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Broadway sur Rhône

MUSIQUES | Un Réveillon américain à l’Auditorium, ça ne se boude pas. Léonard Bernstein et Georges Gershwin sont à l’honneur avec des extraits de West Side Story et d’un Américain à Paris. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Vendredi 10 décembre 2010

Le soir du 31, à l'Auditorium, le public va entendre de belles choses musicales qui collent à nos inconscients collectifs depuis quelques décennies. Léonard Slatkin, à la tête de l'Orchestre national de Lyon pour cette soirée exceptionnelle, est attendu avec joie pour ce programme cotillon, serpentins et autres bulles musicales, lui qui remplacera Jun Märkl à la tête de l'Institution à partir de la saison 2011-2012. Cette soirée sera l'occasion d'entendre des extraits de West Side Story et d'un Américain à Paris ; plongeons-nous donc dans le contexte où ces œuvres ont émergé. Créé en 1957, inspiré de Roméo et Juliette, transposé dans un univers contemporain new-yorkais, West Side Story a tout d'abord divisé le public et la critique. Sur scène, des gangs s'affrontent, les américanos contre les portoricains et la critique trouve l'œuvre trop violente et trop crue. Le compositeur, Léonard Bernstein, veut simplement redonner un souffle à cette tragique histoire et affirmer un discours jeune, violent. Bien sûr, en filigrane, le compositeur dénonce et critique un système américain incapable d'intégrer ses jeunes immigrés. La musique de Bernstein se veut révoltée, puissante, sensuelle, tout à la fois, apte à traduire le New York des années 50 où règne l'intolérance et le racisme.Au milieu des klaxons
An American in Paris a été composé en 1928 par un Gershwin inspiré par son deuxième séjour à Paris. Séduit par l'euphorie qui règne dans la capitale française, ravi de ses rencontres artistiques avec Ravel, Poulenc et Milhaud, il se met au travail dès son séjour terminé. Son ambition paraît simple, il veut rendre audibles les impressions d'un Américain visitant Paris. On se promène de quartier en quartier, on flâne. La partition de Gershwin exige un orchestre très fourni en percussions inédites pour l'époque : célesta, glockenspiel et véritables klaxons d'automobiles rendent compte de la vie parisienne du moment. Ne nous y trompons pas, Gershwin reste Américain et offre en plein cœur de son œuvre un blues merveilleux confié à la trompette bouchée, il pose ici ou là des swings irrésistibles aux cordes puis aux vents. Tout est en sensualité, les corps chaloupent, les sons se font envoûtants. La soprano américaine Kim Criswell a été choisie comme cerise sur ce magnifique gâteau musical. Spécialiste du Musical, elle a fait toute sa carrière à Broadway. Bernstein et Gershwin n'ont plus aucun secret pour elle.

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Quel est ce lien puissant qui vous unit à la Comédie Musicale depuis si longtemps ?JeanLacornerie : Plus je mets en scène des comédies musicales, plus j’ai envie d’en faire. Comme beaucoup de monde, j’en ai vu au cinéma. Puis j’ai eu l’occasion de mettre en scène une œuvre de Kagel en Caroline du sud, j’ai passé quelques jours à New-York et je suis allé voir des comédies musicales au théâtre. Là, j’ai trouvé une forme musicale qui m’intéressait énormément. La comédie musicale, c’est d’abord du théâtre. J’ai monté un Bernstein puis, de fil en aiguille, j’ai pu voir à quel point ce répertoire était riche. Je pense que le public français aime la comédie musicale mais n’en connaît qu’une petite partie. Dans ce répertoire il y a une énergie, l’expression d’une joie de vivre qui est très agréable. Pourquoi donner West Side Story en version concert, dans une conception presque intime ?C’est une version concert améliorée. Nous ne faisons que la partie musicale pour 5 percussionnistes, 1 pianiste et 4 chanteurs. Nous avons fait abstraction des dialogues. Lorsque Gérard Lecointe, membre fondateur des Percussions Claviers, a fo

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