Father, ordinary people
Shame / À travers un dispositif technique rigoureux et virtuose, Tereza Nvotová sonde le chaos intérieur d'un homme dévasté par la culpabilité. En salle le 27 mai 2026.
Photo : Father © Epicentre Films
La sensation de perfection formelle (plans-séquences ambitieux, digressions sensorielles) qui caractérise Father impressionne autant qu'elle trouble. Faussement distante, la mise en scène de Tereza Nvotová tente de disséquer, avec une précision presque clinique, les conséquences d'une tragédie impensable. Elle s'appuie sur un travail sonore obsessionnel, saturé de frictions, de respirations et de silences anxieux, qui prolongent l'effondrement intérieur du protagoniste. En opposition à un traitement médiatique sensationnaliste, la réalisatrice nous rapproche d'une individualité en pleine dérive, sans jugement moral ni complaisance. Un tour de force.
