Futurs antérieurs

ARTS | Du post-minimalisme américain de Jonathan Lasker au post-modernisme mélancolique de Lee Bull, en passant par l’a-temporalité apaisée de Serse, le Musée d'art moderne et contemporain ouvre grand ses portes à la différence des styles, des temporalités, des aires géographies... Et propose une fois encore un programme artistique des plus alléchants ! Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 mars 2015

Photo : SERSE_Fior_d_acqua_14A SERSE Fior d'acqua 14 A, 2014 Graphite sur papier sur aluminium, 100 x142 cm / LASKER_Agrarian_sctructures.jpg Jonathan Lasker Agrarian Structures, 2004 Huile sur toile de lin, 203 X 152 cm Collection Thaddaeus Ropac, Salzburg/Pari


Le Musée d'art moderne et contemporain présente un kaléidoscope d'expositions hétérogènes d'artistes peu montrés en France. Accentuant ainsi son rôle de défricheur et d'entité muséale singulière en France. Parmi les cinq principaux artistes invités ce printemps, le musée poursuit aussi deux lignes artistiques débutées il y a plusieurs années : explorer la scène asiatique contemporaine avec la surprenante Coréenne Lee Bul ; suivre les devenirs du Minimalisme américain à travers ses héritiers (qui à la fois prennent en compte ses «préceptes» et les contestent) avec le new-yorkais Jonathan Lasker, et après les passionnantes expositions Denis Oppenheim, Richard Nonnas, Joel Shapiro et Peter Halley... Né en 1948 à Jersey City, Jonathan Lasker étudie à New York à la School of Visual Arts et poursuit ses études d'art visuel dans le fameux California Institute of Arts, bastion dans les années 1970 de l'art conceptuel. A l'encontre de ses comparses conceptuels qui pensent que la peinture est morte ou destinée seulement aux artistes du dimanche, Lasker brandit ses pinceaux et reprend les fondamentaux de l'art pictural : lignes, couleurs, textures, motifs simples, en s'inspirant notamment de Frank Stella et de Robert Ryman... «Mon objectif, déclare Jonathan Lasker, est d'amener le spectateur au seuil de la narration sans le franchir, pour qu'il observe l'état d'une picturalité pure. Par conséquent, j'ai décidé d'utiliser des formes abstraites méconnaissables comme des figures de substitution; tout cela pour démontrer la condition "pure" d'être une chose dans l'espace». Sur ses tableaux de très grand format (une vingtaine seront exposés au MAMC), les couleurs acides fusent, les empâtements débordent sans complexe, les lignes sinuent et s'entremêlent... La toile frappe le regard dans une sorte d'évidence vive et directe, due en réalité à un grand travail de composition et d'équilibre inventif entre le fond et la forme. «Par-dessus tout, je voudrais que le spectateur pense. Qu'il ou elle pense à ce qui l'amène à créer des images mentales» résume l'artiste.

Mélancolique et déjantée

Si les toiles de Jonathan Lasker utilisent un vocabulaire plutôt minimaliste, les sculptures, les installations et les dessins de la Coréenne Lee Bul (née en 1964) apparaissent des plus «maximalistes» ! Performeuse dans les années 1980 apparaissant sous les traits d'un monstre tentaculaire, l'artiste a gardé trace du corps et de ses extravagances dans ses œuvres «sculpturales» baroques et protéiformes. A partir de la fin des années 1990, elle réalise des séries de «Monstres» (mêlant céphalopodes lubriques et engins futuristes) et de «Cyborgs» (sculptures hybrides en porcelaine évoquant les mangas), proches parfois de l'imagerie et de l'univers d'un Matthew Barney. Plus récemment, Lee Bul s'est lancée dans la composition d'étonnantes sculptures-installations, de vestiges de «paysages fictionnels», de maquettes futuristes et d'architectures utopiques... C'est, plus globalement, l'environnement humain qui y est exploré, questionné, distordu, tout en puisant toujours dans une imagerie cyberpunk, post-moderne et techno-scientifique. L'artiste semble à la fois fascinée et critique vis-à-vis des grandes utopies modernistes, des mythes progressistes du 20e Siècle, qu'ils proviennent de la science-fiction, des avant-gardes artistiques ou architecturales (l'architecte allemand Bruno Taut en premier lieu qui jouait dans ses créations avec la transparence et des constructions en verre). Cette ambivalence donne lieu souvent à une sorte de mélancolie plastique, sous forme de ruines et de décompositions décadentes... Au musée, on pourra s'aventurer au sein de six architectures-installations monumentales récentes, et découvrir un grand nombre d'œuvres graphiques des années 1990 à aujourd'hui.

Mélancoliques et argentiques

De ruines il sera encore question avec les œuvres photographiques d'Yves Bresson (né en 1950, vivant à Saint-Étienne) et de Massimiliano Camellini (né en 1964 à Venise). Deux œuvres qui suivent les traces mémorielles de paysages industriels désaffectés. En noir et blanc, avec une force de composition frappant le regard, Massimiliano Camellini montre les espaces fantomatiques du village industriel Neumann proche de Turin. Le temps s'y est comme arrêté, ainsi que dans certaines séquences oniriques et poétiques des films d'Andrei Tarkovski... Yves Bresson s'est lui penché sur les anciennes usines de Pont Salomon en Haute-Loire (produisant des faux et des faucilles), rouvrant ses espaces monumentaux où, aujourd'hui, la nature regagne peu à peu ses droits, la verdure enveloppant et s'insinuant parmi l'acier et le béton. En contre-point à ces images, on pourra découvrir une soixantaine de grands dessins de l'Italien Serse (né en 1952) dont le rendu hyper-réaliste tend vers la photographie. Réalisés à la poudre de graphite, ces œuvres nous invitent à pénétrer au cœur même de la réalité, de la qualité des matières représentées, des sensations physiques les plus directes. Un travail littéralement impressionnant.

Lee Bul, Jonathan Lasker, Serse, Yves Bresson et Massimiliano Camellini du 12 mars au 17 mai au Musée d'art moderne et contemporain.


Lee Bul

Installations
Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne Métropole Rue Fernand Léger Saint-Priest-en-Jarez
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Jonathan Lasker

Peintures
Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne Métropole Rue Fernand Léger Saint-Priest-en-Jarez
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Yves Bresson et Massimiliano Camellini

"La suite du temps", photos autour de l'hist. indus. de territoires
Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne Métropole Rue Fernand Léger Saint-Priest-en-Jarez
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Couleur critique

Art contemporain | Après plus de six mois de fermeture, le Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole a réouvert ses portes à la mi-mai, proposant pas moins de quatre nouvelles expos à découvrir d’ici à la fin de l’été… Et gratuitement, s’il vous plaît. Tour d’horizon.

Cerise Rochet | Mercredi 9 juin 2021

Couleur critique

Frapper un grand coup, en présentant quatre expos temporaires pour sa réouverture. Frapper un deuxième grand coup, en proposant une visite libre gratuite pour tous les publics durant tout l’été. Frapper un troisième grand coup, en exposant des artistes aux œuvres remuantes, étonnantes, peut-être même, dérangeantes. À Saint-Étienne, le MAMC a repris du service avec la manière, ouvrant ses portes sur une lecture du monde contemporain en mutation, qui se révèle dans toute sa dureté et parfois même, son absurdité. Peu vue en Europe jusqu’ici, une rétrospective de l’œuvre foisonnante d’Hassan Sharif retrace ainsi en 150 œuvres le parcours engagé et critique de cet artiste émirati, devenu l’un des plus influents du monde arabe. Pionnier de l’art conceptuel au Moyen-Orient, né en Iran, formé à Londres avant de rentrer s’installer à Dubaï et d’y passer la plus longue partie de sa vie, Sharif, plasticien polyvalent, a développé durant quatre décennies un corpus d’œuvres ayant très fortement contribué à changer le paysage artistique de son pays. Hassan Sharif artiste dubaïote polyvalent et critique de la société de consommation L’exposition rétrospective,

Continuer à lire

Ça matche !

ARTS | Approcher les œuvres du Musée d’art moderne et contemporain (MAMC+) de manière ludique, c'est le but du nouveau jeu mobile "Trouve ton œuvre sœur". Un bon moyen de découvrir les collections du musée de manière originale, qu'on soit petit ou grand.

La rédaction | Mercredi 21 octobre 2020

Ça matche !

Développant des outils destinés à amener le plus grand nombre à découvrir ses collections, le MAMC propose un nouveau jeu mobile : "Trouve ton œuvre sœur" ! Ce dernier vient compléter l’appli mobile du musée disponible depuis 2017. Avec "Trouve ton œuvre sœur", on est invité à effectuer une visite de manière interactive en répondant à une quinzaine de questions qui permettent de définir notre profil, comme dans un test de personnalité. À la fin du questionnaire "Trouve ton œuvre sœur" nous fait matcher avec une œuvre présentée au MAMC+. Un indice visuel apparaît sur l'écran. À nous ensuite de nous promener dans les salles du musée pour retrouver notre œuvre sœur ! Créer le selfie le plus réussi Une fois l’œuvre retrouvée, le jeu nous donne la révélation, explique pourquoi ce tableau, cette sculpture ou cet objet nous correspond et nous propose ensuite de nous prendre en selfie avec elle. Un concours Instagram permet ensuite de désigner

Continuer à lire

Robert Morris, ou la transgression de soi-même

Art contemporain | Alors qu’il réouvre ses portes après 3 mois et demi de fermeture, le Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne présente une nouvelle expo dédiée à l’artiste américain Robert Morris, coorganisée avec le Mudam Luxembourg. "The Perceiving body", une véritable expérience immersive.

Cerise Rochet | Mercredi 8 juillet 2020

Robert Morris, ou la transgression de soi-même

Deux décennies, 14 œuvres, sept espaces, pour une constellation plutôt qu’une rétrospective. Puiser dans l’œuvre colossale de Morris, et exposer les exemples les plus éclairants de son travail sur la perception, et le rapport entre le corps et l’art. Pas de cheminement chronologique donc, mais une déambulation à travers le parcours intellectuel de l’artiste durant les années 60 et 70, ses certitudes, ses doutes, ses remises en question… Ses nouvelles certitudes. Neutralité et permutation Première salle, première création, comme un point de départ. Ici, Morris déboulonne les principes même de l’art sculptural, et s’inscrit avec force dans le courant minimaliste. Œuvre composée de trois formes en L identiques, faites de contreplaqué et peintes en grises, Untitled (3Ls) expérimente le concept de répétition modulaire, et celui de permutation. Morris, lui, n’a fait que les dessiner, avant de déléguer leur réalisation, sur le modèle industriel. Le L, pensé comme la forme la plus simple et la plus neutre possible, annule de fait la notion de composition, au profit d’une duplication et d’une disposition en station « couché », « assis », debout ». Il invite

Continuer à lire

Une biennale pour la jeune création à Saint-Étienne

Art contemporain | Saint-Étienne va accueillir en juin 2020 un nouveau rendez-vous national d'art contemporain avec une biennale dédiée à la jeune création. Organisée par (...)

La rédaction | Mercredi 8 janvier 2020

Une biennale pour la jeune création à Saint-Étienne

Saint-Étienne va accueillir en juin 2020 un nouveau rendez-vous national d'art contemporain avec une biennale dédiée à la jeune création. Organisée par l'ESADSE (École supérieure d'art et de design de Saint-Étienne), le MAMC (Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole) et Art Press (revue internationale de référence dans le monde de l'art actuel), l'événement s'intitule : Après l'école : biennale Art Press des jeunes artistes. Cette première édition réunira une quarantaine d'artistes dans deux lieux, le MAMC et le Campus Manufacture, et sera financée par Saint-Étienne Métropole, l'État (via la Direction générale de la création artistique au sein du ministère de la Culture) et la région Auvergne-Rhône-Alpes. Art Press sortira à cette occasion un numéro spécial qui tiendra lieu de catalogue. Niko Rodamel & Nicolas Bros Après l'école : biennale Art Press des jeunes artistes, juin 2020 à Saint-Étienne

Continuer à lire

La galerie Pasqui a ouvert ses portes

Nouveau lieu | Le monde des galeristes stéphanois est en perpétuelle effervescence. Pas un trimestre ne passe sans qu'une annonce d'ouverture ou d'agrandissement ne (...)

Nicolas Bros | Mardi 29 octobre 2019

La galerie Pasqui a ouvert ses portes

Le monde des galeristes stéphanois est en perpétuelle effervescence. Pas un trimestre ne passe sans qu'une annonce d'ouverture ou d'agrandissement ne pointe le bout de son nez. Dans la catégorie "nouvelles galeries", c'est au tour de Pasqui de voir le jour, du côté de la rue des Creuses (déjà célèbre pour la galerie Ceysson & Bénétière qui déménagera bientôt en face de la Comédie de Saint-Étienne mais également pour la toute récente galerie TAG). Lancée par deux amis, Agnès Court et David Pasquinelli, ce nouveau lieu d'exposition est entièrement dédié à l'art contemporain avec une démarche artistique assumée. « Les oeuvres que nous proposons sont celles qui nous plaisent, explique simplement Agnès Court. Pour l'ouverture de la galerie qui s'est déorulée le 24

Continuer à lire

La Galerie Berthéas investit un nouvel espace à Saint-Étienne

Galerie | La Galerie Les Tournesols de la famille Berthéas va ouvrir un nouvel espace d'exposition et de ventes fin octobre, en face du cinéma Le Camion Rouge à proximité de la place Chavanelle. Un lieu couvrant une surface totale de plus de 1 700 m² qui sera dorénavant dédié à l'art contemporain et notamment à la figuration libre, le narrative art et le street art, les spécialités de la maison.

Nicolas Bros | Mercredi 28 août 2019

La Galerie Berthéas investit un nouvel espace à Saint-Étienne

Saint-Étienne confirme petit à petit sa position de ville de province possédant une concentration non négligeable de galeries d'art privées et associatives. Dernière preuve en date du dynamisme de cette activité dans la préfecture ligérienne, le choix de la Galerie Berthéas d'investir dans un nouvel espace de 1 700 m² situé rue Étienne Mimard, en lieu et place d'un ancien concessionnaire automobile fermé depuis plusieurs années. « Nous sommes très enthousiastes concernant ce nouveau projet, assure Alain Berthéas, le dirigeant des Galeries Berthéas-Les Tournesols. C'est un lieu exceptionnel, avec d'énormes possibilités d'aménagements pour nos activités. » L'entreprise stéphanoise exploite déjà plusieurs lieux à Saint-Étienne (show-room situé rue Notre-Dame et des espaces d'exposition et de vente place Maxime Gorki), à Paris (une galerie de 140 m² rue de Turenne, dans le Marais) et à Vichy (une galerie de 800 m² dans le centre-ville). Mais ce nouvel investissement constitue une nouvelle orientation majeure pour le groupe. « Ici se déroulera le cœur

Continuer à lire

Ici et maintenant

ARTS | Panorama expos

Niko Rodamel | Mardi 3 septembre 2019

Ici et maintenant

En résonance avec la quinzième Biennale d'art contemporain de Lyon, Mathias Isouard installe ses étonnantes machines interactives sur le site de l'Assaut de la Menuiserie. Au cœur d'une expérimentation empirique et sensorielle de dispositifs-instruments, l'artiste interroge les interactions entre matérialité et immatérialité qui se jouent dans les technologies digitales, mettant en œuvre les principes de visualisation et de sonification d'un lieu ou d'un matériau, à la frontière des dimensions physiques et acoustiques du réel. Matières génératives de Mathias Isouard, du 14 septembre au 12 octobre à l'Assaut de la Menuiserie, Saint-Étienne

Continuer à lire

Une nouvelle galerie d'art à Saint-Étienne

Art contemporain | La galerie d'art stéphanoise Ceysson & Bénétière lance un nouveau projet du côté du quartier créatif en transformant l’ancien bâtiment de l’Afep en galerie d'art de 1 500 m². Ouverture prévue au début de l'année 2020.

Nicolas Bros | Mardi 12 février 2019

Une nouvelle galerie d'art à Saint-Étienne

Saint-Étienne est décidément une ville dynamique d'un point de vue culturel. Une nouvelle annonce vient d'être effectuée en mairie ce lundi matin. La galerie d'art stéphanoise Ceysson & Bénétière, déjà présente physiquement dans la ville, via un local commercial situé rue des Creuses (mais également à New York, Luxembourg et Paris), va investir les anciens bâtiments de l'Afep (Association forézienne d'écoles de production) situés à proximité du Zénith et de La Comédie de Saint-Étienne. Sur une surface de 1 500 m², le projet prendra la forme d'une galerie-"lieu de vie" comprenant des espaces d'exposition mais également un café-restauration et une librairie. « C'est une galerie d'art mais le but est qu'à terme cela devienne une plateforme, un vrai lieu artistique, de consommation, de contemplation et de discussion autour de l'art, détaille Loïc Bénétière, un des co-dirigeants de la structure. Une galerie, les gens ont tendance à l'oublier, c'est un lieu ouvert à tous, gratuit. Le côté commercial est bien entendu important pour faire vivre notre lieu, car nous n'avons pas de subvention, nous sommes un lieu privé. Mais c'est important que le public vienne. S'install

Continuer à lire

Anish Kapoor pour les 30 ans du MAMC

Art | En 2018, le Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole fête ses 30 ans. À cette occasion, c'est une année riche en expos et événements que les équipes de l'institution muséale ont concoctée, avec notamment la venue du célèbre Anish Kapoor mais également l'occasion de forger une exposition très dense, en s'appuyant sur l'ampleur colossale des collections de ce "musée référence".

Nicolas Bros | Jeudi 7 septembre 2017

Anish Kapoor pour les 30 ans du MAMC

Le Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne va avoir 30 ans. Édifiée sur les plans de l'architecte Didier Guichard et sous l'impulsion de François Dubanchet (maire de Saint-Étienne entre 1983 et 1994), l'institution muséale fut inaugurée le 10 décembre 1987. Sur ses quelques 3 000 m² de surface d'exposition, le musée aura vu défiler les oeuvres des plus grands noms de l'art et se sera enrichi au fil des années d'une collection de plus de 20 000 pièces. Afin de fêter dignement ces trois décennies, c'est une programmation inédite qui est prévue dès le 10 novembre 2017 et s'étirant jusqu'à la fin de l'année 2018. Pour débuter, c'est une "star" de l'art contemporain qui viendra proposer son travail aux yeux des Stéphanois. Du 10 novembre au printemps 2018, l'artiste plasticien britannique Anish Kapoor aura carte blanche dans la grande salle centrale du bâtiment et proposera la découverte de son installation My Red Homeland ainsi que des oeuvres inédites, encore jamais montrées. Cette première exposition a été rendue possible notamment grâce aux bonnes relations qu'entretiennent Lorand Hegyi, directeur du MAMC jusqu'en 2016, et l'artiste anglais.

Continuer à lire

Mémoires géographiques

Galerie | En résonance avec la Biennale d’art contemporain de Lyon, Eléna Salah présente avec Les Répliques du lointain une nouvelle série d’images (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 septembre 2017

Mémoires géographiques

En résonance avec la Biennale d’art contemporain de Lyon, Eléna Salah présente avec Les Répliques du lointain une nouvelle série d’images dans lesquelles photographie et sculpture s’entremêlent, interagissent et se confrontent au-delà de leur influence réciproque. L’artiste explore différentes formes de construction et d’inachèvement dans un paysage où la présence même du photographe donne aux images produites leur caractère factuel, les figeant dans le temps précis de l’acte photographique. L’artiste s’interroge également autour de la porosité qui répète et déplace une histoire, un lieu et son contexte géographique. Entre mémoire et oubli, parfois, l’abandon. La photographe précise : « C’est au travers de voyages à l’étranger que je développe des intrigues mettant en tension la question de l’image comme sculpture, où l’on ne sait plus ce qui se construit de ce qui s’affaisse. » Les Répliques du Lointain, par Élénah Salah, du 9 septembre au 7 octobre, à l’Assaut de la Menuiserie, au 11 rue Bourgneuf

Continuer à lire

Le Musée d'Art Moderne et Contemporain s’exporte en Chine

International | Pour fêter les 30 ans du MAMC (Musée d'Art Moderne et Contemporain) de Saint-Étienne et l’ouverture récente au public du Musée d’art de l’Université de Tsinghua à Pékin, les deux institutions s’associent dans le cadre de l’exposition "De Monet à Soulages : chemins de la modernité (1800-1980)".

La rédaction | Jeudi 18 mai 2017

Le Musée d'Art Moderne et Contemporain s’exporte en Chine

51 œuvres de la collection d’art ancien, moderne et contemporain du MAMC de Saint-Étienne ont embarqué début mai en direction du Musée d’art de l’Université de Tsinghua à Pékin en Chine, pour y séjourner du 6 mai au 31 août. Ces œuvres de Picasso, Monet et Dubuffet, longtemps dissimulées dans les énormes réserves du MAMC, prennent place dans une exposition hors-les-murs inédite : De Monet à Soulages : chemins de la modernité (1800-1980). Montée dans le cadre du 12e festival Croisements voué à mettre en avant les collaborations artistiques franco-chinoises, cet événement retrace l’histoire de la peinture française à travers les mouvements qui l’ont marquée depuis le XVIIIe siècle. Tous les courants principaux ou presque y sont représentés : impressionnisme, cubisme, surréalisme... Ces musées offrent ainsi une chance aux Chinois de s'ouvrir à la culture française, qui n'est pas forcément bien véhiculée dans leur pays. Cette exposition devrait par la suite s’installer dans différentes villes de Chine, pour enfin, être présentée à Saint-Étienne au cours de l’année 2018.

Continuer à lire

Les artistes et l'objet

ARTS | Le Musée d'art moderne et contemporain, bientôt trentenaire, ouvre simultanément plusieurs expositions. Parmi elles : un projet inédit de Jacques Villeglé, et "Archéologie du présent", nouvelle présentation de ses collections qui fait la part belle à l'objet. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 1 mars 2016

Les artistes et l'objet

L'importante exposition Archéologie du présent rassemble cent cinquante œuvres pour la plupart issues des collections du Musée d'art moderne et contemporain. Des collections exceptionnelles, rappelons-le, comptant environ dix neuf mille œuvres et des ensembles importants concernant la photographie, l'abstraction américaine, la peinture allemande, ou encore des artistes comme Soulages ou Dubuffet... Sébastien Delot, commissaire de l'exposition, a pensé sa sélection en fonction de trois objectifs : un parcours historique des collections (de Picasso et ses œuvres cubistes à Claude Lévêque qui propose au Musée une installation inédite), une contextualisation des artistes exposés en parallèle (Jacques Villeglé et bientôt Anne & Patrick Poirier), un rappel de quelques-unes des grandes thématiques de l'art récent. L'une des thématiques fortes d'Archéologie du présent a trait notamment à ce curieux et essentiel "personnage" de l'art moderne et contemporain : l'objet. Le retour de l'objet En 1912, dans sa Nature morte à la chaise cannée, Picasso utilise un morceau de toile cirée dans son tableau. Et le Cubisme en génér

Continuer à lire