Tutus et Tubas

Alain Koenig | Mardi 7 septembre 2021

Photo : © Jean-Claude Carbonne


Les grands ballets de Tchaïkovski, trop souvent associés à une rhétorique musicale ou chorégraphique un brin surannée, font l'objet d'un « ravalement complet » à l'Opéra de Saint-Étienne. Casse-Noisette, tout d'abord, dont la version « revisitée » par Duke Ellington et le Big Band du Conservatoire, entrera en compétition avec la version symphonique de la célèbre suite. Enfin, Le Lac des Cygnes, littéralement « réincarné» par le chorégraphe le plus génial de notre époque, Angelin Preljocaj. Un éblouissement.

Pas de deux, par l'Orchestre Symphonique de Saint-Etienne-Loire et The Nutcracker par le Big Band du Conservatoire Massenet, le 30 novembre à 20h à l'Opéra de Saint-Etienne ; Le Lac des Cygnes de Piotr-Ilyitch Tchaïkovsky, chorégraphie de Angelin Preljocaj, le 5 février à 20h à l' Opéra de Saint-Etienne,


Pas de deux

Piotr Ilitch Tchaïkovski, Duke Ellington
Opéra de Saint-Etienne Jardin des Plantes Saint-Étienne
Mardi 30 novembre 2021 à 20h


Le lac des cygnes

Ballet Preljocaj, Angelin Preljocaj
Opéra de Saint-Etienne Jardin des Plantes Saint-Étienne
Samedi 5 février 2022 à 20h


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Insoumis

Danse | Dans un monde en chute libre, où chacun surveille l’autre autant qu’il est surveillé lui-même, il en est qui résistent. Avec La 5e Colonne, la (...)

Cerise Rochet | Mardi 7 septembre 2021

Insoumis

Dans un monde en chute libre, où chacun surveille l’autre autant qu’il est surveillé lui-même, il en est qui résistent. Avec La 5e Colonne, la compagnie stéphanoise Ballet21 nous plonge dans une société orwellienne du contrôle, étouffante, mais dans laquelle, pourtant, la population semble vivre heureuse et sereine. On suit alors la mise en mouvement d’une rébellion, à travers la liberté de trois danseurs en quête de sens et de vérité. La 5e Colonne par la Cie Ballet 21, le 21 janvier 2022 au Théâtre du Parc (Andrézieux-Bouthéon) et le 5 mars 2022 à l'Echappé (Sorbiers)

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Une vie de reine

Règne | 3 moments de vie, pour 14 tableaux, qui mettent en scène le destin de la dernière et plus célèbre reine de France. De son arrivée à la cour à 14 ans, à l’échafaud qui (...)

Cerise Rochet | Mardi 7 septembre 2021

Une vie de reine

3 moments de vie, pour 14 tableaux, qui mettent en scène le destin de la dernière et plus célèbre reine de France. De son arrivée à la cour à 14 ans, à l’échafaud qui l’attend après la prise de la Bastille et l’envahissement de Versailles, Marie-Antoinette revit sous la houlette de Thierry Malandain et du ballet de Biarritz, toute en finesse, en toilettes et en éventails. S’appuyant sur trois symphonies de Haydn, appelées Le Matin, Le Midi et Le Soir, le chorégraphe révèle la joie de vivre, la frivolité, l’insouciance mais aussi le désespoir d’une femme délaissée par un mari peu aimant. Marie Antoinette, le 18 novembre à l’Opéra de Saint-Etienne

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Le spectacle "Dance me" à l'Opéra remplacé

Danse | Prévue le 4 décembre à l'Opéra de Saint-Étienne, la représentation de Dance Me de la compagnie BJM - Les Ballets de Montréal est annulée. « L'Opéra de Saint-Étienne a (...)

Nicolas Bros | Vendredi 2 octobre 2020

Le spectacle

Prévue le 4 décembre à l'Opéra de Saint-Étienne, la représentation de Dance Me de la compagnie BJM - Les Ballets de Montréal est annulée. « L'Opéra de Saint-Étienne a le regret de vous annoncer l'annulation du spectacle "Dance me" de la compagnie BJM - Les Ballets de Montréal ayant dû renoncer à sa tournée de novembre-décembre 2020 du fait de la crise sanitaire actuelle, explique l'équipe de communication de l'Opéra, avant de poursuivre : Cette représentation initialement prévue au Grand Théâtre Massenet le vendredi 4 décembre 2020 est toutefois remplacée par le spectacle "Don Juan" de la compagnie Aterballetto. Les spectateurs ayant pris leur billet auront donc le choix de se faire rembourser ou de voir cette dernière création du chorégraphe suédois Johan Inger.​ » Les spectateurs ayant pris leur billet pour le spectacle Dance me peuvent demander le remboursement en adressant leur demande par courrier au Service comptabilité de l'Opéra en y joignant les billets originaux, un Relevé d'Identité Bancaire et leur adresse d'expédition à : Opéra de Saint-Étienne - Jardin des Plantes - Service comptabilité BP 237 - 42013 Saint-Étienne

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La communauté des différences

Danse | Nous vivons une époque où affirmer sa singularité, affirmer sa différence dans une société où l'Autre est stigmatisé, souvent parce qu'il fait peur, demande un (...)

Monique Bonnefond | Mardi 5 mars 2019

La communauté des différences

Nous vivons une époque où affirmer sa singularité, affirmer sa différence dans une société où l'Autre est stigmatisé, souvent parce qu'il fait peur, demande un certain courage. Comment trouver sa place parmi les autres ? C'est cette relation entre l'individu et le groupe que Rachid Ouramdane invente dans la création Murmuration. Quand les vingt danseurs rassemblés sur le plateau recouvert d'un tapis blanc exécutent des sauts, des tours, chutent, c'est un foisonnement qui s'étoile en autant de directions qu'il y a d'interprètes, rappelant les trajectoires collectives des essaims d'oiseaux évoqués par le mot anglais murmuration. Cette même notion de groupe se retrouve dans la création de Marcus Morau qui s'inspire des artistes du surréalisme, notamment de Luis Bunuel pour qui le tambour, grande passion de Marcos Morau, est un instrument qui fait « trembler le sol sous nos pieds » et peut devenir porteur d'une révolution. Pour Morau, c'est un acte de pratique collective, de communication où la diversité devient communauté. Le Ballet de Lorraine réussit ce Tour de force qui propose un diptyque fort qui interroge notre époque et notre capacité à composer av

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Une histoire dansée

Ballet | L'histoire de La Belle au Bois Dormant contée par Jean-Guillaume Bart qui revient aux sources du conte mythique créé en 1890 par les deux immenses (...)

Monique Bonnefond | Mardi 4 septembre 2018

Une histoire dansée

L'histoire de La Belle au Bois Dormant contée par Jean-Guillaume Bart qui revient aux sources du conte mythique créé en 1890 par les deux immenses artistes que sont Marius Petitpa et Tchaïkovsky. Bart nous donne une version modernisée étincelante du « Ballet des ballets » selon Noureev. Technique éblouissante, lyrisme, poésie, décors fastueux, costumes somptueux, ce ballet féerique suscite l'émerveillement et nous ramène au " vert paradis des amours enfantines ". La Belle au Bois Dormant, mardi 8 janvier 2019 à l'Opéra de Saint-Étienne

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Un nouveau lac pour les cygnes

Ballet | En faisant danser comme on l'a toujours dansé depuis plus d'un siècle Le Lac des Cygnes, quelque chose peut se déconnecter de la réalité du spectateur dans un (...)

Monique Bonnefond | Mardi 6 février 2018

Un nouveau lac pour les cygnes

En faisant danser comme on l'a toujours dansé depuis plus d'un siècle Le Lac des Cygnes, quelque chose peut se déconnecter de la réalité du spectateur dans un monde qui a changé. Pour garder vivant ce monument du répertoire Jean-Christophe Maillot nous donne une magnifique recréation qui réunit contemporain et classique. Les 9 et 10 février à 20h à l'Opéra de Saint-Étienne

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David Reiland en Lorraine

MUSIQUES | Alors qu'il entame sa troisième saison en tant que Premier Chef invité à l'Opéra de Saint-Etienne, le Belge David Reiland succédera à Jacques Mercier à la (...)

Nicolas Bros | Lundi 2 octobre 2017

David Reiland en Lorraine

Alors qu'il entame sa troisième saison en tant que Premier Chef invité à l'Opéra de Saint-Etienne, le Belge David Reiland succédera à Jacques Mercier à la rentrée 2018 pour diriger l'ONL (Orchestre national de Lorraine). Après avoir dirigé l’Orchestre de chambre du Luxembourg de 2013 à 2017, être le chef associé de l’Orchestra of the Age of Enlightenment à Londres, cette nouvelle aventure est le prolongement de ses collaborations avec l'orchestre du nord-est de la France puisqu'il avait déjà été invité à diriger l’Orchestre national de Lorraine cn 2013, 2015 et 2017.

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Danse à l'aveugle

Danse | Soirée surprise à l'Opéra avec Plaisirs Inconnus qui nous entraîne dans une aventure inédite. Hormis le nom des danseurs, rien ne sera dévoilé de l'identité des musiciens, des créateurs de lumières, de costumes et des chorégraphes dont on sait seulement qu'il s'agit de quatre femmes et un homme de nationalités différentes et de tous âges.

Monique Bonnefond | Mardi 3 octobre 2017

Danse à l'aveugle

Qu'est-ce qui fait le succès d'une création ? Le nom et la réputation des créateurs ou la qualité de l'œuvre ? C'est l'une des nombreuses questions que soulèvent Petter Jacobsson et Thomas Galey en ne révélant rien au spectateur (sauf les noms des danseurs ) des éléments constitutifs de la création de Plaisirs Inconnus. On sait bien que « dans un monde et un marché de l'art international, le nom qui attribue la paternité de l'œuvre au chorégraphe [...], la spécificité d'un artiste, la signature d'une compagnie ou le profil d'une institution agissent comme une monnaie et un label » et que les spectacles se vendent sur des noms de chorégraphes dont l'effet de célébrité participe indéniablement au succès d'une création et influence la critique. Mais peut-être moins le public dont la culture chorégraphique est malheureusement assez souvent limitée. En mettant en avant par l'anonymat la création plutôt que le créateur, Petter Jacobsson et Thomas Galey amènent le spectateur à regarder une pièce, sans a priori, en toute spontanéité, déconnecté de la signature des créateurs. Quelques repères malgré l'anonymat Bien sûr, l'esprit ne peut s'empêcher

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A bout de "brass"

MUSIQUES | L'hôtel Mercure reprend en octobre, sa formule des dîners-concerts. Vous pourrez littéralement "astiquer les cuivres" de votre orchestre préféré : l'OSSEL, (...)

Alain Koenig | Mardi 3 octobre 2017

A bout de

L'hôtel Mercure reprend en octobre, sa formule des dîners-concerts. Vous pourrez littéralement "astiquer les cuivres" de votre orchestre préféré : l'OSSEL, bien sûr ! Didier Martin, Jérôme Princé, Thierry Gaillard, Nicolas Vazquez et Joël Castaingts, seront vos compagnons, dans un wagon-restaurant très "cuivré".

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Une rentrée danse sous le signe de l'amour

Panorama Danse 17/18 | Amour entre fusion et obsession L'amour est un mystère. Il s'adresse à notre part d'inconnu et soulève de multiples questions inspiratrices de créations (...)

Monique Bonnefond | Mardi 5 septembre 2017

Une rentrée danse sous le signe de l'amour

Amour entre fusion et obsession L'amour est un mystère. Il s'adresse à notre part d'inconnu et soulève de multiples questions inspiratrices de créations infinies. Cécile Laloy, à travers Duo, explore, avec l'écriture intuitive, sensible qui est sa marque, l'aspect fusionnel de l'amour incarné par un danseur, très grand, et une frêle jeune fille. Points de contact étroits, étreintes, portés, deux corps dansent les affres de la passion amoureuse entre fusion et obsession. Duo, de Cécile Laloy, du mardi 21 au jeudi 23 novembre à la Comédie de Saint-Étienne Toujours plus haut François Veyrunes réunit les trois femmes de Chair Antigone et les trois hommes de Tendre Achille dans Sisyphe heureux qui clôt sa trilogie. L'ombre de Camus et sa thématique de l'absurde plane sur ce héros emblématique condamné éternellement à un labeur inutile. Mais c'est surtout "la recherche des sommets" qui intéresse Veyrunes. La lenteur du mouvement dansé capte l'attention sur ces corps proches de leurs limites, qui basculent de l'horizontale à la verticale, érigeant des portés étonnants qui

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Sunny weather

Jazz vocal | Artiste charismatique et chanteuse virtuose, Youn Sun Nah ouvrira la trente-neuvième édition du Rhino Jazz(s) festival au Grand (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 septembre 2017

Sunny weather

Artiste charismatique et chanteuse virtuose, Youn Sun Nah ouvrira la trente-neuvième édition du Rhino Jazz(s) festival au Grand Théâtre Massenet de l’Opéra de Saint-Étienne, écrin à la mesure de son talent. Sud-coréenne de naissance mais parisienne d’adoption depuis plus de vingt ans, la diva publie presque chaque année un nouvel album depuis 2001. Sorti en 2010, Same Girl (sur lequel figure le remarquable guitariste Ulf Wakenius avec qui la mezzo-soprano se produira plus tard en duo) fut sans doute celui qui installa la belle Asiatique au rang de référence incontournable du jazz actuel. Avec son tout nouvel opus, She moves on, la chanteuse apporte sa touche jazzy et si singulièrement groovy à des titres pop-folk américains empruntés aux song-writers Joni Mitchell, Paul Simon ou Lou Reed, que viennent embrasser de nouvelles compositions emplies d’une poésie délicatement intimiste. Youn Sun Nah sera accompagnée par un quarté gagnant de pointures new-yorkaises : Jamie Saft aux claviers, Brad Jones à la contrebasse, Clifton Hyde aux guitares et Ben Perowsky à la batterie. Un nouveau répertoire pour lequel la chanteuse semble une fois de plus se réinventer. Que d

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Messe du couronnement

Panorama Classique Lyrique 17/18 | Bouleversant, envoûtant, éblouissant pour certains, grandiloquent et bruyant pour ses détracteurs, le Requiem de la dernière époque du grand Verdi ne laisse (...)

Alain Koenig | Mardi 5 septembre 2017

Messe du couronnement

Bouleversant, envoûtant, éblouissant pour certains, grandiloquent et bruyant pour ses détracteurs, le Requiem de la dernière époque du grand Verdi ne laisse personne indifférent, embrasant tous les superlatifs. La postérité de l'oeuvre, écrite en mémoire de son grand ami Manzoni, a porté au Parnasse ce chef d’œuvre absolu de la musique. D'un lyrisme épique, à couper le souffle, il s'agit assurément là du plus bel opéra, oups, pardon, ouvrage sacré, du maestro. Qu'importe ! Requiem de Verdi, du 8 au 12 décembre à l'Opéra de Saint-Étienne

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Le poison d'amour

Danse/Ballet | Six ans après avoir présenté sa vision de Roméo et Juliette, Joëlle Bouvier explore à nouveau un grand mythe, celui de Tristan et Isolde, sur la musique de Wagner, dans une chorégraphie ciselée, pleine d'émotion et de passion qui projette les vingt et un danseurs du Ballet du Grand Théâtre de Genève vers l'excellence.

Monique Bonnefond | Mardi 6 juin 2017

Le poison d'amour

Il fallait le faire ! Joëlle Bouvier l'a fait. Pari risqué que de chorégraphier l'opéra magistral de Wagner, tant sa musique, cérébrale, est réputée indansable. « On a l'impression que le corps, il s'en fiche. Il passe plutôt par l'esprit, par l'âme » dit Joëlle Bouvier. Dès lors, comment réussir le mariage harmonieux de la danse et de la musique ? La chorégraphe a choisi de recentrer l'œuvre sur une période de 1h30, de sélectionner des pépites et de proposer des lignes narratives avec lesquelles les spectateurs vont tisser un spectacle autour de l'amour de Tristan et Isolde. Pour que le mariage entre la chorégraphie et la musique soit réussi, que les danseurs existent malgré l'ampleur de la musique, il fallait qu'ils soient, non seulement des danseurs de haut niveau, mais qu'ils aient envie de vivre l'aventure en l'interprétant, qu'ils passent par leurs émotions pour entrer dans la musique et nous entraîner dans les vertiges de cette passion éternelle. Eros et Thanatos Isolde n'était pas destinée à Tristan. Selon la tradition, il devait aller chercher Isolde et la ramener à son oncle, le roi Marc qui devait l'épouser. L'amour entre Tristan et Isol

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Emmanuelle, toujours plus belle

Classique | Direction artistique de plusieurs festivals, sortie d'un nouveau CD, l'ambassadrice du violoncelle français, grande dévoreuse de kilomètres, mérite bien une pause sur la terre de son enfance, pas plus de 24 heures...

Alain Koenig | Mardi 2 mai 2017

Emmanuelle, toujours plus belle

Entre deux TGV, elle apparaît, lumineuse comme toujours, sourire radieux qui abat les montagnes et soulève les âmes, humble et vrai. L'occasion pour nous de retrouver la trépidante musicienne, qui ne s'égare jamais dans la flagornerie endémique et pailletée de la "planète classique". De son CD consacré à Saint-Saëns chez Harmonia Mundi, elle livrera au public de l'Opéra de Saint-Étienne le célèbre Premier Concerto. Toujours très impressionnant par sa redoutable virtuosité, il est aussi l'occasion pour les interprètes d'apposer leur sceau sur des enregistrements de légende. Interrogée sur ce "silence habité" précédent l'exécution d'une page aussi célèbre, elle confie : « La plupart des concertos débutent par une introduction de l'orchestre seul, un temps d'introspection pour le soliste, entrant peu à peu dans l'œuvre. Le Premier Concerto de Saint-Saëns, à l'inverse, commence à vif, sans aucune préparation. Il propulse interprète et auditeur dans le tumulte de l'œuvre, un concerto d'un seul tenant, sans interruption entre les mouvements. Un peu comme le déroulement d'une vie, comportant passion, errance ou émerveillement ! » La

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Anagramme folklore et renouveau

SCENES | La Palestine évoque un pays ravagé par la guerre. On est donc un peu surpris de voir de larges sourires sur les visages rayonnants des dix jeunes danseurs (...)

Monique Bonnefond | Mardi 5 avril 2016

Anagramme folklore et renouveau

La Palestine évoque un pays ravagé par la guerre. On est donc un peu surpris de voir de larges sourires sur les visages rayonnants des dix jeunes danseurs palestiniens autodidactes bondissant avec une vitalité débordante, emportés dans une danse jubilatoire et fédérative à la croisée de différents arts : danse contemporaine, hip-hop, cirque, capoeira, musique live, théâtre, arts visuels qui viennent métisser la dabke, danse folklorique pratiquée lors des mariages et autres festivités. Le titre du spectacle Badke est l'anagramme de dabke (coup de pied). Une inversion pour renverser la vision qu'on porte sur la Palestine. Les danseurs tendent tous les mains devant eux, geste invitant au partage et à la joie de danser ensemble malgré la guerre. Réponse par la danse à la dureté du monde actuel auquel Badke donne un coup de pied et offre une image différente de la Palestine dans un spectacle qui a un impact émotionnel très fort. Monique Bonnefond Badke, vendredi 15 et samedi 16 avril à 20h, à l'Opéra de Saint-Étienne

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Bel est Sébastien...

MUSIQUES | Menant sa carrière avec passion, patience et sagacité, Sébastien Guèze, ayant conquis le monde, revient à Saint-Étienne, en « ténor frémissant », comme il lui plaît de se définir. Propos recueillis par Alain Koenig

Alain Koenig | Mardi 1 mars 2016

Bel est Sébastien...

En consultant le calendrier très chargé de votre carrière "exponentielle", un rôle semble vous coller à la peau : Rodolfo... Pour vous avoir entendu dans la production de Bordeaux avec Nathalie Manfrino, ainsi qu'à Saint-Étienne, on dirait que Puccini l'a écrit pour vous sur mesure... Mais est-ce le ressenti de l'interprète ? N'y-t-il pas un risque à être identifié à un rôle ? J'ai chanté Rodolfo dans une quinzaine de productions à ce jour, et avec le recul, je suis moi-même surpris de ce nombre. Sur dix ans de carrière avec les autres rôles au milieu, cela me semble intense. Mais c'est une grande histoire d'amour depuis le début. Je me souviens précisément de la première fois où on me l'a proposé ; je n'y croyais pas. Pour moi, ce rôle était le grand rôle du répertoire de ténor, à chanter un jour, le "tube" incontournable. Et cela m'arrivait: c'était incroyable ! Je sortais du conservatoire, je venais d'être primé au concours Opéralia Placido Domingo, je marchais dans les rues de Paris, il était 18h, j'allais voir un spectacle à Bastille, et soudain un coup de téléphone. Mon agent me dit : « veux tu chanter Rodolfo à l'Opéra d'Athènes dans u

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Les manchots dansent sur le balcon du monde

SCENES | Comment expliquer que l'Antarctique, continent le plus froid, le plus sec, le plus venteux suscite une telle fascination ? Est-ce parce qu'il donne (...)

Monique Bonnefond | Mardi 2 février 2016

Les manchots dansent sur le balcon du monde

Comment expliquer que l'Antarctique, continent le plus froid, le plus sec, le plus venteux suscite une telle fascination ? Est-ce parce qu'il donne envie d'aller toujours plus loin ? De dépasser ses limites ? De se détacher du superflu pour aller à l'essentiel quand les conditions de survie dans un monde hostile sont extrêmes ? L'Antarctique a inspiré à Mireille Barlet la création d'une pièce poétique, ludique, drôle, avec quelques touches d'humour, ce qui n'exclut pas une réflexion sur des thèmes en lien étroit avec l'actualité comme la propriété du territoire, l'immigration, la rencontre de l'étranger, le partage des cultures. Mireille s'est mise Au balcon du Monde, expression qui désigne le pôle Sud, ce vaste continent qui n'appartient à personne... De là, elle embrasse l'immensité de l'espace et nous invite à un voyage imaginaire dans l'Antarctique avec deux explorateurs incarnés par un couple de danseurs de talent : Grégory Alliot et Sara Pasquier qui vont rencontrer une colonie de sept manchots, avec qui ils vont vivre de nombreuses aventures. Jean-Sébastien Poncet, le concepteur de la scénographie a eu l'idée géniale de créer des objets numérique

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Pierre Cartonnet : le physique du contre-emploi

SCENES | Il y a dix ans, Pierre Cartonnet enfreignait les lois du cirque avec Aurélien Bory. Cette semaine, il donne la réplique à Béatrice Dalle dans l'éclaboussant "Lucrèce Borgia" de David Bobée à l'Opéra de de Saint-Étienne. Portrait d'un comédien qui a tant de cordes à son arc qu'il pourrait en jouer comme d'une harpe. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 19 janvier 2016

Pierre Cartonnet : le physique du contre-emploi

Mâchoire carrée (limite cubique), musculature de modèle anatomique, pupilles qui paraissent insoumises aux facteurs de dilatation : Pierre Cartonnet dégage la même sévérité juvénile que les vicieuses petites frappes de Dog Pound. Reste qu'il ne survivrait sans doute pas plus de quelques jours dans un établissement pénitentiaire tel que celui dépeint par le film de Kim Chapiron. Car sous les signes extérieurs de virilité bat le cœur d'un grand sensible. Un cliché ? Certes, mais un cliché flou, le gaillard se mouvant à toute vitesse et dans nombre de directions à la fois. Délit de belle gueule Il fallait le voir, au sortir du tremplin 2014 du festival de l'Espace Gerson à Lyon, admiratif du talent de concurrents qu'il venait pourtant de mettre à l'amende – avec une variation joliment lunaire sur le sketch de l'humoriste foireux – et accueillant les compliments comme on reçoit des remontrances. Sans doute un vieux réflexe : «J'ai eu une adolescence difficile. J'étais en échec scolaire dès la fin du collège et je cherchais une échappatoire. Je pratiquais déjà le cirque en loisir. J'ai appris qu'il existait des formations profession

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L'âme russe au service du romantisme

SCENES | Giselle, ballet de répertoire par excellence, réunit tous les éléments du XIXe siècle romantique. Sa projection sur grand écran à l'Alhambra nous permet de voir une interprétation époustouflante par le Bolchoï, de ce ballet qui, depuis sa création en 1841, traverse tous les âges. Monique Bonnefond

Monique Bonnefond | Mardi 29 septembre 2015

L'âme russe au service du romantisme

Bien installés dans un fauteuil à l'Alhambra, fermez les yeux, puis rouvrez-les tout grands. Vous êtes au Bolchoï dans ce temple mondial de la danse classique que nul, mieux que cette prestigieuse compagnie pouvait illustrer avec tout ce qui fait de Giselle "l'apothéose du ballet romantique" : pastorale amoureuse qui s'achève en tragédie, monde fantastique peuplé de créatures immatérielles, amour, trahison puis rédemption par la force de l'amour. Le Bolchoï réussit à s'approprier cet univers pour faire de cette Giselle, qui nécessite un surplus d'âme, un ballet qui hypnotise tous les publics. Intensité dramatique et émotion Composé de danseurs à la technique éblouissante et porté par des solistes sublimes de talent, ce ballet qui transforme le mouvement en langage de l'âme, applique parfaitement le principe romantique du mélange des genres. A l'univers réaliste et prosaïque du premier acte où Giselle, la jeune paysanne amoureuse du bel Albrecht dont elle ignore l'identité et l'engagement avec Bathilde, la duchesse altière, s'abandonne au vertige de la danse. S'oppose l'univers fantasmagorique et poétique qui nimbe l'acte

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Voyage dans le temps et l’espace

SCENES | Le Ballet de Lorraine avait, la saison dernière, réjoui le public de l’Opéra-théâtre venu applaudir, à l’occasion du festival Nouveau Siècle, deux grandes dames de la danse contemporaine : Twyla Tharp et Mathilde Monnier. Ne dérogeant pas à l’un de ses leitmotiv - tisser des liens entre le passé et le présent - il nous entraîne cette année dans un voyage au cours de l’histoire récente de la danse. Monique Bonnefond

Monique Bonnefond | Mardi 3 mars 2015

Voyage dans le temps et l’espace

Paris 1924 : Relâche. New-York 1975 : Sounddance. Paris 2014 : Corps de ballet. Lier Paris à New-York à trois époques différentes, trois moments forts de l’histoire de la danse, c’est le défi que relèvent les danseurs du Ballet de Lorraine. Le voyage commence par Corps de ballet, création du jeune chorégraphe Noé Soulier dont la vivifiante liberté créatrice, loin des oppositions esthétiques binaires, se joue des codes de la danse classique. «J’ai décidé de prendre le contre-pied de ce que l’on pourrait attendre du "contemporain"». Avec Sounddance, Merce Cunningham nous offre quant à lui une pièce bourrée d’énergie qui fait «apparaître et disparaitre, l’un après l’autre, les dix danseurs derrière un immense rideau doré». Le résultat est concentré en dix-huit minutes explosives d’un chaos organisé. Tout ceci en réaction à l’uniformité du ballet qu’il venait de créer à l’Opéra de Paris, où «les danseurs classiques avaient été si rigides et si raides dans leur corps» que cela lui avait pesé. Enfin, le voyage s’achève sur une création pour les Ballets Suédois en pleines Années Folles : Relâche. Un peintre surréaliste : P

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Trois en un avec les Ballets Jazz de Montréal

SCENES | L’art a le pouvoir d’extraire, même du désastre, la beauté et permet de faire circuler le meilleur de l’humanité. C’est autour de la création d'une rencontre (...)

Monique Bonnefond | Mardi 4 mars 2014

Trois en un avec les Ballets Jazz de Montréal

L’art a le pouvoir d’extraire, même du désastre, la beauté et permet de faire circuler le meilleur de l’humanité. C’est autour de la création d'une rencontre unique avec le public, pour lui faire vivre des émotions par «la recherche des sommets» dont Camus dit qu’elle «suffit à remplir une vie», que Les Ballets Jazz de Montréal créent l’harmonie permettant de réunir trois pièces chorégraphiques de styles très divers. En prélude aux deux pièces majeures, le prestigieux chorégraphe Cayetano Solo signe avec Zéro in on, un duo sensuel magique de neuf minutes entre un homme et une femme, sur la musique minimaliste de Philip Glass omniprésent cette année. La vie urbaine et l’ambiance nocturne de la cité constituent le leit-motiv de Night box, oeuvre énergique, sensuelle, créée par le prestigieux chorégraphe Wen Wei Wang. Enfin, le chorégraphe israélo-américain Barak Marshall qui fut en résidence à la Batsheva Dance Company, nous transporte avec Harry, sur une trame sonore mêlant jazz, folklore israélien et musique traditionnelle, dans un univers délicat et endiablé inspiré par les batailles intérieures auxquelles l’humain est confronté. Cette oeuvre des Ballets Jazz

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Entrez dans la danse

SCENES | Venez « Guincher » au FIL le 29 juin prochain à l’occasion du premier « bal contemporain » scénographié par les Ballets contemporains de Saint-Etienne. Avec pour fil conducteur la comédie musicale américaine « West Side Story » (1961), demandez à votre mère sa robe vintage, et prévoyez la gomina.

Julie Chalayer | Dimanche 20 mai 2012

Entrez dans la danse

Pour sortir des clivages entre danseurs de ballets et danseurs de balloches, le bal contemporain offre un espace de liberté décomplexé aux curieux du dancefloor. Sous la houlette de danseuses exprérimentées, Marie Serhochian, assistée de Mireille Barlet et Laurie Sauphar-Cabrera, tous les publics sont conviés à  venir partager « un moment de danse collectif ». Une expérience inédite dans laquelle il faut se laisser guider, se laisser surprendre et apprivoiser … Si si, vous aussi vous savez danser !! Quand la notion de pudeur s’évapore et cède place à la notion de plaisir, l’individu prime sur le groupe. L’orchestre du conservatoire Massenet, présent au cœur d’une salle customisée aux couleurs des sixties, aidera les amateurs présents à se dégivrer  les clavicules. Avec des exercices simples, les professionnelles  nous accompagnent pour sortir de notre retenue. Fini de la représentation, place au  rythme et à la musique. Plus fa

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Ballet pionnier

SCENES | Danse / On sait le talent du Ballet de l'Opéra de Lyon à interpréter les grands chorégraphes contemporains néoclassiques (de Mats Ek à Jiri Kylian, en passant par (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 janvier 2011

Ballet pionnier

Danse / On sait le talent du Ballet de l'Opéra de Lyon à interpréter les grands chorégraphes contemporains néoclassiques (de Mats Ek à Jiri Kylian, en passant par William Forsythe). Mais le ballet s'aventure aussi sur des terres plus expérimentales encore, comme celles de Jérôme Bel d'Alain Buffard ou de Boris Charmatz. À Saint-Étienne, le ballet plonge pour la première fois dans l'univers singulier de Catherine Diverrès. Un univers sombre, marqué par l'idée de vide et l'enseignement du maître butô Kazuo Ohno. Diverrès transmet au ballet une pièce pour trois danseurs datant de 2001, "San", hommage au peintre et metteur en scène allemand Oskar Schlemmer. Composée de courte séquences très «dessinées», presque géométriques, San évoque l'esthétique du Bauhaus, mais aussi l'industrialisation à outrance et la montée du nazisme (à travers notamment sa bande son faite de bruits de machines ou de bottes). Le programme du ballet sera complété par la reprise de "Gaspard de la nuit" du Finlandais Tero Saarinen sur une musique de Ravel d'après des poèmes d'Aloysius Bertrand. Là encore, l'atmosphère est étrange, flirtant avec la violence, le cauchemardesque. Puis par la reprise de "Tabula Ras

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