« Revenir aux missions premières »

ARTS | L’ancienne grange devenue lieu d’expositions dans les années 80 en face du musée Hébert a fait peau neuve cette année : deux salles belles et immaculées prévues pour accueillir de l’art contemporain. Rencontre avec Laurence Huault-Nesme, directrice et conservatrice du musée. Propos recueillis par Laetitia Giry

Laetitia Giry | Mardi 25 septembre 2012

Quelle est l'histoire de ce lieu ?
Laurence Huault-Nesme: Au départ, c'était un bâtiment annexe, qui a été racheté par le donateur au domaine d'en face pour faire des expositions d'art contemporain. Les salles ont été améliorées petit à petit après la nomination du premier conservateur. Puis, au moment du grand projet de rénovation du musée, celle des salles d'exposition temporaire ne faisait pas partie des priorités, ce qui explique que ça ait pris du temps. Finalement, on y est arrivés.

Quelles étaient vos idées de transformation ?
Je voulais deux salles simples, faciles à accrocher, de façon à ce que l'on puisse sans souci repeindre les murs, accrocher et décrocher avec le minimum de personnel. On a choisi la sobriété, et c'est de toutes manières tout ce qu'il faut pour mettre en valeur les œuvres. Le lieu est donc à la fois élégant et sans fioritures. On est en période de crise, et pour le moment, nous n'avons pas de budget spécifique pour ces salles, je jongle donc avec celui propre au musée [le musée Hébert est un musée départemental, financé par le conseil général de l'Isère, très touché par les baisses de budget, NdlR]. Il n'y aura certainement pas autant d'expositions qu'il y en avait dans les années 1980. Cette première exposition est un galop d'essai [Kimura, jusqu'à décembre, NdlR]. Autrefois, j'avais les murs et les salles dans la tête ; avec ces changements, il a fallu que je me réapproprie l'espace. On avait plus de salles, les hauteurs n'étaient pas les mêmes.

De l'extérieur, on n'imagine pas que montrer de l'art contemporain puisse être une mission du musée Hébert…
C'est vrai. Mais en même temps, cela fait partie de l'acte de donation initial. Et ce n'est pas incohérent parce que, oui, c'est un musée du XIXe siècle, mais Ernest Hébert était un artiste vivant dans son temps, qui collectionnait, et soutenait les jeunes artistes en tant que directeur de la Villa Médicis à Rome. Et puis le conseil général n'a pas de salles dédiées à l'art contemporain, nous sommes donc les seuls à pouvoir occuper ce terrain. L'impulsion est venue du donateur, aujourd'hui, il faut des volontés – comme celle des élus – pour la faire perdurer.

Le caractère unique de cet endroit laisse penser qu'il pourrait être amené à évoluer et gagner en importance…
Oui. Mais la situation financière est véritablement délicate. On est forcés de marcher sur des œufs, pour l'instant on bénéficie encore d'un certain élan, mais c'est dans les prochains mois que les restrictions risquent de se faire plus ressentir. C'est normal de partager la crise, mais il est difficile d'accepter l'idée de ralentir le rythme, de renoncer… On va donc revenir aux missions premières.


L'autre côté
, espace d'art contemporain du Musée Hébert, La Tronche

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Des prolos aux aristos

ARTS | Sculpture. Le Musée Hébert devrait rouvrir prochainement avec son exposition consacré à Jean-Baptiste Carpeaux. L'occasion de redécouvrir cet artiste important de la seconde moitié du XIXe siècle.

Benjamin Bardinet | Mardi 8 décembre 2020

Des prolos aux aristos

Si Jean-Baptiste Carpeaux est surtout connu pour avoir réalisé le fameux Génie de la danse qui orne la façade de l’Opéra Garnier à Paris, ce n’est pas un hasard : il a toujours excellé à retranscrire en sculpture l’énergie propre au mouvement qui traverse les corps. Consacrée à ses années de pensionnaire de l’Académie de France à Rome (la fameuse Villa Médicis), la première partie de l’exposition conçue par le musée Hébert (en partenariat avec le musée d’Orsay) permet d’en prendre la pleine mesure. On y découvre l’esprit frondeur de l'artiste qui, refusant les sujets historiques ou bibliques imposés par l’Académie, s’autorise à remettre des œuvres d’inspiration libre, dont le Pêcheur à la coquille présenté dans la première salle est un bel exemple. Plus intéressé par les sujets contemporains que par l’Antiquité, Carpeaux se nourrit de l’observation de la vie dans les quartiers populaires et les campagnes romaines. Il y croise de pittoresques paysans, des danseurs de tarentelle et surtout Barbara Pasquarelli dont la beauté du visage le hantera toute sa vie – une série de bustes en témoigne. Enfin, consacrée aux relations qu’entretenait l’artist

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PB d'or 2018 : expo

C'était 2018... | Avec une pépite locale et pas mal de musées isérois.

La rédaction | Mardi 18 décembre 2018

PB d'or 2018 : expo

Le PB d’or du réseau incroyable : les musées départementaux de l’Isère Si l’Année du Japon en Isère (qui dure jusqu’en juin) a été si bien suivie, c’est surtout grâce aux musées départementaux (gérés par le Département de l’Isère donc), dont certains se sont emparés de l’événement avec pertinence, sortant parfois des domaines que leur nom peut laisser penser. Comme le Musée dauphinois, qui a inauguré fin octobre Des samouraïs au kawaii, histoire croisée du Japon et de l'Occident, soit l’une des expositions les plus réussies de 2018 ; le Musée de la Résistance qui, cet été, a accueilli la très forte exposition Hibakusha, dessins des survivants d'Hiroshima et de Nagasaki ; ou encore le Musée de l’Ancien Év

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Hébert et ses amis en villégiature à La Tronche

ESCAPADES | Un musée consacré donc au peintre Ernest Hébert (1817-1908) mais pas que. Et, surtout, un lieu magnifique dans lequel il vécut qui se visite à l'année. Suivez-nous.

Charline Corubolo | Lundi 18 juillet 2016

Hébert et ses amis en villégiature à La Tronche

On aimerait vous dire qu’Hébert et ses amis ont fait les 400 coups, ça donnerait une touche rock’n’roll à notre patrimoine muséal isérois. Hélas ce n’est pas le cas. Ernest Hébert (1817-1908) était de la trempe de ces peintres académistes du XIXe siècle, excellant dans l’art du portrait. Alors à quoi bon gravir la colline tronchoise pour se rendre dans l’ancienne demeure familiale, transformée en musée depuis 1979 ? Car, amoureux ou pas de cette touche oscillant entre romantisme et symbolisme, vous n’aurez pas sué pour rien en arrivant sur ce lieu où souffle une douce brise de sérénité. L’ensemble, composé d’un splendide jardin, d’un bâtiment réservé à des expositions temporaires et de la maison elle-même, recèle bien des trésors. C’est dans l’antre de la grande bâtisse que sont présentées les collections permanentes avec la particularité de dévoiler des œuvres du peintre né à Grenoble mais aussi des toiles de ses camarades de pinceaux. Le parcours se découpe selon les thèmes qui jonchent la carrière d’Hébert avec des œuvres de jeunesse, des fonds d’atelier et des tableaux primés dont n

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Les collections de l'agglo

ARTS | Le musée de Grenoble exerce une sorte d’hégémonie en termes de collections d’art, mais, on vous l’assure, il en existe d’autres à découvrir dans Grenoble et son agglomération…

Laetitia Giry | Lundi 14 mai 2012

Les collections de l'agglo

Va y’avoir du sport Le musée Géo-Charles, musée municipal de la ville d’Echirolles, abrite une collection comportant près de 300 œuvres, garantes de la mémoire de Géo-Charles. Elisabeth Chambon, directrice du musée, nous explique qu’elle a été « reçue en donation en 1982 grâce à son épouse », que celle-ci est le « reflet d’un amateur d’art, d’un collectionneur éclairé, d’un homme de son temps qui suivait des artistes avec qui il était ami et qui s’est fait le champion et le témoin d’avant-gardes aussi bien littéraires qu’artistiques », ce qui explique la présence dans les collections « d’artistes emblématiques du vingtième siècle comme Fernand Léger et Derain (cf visuel). » Féru d’art mais aussi de sport, Géo-Charles oriente encore les choix effectués au musée : « On entretient cette identité singulière originale : le sport dans sa relation à l’œuvre d’art, aux pratiques artistiques, à l’économie, à la philosophie, aux évolutions du monde. Pas le sport dans sa représentation spectaculaire ou télévisuelle, mais comme une discipline, un médium qui permet de dire le rapport de l’homme au monde. » Les œuvres montrées changent souvent, car « c

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S’amuser au musée

CONNAITRE | Nathan et Chloé s’ennuient à la maison. Le remède, amenez-les dans les musées, la plupart d’entre eux proposent pendant les vacances des activités ludiques et interactives. Une bonne façon de susciter curiosité et intérêt. RLR

Aurélien Martinez | Vendredi 10 février 2012

S’amuser au musée

Avec « Dessine-moi un éléphant » au Musée Dauphinois, les petits princes et princesses se retrouvent à une table à dessin où, sur la base de textes anciens, ils sont invités à exprimer leurs visions du mystérieux pachyderme. Une bête fantastique qui mobilisa chez les artistes les représentations les plus fantasmagoriques, comme l’on peut le voir dans l’exposition Hannibal et les Alpes. Hannibal, le chef légendaire des légions carthaginoises à « La conquête de Rome », c’est le titre du scénario que devront résoudre des pré-ados confrontés à des armés de centurions sur un plateau de jeu de stratégie et de simulation. La paix reviendra dès les vacances de printemps lors d’ateliers pacifiques au jardin. En dépit d’un intitulé qui résonne comme une règle de grammaire « Un vitrail, des vitraux », l’animation du Musée de l’Ancien Evêché vibre de lumière et de couleurs. Après une visite des « portails lumineux » de la Cathédrale et de l’église St Hugues, les jeunes verriers conduits dans la salle de pédagogie sont amenés à reproduire sur une plaque de plexiglas un dessin qui, de touche en touche

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