Lauréats 2018 : ils s'appellent Vanessa, Toni, Marie, Pierre...

Fête du livre | La 33e Fête du livre de Saint-Étienne a dévoilé hier soir le palmarès de ses prix.

Nicolas Bros | Samedi 13 octobre 2018

Photo : Vanessa Schneider reçoit son prix des mains de Gaël Perdriau, maire de Saint-Étienne © BR


La Fête du livre de Saint-Etienne est un rendez-vous attendu par le monde littéraire français. Comme tout événément de ce type, plusieurs prix et dotations sont décernés pendant les trois jours de fête. C'est dans l'auditorium du Groupe Casino que les noms des auteurs primés ont été dévoilés vendredi 12 octobre. Voilà la liste des écrivains récompensés :

- Grand Prix de Littérature de la Ville de Saint-Étienne pour Vanessa Schneider / Tu t'appelais Maria Schneider aux éditions Grasset

- Prix BD STAS – Ville de Saint-Étienne pour Toni Carbos / Le dernier Lapon publié aux Éditions Sarbacane

- Prix littéraire Jeunesse – Ville de Saint-Étienne pour Marie Fouquet, illustration Amélie Clavier / Mon ami de la jungle publié aux Éditions Kilowat

- Prix Lucien Neuwirth / Maison Thomas – Ville de Saint-Étienne pour le photographe Pierre Grasset et son livre Un café et l'addiction publié en auto édition

- Prix du Club de la Presse et de la Communication de Saint-Étienne Loire pour Michel Mompontet / L'Etrange et drôlatique voyage de ma mère en Amnésie aux éditions Jean Claude Lattès

- Prix Littéraire des étudiants de l'Université Jean Monnet pour Jean-François Merle / Le grand écrivain aux éditions Arlea. À noter qu'il participe à la rencontre "Jeune écrivain cherche pygmalion" animé par Le Petit Bulletin Saint-Etienne, dimanche 14 octobre à 14h30 en salle Lambert - Salle des mariages

- Prix Charles Exbrayat pour Gaëlle Josse / Une longue impatience aux Editions Notabilia

- Prix Claude Fauriel pour Jean Berthier / 1144 livres aux éditions Robert Laffont

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Siddhant Malviya reçoit le 2nd prix international recherche design Jacques Bonnaval

Distinction | Il a été choisi parmi 21 candidats. L'ingénieur-designer indien Siddhant Malviya vient d'être désigné lauréat du second Prix international recherche design (...)

Nicolas Bros | Vendredi 9 juillet 2021

Siddhant Malviya reçoit le 2nd prix international recherche design Jacques Bonnaval

Il a été choisi parmi 21 candidats. L'ingénieur-designer indien Siddhant Malviya vient d'être désigné lauréat du second Prix international recherche design Jacques Bonnaval. Créé en 2019 sous l'impulsion de Gaël Perdriau, président de Saint-Etienne Métropole, cette récompense rend hommage au créateur de la Biennale du design stéphanoise, Jacques Bonnaval. Le jury de cette deuxième édition de ce prix a particulièrement apprécié « la double démarche de biodesign et de design participatif, ainsi que les qualités sensibles produites par les images présentes dans le dossier de candidature de Siddhant Malviya, "Now, a performance of the biofuture". » La création du designer indien correspond à « une compilation de créations théâtrales ou cinématographiques qui simulent et interprètent un avenir possible après l’ère du plastique, après l’ère du changement climatique, et représentent une réalité imaginée à travers des actes démocratiques de design discursif. » Siddhant Malviya va désormais pouvoir bénéficier de plusieurs récompenses telles qu'une résidence de trois mois à la Cité du design, la possibilité de mener une expérimentation sur le territoire stéphan

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Jean-Claude Mourlevat : le bonheur simple des mots

Portrait | Premier récipiendaire français du prestigieux Astrid Lindgren Memorial Award récompensant chaque année un auteur d'enfance et de jeunesse, Jean-Claude Mourlevat voit ainsi couronnées vingt-trois années d’écriture. L’occasion de revenir avec lui sur son parcours d’homme, une vie plurielle faite de rebondissements inattendus et de beaux succès.

Niko Rodamel | Mercredi 9 juin 2021

Jean-Claude Mourlevat : le bonheur simple des mots

Jean-Claude Mourlevat est né au printemps de l’année 1952 à Ambert, en Auvergne. Il se souvient d’une enfance heureuse, au Moulin de la Cour, un lieu-dit situé tout près du village de Job. « Mon père était meunier, il allait chercher le grain dans les fermes et il en faisait de la farine qu'il livrait ensuite aux boulangers. Mais chez nous, c'était aussi une ferme, nous avions des vaches, des cochons, des lapins et des poules. Ma mère s'occupait de ses six enfants, dont les trois aînés sont nés à la maison. Cinquième de la fratrie, j’ai trois frères et deux sœurs. » Jusqu’à ses 10 ans, le petit Jean-Claude fréquente l'école communale du village. Mais en septembre 1962, il doit rejoindre ses frères à l'internat du lycée Blaise Pascal, à Ambert. « La première année s'est très mal passée. » Une autre page se tourne quelques années plus tard, lorsque le paternel est contraint de fermer son moulin. « Notre Moulin de la Cour s'est peuplé de dizaines, puis de centaines de porcs grognant et hurlant. Je n'ai pas aimé ça. » Bac en poche, Jean-Claude prend la poudre d'escampette et poursuit ses études à Strasbourg, Toulouse, Stuttgart,

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Histoires délivrées

Littérature ado | C'est un peu comme si les ados avaient désormais leur propre Fête du livre. La Ville de Saint-Étienne a en effet d'annoncer la tenue de son (...)

Nicolas Bros | Mercredi 9 juin 2021

Histoires délivrées

C'est un peu comme si les ados avaient désormais leur propre Fête du livre. La Ville de Saint-Étienne a en effet d'annoncer la tenue de son premier festival entièrement dédié à la littérature ado. Vendredi 2 et samedi 3 juillet, Livreurs d'histoires réunira dix auteurs dont les œuvres s'adressent aux 12/18 ans. Parmi ceux-là, Clémentine Beauvais (marraine de cette première), Élise Fontenaille, Myriam Gallot, Jean-Claude Mourlevat - dont nous avons tiré le portrait ce mois -, Zac Deloupy ou encore Jhon Rachid & Léni Malki. À noter que ces deux jours seront également ponctués de plusieurs animations telles que des ateliers Tik Tok (avis aux non-initiés...), coaching vocal et d'écriture mais aussi un concert avec le rappeur Djemin et une adaptation dansée par le Ballet 21 de l'ouvrage Décomposée de Clémentine Beauvais. Festi

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7 prix littéraires malgré le report Fête du livre 2020

Littérature | Si la Fête du livre de Saint-Étienne a été reportée au printemps 2021, l'attribution des 7 prix littéraires qui lui sont affiliés a bien eue lieu. Voici la liste (...)

Nicolas Bros | Lundi 19 octobre 2020

7 prix littéraires malgré le report Fête du livre 2020

Si la Fête du livre de Saint-Étienne a été reportée au printemps 2021, l'attribution des 7 prix littéraires qui lui sont affiliés a bien eue lieu. Voici la liste des lauréats 2020 : - Grand Prix de Littérature de la Ville de Saint-Étienne : Thibault Bérard, « lauréat pour les qualités stylistiques, l'approche générationnelle originale et émouvante de son récit Il est juste que les forts soient frappés, publié aux éditions de L'Observatoire. » - Prix Littéraire Jeunesse de la Ville de Saint-Étienne : Gwenaël David « séduit le jury par la très grande actualité de son propos environnemental, sa tonitruante drôlerie et le caractère aussi insolite que réaliste de Kid au 1er sommet des animaux publié aux éditions Hélium. » - Prix Design de Littérature Jeunesse de la Ville de Saint-Étienne : c'est Nuit polaire de Delphine Chedru publié aux éditions Sarbacane qui est couronné. « Un objet fascinant, onirique et très beau où chaque page est une aventure.

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La Fête du livre chez soi

Littérature | La 35e Fête du livre de Saint-Étienne est encore loin (16 au 18 octobre 2020). Mais l'équipe d'organisation, confinée, a décidé de mener un joli projet pour (...)

Nicolas Bros | Mardi 21 avril 2020

La Fête du livre chez soi

La 35e Fête du livre de Saint-Étienne est encore loin (16 au 18 octobre 2020). Mais l'équipe d'organisation, confinée, a décidé de mener un joli projet pour faire vivre le livre même pendant cette période de crise. Pendant un mois - au moins -, l'opération "Ma Fête du livre à la maison", propose chaque semaine des chroniques, portraits, vidéos, entretiens sur le site de la Fête du livre stéphanoise. Pour la première semaine (jusqu'au 26 avril), la thématique principale de l'événement est "Les animaux dans la ville" avec pour parrain l'écrivain et architecte Nicolas Gilsoul qui a sorti en 2019, Bêtes de villes, Petit traité d’histoires naturelles au cœur des cités du monde, aux éditions Fayard. Un livre qui tombe à pic avec cette période si particulière ! Chaque semaine également, un jeu concours est organisé pour faire gagner des livres aux internautes. Ces derniers sont invités à créer chansons, poèmes ou BD... Plus d'infos sur le site de la Fête du livre.

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Le meurtre, cet art

Polar | Chrystel Duchamp est Stéphanoise et vient de sortir son premier roman à diffusion nationale : L'art du meurtre aux éditions de l'Archipel. Une plongée dans (...)

Nicolas Bros | Vendredi 17 janvier 2020

Le meurtre, cet art

Chrystel Duchamp est Stéphanoise et vient de sortir son premier roman à diffusion nationale : L'art du meurtre aux éditions de l'Archipel. Une plongée dans les méandres d'une enquête à soubresauts menée par le lieutenant Audrey Durand dans un Paris scintillant mais également interlope, afin de dénouer les circonstances du meurtre de Franck Tardy, avocat retraité. Un acte savamment orchestré, tel une oeuvre d'art... sur cet homme conservant des secrets inavouables. « L'art du meurtre n'est pas mon premier roman mais mon premier véritable "suspens", explique l'auteure. Dans cet écrit, je me suis intéressée au parallèle entre les meurtriers et les artistes, à la notion de gestion de la violence dans l'art, savoir jusqu'où on peut aller au nom de l'art... » Concernant le style d'écriture, l'auteure s'est appliquée à respecter les codes du genre pour construire un véritable polar de la plus pure espèce. « J'ai écrit en suivant les codes du genre qui sont très précis, détaille Chrystel Duchamp. L'écriture de ce livre m'a pris entre 9 mois et un an de travail. » Après ce premier galop d'essai dans sa nouvelle maison d'édition tiré à 10 000 exemplaires, l'auteure stép

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Flower power

Relève | Lauréate de la sixième édition du prix Moly-Sabata / Ville de Saint-Étienne, la plasticienne Mélissa Sinapan annonce clairement la couleur avec l’exposition (...)

Niko Rodamel | Mercredi 4 décembre 2019

Flower power

Lauréate de la sixième édition du prix Moly-Sabata / Ville de Saint-Étienne, la plasticienne Mélissa Sinapan annonce clairement la couleur avec l’exposition À la peinture et aux fleurs, à découvrir jusqu’au 15 décembre dans les murs de l’ancienne école des Beaux-arts. À partir d’éléments graphiques glanés ici ou là, dans des musées ou des églises mais également au fil de ses voyages, l’artiste construit ses tableaux comme le récit pictural de ses souvenirs personnels. Chaque toile déploie un décor unique où les sensations florales sont construites autour d’un nouveau motif, traité de façon changeante. Chaque oeuvre s’offre ainsi au regard tel un écrin végétal où l’explosion vibratoire des couleurs et le rythme des volutes témoignent chez Mélissa d’une sincère passion pour l’univers des fleurs. Pour la jeune femme, cette série est aussi un terrain de jeu dans lequel elle se réapproprie intelligemment tout un pan de l’histoire de l’'art... Mélissa Sinapan s’était fait remarquer pour la qualité de son travail, au printemps dernier, lors de l’'exposition Starting Blocks qui mettait en avant les nouveaux diplômés de l'ESADSE. Mélissa Sinapan,

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Emma Becker dans l'Oeil du Petit Bulletin #35

Littérature française | La romancière Emma Becker est venue nous parler de son 3e roman "La Maison" chez Flammarion où elle parle de son expérience dans un (...)

Nicolas Bros | Mercredi 6 novembre 2019

Emma Becker dans l'Oeil du Petit Bulletin #35

La romancière Emma Becker est venue nous parler de son 3e roman "La Maison" chez Flammarion où elle parle de son expérience dans un bordel berlinois pendant 2 ans et demi. Elle est présente pour la 34e Fête du livre de la Ville de Saint-Étienne

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Isabelle Rabineau dans l'Oeil du Petit Bulletin #34

Spéciale Fête du livre 2019 | [Dans l'Oeil du PB #34] 1e entrevue vidéo spéciale Fête du livre de Saint-Étienne 2019. Isabelle Rabineau, sa commissaire générale s'est (...)

Nicolas Bros | Jeudi 17 octobre 2019

Isabelle Rabineau dans l'Oeil du Petit Bulletin #34

[Dans l'Oeil du PB #34] 1e entrevue vidéo spéciale Fête du livre de Saint-Étienne 2019. Isabelle Rabineau, sa commissaire générale s'est prêtée au jeu.

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Saint-Étienne à la page

Fête du livre 2019 | Pour sa 34e édition, l'événement majeur de la littérature à Saint-Étienne, la Fête du livre propose quelques nouveautés et toujours une ribambelle d'auteurs qui font la rentrée littéraire francophone. Présentation générale et focus sur Nicolas offenstadt, auteur invité et historien qui a levé le voile sur ce qu'était l'ex-RDA, via un travail minutieux d'exploration urbaine (urbex).

Nicolas Bros | Mardi 1 octobre 2019

Saint-Étienne à la page

Une 7e édition des toujours très réussis Mots en scène, des mots en design ou en magie, des expos, les fameux débats et conférences... et surtout la présence de 270 auteurs avec toujours son lot de stars mais aussi de découvertes. La Fête du livre fait battre le rythme culturel du mois d'octobre stéphanois. Marrainée par Françoise Bourdin et Anne Goscinny, cette 34e édition verra pour la première fois, la tenue d'une journée dédiée aux professionnels, "La Fête du livre Côté Pro" ainsi que la mise en place de grandes thématiques "chapeautant" les rencontres-débats : "être une femme", "un modèle social en construction", "où en est la démocratie dans le monde ?", "archéologie au XXie siècle" et "mon environnement & moi". 34e Fête du livre, du 17 au 20 octobre à Saint-Étienne Plus d'infos et programme complet sur fetedulivre.saint-eti

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Isabelle Rabineau, Poupée punk du livre

Portrait | Commissaire principale de la Fête du Livre de Saint-Etienne, Isabelle Rabineau est du genre à n'en faire qu'à sa tête. Jamais à cours d'envies, toujours pleine d'idées, elle bouscule et révolutionne tout ce qu'elle touche... Et le meilleur, c'est que ça marche.

Cerise Rochet | Mardi 1 octobre 2019

Isabelle Rabineau, Poupée punk du livre

Elle porte la frange courte et le rouge à lèvres rosé, le perfecto de cuir et la jupe cintrée, les ongles vernis et les talons carrés. Gamine, elle était bonne élève, mais faisait ses devoirs « n'importe comment », durant l'interclasse ou à la récré. Commissaire à la voix douce, passionnée de culture et de foot, rêveuse déterminée, Isabelle Rabineau est une tout-et-son-contraire, une hors-cadre, une faiseuse-de-ponts. Elle a 18 ans, lorsque, bac en poche et raide dingue d'un peintre, elle quitte son Strasbourg natal pour le rejoindre dans la capitale, lecture et écriture chevillées au corps. Là-bas, la brillante littéraire suit des cours à la Sorbonne, tout en multipliant les petits boulots pour remplir le frigo. Elle atterrit à Beaubourg, où elle remet les livres en place, sur les étagères. Un « début de quelque chose » qu'Isabelle évoque aujourd'hui avec des papillons dans les yeux : « Ça m'a beaucoup aidée, de comprendre ce que lisaient les gens. Et puis, j'étais tellement fière, je travaillais à Beaubourg, c'était fou. » De rencontre en rencontre, elle collabore ensuite à l'écriture du magazine de psychanalyse L'Âne, di

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Des livres au faîte

Fête du livre 2019 | La Fête du livre, manifestation littéraire stéphanoise majeure, fête cette année sa 34e édition du 17 au 20 octobre. Ce sont 270 auteurs tous genres littéraires (...)

Nicolas Bros | Mardi 3 septembre 2019

Des livres au faîte

La Fête du livre, manifestation littéraire stéphanoise majeure, fête cette année sa 34e édition du 17 au 20 octobre. Ce sont 270 auteurs tous genres littéraires confondus, qui sont attendus entre les places de l'Hôtel-de-Ville, Dorian, Jean Jaurès et Jacquard. On retrouve dans cette programmation Cécile Pivot, François Bégaudeau, Kaspar Colling Nielsen, Raphaëlle Giordano, Nicolas Offenstadt, Denis Lachaud, Guy Carlier, Claire Berest ou encore le sportif local Jérémie Janot. Cette année ce sont deux femmes qui marrainent l'événement. Tout d'abord la romancière Françoise Bourdin, auteure notamment du livre Au nom du père (Belfond, 2015) qui a été choisie pour marrainer l'ensemble de la Fête. À ses côtés, Anne Goscinny, fille du célèbre dessinateur d'Astérix René Goscinny, pour chapeauter Les Mots en Scène, le cabaret littéraire de la Fête du livre qui prend place sous le Magic Mirrors, place Jean Jaurès. Comme d'habitude, le chapiteau de la place Jacquard sera dédié à la jeunesse et celui de la place Dorian au « versant documentaire vert et littéraire » de l'événement.

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Bérengère Cournut : « J'ai ressenti un besoin d'exploration, à la fois personnel et littéraire »

CONNAITRE | Bérengère Cournut est l’une des plus intenses et belles romancières de notre temps, que la Fête du livre vous propose de découvrir à l’occasion de sa venue à Saint-Etienne pour sa nouvelle parution : "De pierre et d’os", qui vient de remporter le prix Fnac 2019. Un ouvrage de survie et d’espaces, de liberté et de chocs qui emmène le lecteur aux confins de l'Arctique. Une auteur à suivre de près et qui se rendra pour la première fois à Saint-Étienne.

Nicolas Bros | Mardi 3 septembre 2019

Bérengère Cournut : « J'ai ressenti un besoin d'exploration, à la fois personnel et littéraire »

Après avoir plongé le lecteur dans la vie de la tribu amérindienne Hopi, cette fois-ci vous l'emmenez dans le peuple Inuit. Pour quelle raison avoir fait ce choix ? Bizarrement, j'ai découvert ces deux cultures simultanément, en 2011. Jusque-là, j'écrivais des fictions ou des proses poétiques ancrées dans mon seul imaginaire. Le paysage y occupait toujours une grande place, mais souvent nimbé d'un certain onirisme. Là, en découvrant à la fois les grandes étendues désertiques de l'Ouest-américain et les cultures des peuples autochtones d'Amérique du Nord, toutes profondément liées à leurs territoires respectifs, j'ai ressenti un besoin d'exploration, à la fois personnel et littéraire. Le choix du peuple hopi, dont j'ai parcouru le territoire, et celui du peuple inuit, que je n'ai en revanche jamais approché, s'explique sans doute par le contraste entre une hostilité certaine des deux environnements et des conditions de vie difficiles, contrebalancées par une spiritualité foisonnante, à mille lieues de nos repères occidentaux. Il paraît que cette nouvelle aventure est partie de la découverte de petites sculptures inuit en os ?

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Monk au sommet

Festival jazz | Pour sa treizième édition, le festival Jazz au Sommet demeure fidèle à son projet artistique et philanthropique : proposer une vingtaine de concerts (...)

Niko Rodamel | Mardi 3 septembre 2019

Monk au sommet

Pour sa treizième édition, le festival Jazz au Sommet demeure fidèle à son projet artistique et philanthropique : proposer une vingtaine de concerts autour du jazz dans des lieux souvent atypiques, en direction d'auditoires très variés allant des connaisseurs affutés aux simples curieux, jusqu'aux publics dits empêchés. Puisque c'est semble-t-il dans l'air du temps, la part belle sera faite cette année aux musiciennes : après la brillante Ana Carla Maza qui ouvrait les festivités avec une bucolique rando-concert, nous retrouverons notamment le délicat trio vocal Bloom, la chanteuse-guitariste Roxane Arnal et la phénoménale Sarah Mc Coy, dont le show tout en son et lumière s'annonce comme l'un des points forts de la programmation. Sous la houlette du bassiste ligérien Jérôme Regard (sans doute davantage connu dans toute l'Europe que dans le Pilat où pourtant il vit), le jazz atteindra son sommet avec le double plateau du samedi 14 septembre. Le quartet du tromboniste Daniel Zimmermann partagera en effet la soirée avec le New Monk Trio de l'éminent pianiste Laurent de Wilde, artiste de l'année aux Victoires du Jazz 2018, par ailleurs véritable expert analyste-biographe de l'immens

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Françoise Bourdin et Anne Goscinny, marraines de la 34e Fête du livre

Littérature | La 34e édition de la Fête du livre de Saint-Étienne se tiendra du 17 au 20 octobre 2019. Cette année, la marraine de l’événement sera la romancière à (...)

Antoine Desvoivre | Jeudi 18 juillet 2019

Françoise Bourdin et Anne Goscinny, marraines de la 34e Fête du livre

La 34e édition de la Fête du livre de Saint-Étienne se tiendra du 17 au 20 octobre 2019. Cette année, la marraine de l’événement sera la romancière à best-sellers Françoise Bourdin, auteure notamment du livre Au nom du père (Belfond, 2015). Indissociable de l’événement, le festival Les Mots en Scène, sera quant à lui, parrainé par Anne-Goscinny dont les sept romans et récit ont été publiés par Grasset et Nil Édition. L'occasion rêvée d'apporter les plaisirs de la lecture, au cœur de notre cité. La Fête du Livre, 17 au 20 octobre 2019 Saint-Étienne

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Première édition

Livres locaux | Il est facile de les rater lorsque l'on déambule dans sa librairie de quartier. Les livres édités à Saint-Étienne n'ont pas toujours la visibilité qu'ils méritent. (...)

Antoine Desvoivre | Mardi 4 juin 2019

Première édition

Il est facile de les rater lorsque l'on déambule dans sa librairie de quartier. Les livres édités à Saint-Étienne n'ont pas toujours la visibilité qu'ils méritent. Pour y remédier, l'Association des Éditeurs Stéphanois organise le salon, C'est édité près de chez vous. Pendant cinq jours, dans les librairies de Sainté, les auteurs, les éditeurs locaux et les lecteurs se rencontreront autour de spectacles et de séances de dédicaces. Les amateurs d'écriture auront même la possibilité de s'essayer à la fabrication de fanzines (périodiques rédigés par des amateurs, fans d'une œuvre ou d'une thématique). Pour les sept éditeurs concernés, c'est l'occasion d'être « présent chez les libraires car c'est l'endroit idéal pour rencontrer le public », selon Pascal Yanou, secrétaire de l'association. C'est édité près de chez vous, du 3 juin au 8 juin dans plusieurs librairies de Saint-Étienne. Tout le progamme sur cette page Avec les éditeurs : Édition Joyeux Pendu, Olifanzine, Jarjill

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"Sibyl" : Voleuse de vie

Dramédie | Une psy trouve dans la vie d’une patiente des échos à un passé douloureux, s’en nourrit avec avidité pour écrire un roman en franchissant les uns après les autres tous les interdits. Et si, plutôt que le Jarmusch, Sybil était LE film de vampires en compétition à Cannes ?

Vincent Raymond | Jeudi 2 mai 2019

Alors qu’elle cesse peu à peu ses activités de psychanalyste pour reprendre l’écriture, Sibyl est contactée par Margot, une actrice en grande détresse qui la supplie de l’aider à gérer un choix cornélien. Sybil accepte, mais elle va transgresser toutes les règles déontologiques… « On construit sur la merde », lâche à un moment Sibyl à sa patiente désespérée, comme l’aveu de sa propre déloyauté : pour accomplir son œuvre artistique et se réconcilier avec son propre passé, n’est-elle pas en train de piller les confidences de Margot, d'interférer dans sa vie ? Comme si la pulsion créatrice l’affranchissait des commandements inhérents à sa profession de thérapeute, et justifiait son entorse éthique majeure. Dans Petra de Jaime Rosales, un grand artiste — mais être humain parfaitement immonde — proclamait qu’il fallait être d’un égoïsme total pour réussir dans sa partie ; à sa manière, Sibyl suit son précepte. Coup de psychopompe La tentation est grande d’effectuer une interprétation lacanienne

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Alexandre Léger, lauréat du prix des partenaires du MAMC+

Art contemporain | Après Maxime Duveau (2018), Jérémy Demester (2017) ou Agathe Pitié (2014), c'est Alexandre Léger qui obtient le Prix des partenaires du Musée d'art moderne et (...)

Nicolas Bros | Lundi 1 avril 2019

Alexandre Léger, lauréat du prix des partenaires du MAMC+

Après Maxime Duveau (2018), Jérémy Demester (2017) ou Agathe Pitié (2014), c'est Alexandre Léger qui obtient le Prix des partenaires du Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole. Né en 1977, l'artiste est sorti diplômé en 2003 de l'École des Beaux-Arts de Paris. Il a exposé à Paris, Montpellier, Sarajevo et aux Pays-Bas. Il créé des dessins-poèmes, en petits formats « nous incitant à considérer non seulement l'aritculation entre texte et image, mais aussi l'idée du tecte en tant qu'image. » Ses oeuvres seront présentées en septembre 2019 au MAMC.

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Sous la Serre, acte 4

Art contemporain | Le plasticien Loïc-Yukito Nakamura ouvre la quatrième saison de la Serre, amorçant une nouvelle série d’expositions d’art contemporain qui fait la part belle aux artistes émergents issus du foisonnant vivier artistique régional.

Niko Rodamel | Mardi 5 février 2019

Sous la Serre, acte 4

A raison de six expositions annuelles de cinq semaines chacune sur le site de l’ancienne école des Beaux-Arts, la ville de Saint-Étienne a fait de la Serre, depuis janvier 2016, un espace d’exposition spécifiquement tourné vers l’émergence artistique. Traduisant une volonté affirmée d’apporter aide matérielle et soutien logistique à de jeunes plasticiens en voie de professionnalisation, une bourse de trois mille euros est attribuée à chaque artiste sélectionné pour la production d’une exposition personnelle. Mettant l’accent sur l’innovation et l’expérimentation, la programmation à venir s’annonce très prometteuse. Sont attendus les accrochages de Simon Feydieu (avril) et de Léa Bouttier (mai-juin), les sculptures d’Audrey Galais (juillet) et les œuvres de Laurent Da Sylva (septembre-octobre), avant d’accueillir le prochain lauréat du prix Moly-Sabata/Ville de Saint-Étienne. Nippon ni mauvais Néo-stéphanois d’origine nipponne, Loïc-Yukito Nakamura ouvre donc le bal 2019 avec une installation très personnelle, Résonances d’une marge intérieure. Titulaire d’un Diplôme national supérieur d'expression plastique (DNSEP) obtenu en 2017 à l'École supérieu

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"Une affaire de famille" : Notre petite sœur

Palme d'Or | de Kore-eda Hirokazu (Jap. 2h01) avec Lily Franky, Sakura Andô, Mayu Matsuoka…

Vincent Raymond | Mercredi 12 décembre 2018

Le fantasque Osamu est l’affectueux père d’une famille vivant de petites rapines et autres combines. Un jour, il ramène à la maison une gamine maltraités par ses parents et convainc sa femme de la recueillir comme si elle était leur fille… Personne ne niera que Kore-eda a de la suite dans les idées lorsqu’il s’agit de dresser des portraits de familles nippones singulières — c’est-à-dire appelées à se reconfigurer à la suite de la perte ou de l’ajout subit d’un membre. Pour Une affaire de famille, il empile les tranches de vies canailles, s’amusant dans un premier temps à faire défiler des instantanés du “gang“ Osamu. Plus attendrissant que redoutable, ce père aimant tient davantage du bras cassé folklorique “toléré“ par ses victimes que du féroce yakuza. Si le point de vue rappelle celui de The General (1997) de Boorman ou les Arsène Lupin dans la façon de construire une figure avenante à partir d’un malfrat, la modicité des larcins d’Osamu le dispense d’avoir à narguer les forces de l’ordre : l’estime dont il bénéficie demeure ici circonscrite à une sphèr

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"Leto" : Notre musique

ECRANS | de Kirill Serebrennikov (Rus.-Fr., 2h06) avec Teo Yoo, Roman Bilyk, Irina Starshenbaum…

Vincent Raymond | Mardi 11 décembre 2018

URSS, au début des années 1980. Sous le joug d’un régime communiste expirant, une scène rock tente d’émerger, soumettant ses textes aux dirigeants des maisons de la culture. À Leningrad, un jeune musicien émule d’Iggy Pop, Bowie et des Talking Heads, va éclater. Son nom ? Viktor Tsoï. Les plus quadra-quinquagénaires se souviendront peut-être d’avoir entendu au détour des bandes FM, par l’entremise du camarade Maneval notamment, une poignée d’enregistrements furieusement exotiques souffrant quelques distorsions, gagnées sans doute durant le franchissement du Rideau de fer, parmi lesquels le trépidant Mama Anarkia des Russes de Kino. C’est aux prémices de ce groupe, dont l’âme était Viktor Tsoï, que l’on assiste ici par le cinéma, qui se dit “Kino“ en russe. Une manière de boucler la boucle, loin d'être pas la seule. Car la situation de cette figure culturelle contestataire du passé trouve des échos dans celle de Serebrennikov, voix divergente contemporaine, assigné à résidence par le Kremlin d

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Écrits noirs sur blanc

Festival du polar | Le polar va avoir son nouveau rendez-vous stéphanois avec le festival Les Gueules Noires du Polar qui se déroulera les 22 & 23 novembre à la Librairie de Paris.

Nicolas Bros | Mardi 13 novembre 2018

Écrits noirs sur blanc

Très populaire, le genre littéraire du polar voit un nouveau rendez-vous se monter à Saint-Étienne. Intitulé Les Gueules Noires du Polar, ce festival, organisé par la Libraire de Paris, se déroule les 22 et 23 novembre et propose un programme alléchant. Avec la présence de huit personnalités faisant vivre à leur manière le polar (auteurs, éditeurs et scénariste de BD), le festival se décline entre des dédicaces, des tables rondes et une soirée ciné au Méliès avec la projection de Monsieur Klein avec Alain Delon. Ainsi vous retrouvez entre autres dans la programmation Luc Brunschwig, André Buffard, Romain Slocombe ou encore Sominique et Franck Sylvain. « Nous avons vu arriver le phénomène du "Black Friday" ces dernières années avec un certain succès, explique Alexandra Charroin Spangenberg, directrice de la Librairie de Paris. Sauf qu'en tant que librairie nous ne pouvons pas proposer de réductions suffisantes pour justifier notre participation à cette opération. Nous avons réfléchi à un autre moyen de participer, à notre manière. Rémi Boute, l'autre dirigeant de la Lib

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"En liberté !" : Crédit révolver

Comédie | Pour compenser ses années de taule, un innocent commet des délits. Sans savoir qu’il est “couvert“ par une policière, veuve de celui qui l’avait incarcéré à tort, elle-même ignorant qu’un collègue amoureux la protège… Encore un adroit jeu d’équilibriste hilarant signé Salvadori.

Vincent Raymond | Mercredi 31 octobre 2018

Policière, Yvonne élève son fils dans la légende de son défunt époux Santi, flic héroïque mort en intervention. Découvrant fortuitement que celui-ci était un ripou de la pire espèce, elle entreprend de réhabiliter une de ses victimes, et cause son pesant de dommages collatéraux… Après une parenthèse semi-tendre célébrant les épousailles de la carpe et du lapin (Dans la cour, avec Deneuve et Kervern), Pierre Salvadori revient à ses fondamentaux : une comédie portée par des bras cassés, émaillée d’un franc burlesque et construite autour de mensonges plus ou moins véniels. Qu’ils proviennent de mythomanes pathologiques ou d’affabulateurs·trices d’occasion, qu’ils visent à duper ou à adoucir la vie de ceux qui en sont les destinataires, les gauchissements de la vérité constituent en effet la trame régulière du cinéma salvadorien. Ce qui change toutefois dans En liberté ! — et en juste écho avec le titre — c’est que le mensonge se trouve ici en constante réécriture. En impro(ré)visant la légende dorée de Santi qu’elle raconte chaque soir à son fils, Yvonne triture un pa

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"Cold War" : Rideau de fer et voix de velours

Jazzy | de Paweł Pawlikowski (Pol.-G.-B.-Fr., 1h27) avec Joanna Kulig, Tomasz Kot, Agata Kulesza…

Vincent Raymond | Mercredi 17 octobre 2018

Années 1950. Compositeur, Wictor sillonne la Pologne rurale pour glaner des mélodies populaires et trouver des voix. Bouleversé par celle de Zula, il fait de cette jeune interprète sa muse et sa compagne. Leur romance connaîtra des hauts des bas, d’un côté puis de l’autre du rideau de fer. Pawlikowski, ou la marque des origines. Est-ce un hasard si Cold War, ayant pour décor la Pologne d’après-guerre et d’avant sa naissance comme son film précédant Ida (2013), présente la également même radicalité formelle, la même rigueur quadrangulaire, le même noir et blanc ? Consciemment ou non, Pawlikowski renvoie ce faisant de ce pays au système intransigeant un visage âpre, et reproduit dans le même temps les procédés du cinéma des origines — en lui donnant toutefois la parole, même s’il l’économise. Son “année zéro“ intime devient un peu celle de la Pologne, voire celle du cinéma. Encore davantage ici, où l’histoire de Wictor et Zula s’inspire (on ne sait à quel degré) de celle de ses parents. Mais la rigueur formelle n’abolit pas tout

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Un Salon des éditeurs stéphanois pendant la Fête du livre

Littérature | Dans un communiqué, quinze éditeurs stéphanois expliquent avoir rejeté la proposition faite par la Ville de Saint-Étienne, par courrier, dans lequel (...)

Nicolas Bros | Jeudi 11 octobre 2018

Un Salon des éditeurs stéphanois pendant la Fête du livre

Dans un communiqué, quinze éditeurs stéphanois expliquent avoir rejeté la proposition faite par la Ville de Saint-Étienne, par courrier, dans lequel l'institution « revoyait ses exigences relatives à leur participation à la Fête du livre tout en maintenant son interdiction à ses derniers de vendre des livres. » Refusant de « faire vitrine », ces éditeurs ont décidé d'être présents tout de même via leur propre manifestation, un Salon des éditeurs stéphanois, dans un local situé au 4, rue de la République à Saint-Étienne, pendant toute la durée de la Fête du livre : 12, 13 et 14 octobre. Les éditeurs présents à ce salon sont : Abatos, abribus, Académie des Sept, AEC, Arsenic Diffusion, Barré Magazine, Bernadette Éditions, Cercle des Lettres & des Arts, Chiche Capon, Éditonly, Eina, Jarjille, Olifanzine, Le Réalgar, Limax Éditions et Utopia Éditions. Au programme : des dédicaces, des rencontres, une exposition de 20 Polaroïd agrandis sur le cyclisme On dirait le Tour de Pierre Martin, des lectures... Plus d'infos sur cette page. Salon des éditeurs stéphano

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Joël Dicker en dédicace à la Librairie de Paris

Littérature | Après la fermeture de la 33e Fête du livre de Saint-Étienne (qui se tient du 11 au 14 octobre), les dédicaces se poursuivront du côté de la Librairie de (...)

Nicolas Bros | Mercredi 10 octobre 2018

Joël Dicker en dédicace à la Librairie de Paris

Après la fermeture de la 33e Fête du livre de Saint-Étienne (qui se tient du 11 au 14 octobre), les dédicaces se poursuivront du côté de la Librairie de Paris le 18 octobre avec la venue de l'écrivain Joël Dicker. L'auteur genevois de La vérité sur l'affaire Harry Québert viendra présenter son dernier roman La Disparition de Stephanie Mailer. L'occasion de le rencontrer et d'échanger avec lui. D'autre part, la librairie organise la première édition des Gueules Noires du Polar les 22 et 23 novembre. Un événement qui promet des rencontres, des animations, des dédicaces et des concours autour du roman policier. - Rencontre avec Joël Dicker, jeudi 18 octobre 2018 de 18h à 20h (pas de réservation possible) à la Librairie de Paris - Les Gueules Noires du Polar, 22 et 23 novembre à la Libraire de Paris

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Michel Bussi : « Très fier d'être le parrain cette année »

Fête du livre | Le Normand Michel Bussi, professeur de géographie à l'université de Rouen, est également un écrivain à succès. Parrain de la 33e édition de la Fête du livre, il présentera Sang Famille, son dernier ouvrage et sera omniprésent entre dédicaces, Mots en scène et débats. Rencontre.

Nicolas Bros | Mardi 2 octobre 2018

Michel Bussi : « Très fier d'être le parrain cette année »

Que représente pour vous le fait d'être parrain de la Fête du livre de Saint-Étienne ? Michel Bussi : Je suis venu déjà à trois reprises à la Fête du livre et j'ai beaucoup aimé l'ambiance très particulière qui règne dans ce salon, son originalité... Je suis très fier d'en être le parrain cette année. C'est un événement regroupant le livre, le théâtre, la musique... Il y a énormément de choses qui se passent dans ce salon. Ce n'est pas seulement venir signer des livres, c'est une véritable fête. Rendre le livre le plus accessible possible, le mélanger à plein d'autres émotions, c'est ça qui m'a plu. Qu'est-ce que vous aimez particulièrement à Saint-Étienne ? C'est objectivement un des plus gros salons en France, tout en restant à taille humaine. On ne ressent pas cette oppression qui peut se faire ressentir dans certaines grosses manifestations littéraires gigantesques, qui peuvent perdre leur âme. À Saint-Étienne, ça reste très populaire, organisé avec de nombreux événements. Ça me fait un peu penser à Quais du polar dans cette volonté d'être original tout en restant proche des lecteurs. La Fête du livre est au cœur de l

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Isabelle Rabineau : « Répondre aux attentes d'un public demandeur »

Rencontre enlivrée | 33e édition de la Fête du livre de Saint-Étienne, au programme toujours aussi dense avec trois jours de rencontres, de dédicaces, de débats, de lectures, de théâtre, de danse... On fait le point avec sa commissaire générale Isabelle Rabineau.

Nicolas Bros | Mardi 2 octobre 2018

Isabelle Rabineau : « Répondre aux attentes d'un public demandeur »

Quels sont les points forts et les nouveautés de cette édition 2018 ? Redesign-Moi un salon continue sa réflexion à travers la bibliophilie remise à jour, des ex libris et des coffrets à dédicaces offerts aux lauréats de nos Grands Prix bien en phase avec le goût des Stéphanois pour le livre d'artiste. Les célèbres designers Ruedi Baur et Eric Jourdan viendront parler du design des villes, quant Lisa White et Thierry Mandon évoqueront la prochaine Biennale dont ils sont respectivement la commissaire et le Directeur, manière d'ouvrir la Fête du livre encore plus sur l'essence du design. Nous ouvrons la Grande Librairie au feel good books, ces ouvrages "qui font du bien", un vrai phénomène éditorial international et qui ont trouvé rapidement un public très large. Il s'agit de management personnel, on y parle des accidents de la vie de manière réaliste et de résilience. Les Mots en Scène, ces mises en espace des plus beaux textes de la rentrée littéraire passent pour partie à la danse avec des compagnies stéphanoises de danse contemporaine...et à Dorian, des dégustations vont rythmer les rencontres entre auteurs, lecteurs,

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"Girl" : Lara au bal du diable

Camera d'Or | Le portrait plein de vie d’une adolescente née garçon luttant pour son identité sexuelle et pressée de devenir femme. Une impatience passionnée se fracassant contre la bêtise à visage de réalité, filmée avec tact et transcendée par l’interprétation de l’étonnant·e Victor Polster.

Vincent Raymond | Mardi 2 octobre 2018

Jeune ballerine de 15 ans, Lara se bat pour rester dans la prestigieuse école de danse où elle vient d’être admise, mais aussi pour accélérer sa transition de garçon en fille. La compréhension bienveillante de ses proches ne peut hélas en empêcher d’autres d’être blessants. Jusqu’au drame. Girl pose sur des sujets divers un regard neuf, lesquels sont loin de l’être : la danse comme école de souffrance et de vie (on se souvient de la claque Black Swan), la difficulté de mener une transition de genre (voir Transamerica), la vie d’un parent isolé élevant deux enfants. Des thèmes rebattus mais qui, par coagulation et surtout grâce à une approche déconcertante, c’est-à-dire bannissant les situations attendues, trouvent une perspective nouvelle. Ainsi, la question de l’acceptation par la famille du choix intime de la jeune Lara ne se pose même pas ; au contraire bénéficie-t-elle ici d’un accompagnement solide et complice. Quant aux professeurs de danse, ils n’ont rien des tyrans ordinaires martyrisant les petits rats. Bref, outre l’absence de la

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"The House that Jack built" : Numérotez vos bâtis !

Saignant | Lars von Trier s'insinue dans la tête d’un serial killer aux ambitions (ou prétentions ?) esthétiques démesurées pour en retirer une symphonie en cinq mouvements criminels. Une variation sur la mégalomanie et le perfectionnisme artistiques forcément uno brin provoc’ mais adroitement exécutée.

Vincent Raymond | Mardi 2 octobre 2018

Jack aurait tellement voulu être architecte… Un destin contraire l’a fait ingénieur et affligé de TOC lui empoisonnant la vie, surtout lorsqu’il vient de commettre un meurtre. Car si, l’on y réfléchit bien, le principal tracas de Jack, c’est de devoir obéir à ses pulsions de serial killer… Peu importe si son esthétique ou ses dogmes évoluent au fil de sa prolifique filmographie — et lui confère au passage l’apparence d’un splendide magma —, Lars von Trier parvient à assurer à celle-ci une indiscutable cohérence par son goût maladif du défi stylistique et de la provocation morale, que celle-ci transparaisse dans la diégèse ou dans le discours d’accompagnement. Construire, dit-il Épouser comme ici le point de vue d’un détraqué jouissant dans l’esthétisation de la mise à mort de ses victimes participe évidemment de cette démarche : la mécanique humaine et celle, perverse, du suspe

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Les 18 coups de 2018

LES FILMS DU SEMESTRE | Avant d’enflammer le dancefloor du réveillon en éclusant (avec modération) la sangria cuvée Gaspar Noé, il vous reste quelques films à siroter. Auxquels vous pouvez ajouter des Animaux fantastiques, des Portraits XL d’Alain Cavalier, ou une visite du Donbass…

Vincent Raymond | Mardi 18 septembre 2018

Les 18 coups de 2018

Les Frères Sisters de Jacques Audiard (19 septembre) Escorté par son inséparable partenaire et coscénariste Thomas Bidegain, Jacques Audiard traverse l’Atlantique pour conter l’histoire de deux frères chasseurs de primes contaminés par la fièvre de l’or. Porté par l’inattendue fratrie John C. Reilly/Joaquin Phoenix — à l’œil puant le vice et la perversité — ce néo western-pépite empli de sang et de traumas ne vaut pas le coup, non, mais le six-coups ! Un peuple et son roi de Pierre Schoeller (26 septembre) Pierre Schoeller semble multiplier les résonances entre 1789 et 2018 dans cette épopée à hauteur d’Histoire et de personnages qui semble fusionner L’Exercice de l’État et Versailles. Le projet est un peu bancal, mais la distribution hallucinante et terriblement d’actualité. Alors, ça ira, ça ira… Amin de Philippe Faucon (3 octobre)

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Notre sélection

Journées européennes du patrimoine 2018 | Les 35e journées européennes du patrimoine se déroulent les 15 et 16 septembre 2018, autour du thème : "L'art du partage". Au-delà des jeux à gratter ou des opérations de sauvegarde du patrimoine, ce week-end est l'occasion de découvrir le territoire sous un autre regard, avec parfois quelques lieux insolites, ouvert de manière inédite.

Nicolas Bros | Mercredi 12 septembre 2018

Notre sélection

À Saint-Étienne : - La Maison François Ier ouvre ses portes exceptionnellement pour quelques visites guidées dimanche matin (prévoir des chaussures adaptées à une visite de chantier) mais également pour des concerts, lectures et projections organisés par le service Ville d'art et d'histoire, les médiathèques et la cinémathèque le samedi de 14h à 18h. Enfin, une exposition de quelques pièces réalisées par le Conservatoire des Meilleurs ouvriers de France est prévue dimanche à partir de 14h. - Une belle occasion aussi de découvrir les nouveaux bâtiments de La Comédie de Saint-Étienne, pour les mauvais élèves qui ne seront pas venus à La Fête de rentrée ! de vendredi 14 septembre, à 18h, avec la répétition publique de Ervart ou les derniers jours de Frédéric Nietzsche avec Vincent Dedienne, un Apéro festif avec Le Turak Théâtre, un bal animé par la Cie La Guinche... Des visites des bâtiments sont prévues pour ces retardataires le samedi de 9h30 àç 11h et de 11h30 à 13h. Inscription au 04 77 25 14 14 - Des shows devant

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"Les Frères Sisters" : De sang et d’or

Lion d’Argent Venise 2018 | de Jacques Audiard (Fr., 1h57) avec Joaquin Phoenix, John C. Reilly, Jake Gyllenhaal…

Vincent Raymond | Jeudi 13 septembre 2018

Mieux vaut ne pas avoir ne différend avec le Commodore. Car il envoie ses deux dévoués Charlie et Eli Sisters, tireurs d’élite et cogneurs patentés. Les deux frères vont pourtant faire défection quand une de leurs proies explique avoir découvert un procédé permettant de trouver de l’or… On attendait, en redoutant que la greffe transatlantique ne prenne pas, cette incursion de Jacques Audiard en un territoire aussi dépaysant par les décors, les usages ou les visages, que familier par son poids mythologique et les séquences fondatrices ayant dû sédimenter dans son imaginaire. Mais même délocalisé, le cinéaste n’est pas abandonné en zone hostile. D’abord, il se trouve toujours escorté par son partenaire, le magique coscénariste Thomas Bidegain ; ensuite la langue anglaise ne peut constituer un obstacle puisque son langage coutumier se situe au-delà des mots, dans la transcendance de personnages se révélant à eux-mêmes et aux autres, grâce à un “talent“ vaguement surnaturel. Le tout, dans un contexte physiquement menaçant. Empli de poudre, de sang et de traumas, ce néo-western-pépite

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Marc-Antoine Mathieu : « L'occasion de montrer que la BD n'est pas que du comics, du manga et du mainstream »

Fête du Livre 2018 | Marc-Antoine Mathieu est un créateur et un explorateur de formes qu’elles soient narratives ou plastiques. Auteur notamment de la série Julius Corentin Acquefacques, il sera présent pour la 33e Fête du Livre de Saint-Étienne en tant que parrain des Mots en Scène. Il présentera également son nouvel ouvrage Trois rêveries de manière inédite ainsi qu'une exposition très complète.

La rédaction | Vendredi 7 septembre 2018

Marc-Antoine Mathieu : « L'occasion de montrer que la BD n'est pas que du comics, du manga et du mainstream »

Vous avez déclaré que « votre dessin est au service de votre écriture ». Comment doit-on vous qualifier ? Bédéiste, graphiste, auteur... ? "Bédéiste" est un terme qui n'est pas faux puisqu'il y a dedans une certaine défense d'une certaine bande dessinée. Mais j'aime dire aussi que je fais de la "littérature graphique". Je me sens plus plasticien ou chercheur plutôt qu'uniquement auteur de bande dessinée. J'aime explorer de nouvelles formes, aller sur des chemins un peu différents. En gros, tout ce qui peut faire que je ne vais pas m'ennuyer. Lors de votre venue à la 33e Fête du livre de Saint-Étienne, quel ouvrage allez-vous présenter ? En novembre sortira en librairie un nouveau livre-objet, un coffret intitulé Trois Rêveries. Il inclura trois récits graphiques muets, en noir et blanc. Il se trouve que ces trois récit auront des formes différentes des livres classiques, en étant également non reliés : un leporello, un rouleau et des cartes/pages volantes. Trois récits distincts mais parlant tous trois de la condition humaine. Homo Faber traite de la réalisation de choses, le "faire". Homo Temporis, la n

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"Le Temps des forêts" : Bois aux abois

Documentaire / Film du mois | Promenons-nous dans les bois tant qu’il y en a. François-Xavier Drouet enquête sur une dénaturation aberrante de la nature, et une mise en coupe réglée de la forêt au profit, bien évidemment, des profits… Logique et mérité Prix de la Critique à Locarno 2018

Vincent Raymond | Mardi 4 septembre 2018

La planète n’est décidément pas sortie de l’auberge. Alors que l’effroyable modèle agricole intensif, gavé d’intrants phytosanitaires — à la nocivité reconnue par la communauté scientifique comme les tribunaux —, est sérieusement contesté par les consommateurs et les professionnels de la terre (préférant revenir à des pratiques moins standardisées, plus respectueuses de l’environnement comme la permaculture ou le bio), voilà qu’on découvre que la forêt est aussi atteinte. Plus discrète, la filière bois a elle aussi succombé à la tentation d’un productivisme débridé en “rationnalisant“ la sylviculture. Tronc commun Sillonnant les monocultures forestières, notamment celles du Morvan et du plateau de Millevaches, François-Xavier Drouet a observé le résultat de l’introduction massive d’une essence exogène choisie pour sa rentabilité exceptionnelle : le douglas. Conséquences ? Une pousse rapide, certes, mais un bilan écol

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Lee Chang-dong : « Je voulais raconter la colère qui se forme chez les jeunes d’aujourd’hui »

Burning | Invité à ouvrir la saison de la Cinémathèque française (qui lui consacre une rétrospective), le cinéaste coréen y a présenté l’avant-première post-cannoise de son nouveau film, "Burning", adapté de Murakami et Faulkner. Conversation privée avec l’auteur de "Peppermint Candy".

Vincent Raymond | Vendredi 31 août 2018

Lee Chang-dong : « Je voulais raconter la colère qui se forme chez les jeunes d’aujourd’hui »

Burning usant volontiers d’une forme métaphorique, comment interpréter votre choix de faire de votre héros Jongsu un écrivain ayant du mal à écrire, sachant que justement vous avez débuté comme écrivain ? L C-d : Effectivement, Jongsu représente un aspirant écrivain, et je voulais montrer un caractère inhérent de ces jeunes gens, au moment où ils se posent beaucoup de questions sur ce qu’ils doivent absolument écrire. J’ai été écrivain. Il y a même un moment où je voulais écrire un roman : après avoir démissionné de mes fonctions ministérielles. Mais autour de moi, les gens étaient furieux, et me disaient de recommencer à faire des films. Alors j’ai abandonné. À présent, je suis un vieux cinéaste (sourire), mais dans mon for intérieur, je pense ne pas avoir trop changé. À chaque fois, je me demande comme un débutant quel film réaliser ; comment dialoguer avec les spectateurs… Cela traduit mes limites et mes faiblesses.

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"Shéhérazade" : La belle et le crevard

Prix Jean-Vigo | À peine sorti de prison, Zak s’esquive du foyer pour mineurs où on l’a placé, sa mère ne souhaitant plus héberger cet ado à problèmes. Recalé par le caïd de son (...)

Vincent Raymond | Vendredi 31 août 2018

À peine sorti de prison, Zak s’esquive du foyer pour mineurs où on l’a placé, sa mère ne souhaitant plus héberger cet ado à problèmes. Recalé par le caïd de son quartier, Zak se lance dans le proxénétisme pour le fric et par amour pour Shéhérazade… Portrait rude et âpre d'une jeunesse en déshérence encore bien proche de l’enfance — mais qui s'illusionne d'être parvenue à l'âge adulte pour fuir sa détresse — Shéhérazade explique sans jamais recourir au “didactisme” du film-dossier comment des gamins abandonnés tombent dans la spirale sans fin de l’autodestruction. Cependant subsiste en eux une malingre et parfois inattendue étincelle, suffisamment vivace pour les ramener du côté de la lumière. Mais à quel prix ! — voir l’excellent De toutes mes forces de Chad Chenouga. Jean-Bernard Marlin capte avec talent ce mixte d’innocence et de violence, toutes deux consécutives à l’immaturité et à l’inculture des personnages : absence de repères, de sécu

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"BlacKkKlansman - J'ai infiltré le Ku Klux Klan" : Afros, blancs et méchants

Rire sous cape | Deux flics — l’un noir, l’autre blanc et juif — infiltrent la section Colorado du KKK. Le retour en grâce de Spike Lee est surtout une comédie mi-chèvre mi-chou aux allures de film des frères Coen — en moins rythmé. Grand Prix Cannes 2018.

Vincent Raymond | Mardi 28 août 2018

Colorado Springs, aube des années 1970. Tout juste intégré dans la police municipale, un jeune flic noir impatient de “protéger et servir” piège par téléphone la section locale du Ku Klux Klan. Aidé par un collègue blanc, sa “doublure corps“, il infiltrera l’organisation raciste… Spike Lee n’est pas le dernier à s’adonner au jeu de l’infiltration : dans cette comédie « basée sur des putains de faits réels » (comme l’affiche crânement le générique), où il cite explicitement Autant en emporte le vent comme les standards de la Blaxploitation (Shaft, Coffy, Superfly…), le réalisateur de Inside Man lorgne volontiers du côté des frères Coen pour croquer l’absurdité des situations ou la stupidité crasse des inévitables sidekicks, bêtes à manger leur Dixie Flag. Voire sur Michael Moore en plaquant en guise de postface des images fraîches et crues des émeutes de Charlottesville (2017). Cela donne un ton cool, décalé-cocasse et familier, rehaussé d’une pointe d’actualité pour enfoncer le clou, au cas où les allusions appuyées à la

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"Le Poirier sauvage" : L’arbre, le père et le puits

ECRANS | de Nuri Bilge Ceylan (Tur., 3h08), avec Doğu Demirkol, Murat Cemcir, Bennu Yıldırımlar…

Vincent Raymond | Vendredi 31 août 2018

Fraîchement diplômé, Sinan rentre en Anatolie où son père instituteur, plutôt que de rembourser ses dettes de jeu, passe son temps à creuser un puits. Se rêvant écrivain, Sinan tente de réunir des fonds pour éditer son premier roman. Mission ardue dans la Turquie contemporaine… Entre saga et chronique sociale, ce portrait d’une jeunesse désenchantée naturellement en rupture avec ses aînés — le père de Sinan, traînant petits mensonges, son insolvabilité chronique et poussant ses ricanements satisfaits à tout bout de champ, donne carrément le bâton pour se faire battre — Le Poirier Sauvage la montre sans perspective non plus : n’étant pas assurés d’obtenir un emploi d’enseignant, ou déprimés à l’idée d’être affectés à l’intérieur des terres, les jeunes diplômés préfèrent rejoindre les forces anti-émeutes pour casser sans remords du manifestant — voilà qui en dit long sur l’état de l’État. Sans attaquer directement le régime d’Erdogan, Nuri Bilge Ceylan montre la délaïcisation de la Turquie et la prise en main des petites communautés villageoises par de néo-imams à la morale élastiqu

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Matteo Garrone : « Dogman est un film darwinien »

Dogman | Un brave toiletteur pour chiens et une brute qui le traite pis qu’un chien sont au centre de Dogman, le nouveau conte moral de Matteo Garrone. Une histoire italienne d’aujourd’hui récompensée par le Prix d’interprétation masculine à Cannes pour Marcello Fonte.

Vincent Raymond | Mercredi 5 septembre 2018

Matteo Garrone : « Dogman est un film darwinien »

Dogman est inspiré d’un fait divers ? MG : Oui, il s’est déroulé à la fin des années 1980, et il est très célèbre en Italie parce qu’il a été particulièrement violent. Mais je tiens à dire qu’on s’en est très librement inspiré : on l’a retravaillé avec notre imagination. Il n’a jamais été question de reconstruire dans le détail ce qui s’était passé. On a également changé la fin, puisque Marcello est un personnage doux, incapable de violence. Dans le film, il agit par légitime défense, non par préméditation. Je suis particulièrement content que le film soit présenté dans un pays où ce fait divers n’est absolument pas connu : le spectateur idéal, c’est celui qui verra ce film sans avoir cette histoire en tête et sans comparaison avec la réalité. En Italie, le film a un peu souffert de ce fait divers — en tout cas au début. Certains spectateurs se disaient « ça va être extrêmement violent, donc je n’irai pas le voir ». Ensuite, le bouche-à-oreille l’a aidé. En fait, la violence

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Le 1001 Bass Music Festival dévoile les premiers noms de sa programmation

Electro | Le 1001 Bass Music Festival vient d'annoncer quelques noms d'artistes qui se produiront lors de sa prochaine édition, du 18 au 21 octobre au Fil. Au (...)

Nicolas Bros | Jeudi 5 juillet 2018

Le 1001 Bass Music Festival dévoile les premiers noms de sa programmation

Le 1001 Bass Music Festival vient d'annoncer quelques noms d'artistes qui se produiront lors de sa prochaine édition, du 18 au 21 octobre au Fil. Au programme, on retrouve "du sale" avec notamment le sulfureux rappeur Alkpote mais également Hippocampe Fou, la psytrance d'AJJA, Acid Division, la techno de Lucy alias Luca Mortellaro, ... 1001 Bass Music Festival #7, du 18 au 21 octobre au FIL Plus d'infos sur la page de l'événement

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"Dogman" : Un chien de sa chienne

Drame | de Matteo Garrone (It., int. -12 ans, 1h42) avec Marcello Fonte, Edoardo Pesce, Alida Baldari Calabria… Sortie le 11 juillet

Vincent Raymond | Mercredi 4 juillet 2018

Toiletteur pour chiens dans une cité délabrée, Marcello la bonne pâte devient le larbin d’une brute toxicomane terrorisant le quartier, Simoncino, lequel ne manque pas une occasion d’abuser de sa gentillesse. Mais après une trahison humiliante de trop, le frêle Marcello réclame son dû… « Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie » Blaise Pascal pressentait-il le décor de Dogman en rédigeant ses Pensées ? Vaste étendue ouverte sur une non moins interminable mer, cette scène rappelle l’agora de Reality, ce microcosme dans lequel une kyrielle de drames peut éclore et se jouer aux yeux de tous ; chacun étant libre d’ouvrir ou de fermer les yeux sur ce qui se déroule sous ses fenêtres. Et de se claquemurer dans une passivité complice, surtout, quand un fou-furieux a fait du secteur son espace de jeu. Mettre au ban une de ses victimes, la plus inoffensive (en l’occurence le serviable Marcello) tient de la pensée magique ou de l’exorcisme : en se rangeant implicitement du côté du bourreau, on espère

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"Sauvage" : Léo Love Caniveau

Drame | de Camille Vidal-Naquet (Fr., 1h39) avec Félix Maritaud, Eric Bernard, Philippe Ohrel…

Vincent Raymond | Mercredi 5 septembre 2018

Pour se fournir sa came quotidienne, Léo se vend ici ou là à des hommes, traînant son corps délabré de SDF sur les pavés parisiens. Des occasions de s’en sortir se présentent à lui parfois, mais il préfère vivre dans l’instant présent, l’adrénaline du fix et la sueur des corps incertains… Venir après Van Sant, après Téchiné, après Chéreau, après Genet, enfin après tout le monde en somme, dans la contre-allée de la représentation des éphèbes clochardisés vendant leur corps contre au mieux une bouffée de drogue, c’est déjà risqué. Mais ensuite tomber dans le maniérisme esthétique du pseudo pris sur le vif (avec coups de zooms en veux-tu, en voilà, rattrapage de point), dérouler les clichés comme on enfile des perles (boîtes gays nids à vieux fortunés, musicien vicieux rôdant tel le vautour…) pour nous conduire à cette fin prévisible comme si elle avait été claironnée… Était-ce bien nécessaire ? L’ultime plan, en tant qu’évocation indirecte de Verlaine, a plus d’intérêt, de force et de sens que bien des simagrées précédentes. On peut également sauver une ou deux répliques, assez bien troussées — elles.

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Léa Frédeval : « Ma génération doit s’enlever de l’individualisme »

Les Affamés | Léa Frédeval raconte la genèse du film adapté de son livre qu’elle avait présenté en primeur au Rencontres du Sud d’Avignon. Elle confie également ses futurs projets…

Vincent Raymond | Mercredi 5 septembre 2018

Léa Frédeval : « Ma génération doit s’enlever de l’individualisme »

Votre aventure est partie d’un roman ? LF : Oui, Les Affamés a été publié en 2014. Ce sont les édition Bayard qui m’ont commandé le livre… Je n’avais pas prévu d’écrire du tout. J’étais à ma troisième année de fac dans ma troisième fac, moi-même en errance, je n’avais aucune piste. J’essayais des choses en faisant de grands écarts universitaires assez fous. Et puis fin de ma troisième année, frustrée par un mauvais résultat, je lance un blog. Pas pour être connue : il y a 15 ans j’aurais ouvert un journal intime. J’ai pris mon ordi et 3 semaines plus tard j’ai reçu un email des éditions Bayard me disant être tombé sur mon blog par hasard et me demandant de faire dans un livre le constat de ma génération. Donc je l’ai fait, il n’y avait rien de plus sympa. Un an et demi après, on m’a appelé pour l’adapter au cinéma. Comment avez-vous abordé cette première expérience cinématographique ? Il n’y a rien de plus cool à faire dans la vie ; je ne vois pas ce que je pourrai

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"Un couteau dans le cœur" : Lesbien descendu ?

Sapho-melon | de Yann Gonzalez (Fr., 1h42) avec Vanessa Paradis, Nicolas Maury, Kate Moran…

Vincent Raymond | Mardi 28 août 2018

Productrice de séries Z porno gays, Anne digère mal sa rupture avec Loïs, sa monteuse. À ses finances déclinantes s’ajoute une épidémie de meurtres sanglants ravageant son équipe, laissant indifférente la police en cette fin des années 1970. Pourtant, Anne s’obstine à tourner… Copains comme cochons, Yann Gonzalez et Bertrand Mandico ont biberonné aux mêmes sources filmiques et partagent le désir de fabriquer un cinéma pétri de leurs références esthétiques. Mais quand le réalisateur des Garçons sauvages bricole un univers cohérent et personnel où affleure un subtil réseau d’influences savamment entremêlées, Gonzalez produit un bout-à-bout de séquences clinquantes et boiteuses se réfugiant derrière l’hommage à Argento, Jess Franco, Jean Rollin — qui sais-je encore parmi les vénérables du genre horifico-déshabillé — pour en justifier la kitschissime maladresse ou l’outrageuse complaisance. Tout ici semble procéder d’une extrême roublardise. En premier lieu le choix de “l’icône” Vanessa Paradis, dont les qualités d’actrice ne sont, hélas, plus à espérer, et

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Antoine Desrosières - Inas Chanti : « Ce film est un grand #MeToo »

À genoux les gars | Rencontre à deux voix avec le réalisateur et l’un de ses co-scénaristes et interprètes. Le duo complice ayant façonné À genoux les gars évoque les coulisses d’un film atypique, et ses prochaines ramifications à découvrir, voire à entendre…

Vincent Raymond | Mercredi 20 juin 2018

Antoine Desrosières - Inas Chanti : « Ce film est un grand #MeToo »

Vous revoici après une éclipse exceptionnellement longue : votre précédent long métrage au cinéma, Banqueroute, datait de 2000… AD : Ah, ma drôle de carrière… Que dois-je en dire ? Je dois me justifier ? (rires) Je ne me suis jamais perdu, j’ai toujours eu des projets ; simplement, ils ne se montaient pas. Le seul miracle à noter, c’est que j’ai toujours vécu de mon métier sans être obligé d’en faire un autre, et en nourrissant ma famille. Mais les années étaient longues et j’avais l’impression curieuse de mener la vie d’un autre, et non la mienne propre. Ma vie, c’est de faire des films et je voyais les années passer sans faire de films, donc c’était bizarre. Je ne savais pas du tout si j’arriverais à en refaire un jour. Et aujourd’hui, on est là. Mais vous aviez commencé très jeune : À la belle étoile (1993) est sorti pour vos 22 ans… AD : Oui, mais ce n’est pas une raison pour arrêter pendant 18 ans ! L’avance que j’avais prise au début, je l’ai perdue. Bo

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"3 jours à Quiberon" : La passante aux cent soucis

ECRANS | Emily Atef et Marie Bäumer ressuscitent Romy Schneider au cours d’un bref épisode de sa vie. Mais davantage qu’un “biopic à performance“, ce film tient de l’essai cinématographique, du huis clos théâtral et du portrait de femme, d’actrice, de mère.

Vincent Raymond | Jeudi 14 juin 2018

1981. En plein doute sentimental et professionnel, Romy Schneider est partie en cure de repos à Quiberon. Bien qu’en froid depuis des lustres avec la presse allemande, elle accepte au nom de son amitié avec photographe Lebeck une interview pour le Stern. L’occasion de faire le point… Cénotaphe froidement révérencieux, hagiographie méthodique, recueil d’images dorées autorisées… Le biopic est sans nul doute le genre cinématographique le plus prévisible et le moins passionnant. Si l’on y songe, il procède d’ailleurs trop souvent d’un dialogue d’initiés entre un fétichiste — le cinéaste — et une foule de fans autour de l’objet de leur fascination commune ; fascination quasi-morbide puisque l’idole en question a la plupart du temps trépassé. Alors que le cinéma est un art (collectif) de la fabrication, de la reconstitution, rares sont les films osant s’affranchir du cadre illusoire de l’histoire officielle pour construire une évocation : ils préfèrent s’engager dans l’impossible réplique du modèle… S’employer à le cerner plutôt que de le contrefaçon permet de se débarrasser du leurre du mimétisme, et donner lib

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3 jours à Quiberon - Marie Bäumer : « Je me suis approchée de Romy Schneider en prenant de la distance »

ECRANS | Prêtant sa voix et sa silhouette à Romy Schneider, la comédienne Marie Bäumer compose un portrait de troublant de sa compatriote. Instantanés recueillis lors des Rencontres du Sud d’Avignon, à proximité de sa résidence française.

Vincent Raymond | Jeudi 14 juin 2018

3 jours à Quiberon - Marie Bäumer : « Je me suis approchée de Romy Schneider en prenant de la distance »

Aimez-vous, autant que Romy semble l’apprécier dans le film, être prise en photo ? M. B. : J’ai toujours beaucoup aimé la photographie ; j’ai toujours aimé voir le résultat, mais pas forcément le moment-même. Je me suis dit toujours en grandissant que ça allait être plus facile, mais c’est le contraire : le moment avec un photographe est beaucoup plus intime que dans le cinéma où l'on a encore la protection du personnage. Avec un photographe, c’est vraiment que moi et lui ou elle. Je suis toujours contente quand je peux faire des séances de photo avec des photographes que je connais ; c’est beaucoup plus facile. Qu’avez-vous reconnu de Romy Schneider en vous qui vous a convaincue d’accepter ce personnage — au-delà d’une évidente similitude physique ? M. B. : Depuis que j’ai 16 ans, les gens m’ont comparée à Romy Schneider. À l’époque, je ne savais pas qui c’était : j’ai grandi sans téléviseur et j’allais rarement au cinéma, et quand j’étais petite, je ne regardais pas ses film

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"À genoux les gars" : Sans piper mot

Comédie / Film du mois de juin 2018 | Revenu du diable Vauvert, Antoine Desrosières signe une comédie à la langue bien pendue fouillant à bouche-que-veux-tu les désarrois amoureux de la jeunesse. Une histoire de fille, de mec, de sœurs, de potes, de banlieue hilarante et profonde (sans jeu de mot salace) à la fois.

Vincent Raymond | Mardi 5 juin 2018

Rim sort avec Majid et trouverait cool que sa sœur Yasmina sorte avec le pote de Majid, Salim. Rim en classe verte, Yasmina est pressée par Salim de lui prodiguer une caresse buccale et d’en faire profiter Majid. À contre-cœur, la belle y consent, à condition que sa sœur n’en sache rien. Seulement, Salim la filme… Entre ce qu’on tente de faire avaler ici par tous les moyens — sans distinctions, bobards ou appendices — et la profusion de discours dont chacun des protagonistes est le généreux émetteur, À genoux les gars tourne autour de l’oralité dans toutes ses acceptions. Et avec une singulière crudité, dépourvue cependant de la moindre vulgarité. C’est l’une des très grande habiletés de ce film causant vrai d’un sujet casse-gueule sans choir dans la grivoiserie ni le voyeurisme. Le mérite en revient à ses jeunes interprètes, et tout particulièrement aux impressionnantes Souad Arsane et Inas Chanti, également coscénaristes : leur inventivité langagière irrigue de sa verdeur spontanée et de sa fraîcheur percutante un dialogue essentiel à ce projet, que la moindre fausse note ou réplique trop

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Trois visages : Ceci n’est [toujours] pas un film — mais en fait, si

Le film de la semaine | Passé expert dans l’art de la prétérition et de la mise en abyme, le cinéaste Jafar Panahi brave l’interdiction qui lui est faite de réaliser des films en signant une œuvre tout entière marquée par la question de l’empêchement. Éblouissant Prix du scénario à Cannes.

Vincent Raymond | Mercredi 6 juin 2018

Trois visages : Ceci n’est [toujours] pas un film — mais en fait, si

Dans une vidéo filmée au portable, Marziyeh, une jeune villageoise se montre en train de se pendre parce que la comédienne Behnaz Jafari n’a pas répondu à ses appels à l’aide. Troublée, Behnaz se rend sur place accompagnée par le réalisateur Jafar Panahi. Mais Marziyeh a disparu… Avoir été mis à l’index par le régime iranien en 2010 semble avoir stimulé Jafar Panahi : malgré les brimades, condamnations et interdictions diverses d’exercer son métier comme de quitter son pays, le cinéaste n’a cessé de tourner des œuvres portées par un subtil esprit de résistance, où se ressent imperceptiblement la férule des autorités (le confinement porche de la réclusion pénitentiaire dans Taxi Téhéran ou Pardé), où s’expriment à mi-mots ses ukases et ses sentences — c’est encore ici le cas, lorsqu’un villageois candide demande benoîtement pourquoi Panahi ne peut pas aller à l’étranger. Auto-fiction Le cinéaste Panahi joue ici son propre rôle, tout en servant dans cette fiction de chauffeur et de témoin-confident à sa protagoniste.

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