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Niko Rodamel | Lundi 3 janvier 2022

Photo : The Swing Gamblers © Ghislain Suc


Depuis la sortie des films Minuit à Paris (Woody Allen, 2011) puis La La Land (Damien Chazelle, 2016), les écoles de swing ont vu un véritable regain pour les danses des années 30, les cours de Lindy Hop, de Charleston et de claquettes faisant le plein auprès d’une clientèle étonnement multigénérationnelle. Le swing parait en effet comme un possible remède à la morosité et les musiciens de jazz ne s’y trompent pas en s’engouffrant dans la brèche, à l’image de The Swing Gamblers. Ce fringuant trio rassemble la chanteuse Lou Rivaille, le guitariste Bruno Decerle et le pianiste Camille Mouton, ici à l’orgue Hammond. Rejoints par le batteur Francis Decroix, The Swing Gamblers reprendront un répertoire de standards avec notamment Sous le ciel de Paris, Softly as in a Morning Sunrise, Pennies from Heaven ou encore How insensitive, version anglophone de Insensatez, joyau de la mémoire brésilienne composé par Antônio Carlos Jobim.

The Swing Gamblers, mercredi 19 janvier à 20h au Solar à Saint-Étienne

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3 semaines de restrictions, des années de répercussion

ACTUS | 2022, tout va mieux ? Pas si sûr, pour un certain nombre de professionnels de la culture, qui une fois de plus se voient contraints de slalomer entre plusieurs pièces d’un bon casse-tête. Assis, on t’a dit !

Cerise Rochet | Mardi 11 janvier 2022

3 semaines de restrictions, des années de répercussion

En septembre, tous, savaient que l’affaire ne serait pas simple : éloigné des salles durant des mois, le public semblait avoir perdu l’habitude de la sortie, lui préférant vraisemblablement les soirées entre potes, ou les plans canap’-bon petit plat maison-Netflix. Ces nouvelles pratiques s’étaient d’ailleurs traduites dans le mode de « consommation » de la culture, davantage centré sur l’envie de dernière minute. Exit les abonnements et l’anticipation, bonjour les places à l’unité et la spontanéité. Pour contrebalancer ce changement de donne, les professionnels du secteur ont passé 4 mois les manches retroussées, pour aller chercher les spectateurs un à un, et les convaincre de venir s’asseoir dans l’obscurité -ou rester debout !- pour un bon moment de musique, de théâtre, de danse ou de cinéma… A la clé, des résultats, puisque nombre d’entre eux estiment aujourd’hui avoir réussi à remplir assez correctement leurs salles. Et puis, patatra. Depuis la fin décembre, l’épidémie et les mesures de restriction prises par le gouvernement pour tenter de la freiner viennent de nouveau compromettre la dynamique. Jusqu’au 23 janvier, les salles ne pourront plus accueill

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Dansetrumentistes

MUSIQUES | Oswéla, c’est un peu comme les cinq doigts d’une main, toujours en mouvement et pourtant unis. Jérémy Polin au saxo et à la batterie, Clémentine Nirennold à la (...)

Léa Dusson | Vendredi 29 octobre 2021

Dansetrumentistes

Oswéla, c’est un peu comme les cinq doigts d’une main, toujours en mouvement et pourtant unis. Jérémy Polin au saxo et à la batterie, Clémentine Nirennold à la flûte et à la loopstation, Isabelle Clarençon derrière son clavier, Eric Braflan à la basse et enfin Kwame Ba, qui en plus du clavier assure la production musicale... Des musiciens aux parcours aussi différents que les influences, puisque le groupe propose une musique jazz, avec des accents de hip hop, parfois des notes de house, le tout bercé par des sonorités afrocaribéennes. Oswèla ne se contente pas de jouer de la musique, il la danse. Ces cinq dansetrumentistes de l’espace, comme ils aiment se surnommer, investissent la totalité de l’endroit qui leur est donné. Que ce soit sur scène, dans un salon ou un studio d’enregistrement, ces danseurs / chanteurs font vivre leur musique jusqu’au bout des (cinq) doigts. Groove garanti. Oswèla, samedi 13 novembre 20h eu Solar à Saint-Etienne.

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En fusion

Jazz | Il y a Pierre-Louis Varnier au clavier, Théo Boero à la basse et Japhet Boristhene à la batterie. À eux trois, ils forment Jasual Cazz, un groupe venu de (...)

Léa Dusson | Mardi 5 octobre 2021

En fusion

Il y a Pierre-Louis Varnier au clavier, Théo Boero à la basse et Japhet Boristhene à la batterie. À eux trois, ils forment Jasual Cazz, un groupe venu de Lyon, au sein duquel le jazz et le groove ne s’entrechoquent pas … mais s’enlacent. Le trio invite à plonger dans son univers de jazz fusion, alternant entre mesures asymétriques, rythmes atypiques et improvisation. Jasual Cazz… le jeu de mots, vous l’avez ? Jasual Cazz, samedi 30 octobre 20h sur la scène du Solar à Saint-Etienne

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Bienvenue au club

Jazz | Le Solar ouvre sa saison avec les concerts évènements de deux prestigieux musiciens qui ont accepté de parrainer le jazz club stéphanois. Après la première (...)

Niko Rodamel | Mardi 7 septembre 2021

Bienvenue au club

Le Solar ouvre sa saison avec les concerts évènements de deux prestigieux musiciens qui ont accepté de parrainer le jazz club stéphanois. Après la première jam session mensuelle de l’année (le 20 septembre), voilà donc deux dates à retenir. Ce sera à Laurent de Wilde d’ouvrir les festivités, en trio, le samedi 25 septembre. Pianiste surdoué formé à New York, musicien acoustique comme électronique côtoyant aussi bien les légendes du jazz que les DJ, compositeur et chef d'orchestre, De Wilde est un génial touche-à-tout à qui l’on doit aussi une série de portraits de grands jazzmen pour Arte ainsi que plusieurs ouvrages, dont une biographie sur Thelonious Monk qui fait référence dans le domaine. Anne Paceo lui emboîtera le pas, en quartet, vendredi 1er octobre. Batteuse sans frontières (elle a joué dans une quarantaine de pays), la musicienne mène une brillante carrière d’accompagnatrice mais aussi de leader et compositrice. Son jazz métissé, flirtant avec la pop et les musiques du monde, est absolument à (re)découvrir. Laurent de Wilde samedi 25 septembre / Anne Paceo vendredi 1er octobre, au Solar à Saint-Étienne

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Organic Trio

Jazz ligérien | Ludovic Murat (saxophones), Camille Mouton (orgue) et Francis Decroix (batterie) proposent des compositions personnelles bien senties, se réappropriant (...)

Niko Rodamel | Mardi 1 octobre 2019

Organic Trio

Ludovic Murat (saxophones), Camille Mouton (orgue) et Francis Decroix (batterie) proposent des compositions personnelles bien senties, se réappropriant également quelques standards piochés dans le répertoire de Jimmy Smith ou de Jimmy Mc Griff. Développant une relation poétique avec le rythme, l'orgue Hammond B3 apporte une couleur toute particulière à ce trio ligérien de belle facture : ça sent bon le funk et le boogaloo, ce subtil mélange de soul, de rhythm and blues et de rythmes afro-cubains. Mardi 15 octobre à 20h30, Auberge Laffont à Dargoire

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"Un jour de pluie à New York" : Grosse Pomme à l’eau

ECRANS | De Woody Allen (E.-U., 1h32) avec Timothée Chalamet, Elle Fanning, Kelly Rohrbach…

Vincent Raymond | Mercredi 18 septembre 2019

Ashleigh a obtenu d’interviewer un réalisateur arty pour le journal de sa fac… à condition d’aller à Manhattan. Bonne nouvelle pour son petit copain Gatsby, qui leur organise un week-end en amoureux dans son New York chéri. Sur place hélas, rien ne se déroulera comme prévu… Cette histoire d'un couple qui se remet en question à l’issue d’une nuit marquée par les tentations sentimentales erratiques de l’un des des deux partenaires dans un New York à la fois mondain et irréel, ça vous a un petit air de Eyes Wide Shut ; donc d’une relecture de la Traumnovelle de Schnitzler dont Kubrick s’était inspirée, accommodée à la sauce Allen. Mais Woody ayant déjà encensé son bien-aimé Manhattan dans toutes les hauteurs ne parvient plus à en offrir un regard qui ne soit à la limite de l’auto-citation, voire de l’auto-parodie. Et si l’on doit admettre de ne frayer ici — une fois encore — qu’avec des démocrates érudits ayant des névroses de couple et résidant autour d’un Central Park réchauffé par les couleurs l’automne, faut-il en plus supporter des dialogues d’une prévisibilité caricaturale et inégalement

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"First Man - le premier homme sur la Lune" : L’étoffe des 2.0

Astrobiopic | de Damien Chazelle (E.-U., 2h20) avec Ryan Gosling, Claire Foy, Jason Clarke…

Vincent Raymond | Mercredi 31 octobre 2018

De son entrée à la NASA comme pilote d’essai à son retour victorieux de la Lune, la trajectoire professionnelle et intime de Neil Armstrong dit Mister Cool ; un ingénieur doté d’une intelligence, d’une chance et d’un sang-froid peu communs, qui fut le premier terrien à fouler le sol lunaire… L’engouement exagéré pour ce film d’élève appliqué qu’était La La Land aura eu la vertu de propulser Damien Chazelle vers un sujet plus ambitieux : l’aventure exploratoire la plus stupéfiante de l’Histoire. Le cinéaste la raconte en la restreignant à un individu réduit à son absence apparente d’affects — n’est-il pas paradoxal, de posséder des qualités surhumaines, voire inhumaines, pour devenir le “Premier Homme“ ? La désormais légendaire impassibilité (inexpressivité, version bienveillante) de Ryan Gossling sied à merveille pour figurer le non moins fameux flegme de l’astronaute, et le montrer dans ce qui fait sa banalité : sa dévotion mécanique à sa mission. Chazelle suggère cependant qu’elle serait un dérivatif au deuil de sa fille Karen, qu’il pleure par deux fois en secret de sa femme et

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Phénomène

MUSIQUES | Entre blues rugissant, gospel habité et soul détonante, Sarah McCoy est assurément un OVNI dans le monde du jazz. Avec son improbable look (...)

Niko Rodamel | Mardi 2 octobre 2018

Phénomène

Entre blues rugissant, gospel habité et soul détonante, Sarah McCoy est assurément un OVNI dans le monde du jazz. Avec son improbable look punk-gothique-déjanté, voici une chanteuse hors normes et une show woman allumée qui ne se refuse aucune acrobatie scénique. Nous retrouverons en première partie et avec grand plaisir le trio ligérien Honey Jungle de Camille Mouton (piano), Jérémy Magand (contrebasse) et Francis Decroix (batterie). Sarah McCoy + Honey Jungle Trio, vendredi 12 octobre à 20h30, la Passerelle à Saint-Just-Saint-Rambert

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Travelling

Jazz | Il y a comme ça des musiciens locaux dont on aime suivre le parcours au fil des années et des formations dans lesquelles ils font leurs armes, pour voir (...)

Niko Rodamel | Mardi 28 novembre 2017

Travelling

Il y a comme ça des musiciens locaux dont on aime suivre le parcours au fil des années et des formations dans lesquelles ils font leurs armes, pour voir éclore leur style propre et s’affirmer leur sensibilité musicale. Le pianiste Camille Mouton est de ceux-là. Nous l’avions découvert au sein du quintet No Logic, apprécié dans le Honey Jungle Trio et aperçu parmi la horde tonitruante du Big Band de Saint-Étienne. Avec le ASAP Quartet, Camille s’est entouré de brillants sidemen régionaux pour donner corps à ses compositions personnelles dans lesquelles se dévoilent des paysages changeants, au gré d’un long travelling empli d’émotions sincères. On retrouve ici Vincent Périer au saxophone, Thomas Belin à la contrebasse et Francis Decroix à la batterie. Mouton s’inscrit dans les pas des pianistes actuels qui ouvrent le jazz sur une bienfaitrice modernité, tels que Aaron Parks, Brad Melhdau ou Yaron Herman. ASAP Quartet sera pour la première fois sur la scène du Hall Blues Club, le 22 décembre à Pélussin.

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Café Society : Hollywoody boulevard

ECRANS | Le 47e opus de Woody Allen-réalisateur semble avoir été taillé sur mesure pour effectuer l’ouverture de la 69e édition du festival de Cannes : glamour, artifices et nostalgie des vieilles bobines s’y bousculent. On passe un charmant moment, sans être transporté…

Vincent Raymond | Mardi 17 mai 2016

Café Society : Hollywoody boulevard

Un film situé, au moins partiellement, dans les arcanes du Hollywood de l’âge d’or ne pouvait que finir (ou, à tout le moins, commencer sa carrière) sur la Croisette. Café Society tend une sorte de miroir temporel pareil à une vanité à la foule des producteurs, cinéastes, comédiens, agents qui se pressent aux marches du Palais et dans les réceptions pour participer à la gigantesque sauterie cannoise. Car du cinéma, il ne montre absolument rien si ce n’est un extrait de La Dame en rouge (1935) de Robert Florey. En cela, il se situe aux antipodes de Avé César des frères Coen qui avait effectué l’ouverture de la Berlinale. Ici, les stars demeurent cachées dans leurs résidences exubérantes, ou des noms évoqués par paquets de dix, d’éphémères symboles de puissance dans l’Usine à rêve, totalement privées de substance et d’incarnation. Woody et ses doubles C’est plus la nostalgie jazzeuse, l’élégance du cadre et les vestes cintrées qui intéressent Woody Allen dans ce décor-prétexte. Les plateaux, il leur a déjà réglé leur compte dans Hollywood Ending (2002), comédie décriée et pourtant débordant

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Whiplash

ECRANS | Pour son premier film, Damien Chazelle raconte une initiation artistique muée en rapport de domination, et filme la pratique de la musique comme on mettrait en scène un film de guerre. Une affaire de rythme, de tempo et de ruptures, parfaitement maîtrisée d’un bout à l’autre. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 2 décembre 2014

Whiplash

La répétition d’un coup de baguette sur une caisse claire, de plus en plus rapide, comme des coups de feu ou, selon le titre, des coups de lasso — whiplash. Le rythme, rien que le rythme. Une demie seconde en trop ou une demie seconde trop tôt et vous êtes mort. En face, l’homme censé vous guider dans votre apprentissage, votre mentor, est aussi votre pire ennemi, celui que vous craignez le plus car vous respectez ses jugements. Lui, le rythme, il le fracasse sèchement afin de vous mettre à terre, et même plus bas que terre, pour que vous vous releviez ensuite et que vous repartiez au combat, plus déterminé que jamais. Ce qui ne tue pas rend plus fort, dit l’adage nietzschéen. Le succès est la meilleure des revanches, complète un dicton américain. Whiplash, premier film impressionnant de Damien Chazelle, raconte tout cela, et beaucoup plus encore. Un élève doué Voici donc Andrew (Miles Teller, échappé des romances pour ados comme The Spectacular now et Divergente) qui intègre une prestigieuse école de musique afin d'atteindre l'excellence. Or, Flectcher, le professeur qui fait la pluie et le beau temps dans son école, est lui aussi ob

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Blue Jasmine

ECRANS | Aussi surprenant que Match point en son temps dans l’œuvre de Woody Allen, Blue Jasmine est le portrait cruel, léger en surface et tragique dans ses profondeurs, d’une femme sous influence, une Cate Blanchett géniale et transfigurée. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 25 septembre 2013

Blue Jasmine

Le titre du dernier Woody Allen est en soi un formidable puzzle : Jasmine, son héroïne, possède entre autres lubies une passion monomaniaque pour la chanson Blue Moon. Mais c’est aussi son état d’esprit lorsque le film commence : bluesy et déprimée suite à la rupture avec son mari, sorte de Bernie Madoff ruiné par la crise financière. Elle, la femme entretenue, rumine à voix haute sa déconvenue : elle doit quitter son standing new-yorkais pour s’installer chez sa sœur prolo à San Francisco. Il y a peut-être un dernier sens derrière ce Blue-là : Jasmine semble débarquer de nulle part, out of the blue, ou du moins la savante construction dramatique du film laisse-t-il un noir — ou un bleu — sur un passé qu’elle rabâche mais qu’elle est peut-être surtout en train de réinventer. Car dans la première partie du film, Jasmine est une victime, femme bafouée que ce déclin entraîne bord de la folie et qui cherche à tout prix à retrouver sa dignité mais surtout son rang, cette place sociale qu’elle estimait avoir durement conquise. Petits arrangements avec soi-même La question de la lutte des classes n’est pas neuve chez Allen ;

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