Dans le 6e, Papote fait tourner les dressings
Seconde-main / Ouvert à la fin de l'hiver rue Pierre Corneille, Papote s'inscrit dans le paysage lyonnais de la seconde main avec une sélection contemporaine et un fonctionnement bien rodé. Sur près de 90 m², la boutique organise un flux constant de vêtements.
Photo : Mathilda Lohse et Estelle Bourin fondatrices de Papote © CD/LePetitBulletin
Rendez-vous en fin d'après-midi, dans une rue calme du 6e arrondissement de Lyon. La porte reste ouverte. À l'intérieur, les portants déroulent une palette dense, organisée par couleurs. Une cliente passe la tête, lance un bonjour, puis repart. Une autre s'installe sur le canapé et commente une veste avec sa voisine d'un instant.Â
« C'est typique de la boutique, ces moments-là », glisse Estelle Bourin, cofondatrice de Papote en observant deux clientes qui ne se connaissent pas, mais comparent déjà leurs trouvailles. « Elles font leur shopping ensemble. »
Le projet est récent. Le local est investi début février, les travaux s'enchaînent dans la foulée et l'ouverture intervient quelques semaines plus tard. Les deux fondatrices Estelle Bourin et Mathilda Lohse se connaissent déjà et arrivent d'horizons différents - l'événementiel pour l'une, la mode et la communication pour l'autre - et décident de se lancer au même moment. « On s'est retrouvées à un moment un peu charnière, et on s'est dit que c'était le bon timing », témoigne cette dernière.

Une sélection plus qu'un stock
Papote repose sur un principe simple. Les clientes déposent leurs vêtements pour une durée de deux mois. La boutique se charge de la sélection, de la mise en rayon et de la vente, avec un partage des revenus à parts égales.Â
Le tri, lui, est central. Chaque dépôt fait l'objet d'une sélection rapide mais minutieuse. État général, matières, cohérence avec la saison. « On regarde tout, les coutures, les boutons, les aisselles... Ce n'est pas la partie la plus fun », reconnaît Estelle Bourin. Ici, le critère n'est pas tant la marque que le style. Les pièces doivent s'inscrire dans une esthétique actuelle, avec quelques exceptions quand une pièce plus ancienne fonctionne avec le reste.Â
Une rotation permanente
« On a une centaine de pièces qui rentrent par jour », indique Mathilda Lohse. La diversité dépend donc directement de ce qui est déposé. Un rayon homme existe, mais reste encore limité. Côté tailles, la boutique se heurte à un phénomène d'"entonnoir" : déjà restreinte dans le neuf, l'offre au-delà du 44 se raréfie encore plus en seconde main.
Mais ce renouvellement constant entretient une forme d'habitude. Les client(e)s reviennent régulièrement, conscient(e)s que les pièces partent et arrivent vite. Dans un paysage où la seconde main s'est largement installée, le dépôt-vente conserve un rôle particulier. Plus immédiat que les plateformes en ligne, il attire aussi des client(e)s en quête de simplicité et peut représenter pour certain(e)s un complément de revenu « On a des personnes qui récupèrent plusieurs centaines d'euros. » détaille Estelle Bourrin. Côté tarifs, les pièces restent accessibles. L'entrée de gamme est à quelques euros, quand des griffes plus établies peuvent monter davantage, tout en restant en dessous du neuf.Â
Autour des portants
Si les vêtements occupent l'essentiel de l'espace, la boutique s'ouvre aussi à d'autres propositions. Quelques accessoires, sacs et chaussures soigneusement sélectionnés, mais aussi des bijoux de la créatrice Puva, installés en vitrine et sur les étagères. Une première incursion vers une offre élargie, que les fondatrices envisagent de développer. Dans le même esprit, des formats plus collectifs doivent progressivement prendre place : ateliers, dégustations, soirées thématiques. L'idée reste fidèle à ce qui se joue déjà au quotidien. « On aime bien recevoir. » conclut Estelle Bourrin.Â
Papote
13 rue Pierre Corneille, Lyon 6e
Du mardi au vendredi de 10h à 12h30 puis de 13h30 à 19h. Le lundi de 13h30 à 18h et le samedi de 10h à 19h, fermé le dimanche
