Deuxième mue

Stéphane Duchêne | Vendredi 10 janvier 2014

Photo : Lionel Baboulin


Un clavier qui dégouline comme le mur d'eau d'une cascade derrière lequel on se serait brièvement caché, une rythmique myocardique, une voix flottante hantée d'allitérations et le charme de ces belles choses qui ne demandent même pas à être regardées et/ou écoutées: L'Instant T de Peau (Perrine Faillet) fut l'un des titres français qui nous a le plus mangé la cervelle en 2013. L'album Archipel qui l'héberge est à l'avenant, bourré d'électronica fureteuse et évaporée, de petits îlots craquants et craquelés, de litanies entêtantes énoncées d'une voix aussi enveloppante qu'autoritaire, aussi inspirée qu'asphyxiante. La demoiselle est du Vercors. Sans doute est-ce pour cela qu'elle est adepte des sauts dans le vide dont on ne retombe jamais et qu'on appelle envols. Après Une première mue remarquée, la seconde est d'autant plus réussie qu'elle semble complète.

SD

Peau, vendredi 14 mars à 20h30, à la Bobine
 


Peau

Pop électronique
La Bobine 42 boulevard Clemenceau Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Fenêtres sur Grenoble

Tourisme | Même s’il a provisoirement fermé ses portes au public, l’Office de tourisme de Grenoble Alpes Métropole n’a pas renoncé à mieux faire connaître la ville aux curieux. Plusieurs de ses initiatives récentes en témoignent. Revue de détail.

Martin de Kerimel | Vendredi 13 novembre 2020

Fenêtres sur Grenoble

Des conférences… en ligne ! Il vous est déjà arrivé de déambuler dans les rues de Grenoble en suivant un guide qui vous raconte l’histoire de la ville et/ou vous dévoile les détails de son architecture ? Vous espérez pouvoir le refaire sans tarder ? Bonne nouvelle : même en confinement, l’Office de tourisme et son équipe s’organisent pour continuer à transmettre des connaissances sur notre environnement urbain immédiat. Depuis peu et pour quelques semaines encore, des conférences (gratuites !) sont ainsi proposées en ligne. Un ordinateur relié à Internet, idéalement doté d’une webcam et d’un micro, suffit pour mieux connaître les œuvres de street art présentes sur les murs grenoblois, mais aussi des œuvres plus anciennes, signées Jean-Baptiste Carpeaux ou

Continuer à lire

Des prolos aux aristos

ARTS | Sculpture. Le Musée Hébert devrait rouvrir prochainement avec son exposition consacré à Jean-Baptiste Carpeaux. L'occasion de redécouvrir cet artiste important de la seconde moitié du XIXe siècle.

Benjamin Bardinet | Mardi 8 décembre 2020

Des prolos aux aristos

Si Jean-Baptiste Carpeaux est surtout connu pour avoir réalisé le fameux Génie de la danse qui orne la façade de l’Opéra Garnier à Paris, ce n’est pas un hasard : il a toujours excellé à retranscrire en sculpture l’énergie propre au mouvement qui traverse les corps. Consacrée à ses années de pensionnaire de l’Académie de France à Rome (la fameuse Villa Médicis), la première partie de l’exposition conçue par le musée Hébert (en partenariat avec le musée d’Orsay) permet d’en prendre la pleine mesure. On y découvre l’esprit frondeur de l'artiste qui, refusant les sujets historiques ou bibliques imposés par l’Académie, s’autorise à remettre des œuvres d’inspiration libre, dont le Pêcheur à la coquille présenté dans la première salle est un bel exemple. Plus intéressé par les sujets contemporains que par l’Antiquité, Carpeaux se nourrit de l’observation de la vie dans les quartiers populaires et les campagnes romaines. Il y croise de pittoresques paysans, des danseurs de tarentelle et surtout Barbara Pasquarelli dont la beauté du visage le hantera toute sa vie – une série de bustes en témoigne. Enfin, consacrée aux relations qu’entretenait l’artist

Continuer à lire

"Les Drapeaux de papier" : prison avec survie

ECRANS | de Nathan Ambrosioni (Fr, 1h42) avec Guillaume Gouix, Noémie Merlant, Sébastien Houbani…

Vincent Raymond | Mardi 12 février 2019

Charlie habite seule, entre ses rêves artistiques et son boulot de caissière, au seuil de la précarité. Débarque alors dans sa vie Vincent, son frère aîné libéré de prison. Une cohabitation de fait s’engage, d’autant plus difficile que Vincent doit se réinsérer et apprendre à gérer sa colère… Abordons d’emblée la question de l’âge du réalisateur Nathan Ambrosioni, puisque sa grande jeunesse (19 ans) n’a pas manqué d’être divulguée : entre l’"argument de vente" et la performance, elle constitue objectivement une curiosité, tant la précocité est monnaie peu courante dans l’industrie cinématographique. Elle permet également de rappeler la réelle proximité entre l’âge des personnage et celui de l’auteur, mais aussi d’expliquer – voire excuser – sa naturelle et sans doute inconsciente porosité aux atmosphères et/ou situations déployées par quelques devancier.es. Ainsi en est-il de ce frère dévoré par une rage incoercible, gâchant les chances qui lui sont offertes, cousin lointain de celui interprété par Viggo Mortensen dans Indian Runner (1991) de Sean Penn. Ou de ces scènes voulant "faire cinéma", à l’image des ambiances de Laetitia Mas

Continuer à lire

"Bruit de la bande géant" : une nuit à l’écoute au 102

Événement | C’était il y a un peu plus de deux ans : pour fêter ses trente ans d’existence, le collectif Archipel Urbain, plaque tournante européenne vitale, (...)

Damien Grimbert | Mardi 29 janvier 2019

C’était il y a un peu plus de deux ans : pour fêter ses trente ans d’existence, le collectif Archipel Urbain, plaque tournante européenne vitale, vivante et singulière pour la promotion, la diffusion et la création des musiques expérimentales et improvisées sous toutes leurs formes, avait organisé au 102 une "nuit blanche d’écoute collective" construite autour d’une programmation fleuve d’une dizaine d’heures concoctée par ses différents membres. Une expérience singulière qui sera renouvelée ce vendredi 1er février au même endroit, avec de nouveau « des pièces sonores très différentes les unes des autres, de différentes époques et de différentes régions du monde : du "field recording", des enregistrements spontanés, des sons tirés d'œuvres pas proprement musicales comme la sculpture ou le cinéma, des bruits, des chants d'animaux, des voix étranges... ». Pour y assister, rendez-vous entre 19h30 et 20h30 au 102 rue d’Alembert armé de duvets, couvertures, oreillers, l’équipe sur place se chargeant de proposer boissons et collations pour tenir jusqu’au brunch du matin.

Continuer à lire

"Le procès contre Mandela et les autres" : les voix de la liberté

ECRANS | de Nicolas Champeaux & Gilles Porte avec Winnie Mandela (Fr, 1h43) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 16 octobre 2018

À partir des seuls enregistrements disponibles (des bandes audios !) des témoignages des survivants, les documentaristes Nicolas Champeaux et Gilles Porte retracent la procédure qui vit les principaux leaders de l’ANC (Congrès national africain, fer de lance de la lutte contre l’apartheid) condamnés à la réclusion lors du procès sud-africain de Rivonia entre 1963 et 1964... La justice est, dit-on, aveugle. Quelle ironie justement nous offre ce film montrant comment un État la fait de surcroît loucher, infléchissant du glaive l’équilibre de sa balance, et ôtant la vue aux témoins du futur. Or confisquer l’image, c’est tenter d’empêcher la mémoire de cristalliser autour d’un élément tangible et indiscutable ; mais aussi limiter la possibilité pour les historiens de documenter la période et, par ricochet, favoriser la production de doctrines révisionnistes. À cette négation des individus, Nicolas Champeaux et Gilles Porte répondent par une autre ironie : ils comblent les "blancs" laissés par ce procès au moyen d’une animation en noir et blanc reprenant le principe de la carte à gratter et de la craie sur tableau noir. Résultat :

Continuer à lire

Grand Rassemblement 4 : toujours plus haut

Événement | Samedi 16 et dimanche 17 juin, le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) et ses partenaires investissent la Bifurk pour un week-end de spectacles, ateliers, concerts, rencontres & co qui donne très envie. Le nom de l’événement ? Le Grand Rassemblement, dont c’est la troisième édition grenobloise. Soit l’une des aventures culturelles locales récentes les plus enthousiasmantes.

Aurélien Martinez | Lundi 11 juin 2018

Grand Rassemblement 4 : toujours plus haut

Après la MC2 fin 2016 et le Magasin des horizons en mai 2017, c’est à la Bifurk d’accueillir le troisième Grand Rassemblement grenoblois du Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) – mais le quatrième du nom, une déclinaison ayant eu lieu à Annecy en mai dernier. Soit « une manifestation tout-terrain » conçue dans l’esprit du lieu investi. « Le choix d’espaces aussi variés permet de toucher différents publics. Avec ces GR, on est dans une nouvelle façon d’amener des gens à rencontrer l’art » nous avait expliqué l’an passé le chorégraphe Rachid Ouramdane, codirecteur du CCN2 avec le circassien Yoann Bourgeois. Cette imp

Continuer à lire

La Cinémathèque projettera le "Peau d’âne" de Jacques Demy jeudi 12 avril

ECRANS | Il était une fois Jacques Demy, l'homme des Parapluies de Cherbourg et des Demoiselles de Rochefort, qui tournait au château de Chambord une adaptation (...)

Pierre Deroudilhe | Mardi 3 avril 2018

La Cinémathèque projettera le

Il était une fois Jacques Demy, l'homme des Parapluies de Cherbourg et des Demoiselles de Rochefort, qui tournait au château de Chambord une adaptation façon pop art du conte de Charles Perrault Peau d’âne, sur une musique de Michel Legrand. Le récit fantastique était porté par la jeune et jolie Catherine Deneuve, au tout début de sa carrière. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup de spectateurs depuis 1970, qui chantent depuis à tue-tête la recette du Cake d'amour. Un film à (re)découvrir jeudi 12 avril à 16h30 au cinéma Juliet Berto grâce à la Cinémathèque.

Continuer à lire

Nicolas Devort "Dans la peau de Cyrano" pour une déclaration d’amour au théâtre

Théâtre | Seul en scène pendant un peu plus d'une heure, le comédien interprète différents personnages, et notamment des ados qui montent la fameuse pièce d'Edmond Rostand. En découle un spectacle à succès (quelque 400 représentations) généreux et accessible à tous, présenté à la Basse cour.

Aurélien Martinez | Mardi 13 juin 2017

Nicolas Devort

Voilà un spectacle qui parle de théâtre de manière généreuse et non intimidante, en prenant cet art pour ce qu’il est : un formidable vecteur d’émotions (et non un truc pour intellos poussiéreux). Soit l’histoire d’un gamin mal dans sa peau qui, fortement incité par sa nouvelle école, se met à suivre le cours de théâtre que dispense l’un de ses profs. Et qui va alors rencontrer une jeune fille d’abord insensible à ses charmes – elle préfère le bellâtre. Sauf que la magie du théâtre va opérer et renverser la donne… Il y a un petit côté Cyrano de Bergerac dans cette histoire, du nom de ce personnage au nez disgracieux de la pièce d'Edmond Rostand qui tombe amoureux de la jeune Roxane (qui, elle, préfère Christian). Un petit côté plus qu’assumé par le comédien et auteur Nicolas Devort, puisque la référence se retrouve jusque dans le titre – Dans la peau de Cyrano. Nicolas Devort a ainsi imaginé un seul-en-scène drôle et touchant dans lequel il campe tous les rôles avec une aisance remarquable : le héros bègue, ses camarades (garçons comme filles), le prof charismatique qui décide de faire jouer Cyrano de Bergerac à ses é

Continuer à lire

Fantin-Latour, le classique inclassable "à fleur de peau"

Musée de Grenoble | Presque deux siècles après sa naissance en terre iséroise, Henri Fantin-Latour se dévoile (à nouveau) au public avec une rétrospective "À fleur de peau". Connu pour ses natures mortes florales et ses portraits, le peintre a surtout construit une œuvre picturale hors de l’histoire de l’art tout en l'ancrant dans son temps. Un parcours riche mis en lumière avec sensibilité par le Musée de Grenoble.

Charline Corubolo | Mardi 21 mars 2017

Fantin-Latour, le classique inclassable

Classique sans être académique, Henri Fantin-Latour (1836 – 1904) a composé tout au long de sa vie une œuvre picturale singulière, détachée des codes artistiques d’alors pour privilégier une approche intime et vivante. Né à Grenoble, le jeune artiste apprend le dessin sous la tutelle de son père avant de voguer vers la capitale française en 1850 afin d’intégrer l’atelier Horace Lecoq. Intéressé par ses contemporains comme Delacroix mais aussi marqué par les maîtres du XVIIIe siècle qu’il passe son temps à copier au Louvre, il développe une touche particulière qui ne répond à aucun code. Amoureux de la nature, il réalise ses premières natures mortes dans les années 1850 et s’adonne en parallèle à l’exercice du portrait avec satisfaction. Également mélomane invétéré de mélopées allemandes et admirateur du corps féminin, ce sont toutes ses inclinaisons qui influencent sa peinture, offrant une forme classique emprunte de modernité. Le Musée de Grenoble propose ainsi une déambulation sensible avec Fantin-Latour, à fleur de peau, rétrospective chronologique qui met en lumière l’esthétique vibrante de l’artiste au gré de 150 œuvres dont un

Continuer à lire

Archipel Urbain : « un anniversaire sans dancefloor »

MUSIQUES | Jeudi 22 décembre au 102, ce sera nuit blanche d’écoute collective...

Damien Grimbert | Lundi 19 décembre 2016

Archipel Urbain : « un anniversaire sans dancefloor »

Créé en décembre 1986 au 102 rue d’Alembert, le collectif Archipel Urbain s’est imposé en l’espace de trente ans comme une plaque tournante européenne vitale, vivante et singulière pour la promotion, la diffusion et la création des musiques expérimentales et improvisées sous toutes leurs formes. Une telle longévité méritait bien évidemment un anniversaire, restait juste à déterminer sous quelle forme exactement on allait bien pouvoir fêter 30 ans de musique expérimentale... Plutôt que de jouer la carte (attendue) du live et des choix cornéliens qui l’accompagnent, l’équipe actuelle a privilégie une nuit blanche d’écoute collective, construite autour d’une programmation fleuve d’une dizaine d’heures concoctée par la vingtaine de programmateurs qui se sont succédé depuis la création du collectif. Un peu comme une immense émission de radio qu’on écouterait confortablement recroquevillés entre amis jusqu’au petit matin, et qui alternerait bandes-son, collages, créations sonores, field-recording, œuvres électro-acoustiques, lives enregistrés, pièces radiophoniques et autres étrangetés en tout genre, de Charlemagne Palestine à Ryoji Ikeda… Une prop

Continuer à lire

"Qui veut la peau de Roger Rabbit ?" mercredi au Ciné-Club

ECRANS | Qu’il soit encensé ou victime de traversées du désert (c’est un peu le cas en ce moment), Robert Zemeckis demeure un auteur touche-à-tout et un authentique (...)

Vincent Raymond | Mardi 13 décembre 2016

Qu’il soit encensé ou victime de traversées du désert (c’est un peu le cas en ce moment), Robert Zemeckis demeure un auteur touche-à-tout et un authentique précurseur, qui pourrait en remontrer à pas mal de jeunes (ou de moins jeunes) arrogants. Certaines de ses œuvres ont dès leur sortie gagné l’éternité, tel Qui veut la peau de Roger Rabbit ? (1988), mariage hallucinant de live-picture et d’animation, d’un polar grand style et d’une screwball comedy ; d’une histoire de discrimination entre toons et humains et d’un hommage délirant à Hollywood. Un excellent choix du Ciné-Club de Grenoble pour conclure l’année. Rendez-vous mercredi 14 décembre à 20h, au cinéma Juliet-Berto.

Continuer à lire

Ce dimanche, c'est la journée des enfants aux Pathé

ECRANS | Deux fois par an, le circuit Pathé concocte pour le jeune public un marathon cinéma, avec un classique et deux avant-premières. C’est déjà les grandes (...)

Vincent Raymond | Mardi 28 juin 2016

Ce dimanche, c'est la journée des enfants aux Pathé

Deux fois par an, le circuit Pathé concocte pour le jeune public un marathon cinéma, avec un classique et deux avant-premières. C’est déjà les grandes vacances avec la livraison de ce dimanche 3 juillet : en amuse-bouche à 11h, la comédie musicale Peau d’Âne (1970) de Demy avec son affiche et ses décors signés par Jim Leon, ainsi que sa fameuse recette chantée par Catherine Deneuve. Puis à 14h Le BGG, adaptation du Bon Gros Géant de Roald Dahl réalisée par Spielberg (sortie prévue le 20 juillet). Et enfin à 16h30 L’Âge de glace : les lois de l’Univers, cinquième opus de la franchise des studios Blue Sky (sortie le 13 juillet). Même les adultes demanderont la permission d’être accompagnateurs au Pathé Chavant et au Pathé Échirolles !

Continuer à lire

Peau d’âme

MUSIQUES | Lorsqu’on évolue sur les crêtes, il faut avoir le sens de l’équilibre, la démarche subtile mais assurée, se jouer du vertige et des gouffres. C’est donc en (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 11 mars 2014

Peau d’âme

Lorsqu’on évolue sur les crêtes, il faut avoir le sens de l’équilibre, la démarche subtile mais assurée, se jouer du vertige et des gouffres. C’est donc en équilibriste qu’évolue Peau, perchée là-haut sur la montagne du Vercors. Cavalant avec la grâce d’une ballerine d’altitude, aussi déroutante que séduisante – ce qui n’est pas loin d’être sa profession de foi musicale –, Peau n’a cessé depuis ses débuts en solo de tracer de nouveaux chemins, d’ouvrir de nouvelles voies. Au point de faire de ces rochers qui l’environnent (il n’y a qu’à prêter attention à la pochette et, au titre, d’Archipel) des îles flottantes qui ne sont pas sans rappeler les rochers volants des Na’vi d’Avatar. Son premier album, Première mue, sorti en 2010, s’avérait plus farouche, plus rock, autant que puisse l’être en tout cas la production de cette jeune femme à la voix évaporée, encline au murmure mais qui s’affichait volontiers en sauvageo

Continuer à lire

« Inventer mon propre son »

MUSIQUES | Depuis ce Vercors où elle vit « accrochée à la montagne », Perrine Faillet aka Peau poursuit, avec "Archipel", sa mue de musicienne et d’artiste visuelle, se plaisant à explorer toutes les voies possibles en quête de la vérité qui gît sous la Peau. Rencontre et critique de ce deuxième album avant son concert à la Bobine.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 mars 2014

« Inventer mon propre son »

D'où vient le nom Peau ? Perrine Faillet : Quand j'ai décidé de me lancer dans un projet solo, j’avais envie de faire davantage appel à l'imaginaire qu'à la réalité de qui je suis en tant que Perrine. Et puis c’est un mot qui a plusieurs facettes : intimiste, sensible, féminine, sensuelle, mais aussi organique. Cette dualité m'intéresse parce que j'ai envie de faire une musique à la fois agréable et abordable tout en cherchant des formes un peu plus surprenantes et dérangeantes. La peau, c'est à la fois ce qui nous met en contact avec l'extérieur et ce qui nous en protège... Oui, j'aime cette idée de l’interface entre notre monde intérieur et le monde extérieur. Ce rapport à l'enveloppe de notre propre identité me parle beaucoup. Au départ, vous vous destiniez au cinéma. Comment-êtes vous passée à la musique ? En réalité, j'ai toujours été intéressée par l'art en général plus que par un domaine en particulier. J'avais démarré des études en arts du spectacle à Bron [près de Lyon – NDLR], plus par intérêt pour le spectacle vivant et le théâtre. Mon intérêt pour l

Continuer à lire

Qui est sur la Cuvée grenobloise ?

MUSIQUES | Zoom sur les 17 que l’on peut écouter depuis le mercredi 26 février grâce à l'asso Dynamusic / Retour de scène. Certains seront même sur la scène de l'Ampérage le samedi 1er mars.

Aurélien Martinez | Mercredi 26 février 2014

Qui est sur la Cuvée grenobloise ?

Peau – Instant T Un morceau pop et synthétique nappé d’électronique d’une subtilité remarquable, à l’image de l'univers musical de Peau. À découvrir en une du Petit Bulletin du 12 mars – Peau, par le morceau !   Léonid – Le Rebord de la vie Duo piano et chant, la partie vocale étant assurée par l’ancien guitariste de Sinsemilia.   Animali – The Alchemists De la pop grenobloise aux accents irréels et envoûtants. Un EP est annoncé pour cette année. Ils seront à l'Ampérage pour le concert de lancement de la Cuvée.

Continuer à lire

Awards 2013 musique

MUSIQUES | L’award du meilleur single made in Grenoble : Instant T de Peau En juin dernier, la Grenobloise Perrine Faillet, alias Peau, sortait le beau clip de (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 19 décembre 2013

Awards 2013 musique

L’award du meilleur single made in Grenoble : Instant T de Peau En juin dernier, la Grenobloise Perrine Faillet, alias Peau, sortait le beau clip de son single Instant T annonçant son second album – Archipel, qui fait suite à Première mue. Un morceau pop et synthétique nappé d’électronique d’une subtilité remarquable, à l’image de son univers musical (proche de celui d’une Émilie Simon). Et une voix en français, presque susurrée par moments, qui offre une innocence aérienne à cet Instant T. Un petit bijou dont on reparlera plus longuement en mars prochain à l’occasion du concert que donnera Peau à la Bobine, où elle sera accompagnée sur scène d’Olivier Depardon à la guitare et de Damien Litzler à la batterie.    L’award de la soirée de l’année qui a failli tomber à l’eau : celle des 20 ans du Petit Bulletin Mercredi 18 septembre, 17h. Dans une heure, nous allons fêter nos 20 ans place Vict

Continuer à lire

Les instants T

CONNAITRE | Comme on l’a déjà écrit dans notre supplément festivals paru la semaine passée, nous avons une tendresse toute particulière pour l’Arpenteur, manifestation de (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 27 juin 2013

Les instants T

Comme on l’a déjà écrit dans notre supplément festivals paru la semaine passée, nous avons une tendresse toute particulière pour l’Arpenteur, manifestation de qualité qui se déroule chaque début d’été dans la commune montagneuse des Adrets-en-Belledonne. Spectacles, concerts, déambulations... : l’équipe aux commandes (l’association Scènes obliques) propose toujours une programmation originale et exigeante, mêlant donc les esthétiques mais aussi les artistes, entre grands noms et découvertes. On ne fera pas la liste ici des réjouissances parce que 1/ l’agenda est fait pour ça, et 2/ nous n’avons quasiment rien vu en amont. On peut simplement vous conseiller le Premier amour du Grenoblois André Le Hir, d’après le texte de Beckett : un monologue d’une grande finesse campé par un comédien hypnotique. On retiendra aussi le concert que donnera Peau, aut

Continuer à lire

La peau bleue

SCENES | Après Émotions chimiques (2008) et Élans plastiques (2009), le chorégraphe grenoblois Jean-Pierre Bonomo revient avec sa nouvelle création : La Peau Bleue (...)

François Cau | Lundi 11 octobre 2010

La peau bleue

Après Émotions chimiques (2008) et Élans plastiques (2009), le chorégraphe grenoblois Jean-Pierre Bonomo revient avec sa nouvelle création : La Peau Bleue (jusqu’au samedi 16 à la Salle noire du Théâtre de Création, à 19h30 et 21h). Un spectacle qui se veut atypique tant dans son dispositif que dans ce qu’il raconte. Au milieu de la Salle noire, une petite scène surélevée. Estrade pour bête de foire, podium de discothèque – voire de peep show –, le chorégraphe laisse aux spectateurs le soin d’imaginer ce que bon leur semblent. Des spectateurs lovés autour de la scène donc, à quelques centimètres de la danseuse. Avec ce projet, Bonomo souhaite ainsi mettre en avant une certaine culture underground, en la confrontant à l’esthétique butô. Si, au vu des longs extraits que l’on a pu découvrir vendredi dernier, il nous fut difficile de nous faire un avis (malgré le discours très intéressant et référencé de l’artiste), certaines images nous ont néanmoins paru percutantes, comme cette scène où le corps de Vanessa Tadjine (la danseuse) est utilisé comme écran de projection pour des images évoquant l’art du tatouage.

Continuer à lire