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JO d'hiver 2030 : la Métropole de Lyon se positionne pour accueillir les épreuves de glace

Publié Jeudi 7 mai 2026

2030 / Longtemps prudente sur le sujet, Véronique Sarselli apporte finalement son soutien à l'accueil des épreuves de glace des Jeux olympiques d'hiver 2030 dans la métropole lyonnaise. Une prise de position qui intervient alors que le projet niçois s'embourbe et que le comité d'organisation accumule retards, tensions internes et démissions.

Photo : Les Alpes © Mickaël Martino

La perspective n'a plus grand-chose d'hypothétique. Alors que le Comité d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver 2030 (Cojop) doit arrêter dans les prochains jours la carte définitive des sites, Lyon apparaît désormais comme une solution crédible pour accueillir une partie des sports de glace. Et cette fois, la Métropole affiche clairement son soutien.

Dans un communiqué publié jeudi 7 mai, Véronique Sarselli, présidente LR de la Métropole de Lyon, affirme soutenir "pleinement" l'accueil des épreuves de glace sur le territoire lyonnais. Une évolution notable. Début avril encore, l'élue refusait de s'engager officiellement, rappelant que le projet était d'abord porté par la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Depuis, le contexte a changé. La candidature lyonnaise a pris de l'épaisseur, portée notamment par le marie écologiste de Lyon Grégory Doucet, qui a proposé de mobiliser les deux patinoires municipales de la ville. La LDLC Arena de Décines est également évoquée pour accueillir certaines compétitions, notamment le hockey sur glace.

Nice fragilisée par le dossier du hockey

À l'origine, l'ensemble du "pôle glace" devait être concentré à Nice. Le projet prévoyait notamment l'installation de deux patinoires temporaires dans l'Allianz Riviera afin d'y organiser les matchs de hockey sur glace. Mais l'arrivée d'Éric Ciotti (LR) à la mairie de Nice a profondément rebattu les cartes.

Le nouvel édile refuse l'immobilisation prolongée du stade de l'OGC Nice et qualifie ce scénario de "ligne rouge". D'autres pistes sont désormais étudiées dans la ville azuréenne, mais les contraintes budgétaires et techniques compliquent sérieusement le dossier. Selon plusieurs médias régionaux, Lyon est aujourd'hui considérée comme l'alternative la plus sérieuse si Nice ne parvient pas à conserver ces épreuves.

Une décision est attendue le 11 mai lors d'un bureau exécutif du Cojop. La validation définitive des sites doit ensuite intervenir fin juin devant le Comité international olympique.

Une organisation déjà traversée par les crises

Ce déplacement possible des épreuves de glace illustre aussi les fragilités qui entourent ces JO d'hiver français. Depuis plusieurs mois, le Cojop Alpes 2030 traverse une séquence particulièrement agitée, entre tensions politiques, désaccords sur la gouvernance et inquiétudes budgétaires.

Le premier signal fort est venu de Martin Fourcade. Le sextuple champion olympique, pressenti pour prendre la présidence du comité d'organisation, avait finalement renoncé début 2025, dénonçant des divergences profondes sur la gouvernance et la vision du projet. Edgar Grospiron lui avait succédé, mais les turbulences ne se sont pas arrêtées là.

Fin février, Cyril Linette, directeur général du Cojop, a quitté ses fonctions après ce qui a été présenté comme des "désaccords insurmontables" avec la présidence. D'autres départs sont intervenus ces derniers mois dans l'organigramme, sur fond de critiques concernant le pilotage du projet et ses retards accumulés. Des rapports confidentiels de l'Inspection générale des finances révélés par France infos ont également alerté sur un possible déficit massif du comité d'organisation, dans un contexte où plusieurs élus locaux et collectifs citoyens dénoncent déjà un projet jugé opaque ou disproportionné.

Dans ce climat, Lyon offre au Cojop une solution pragmatique avec les équipements existants, une desserte ferroviaire importante et une expérience récente des grands événements sportifs. Reste à savoir si cela suffira à stabiliser un projet olympique qui, à quatre ans de l'échéance, cherche encore sa ligne d'équilibre.

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