Sergent rock

Dorotée Aznar | Vendredi 9 avril 2010

Rock / Après avoir longtemps œuvré dans l'exploration-visitation du psychédélisme 60's (et de tout ce que cela implique en équipement pharmaceutique), le Brian Jonestown Massacre monstre a tentacules multiples mais à une tête (de mule) donne depuis quelque temps dans le brouillage sonique. Comme en attestait d'ailleurs leur précédent album, "My Bloody Underground", où la dépouille du Velvet venait saigner sur les guitares infectées de My Bloody Valentine. Un changement opéré depuis qu'Anton Newcombe et sa bande enregistrent en Islande, pays de feu et de glace. Là, Newcombe a trouvé une quiétude où le fracas volcanique de la terre ne dort que d'un oeil. Idéal pour qui a, comme le leader de BJM, de la lave en fusion à la place du cerveau. Mais BJM n'a pas pour autant abandonné son entreprise de dynamitage de l'héritage pop mondial. Après des pastiches des Stones ou de Dylan le groupe s'attaque cette fois, même si symboliquement, à l'hydre de Liverpool, les Beatles, avec "Who Killed Sgt Pepper ?". Un album si chaud qu'on ne sait pas par où l'attraper, qu'on manipule comme une patate chaude ou une boule de feu mais qui laisse quelques belles brûlures sur la peau et les tympans. Apocalyptique et new wave, ce groupe phare de la postmodernité rock est monté d'un cran dans son entreprise de démolition à coups de bottes mais parvient toujours à susciter la fascination devant cette esthétique du délitement mental et de l'effondrement physique (deux domaines dans lesquels Anton Newcombe est un expert au quotidien). Avec ce douzième album studio (comme les apôtres), un Christ sur la pochette, Newcombe, homme jamais sorti de sa traversée du désert, semble prêt, au bout de son chemin de croix, pour le Jugement Dernier. Puisse Dieu l'organiser à Lyon le 20 avril, qu'on rigole un peu. Stéphane DuchêneThe Brian Jonestown Massacre
Au CCO, mardi 20 avril.

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

The Dandy Warhols : posterisés vs postérité

MUSIQUES | Dieu que la postérité est une méchante fille ! Ce ne sont pas les Dandy Warhols qui diront le contraire, même si cette dernière n'en a encore pas fini avec (...)

Stéphane Duchêne | Dimanche 12 février 2017

The Dandy Warhols : posterisés vs postérité

Dieu que la postérité est une méchante fille ! Ce ne sont pas les Dandy Warhols qui diront le contraire, même si cette dernière n'en a encore pas fini avec leur cas comme avec celui de leurs ennemis intimes du Brian Jonestown Massacre. Rembobinons le temps jusqu'en 2004, année de la sortie de Dig !, documentaire d'Ondi Timoner que tout fan de rock n'ignore plus depuis longtemps. Son sujet, l'ascension parallèle de deux groupes de pop psychédéliques amis : les Dandy Warhols, que le public connaît par cœur, et The Brian Jonestown Massacre, que ce même public, pour la plupart, découvre. Sauf que le parallélisme, comme l'amitié, ne dure pas bien longtemps. Tandis que, devant la caméra gourmande de Timoner, le Brian Jonestown Massacre n'en finit plus d'imposer, d'exploser, de se bastonner sur scène, de corriger son public, de se fracasser contre les murs, – malgré le génie évident de son leader Anton Newcombe pour composer à la chaîne des chansons fabuleuses et grâce à son

Continuer à lire

Les Vies de Brian Jonestown Massacre

MUSIQUES | « Je suis mort, je suis mort, alléluia, chantez ma résurrection » énonce sur Philadelphie Story une Soko qui affirme marcher sur des épines. Reprise (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 21 juin 2016

Les Vies de Brian Jonestown Massacre

« Je suis mort, je suis mort, alléluia, chantez ma résurrection » énonce sur Philadelphie Story une Soko qui affirme marcher sur des épines. Reprise d'un William Sheller période cosmique, elle figure sur un album intitulé Musique de Film Imaginé, BO de film français mais sans film, signée... Brian Jonestown Massacre. Mots dits par Soko, chanson de Sheller, concept hors-sol, mais Newcombe en ventriloque. À la sortie de Revelation, écrit sur fond de fin du monde 2012, ce dernier évoquait son prédécesseur, Aufheben, sorti lui l'année de l'Apocalypse avortée, en précisant que ce mot allemand, "Aufheben" signifiait à la fois « détruire, reconstruire et préserver. » Écho inconscient à la carrière de Brian Jonestown Massacre : la destruction ambitionnée du système en général, de l'industrie du disque en particulier, un écrasement de la concurrence à coups de g

Continuer à lire