Parcours « Les Murmures du Temps »
Article publi-rédactionnel / Des balades entre nature et culture qui nous invitent autant à la contemplation qu'à la réflexion
Avec ses trois circuits de randonnée parsemés d’œuvres d'art créées in situ, le Pays de L'Arbresle frappe fort et juste. Pensées pour évoluer au gré du temps et des intempéries, les œuvres faisant les parcours des Murmures du Temps sont le fruit d'un long travail de sélection d'abord, puis d'immersion ensuite. Parfaitement intégrées dans les paysages qui font leur socle, elles ont été créées en collaboration entre les artistes et les habitants, artisans et scientifiques locaux. Terre d'un puissant héritage agricole, haut lieu d'une architecture très spéciale grâce à la pierre dorée puisée dans les environs, magnifique territoire verdoyant idéal pour randonner : vous ne regretterez pas de faire un détour par le Pays de l'Arbresle ! En accès libre, les parcours s'adressent à tous et sont à explorer en autonomie toute l'année.
Pratique : Situé entre le Beaujolais et les Monts du Lyonnais, le Pays de L'Arbresle fait partie du département du Rhône et se trouve très accessible depuis Lyon. En voiture, certes, mais aussi en train. À seulement 30 minutes de la gare de Lyon-Part-Dieu, la gare de L’Arbresle peut être votre point de départ. Selon le circuit choisi, il sera plus pratique de rejoindre les gares de L'Arbresle et de Sain-Bel depuis Lyon-Saint-Paul ou Gorge de Loup.
Circuit 1 : La croisée des chemins
Avec ses 2, 5 km et ses 19m de dénivelé, le circuit de La croisée des chemins est le plus court (1h30) et le moins sauvage. Simple à aborder en famille, il vous propose un véritable voyage à travers le temps. En arpentant les ruelles du Vieil Arbresle, vous découvrez un patrimoine exceptionnel, un mélange fascinant de bâtiments de style médiéval, Renaissance et industriel. Le circuit vous emmène également au Val de Chènevières, un lieu chargé d'histoire, aujourd'hui patrimoine naturel préservé, qui a servi autrefois à la culture du chanvre.
Les œuvres que vous y croiserez :

Théâtre de nombreuses crues, l'espace du Val de Chènevières a inspiré à l'artiste Laurent Pernot cet immense rocher en équilibre. Grand habitué des sculptures conçues pour l'espace public, Laurent Pernot a mobilisé de nombreux corps de métier pour donner forme à cette sculpture. Ingénieurs, maçons, terrassiers et sculpteurs ont participé à l'érosion de la roche. Comme l'artiste le précise, en évoquant le passé, l'idée était aussi d'alerter sur les dangers qui nous guettent : « avec cet enfant au bord d’un précipice, sur un massif rocheux qui donne l’illusion qu’il risque de s’effondrer, je voulais rendre perceptible la fragilité du vivant et de l’environnement. »
{ Accolade Lapidaire }, de Stefan Shankland – L'Arbresle, Place de la République
Avec sept motifs issus du patrimoine architectural de la ville, l’œuvre de Stefan Shankland redonne à penser et considérer la diversité culturelle de L'Arbresle. Agrandis, fabriqués à base du béton recyclé provenant des carrières, gisements, industries, ateliers et chantiers du territoire de L’Arbresle, ces motifs s'étalent au sol et s'intègrent à merveille sur la place qu'ils décorent par ailleurs avec panache.

Circuit 2 : D’or et de vin
9, 3 km et 155 mètres de dénivelé, le second circuit reste accessible mais conseillé à partir de 10 ans. Durant 3h30 en moyenne, il vous guidera de Saint-Germain-Nuelles jusqu’aux fameuses Carrières de Glay, vous faisant découvrir au passage des paysages viticoles honorés par quatre œuvres semées sur votre chemin, quatre œuvres spécialement rattachées à la terre et étonnamment immersives.
Les œuvres que vous y croiserez :

Pour réaliser cette gigantesque main qui tient une pierre, l'artiste a choisi une roche rappelant la pierre dorée extraite jusqu'en 1947 (et pendant 500 ans) dans les carrières de Glay. Ouverte aux interprétations, elle incarne l'entremêlement du passé et du présent, l'ambivalence et la résistance. Ainsi que s'interroge l'artiste lui-même : « est-ce la main qui tient la pierre ou la pierre qui se transforme en main ? »

Immersive et sonore, l’œuvre ORG MITRA se présente comme un instrument de musique à taille humaine. « Nous avons choisi d’envisager le projet de manière littérale et de faire murmurer le temps. » Quand un visiteur passe, un capteur le détecte et déclenche un poème sonore, déterminé par le passage des voitures sur l’autoroute au-dessus. Une œuvre qui mêle le temps, l'espace et l'action des hommes dans un chant inédit !
La Colonne Dorée de Didier Marcel - Saint-Germain-Nuelles, Bois des Oncins
Placée à l’orée de la forêt, l’œuvre est composée de moulages de bottes de paille empilés. Elle s'impose comme un totem honorant le travail de la terre par sa matière, et rappelle par sa forme l'ordre industriel inventé par l’architecte des Lumières Claude-Nicolas Ledoux. La sculpture évolue au gré des saisons, selon la culture de la parcelle où elle est installée, articulant les forces de la nature au génie humain.

Pensée comme une ode au travail de la vigne, cette sculpture tout en courbes blanches est amenée à évoluer dans le temps. L'eau de pluie vient teinter le réceptacle en cuivre et colorer la pierre, faisant se fondre peu à peu l’œuvre dans le paysage. Le Duo Evernia souhaite ainsi inciter à « réfléchir à l’impact que nous avons en tant qu’êtres vivants sur l’environnement, et ainsi de penser un futur différent. »
Circuit 3 : Les Balcons de l’Abbaye
9, 5km et 176m de dénivelé, 3h30 de balade conseillée à partir de 10 ans : le troisième circuit vous entraîne sur les Monts du Lyonnais, à la découverte d'un riche patrimoine local autour de l’abbaye bénédictine disparue de Savigny et le château de Montbloy à Sain-Bel. Émergeant du sol ou implantées à la manière de constructions pratiques pour les territoires agricoles, ses œuvres émerveillent et vous transportent bien au-delà de l'ici et maintenant !
Les œuvres que vous y croiserez :

« Une pierre est quelque chose qui paraît inerte ; et pourtant, c’est du vivant ». L'artiste ne cache rien de sa fascination pour le minéral, et nous aide à mieux distinguer les trésors dont les sols recèlent. Ses agrandissements tout en transparence émergent à la manière de plantes qui poussent vers le soleil, laissent passer sa lumière pour mieux révéler la face cachée du sol.

L’artiste a entrepris de créer un véritable verger, un exemple d’agroforesterie retrouvée sur des terres longtemps dévouées à la monoculture – celle de la cerise en l'occurrence. En son centre, un impluvium vient récupérer l’eau de pluie. L'artiste souligne avec facétie que « c'est amusant de voir l'eau s’abîmer et chanter dans ces conduits. » En même temps, cette eau donne la mesure du temps via une horloge à eau – mesurant le murmure du temps tout en nous questionnant sur notre rapport à l'environnement.
Cryptide de Charlotte Charbonnel - Sain-Bel et Savigny, Chemin du Basset
Est-ce un animal, un fossile ? Vient-il du passé ou du futur ? Autant de questions que pose la sculpture de Charlotte Charbonnel. Déposée là, elle semble surgir d'une fouille archéologique. Promise à la pérennité, elle est terre d'accueil pour la végétation comme pour les animaux, et se fond de plus en plus dans son environnement. Recouverte de 1400 écailles en acier galvanisé, elle se perçoit différemment selon la météo et séduit par son mystère. Un mystère que l'artiste voit comme un point de départ pour l'imaginaire : « J’aimerais qu’on essaie d’inventer une légende autour de Cryptide, de déterminer de quel futur elle peut venir, d’imaginer par exemple le cri qu’aurait pu faire ce mollusque » !
Save the Date : Dimanche 13 septembre 2026 - Festival Les Murmures du Temps
Une journée entière avec de nombreuses animations pour tous : balades guidées à la découverte des œuvres d'art, spectacles autour des arts vivants, ateliers artistiques...
Gratuit, accès libre au Val des Chènevières à Eveux (5 minutes à pied de la gare de L'Arbresle)
Les parcours :
https://lesmurmuresdutemps.fr/les-murmures-du-temps/les-oeuvres/
La carte interactive :
https://lesmurmuresdutemps.fr/carte-interactive/
