & Song qui se tiendra le samedi 15 septembre 2018. Organisé par l'association Made in Chavanelle, ce tremplin musical permettra à 10 candidats de se produire sur la scène en plein air, place Chavanelle. Pour participer, il faut être un auteur-compositeur-interprète de plus de 18 ans et être domicilié sur la zone de Saint-Étienne Métropole. Les postulants sont invités à envoyer une chanson de leur choix interprété sur bande son soit sur une clé USB transmise par voie postale (Espace Boris Vian, 3 rue Jean-Claude Tissot 42000 Saint-Étienne) soit sur un fichier mp3 par mail (concours.chant.chavanelle@gmail.com) avant le 29 juin à 17h30. Plus d'infos sur ce site

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L'initiateur de la Biennale design s'en est allé

Info | Créateur en 1998 de la Biennale internationale design de Saint-Étienne, Jacques Bonnaval est décédé à l'âge de 68 ans le 29 mai dernier. L'homme a été (...)

Nicolas Bros | Vendredi 1 juin 2018

L'initiateur de la Biennale design s'en est allé

Créateur en 1998 de la Biennale internationale design de Saint-Étienne, Jacques Bonnaval est décédé à l'âge de 68 ans le 29 mai dernier. L'homme a été directeur de l'école des Beaux-arts (aujourd'hui devenue École supérieure d'art et de design de Saint-Étienne) et a fortement contribué à faire de Saint-Étienne une place-forte du design en Europe et dans le monde. Gaël Perdriau, maire de Saint-Étienne, salue « un homme bon, entier, généreux, avec les autres, avec la vie. Quelqu'un de bien. Quelqu'un de rare [...] qui aura cette intuition géniale en 1998, de créer Saint-Etienne ville design, et la biennale éponyme». Maurice Vincent, ancien maire, parle lui d'une « personnalité créative et très attachante, ayant marqué l'enseignement supérieur stéphanois et singulièrement l'école des Beaux-arts qu'il a dirigée et fait évoluer vers le Design. »

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"Une femme heureuse" : Chaînes conjugales

Desperate Housewife | de Dominic Savage (G.-B., 1h45) avec Gemma Arterton, Dominic Cooper, Frances Barber…

Vincent Raymond | Jeudi 26 avril 2018

Vu de l’extérieur, Tara semble mener la vie d’épouse et mère anglaise comblée. En y regardant de plus près, son Mark n’est pas si attentionné : il lui impose sa routine sexuelle et domestique, bride ses aspirations artistiques. Un jour de trop plein, Tara craque et fait son bagage. Direction, Paris. Que l’on aurait aimé aimer ce film écrit, produit et interprété par Gemma Arterton ! La rousse comédienne aux choix éclectiques s’avère à elle seule une raison d’attachement inconditionnel, surtout si elle porte un projets sur l’insidieuse question de l’asservissement conjugal. Las, il y a hélas loin de l’intention à l’œuvre, autant que de la coupe aux lèvres. Car ce qui aurait pu être le portrait à la Sautet d’une femme conquérant sa liberté s’abîme dans une insistante (et redondante) contemplation de ses désarrois quotidiens. Plombée par une musique affligeante, la première partie insiste au-delà du raisonnable sur la cruauté de Mark et l’état de sujétion de Tara, en esthétisant un peu volontiers le beau visage triste de la comédienne. Quand vient (enfin) le temps de la rupture et d

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Un raccourci dans le temps : Einstein à la moulinette

ECRANS | de Ava DuVernay (E.-U., 1h50) avec Storm Reid, Reese Witherspoon, Oprah Winfrey…

Vincent Raymond | Mercredi 14 mars 2018

Un raccourci dans le temps : Einstein à la moulinette

Quatre ans après la subite disparition d’un physicien ayant clamé pouvoir voyager dans l’univers par la force de la pensée, Meg, une fillette, son petit frère génial partent à sa recherche avec l’aide bienveillante de trois entités féériques. Il leur faudra combatte une force maléfique, le Ça… Tiré d’un roman prétendument culte pour la jeunesse anglo-saxonne, cette adaptation ressemble surtout à un pot-pourri visuel de séquences ayant fait florès ailleurs : Avatar (le survol inutile d’une planète végétale sur le dos de Reese Witherspoon transformée en feuille d’épinard planante), Jurassic Park (les n’enfants courant dans le chaos), Harry Potter (l’ambiance forêt gothique, les objets magiques), Ça (le vilain hypnotiseur de p’tit frère aux yeux rouges) et même Le Cinquième Élément (l’amour ou la lumière pour terrasser les ténèbres), c’est dire ! Dans ce fourre-tout intégral, où Oprah Winfrey enchaîne étrangement les cosplays de RuPaul, les prota

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"La Nuit a dévoré le monde" : Zombies et homme

BRAIIIN ! | Escape game dans les conditions d’un réel apocalyptique, ce premier long métrage aussi sobre que maîtrisé réunit un trio brillant autour d’un scénario rigoureux. En peuplant la capitale de zombies désarticulés, Dominique Rocher gagne haut le moignon son Paris.

Vincent Raymond | Mercredi 7 mars 2018

Au lendemain d’une nuit agitée, dans un recoin de l’appartement de son ex — où il était venu chercher ses affaires en pleine soirée festive —, Sam découvre que le monde est désormais peuplé de zombies. Se pourrait-il qu’il soit l’ultime homme sur Terre ? À lui d’organiser sa survie… De son titre poétique à sa réalisation d’une efficacité à faire pâlir George A. Romero — lequel, là où il réside à présent, ne doit plus avoir le mélanocyte très vaillant —, La Nuit a dévoré le monde s’impose par sa singularité dans un paysage contemporain montrant une insatiable appétence pour le cinéma de genre, et tout particulièrement horrifique. Les séries à succès telles que The Walking Dead ou Les Disparus n’y sont sans doute pas étrangères, qui contribuent de surcroît au décloisonnement des univers, et prouvent aux derniers rétifs que Cronenberg ou Carpenter sont davantage que des seigneurs (saigneurs ?) dans leur partie gore. Naufrage, ô désespoir Maîtrisant la grammaire du film de zombies, Dominique Rocher

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"Jusqu’à la garde" : entre la mère et le pire de famille

Film du mois | Drame familial anxiogène, au réalisme brut et à l’interprétation terrifiante de vérisme, le premier long métrage de Xavier Legrand offre à Denis Ménochet un rôle de monstre ordinaire le faisant voisiner avec le Nicholson de Shining au rayon des pères perturbés.

Vincent Raymond | Mardi 6 février 2018

L’an dernier, il fallait en remontrer au jury de la Mostra pour se distinguer sur la Lagune : la sélection vénitienne était en effet aussi éclectique qu’éclatante, comptant notamment Three Billboards…, Mother!, The Shape of Water, Downsizing et L’Insulte. Face à une telle concurrence, qui aurait misé sur le premier long métrage de Xavier Legrand ? Qui aurait imaginé qu’il figurerait doublement au palmarès, meilleur réalisateur et meilleur premier film ? Au moins le public de son court métrage Avant que de tout perdre, prologue de ce film raisonnant aussi fort qu’un uppercut. Jusqu’à la garde s’ouvre dans l’intranquillité d’une audience de séparation entre les époux Besson. Elle, frêle, craintive mais décidée de s’éloigner de lui, massif, menaçant au regard lourd. Entre eux, la garde de leurs enfants. Une fille bientôt majeure et un fils, revendiqué par chacun… Legrand, comme son nom l’indique Xavier Legrand réussit à prolonger (et non adap

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Christian Chavassieux, auteur en résidence

Littérature | Après entre autres Noëlle Revaz, Valérie Rouzeau, Bertrand Leclair ou encore Emmannuelle Pagano, la Ville de Saint-Étienne accueille encore cette année un (...)

Nicolas Bros | Jeudi 25 janvier 2018

Christian Chavassieux, auteur en résidence

Après entre autres Noëlle Revaz, Valérie Rouzeau, Bertrand Leclair ou encore Emmannuelle Pagano, la Ville de Saint-Étienne accueille encore cette année un auteur en résidence. En 2018, le local Christian Chavassieux, plume libre naviguant entre récits historiques et sagas imaginaires, aura l'occasion de rencontrer ses lecteurs à plusieurs reprises. Les prochaines rencontres prévues sont : le 9 février à 19h à la médiathèque de Carnot et une lecture de textes le mardi 27 février à 19h au Musée de la mine.

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"In the Fade" : Soudain, le vide

Drame | de Fatih Akın (All.-Fr., avec avertissement, 1h46) avec Diane Kruger, Denis Moschitto, Numan Acar…

Vincent Raymond | Jeudi 11 janvier 2018

Allemagne, de nos jours. Katja a épousé Nuri, un commerçant d’origine turque, jadis petit délinquant mais rangé des voitures depuis qu’ils ont eu leur fils Rocco. Leur bonheur familial est brusquement réduit à néant quand un attentat perpétré par des nazis tue Nuri et Rocco… Depuis Head On (2004), on sait qu’il faut compter avec Fatih Akin sur les épaules de qui pèsent la plupart des espoirs placés dans le renouveau du cinéma allemand, après le malheureux feu paille Florian Henckel von Donnersmark. Avec ce film complexe à l’indiscutable maîtrise (successivement une tragédie, un film de procès et un revenge movie), Akin embrasse sans barguigner la somme des réalités contemporaines d’outre-Rhin — notamment la résurgence d’activistes nazis décomplexés. Il signe en sus un bouleversant portrait de femme dans toutes les acceptions organiques du terme, offrant à Diane Kruger son premier réel grand rôle dans sa langue maternelle. Le fort signifiant politique de ce retour aux sources artistique — dûment distingué à Cannes — lui confère une étiquette de c

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"Vers la lumière" : Paroles, paroles

ECRANS | Dans la queue de la comète des films de Cannes 2017 (avec In the Fade de Fatih Akin, la semaine prochaine), ce conte de Naomi Kawase est un objet (...)

Vincent Raymond | Mercredi 10 janvier 2018

Dans la queue de la comète des films de Cannes 2017 (avec In the Fade de Fatih Akin, la semaine prochaine), ce conte de Naomi Kawase est un objet discret, où elle explore une fois encore la question de la perte et de la résilience. On y suit la rencontre entre Misako, audio-descriptrice pour le cinéma et Masaya, photographe rogue ayant perdu la vue, à l’occasion de projections tests d’un film. Deux êtres malheureux, en quête d’absolu et d’épure, dont les solitudes, peu à peu, finiront par s’accorder… Kawase perd en maniérisme ce qu’elle gagne en sentimentalité. Qu’importe l’origine de cet assouplissement de l’âme, puisqu’il bénéficie au public. Au-delà de la bluette amoureuse, ce film s’expose à un terrible paradoxe, puisqu’il a recours à de splendides compositions et lumières pour évoquer la compensation de la cécité par la parole. Par ailleurs, il se révèle particulièrement bavard, ce qui risque de limiter la possibilité de lui offrir une audio-description efficace. Vers la lumière s’adresse donc peu à ceux dont il parle,

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En rocking chair et en os

Rock | Holy Bones n’est autre qu’une sympathique association de malfaiteurs qui réunit depuis 2010 une bande de musiciens grenoblois dans un projet artistique (...)

Niko Rodamel | Mercredi 3 janvier 2018

En rocking chair et en os

Holy Bones n’est autre qu’une sympathique association de malfaiteurs qui réunit depuis 2010 une bande de musiciens grenoblois dans un projet artistique original. François Magnol (chant et guitare), Vinz Travaglini (guitare et claviers), Micke Clément (basse) et Adrien Virat (batterie) explorent ensemble une sorte de bande originale de film où le blues poussiéreux laisse transpirer des ambiances chicanos. Le mariage pas si improbable que ça entre les univers de Sergio Leone et de Quentin Tarantino. Holy Bones distille ainsi un rock'n'roll rocailleux aux accents cinématographiques, entre calme intranquille et violence jamais vraiment gratuite, en mode panoramique bien évidemment. Le chant et le son vintage des instruments balade l’auditeur le long de la frontière mexicaine, comme dans un bon vieux western en noir et blanc. Les guitares chevauchent de grands espaces, s’appuyant sur une rythmique dépouillée dans laquelle basse et batterie font le job sans esbroufe. Rendez-vous est pris vendredi 2 février à 20h30, au Château de Saint-Victor-sur-Loire.

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Serial colleur

Collage | Le tatoueur et plasticien Anthony Roux ouvrira l’année 2018 sur le MUR stéphanois avec l’explosion de couleurs d’une nouvelle création originale.

Niko Rodamel | Mercredi 3 janvier 2018

Serial colleur

Depuis l'ouverture en 2016 de Karavan Tatoo, son atypique salon de tatouage, Anthony Roux s'est très vite fait un nom et une réputation dans le milieu des tatoueurs régionaux. Mais avant de dessiner sous l'épiderme de ses clients, ce solide gaillard était d'abord un plasticien aussi doué que prolifique. Cette passion pour l'art contemporain, il la partage d'ailleurs avec sa femme Marcelline, avec qui il invite d'autres artistes à venir exposer au 2 rue des Martyrs de Vingré, au premier étage de cette étonnante bâtisse, on dirait du Gaudi, La Martre de France. Et bien que son salon ne désemplisse pas, le tatoueur parvient à garder un peu de temps pour cette autre corde à son arc : collecter, redessiner, découper, assembler, composer puis coller les ingrédients savamment choisis qui peuplent au final ses créations chamarrées. L'univers d'Anthony se faufile entre street art, BD, réclames façon pop art, avec une patte bien à lui, dans une tendance pop-flashy-underground autoproclamée, puisant une partie de son inspiration dans ses voyages ou séjours en Amérique du Sud, Inde et Afrique. A bientôt quarante balais, l'artiste s'émerveille encore des couleurs du monde, sa

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"Makala" : Au charbon !

ECRANS | de Emmanuel Gras (Fr., 1h36) avec Kabwita Kasongo, Lydie Kasongo…

Vincent Raymond | Mercredi 6 décembre 2017

Kabwita bâtit sa maison. Afin d’acheter les tôles destinées à recouvrir le toit, il entreprend de fabriquer du charbon qu’il ira vendre sur le marché de Kowelzi. Alors s’engage un très long processus : coupe du bois, calcination, acheminement “à dos d’homme” et cycle de lourds sacs… Dûment récompensé par le Prix de la Critique sur la Croisette, ce film oscille — sans avoir vocation à trancher, d’ailleurs — entre documentaire et fiction ; flirte parfois avec le suspense pour s’achever par une envolée mystique. Captivant par sa pure élégance formelle, avec ses plans enveloppants (voire caressants), Makala est un film quasi marxiste, dans la mesure où il matérialise toutes les étapes de la production d’un — très exigu — capital, conquis par un forçat de la terre. Emmanuel Gras saisit du labeur l’abrutissante mécanique hypnotique, l’ingratitude de la rétribution, comme il montre l’aisance des intermédiaires ou le racket ordinaire opéré par les forces de l’ordre. D’aucuns pourraient se gausser devant la croisade dérisoire de Kabwita, arguant qu’il ne se passe

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"La Lune de Jupiter" : On lévite ou on l’évite

ECRANS | de Kornél Mundruczó (Hon.-All., 2h03) avec Merab Ninidze, Zsombor Jéger, György Cserhalmi…

Vincent Raymond | Mardi 21 novembre 2017

La Hongrie, aux portes de l’Europe. Un migrant abattu alors qu’il franchissait la frontière développe un étrange pouvoir de lévitation qu’un médecin véreux et au bout du rouleau va tenter d’exploiter à son profit. Seulement, le “miraculé” suscite d’autres appétits… Comme Lanthimos, Mundruczó se veut moraliste ou prophète 2.0 : il malaxe de vieilles lunes, les amalgame à de l’actualité sensible sérieuse et les nappe de fantastique pour leur donner une aura métaphorique (et capter les amateurs de genre). Sauf que ça sonne creux. On sent le réalisateur sent bien fier de son effet ascensionnel/sensationnel — un Quickening façon transe lente, plutôt réussi la première fois ! L’ennui est qu’il ne manque pas une occasion de le resservir, chaque occurrence le vidant davantage de son caractère exceptionnel. Le soin minutieux apporté à cet effet, à une course-poursuite en voiture ou à tout ce qui a trait à la question technique, tranche violemment avec son apparent désinvestissement pour ce qui concerne le jeu — acteurs mal post-synchronisés, guère plus considérés que du matériel de tourna

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À poil !

ARTS | Férus d’art contemporain, Anthony et Marcelline Roux accueillent une nouvelle exposition dans leur cabinet de tatouage, Karavan Tattoo, (...)

Niko Rodamel | Mardi 31 octobre 2017

À poil !

Férus d’art contemporain, Anthony et Marcelline Roux accueillent une nouvelle exposition dans leur cabinet de tatouage, Karavan Tattoo, installé au premier étage de La Martre de France, bâtiment qui doit son nom au magasin de fourrure qu’il occupa jadis. Et sur ce point on peut dire que les artistes Hesse & Romier sont tombés pile-poil au bon endroit ! Cécile Hesse et Gaël Romier vivent et travaillent ensemble depuis 1998, entre Suisse et Auvergne, exposant régulièrement leurs photographies, installations et objets. Avec Barbarians, les deux artistes explorent la frontière étroite entre humanité et animalité dans des mises en scènes minutieuses. Fourrures, velours, ceintures de cuir, escarpins, perruques et coquillages suggèrent une forme de barbarie silencieuse dans un étonnant bestiaire des corps, donnant à voir des images muettes dont le silence est finalement assourdissant, comme un hurlement contenu. Hesse & Romier cultivent un esthétisme qui suture mystère et humour grinçant dans un univers un poil provoc mais toujours classieux, où la mise en scène des matières et des objets est taillée au scalpel, sans bavure ni hasard. Barbarians

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Éric Caravaca : « Pour être un bon réalisateur il faut être un peu pervers ; je ne le suis pas totalement »

ECRANS | Éric Caravaca a entrepris un parcours solitaire pour apaiser une douleur muette qui minait sa famille depuis un demi-siècle. Son documentaire raconte "Carré 35" cette démarche, et lui raconte son cheminement ?

Vincent Raymond | Mardi 31 octobre 2017

Éric Caravaca : « Pour être un bon réalisateur il faut être un peu pervers ; je ne le suis pas totalement »

Qu’est-ce qui vous a convaincu de démonter “la vérité” racontée par vos parents ? EC : C’est quelque chose qui s’imposait. Au départ, j’avais envie de redonner une existence à une enfant qui, au fond, était presque morte deux fois. Comment la réhabiliter ? Quand j’essayais d’en parler, je sentais que les choses et la parole se fermaient ; je sentais quelque chose de honteux. Et puis aussi, c’était un peu obsessionnel : quand on cache quelque chose à un enfant — même à un grand enfant, il a l’instinct de chercher. J’avais cette envie d’éclaircir, de déshumilier une mémoire, de réhabiliter une enfant. Et puis, surtout, j’ai commencé à questionner des gens parce qu’une tante — la sœur aînée de ma mère est mort. Puis son mari, ensuite une autre demie-sœur de ma mère qui avait fait un AVC avait perdu la parole. Quand j’ai vu que mon père allait lui aussi y passer, j’y suis allé en me disant si je ne le fais pas maintenant, je ne le ferai jamais. Comment expliquez-vous que votre mère, qui a elle-même souffer

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"Carré 35" : La vérité sur Christine

ECRANS | de et avec Éric Caravaca (Fr., 1h07) Documentaire

Vincent Raymond | Mardi 31 octobre 2017

Adulte, Éric Caravaca a découvert l’existence d’une sœur aînée, morte enfant, dont ses parents lui avaient caché l’existence. Intrigué par ce silence et surtout le secret entourant l’absente, le comédien part en quête de son histoire. Et d’une trace : aucune photo d’elle n’a été conservée… De sa blessure intime toute fraîche (bien qu’ancienne) Caravaca aurait pu faire l’exhibition obscène en fouillant les douleurs et les non-dits familiaux. C’est tout le contraire qu’il obtient dans ce documentaire miraculeux porté par la douceur de sa voix, où l’on perçoit son désir sincère d’offrir une postérité légitime à celle qu’on avait voulu oblitérer. Déjouant les mensonges pudiques ou honteux, les oublis et les refoulés, Caravaca recoupe les témoignages, élucide un à un les mystères : Christine était née “différente”, les circonstances de son décès particulières, tout comme le contexte algérien en ce début des années soixante. Peu à peu se dessinent au milieu de ces vérités exhumées deux portraits entremêlés : celui d’une époque, et le visage de cette sœur inconnue dont ce film devient l

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