Phoenix au sommet de la hype

MUSIQUES | Les Français de Phoenix se produiront mardi soir à la MC2, à guichets fermés – qui a dit que le public hexagonal les boudait ? Ils seront accompagnés des prometteurs Two Door Cinema Club et leur électro-pop virale.

Aurélien Martinez | Vendredi 12 mars 2010

Pitchfork, le site internet américain de référence en matière de hype musicale, l'a affirmé péremptoirement : avec Wolfgang Amadeus Phoenix, les Français de Phoenix ont signé le huitième meilleur album de l'année 2009, et deux de leurs singles (Lisztomania et 1901) comptent parmi les dix titres que l'on se devait d'aimer l'année dernière (juste derrière les vénérés Animal Collective et les Américains de Dirty Projectors) sous peine de paraître ringard. Ça en jette pour des bouffeurs de grenouilles.

Car c'est un fait : les gars de Phoenix sont adulés outre-Atlantique (ils ont été le premier groupe hexagonal à jouer en live sur le plateau du cultissime Saturday Night Live, et ont même gagné le Grammy du meilleur album alternatif de l'année, devant des monstres comme Depeche Mode ou Brian Eno), mais presque méprisés dans leur pays natal qu'est notre douce France (ils étaient absents des Victoires de la musique, les organisateurs leur ayant préféré dans la catégorie enregistrement de musiques électroniques ou dance de l'année Air, Birdy Nam Nam, Wax Tailor… et David Guetta !). Nul n'est prophète en son pays comme dirait l'autre – un proverbe que les Versaillais doivent connaître par cœur.

Dommage, car leur quatrième album, un brin calibré mais gorgé de bombes sophistiquées pour dancefloors (les titres précités, mais aussi les boumants Rome et Lasso) offre aussi son lot de sommets moins accessibles mais plus envoûtants, à l'image des sept minutes de Love Like a Sunset. Apparus en pleine Daft Punkmania, les trublions de Phoenix ont enchaîné les albums (assez inégaux), mais tous émaillés de tubes pop pharaoniques (If I Ever Feel Better, Too Young, Everything Is Everything…) : on ne leur en demandait pas plus.

Ready for the floor

En première partie, on découvrira les trois Nord-Irlandais de Two Door Cinema Club (TDCC pour les intimes), signés sur le label parisien Kitsuné (ses fondateurs, qui ont découvert Hot Chip, les Klaxons, La Roux…, bossent avec Phoenix – tout se tient !). Et eux aussi véritable usine à tubes : en témoigne leur tout frais Tourist History, qu'on estampille hype à la première écoute (2010 sera sûrement l'année de l'explosion du groupe). L'album, tout en brièveté (32 minutes), comprend les deux titres qui ces derniers temps avaient fait monter le buzz sur le net (Something Good Can Work et I Can Talk).

Le résultat ? Des guitares nerveuses plongées dans de l'acide électro capable de faire bouger le plus renfrogné des antipathiques – même si, comme chez Phoenix, la production léchée (made by Philippe Zdar de Cassius dans les deux cas) laisse l'impression d'un album tiré d'un trait, sans véritable surprise. Qu'importe serions-nous tentés de déclamer : nos oreilles les remercient ardemment, et nos pieds attendent d'être conviés à la fête. Vivement mardi.

Phoenix + Two Door Cinema Club, mardi 23 mars à 20h30, à la MC2

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Made In Taïwan

Cycle | La Palme de l'originalité à la Cinémathèque de Grenoble : jeudi 12 et vendredi 13 mars, l'établissement programme une série de films taïwanais. De quoi surprendre... agréablement !

Damien Grimbert | Mardi 10 mars 2020

Made In Taïwan

C’était le genre d’événement à vous faire regretter de ne pas vivre à Paris : en avril dernier, la Cinémathèque française consacrait une impressionnante rétrospective au "cinéma de (mauvais) genre taïwanais" des années 60 à 80, composée de treize films rares et à peu près invisibles en toute autre circonstance. C’est donc peu dire que l’on est ravi du choix de la Cinémathèque de Grenoble de reprendre à son tour une partie de ce cycle jeudi 12 et vendredi 13 mars au cinéma Juliet-Berto, avec une sélection allant du film d’auteur contestataire (The Mountain, The End of the Track) au film de sabre en langue taïwanaise (The Vengeance of the Phoenix Sisters), en passant par la comédie sociale transgressive (The Elegant Mr Hu). Comme l’explique Wafa Ghermani, curatrice de la rétrospective, « le titre de la rétrospective joue sur la polysémie de l'expression mauvais genre. Il s'agit de mettre en avant des films qui tentaient de s'échapper de la chape du discours dominant imposé par le gouvernement nationaliste chinois en place. Les films officiels mettaient en scène une société idéale sous l'autorité du gouvernement. Les films

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"Joker" : rire jauni

ECRANS | La douloureuse naissance de l’antagoniste de Batman en mode "rite initiatique sadique" et son parcours "contre-résilient" par le réalisateur Todd Phillips. Bouc émissaire virant bourreau, Joaquin Phoenix est plus qu’inquiétant dans cette (trop) copie-carbone du cinéma des 70’s. Un interloquant Lion d’Or à la Mostra de Venise.

Vincent Raymond | Mardi 8 octobre 2019

Atteint d’un trouble mental lui provoquant d’irrépressibles fous rires, Arthur Fleck vit seul avec sa mère grabataire. Effectuant des prestations de clown pour survivre, il ambitionne de se lancer dans le stand-up. Mais rien ne se passe comme prévu, et une spirale infernale l’aspire… Un déclassé humilié par tous dans une grande métropole en crise devenant un héros populaire après avoir commis un acte délictuel ; un humoriste raté se vengeant de ses échecs sur son idole… Une quarantaine d’années environ après Taxi Driver (1976) et La Valse des Pantins (1982), Martin Scorsese vient donc de recevoir (par procuration) le Lion d’Or de la Mostra pour un film portant nombre de ses "stigmates" (ne manque guère qu’un petit fond de religiosité chez le personnage principal), mais aussi payant un lourd tribut à Sidney Lumet (Network, Un après-midi de Chien) comme à Brian DePalma, dont le Blow Out (1981) brille au fronton d’un cinéma de Gotham. Todd Phillips a en effet signé avec Joker un excellent film des années 1970 – l’ambition est d’ailleurs clairement affichée dès la première image, lorsqu

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"X-Men : Dark Phoenix" : 50 nuances de Grey

ECRANS | De Simon Kinberg (ÉU, 1h40) avec James McAvoy, Sophie Turner, Michael Fassbender…

Vincent Raymond | Mercredi 5 juin 2019

1992. Partie avec les X-Men à la rescousse d’astronautes en détresse, Jean Grey est submergée par un magma cosmique qui déchaîne ses pouvoirs en puisant dans les aspects obscurs de son passé. Incontrôlable et dangereuse, elle rejette Xavier et compte sur l’aide de Magneto… L’absence de Bryan Singer, mis à l’index pour des accusations d'agression sexuelle, serait-elle à déplorer ? Force est de reconnaître que l’avance prise par la bande à Xavier sur la troupe de Stark a fondu comme la calotte polaire : la vitesse déployée par les Avengers dans le diptyque habité par Thanos a rattrapé et ordonné l’accumulation foutraque (parfois poussive) qui diluait les enjeux à force de tonalités divergentes. Limitant ses spin-off aux aventures de Wolverine (achevées en apothéose dans Logan), voire à l’inclassable Deadpool, les X-Men avaient pour eux une cohérence globale, conséquence directe des schémas narratifs reposant sur des oppositions duelles (Xavier contre Magneto, humanité contre mutants…) ; de bonnes rivalités bipolaires fondées sur des présupposés manichéens ainsi que sur la puissance du psychisme, de l’affect, de la télékinésie… Un équilibre binai

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"Les Frères Sisters" : Jacques Audiard de sang et d’or

ECRANS | de Jacques Audiard (Fr, 1h57) avec Joaquin Phoenix, John C. Reilly, Jake Gyllenhaal…

Vincent Raymond | Lundi 17 septembre 2018

Mieux vaut ne pas avoir de différend avec le Commodore. Car il envoie ses deux dévoués Charlie et Eli Sisters, tireurs d’élite et cogneurs patentés. Les deux frères vont pourtant faire défection quand une de leurs proies explique avoir découvert un procédé permettant de trouver de l’or… On attendait, en redoutant que la greffe transatlantique ne prenne pas, cette incursion de Jacques Audiard en un territoire aussi dépaysant par les décors, les usages ou les visages, que familier par son poids mythologique et les séquences fondatrices ayant dû sédimenter dans son imaginaire. Mais même délocalisé, le cinéaste n’est pas abandonné en zone hostile. D’abord, il se trouve toujours escorté par son partenaire, le magique coscénariste Thomas Bidegain ; ensuite, la langue anglaise ne peut constituer un obstacle puisque son langage coutumier se situe au-delà des mots, dans la transcendance de personnages se révélant à eux-mêmes et aux autres, grâce à un "talent" vaguement surnaturel. Le tout, dans un contexte physiquement menaçant. Empli de poudre, de sang et de traumas, ce néo-western-pépite réaliste, Les Frères Sisters ne fai

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Où sortir à Grenoble jusqu’au petit matin ?

GUIDE URBAIN | Étudiant nouvellement arrivé à Grenoble ou vieux de la vieille en manque d’inspiration, vous voilà en quête d’un spot où finir la soirée ? Quand, entre 1h et 2h du matin, les rideaux des bars commencent à fermer, d’autres lieux (salles de concert, boîtes, clubs…) sont là pour vous ouvrir grand les bras. Sélection.

Sandy Plas | Mardi 3 octobre 2017

Où sortir à Grenoble jusqu’au petit matin ?

L’Ampérage Musiques psychédéliques, transe, rock ou électro : l’Ampérage est la salle de concert associative où se croisent toutes les cultures. Et un point de ralliement pour tous ceux qui aiment bouger jusqu’au petit matin. Car entre deux concerts, l’endroit propose nombre de soirées marquées par un bel éclectisme. À l’image des Melting, qui permettent de sauter à pieds joints dans la culture psychédélique. 163, cours Berriat – Grenoble. Tram A, arrêt Berriat-Le Magasin. De 23h à 6h. Tarifs variables selon les soirées. Tél. 04 76 96 55 88 Le Drak-Art Amateurs de cultures alternatives, le Drak-Art est fait pour vous ! Se croisent ici une bonne partie de ce qui se fait de mieux en matière de musique techno et électro, avec des virages vers le dub et le drum and bass. Un bon mélange à apprécier sur le dancefloor qui se transforme au gré des soirées, plus ou moins intimes. Le bonus ? La fermeture à 7h du mat’, histoire de rentabiliser la soirée jusqu’au bout. 163, cours Berri

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Joyeux anniversaire le Phoenix !

Boîte de nuit | Vendredi 10 et samedi 11 mars, la fameuse boîte de nuit meylanaise, qui en 25 ans a vu passer du monde entre ses murs, fête son anniversaire. Avec « un show hors du commun jamais vu au Phoenix et dans notre région ». D'accord.

Jean-Baptiste Auduc | Mardi 7 mars 2017

Joyeux anniversaire le Phoenix !

« Avant, ici, il y avait un champ » se remémore Philippe, physio de la boîte de nuit meylanaise le Phoenix et gérant des lieux depuis l’ouverture le 5 mars 1992. Il y a 25 ans donc. Un record dans l’agglo ? L’homme aux profonds cernes, qui appartient aux lieux autant que la déco inspirée par les Incas coiffés de plumes, acquiesce : « Il faut être carré pour résister dans le monde de la nuit. » Les jeudis, vendredis, samedis et veilles de fêtes, les clients, plutôt adeptes de gel et autre brillantine, défilent devant ses cerbères tatoués. Le videur aux faux airs de Renaud tient la barre et jauge ces danseurs prêts à casser (métaphoriquement) le dancefloor jusqu’à la fermeture de 6 h. Son parallélépipède rectangle blanc réserve ainsi des soirées électro, salsa, kitsch… « Le but est de rester très généraliste, sinon, vous courrez à la perte. » Au vu du succès de la boîte et de son histoire (des générations d’étudiants y sont passées, même si tout le monde ne l’assume pas forcément !), les jeunes et

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"Inherent Vice" : polar pop, enfumé et digressif signé Paul Thomas Anderson

ECRANS | En adaptant "Vice caché" de l’immense Thomas Pynchon, Paul Thomas Anderson prouve, après "The Master", qu’il n’aime rien tant qu’aller à l’encontre de sa maîtrise, éprouvée et incontestable. De fait, ce polar pop, enfumé et digressif est un plaisir intense, où il est avant tout question de jeu, dans tous les sens du terme. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 3 mars 2015

Quelque part dans les volutes de la Californie psychédélique au début des années 70, Doc Sportello semble sortir d’un rêve évaporé lorsqu’il voit surgir chez lui son ex-petite amie, Shasta Fay, qui lui annonce qu’elle est tombée amoureuse d’un richissime promoteur immobilier – marié – et dont elle soupçonne qu’on ourdit un complot contre lui. Sportello, qui exerce la fonction de détective privé, décide d’enquêter, moitié par amour envers cette fille qu’il n’arrive pas à s’enlever de la tête, moitié par curiosité professionnelle envers un monde bien éloigné de celui de la contre-culture "beatnik", adepte de drogues et de nonchalance cool, dans lequel il baigne. Raconté comme ça, le point de départ d’Inherent Vice rappelle inévitablement les romans noirs de Raymond Chandler, ainsi que ses relectures iconoclastes par Robert Altman (Le Privé) ou les frères Coen (The Big Lebowski). Sauf que Paul Thomas Anderson n’adapte pas l’auteur du Grand Sommeil, mais un autre immense romancier américain, Thomas Pynchon. Et si

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Phoenix

ECRANS | Après "Barbara", Christian Petzold et son actrice Nina Hoss explorent de nouveau l’histoire allemande – ici, le retour des camps – mais sur un mode labyrinthique et hitchcockien. Un très grand film sur l’identité et l’inexprimable. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 27 janvier 2015

Phoenix

Fidèle au précepte d’un Claude Lanzman, Christian Petzold ouvre Phoenix sur ce que l’on ne peut pas montrer : l’horreur des camps de concentration nazis. Il le fait à travers le visage d’une rescapée, Nelly, recouvert par des bandelettes tel Rock Hudson dans le film Seconds. Défigurée, quasi-mutique, elle est prise en charge par Lene, qui veut lui offrir un nouveau visage et une nouvelle vie, dans une Palestine qui ne s’appelle pas encore l’État d’Israël. Mais l’opération réussie, Nelly ne se reconnaît pas et se voit comme une autre. On ne saura jamais si cette sensation de dédoublement est une conséquence psychologique du martyre qu’elle a subi  – provoquant une cassure irrémédiable entre son moi d’avant et ce qu’il en reste aujourd’hui  – ou si, effectivement, elle relève d’une vraie transformation physique. Ce trouble-là, que Petzold entretient magistralement, le film le redouble encore quand Nelly retrouve son mari Johnny, ancien pianiste désormais homme à tout faire dans un cabaret au milieu des ruines berlinoises. Johnny est redevenu Johannes et, quand il croise Nelly, ce n’est pas sa femme qu’il voit, mais son sosie. Là encore, l’ambiguïté est à

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Her

ECRANS | En racontant l’histoire d’amour entre un homme solitaire et une intelligence artificielle incorporelle, Spike Jonze réussit une fable absolument contemporaine, à la fois bouleversante et effrayante, qui dresse un état des lieux de l’humanité d’aujourd’hui du point de vue du surhumain. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 18 mars 2014

Her

Imaginez le monolithe de 2001 l’odyssée de l’espace apparaissant de nos jours dans un Apple store et donnant naissance à des milliers d’Hal 9000 domestiques qui essaimeraient dans les processeurs de nos téléphones portables et adopteraient la voix de la femme ou de l’homme de nos rêves… C’est peu ou prou ce qui arrive dans Her, le nouveau film d’un Spike Jonze en pleine maturité créative. Son héros, Theodore Twombly – un nom sans doute choisi en référence au peintre et photographe Cy Twombly – y traîne une déprime tenace suite à une rupture amoureuse. Il travaille dans un open space dont les murs sont des aplats colorés façon Pantone où il rédige des lettres d’amour pour les autres, avant de rentrer tristement dans son appartement hi-tech jouer à des jeux vidéo et pratiquer le sexe on line avec des inconnues. Jonze fait de lui le prototype de l’homme ordinaire du XXIe siècle : celui qui ne converse plus guère qu’avec son oreillette, c’est-à-dire, d’un point de vue extérieur, qui parle seul dans les rues d’une ville anonyme à l’architecture écrasante – en fait, un croisement invisible entre Los Angeles et Shanghaï. Lorsque sort un nouvel

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Notre sélection de Noël

ACTUS | Pour Noël, plusieurs choix de cadeaux culturels sont possibles. Les palpables (bouquins, DVD, CD...) comme les immatériels. Nous avons privilégié les seconds, en vous concoctant une sélection de concerts et spectacles (dont il reste des places) à voir dans la région. Une sélection très ironiquement thématisée ! La rédaction

Aurélien Martinez | Mardi 10 décembre 2013

Notre sélection de Noël

Pour les teufeurs proprets Nuits sonores (le festival électro de Lyon, cette année du 28 mai au 1er juin) et Musilac (à Aix-les-Bains du 11 au 13 juillet) sont des festivals sympathiques : ils lâchent avant Noël des places à des tarifs avantageux. Pour Nuits sonores, on peut réserver un pass 3 nuits à 77 €, sans néanmoins connaître la prog (qui est toujours de haut niveau). Pour Musilac, où sont déjà annoncés Motörhead, Stromae, Shaka Ponk ou encore –M–, 10 000 pass 3 jours sont en vente au prix de 89, 90 € (au lieu de 119, 90 €). À noter que comme la date du 17 avril au Summum est complète (ainsi que celle de Lyon la semaine d’après), pour voir le phénomène Stromae dans la région, ce sera forcément à Aix-les-Bains.www.nuits-sonores.comwww.musilac.com

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The Immigrant

ECRANS | Les premiers plans de The Immigrant mettent l’Amérique au cœur de son sujet : la statue de la liberté, Ellis Island, une file d’immigrants européens (...)

Christophe Chabert | Mardi 19 novembre 2013

The Immigrant

Les premiers plans de The Immigrant mettent l’Amérique au cœur de son sujet : la statue de la liberté, Ellis Island, une file d’immigrants européens attendant leur visa… C’est aussi une image forte venue du cinéma américain, celle qui ouvrait Le Parrain II. En se transportant au début du XXe siècle, James Gray semble promettre une grande fresque en costumes, éminemment romanesque, qui le placerait en descendant naturel de Coppola. Mais une fois ses rôles principaux distribués – d’un côté, Ewa, Polonaise prête à tout pour retrouver sa sœur, restée en quarantaine sur l’île, et de l’autre, Bruno, souteneur qui lui promet de l’aider si elle accepte de rejoindre sa « famille »  –, le film se jouera avant tout en intérieurs : un théâtre burlesque, des bains publics ou l’appartement de Bruno Weiss, qui devient une nouvelle prison pour Ewa. En cela, The Immigrant tient plus du roman russe que de la reconstitution hollywoodienne, et la mise en scène de Gray, somptueuse, d’une sidérante fluidité, préfère l’intimisme à la démesure. Chaque miroir, chaque vitre est à la fois un cadre enserrant Ewa à l’intérieur du cadre, mais aussi une paroi sale o

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Elles Fidji

MUSIQUES | D'abord, il y a la grande tradition des girls bands, à commencer par sa configuration la plus classique : le trio (The Ronettes, The Supremes...) et sa (...)

Stéphane Duchêne | Dimanche 14 avril 2013

Elles Fidji

D'abord, il y a la grande tradition des girls bands, à commencer par sa configuration la plus classique : le trio (The Ronettes, The Supremes...) et sa déclinaison sororale (The Andrews Sisters, The Pointers Sisters, The Peters Sisters...). Et tant pis si les Fidji Phoenix Sisters ne sont pas sœurs. Ça c'est pour la base. Pour le reste, c'est grand n'importe quoi à tous les étages : fameux gloubiboulga à la salse(pas)pareille, pot au feu de joie de music western, d'ukulélé vahiné pas dégonflé, de contrebasse haute en couleur, d'instruments jouets et d'objets divers chinés à droite à gauche, et partout ailleurs. Là même où le trio est allé puiser non pas son inspiration, mais « leurs » inspirations. Trois univers entremêlés qui n'en font plus qu'un baptisé « No Far West Music », pour le moins étrange, baroque'n'roll et sévèrement timbré qui jouent avec des codes éculés, ceux de l'imagerie western, pour mieux les re-donner en spectacle. Musical mais pas que, équivalent féminin d'un O'Brother déjanté qu'on rebaptiserait volontiers O' Sister. Stéph

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"The Master" : le cinéma total de Paul Thomas Anderson

ECRANS | Après "There will be blood", Paul Thomas Anderson pousse un cran plus loin son ambition de créer un cinéma total, ample et complexe, en dressant le portrait d’un maître et de son disciple dans une trouble interdépendance. Un film long en bouche mais qui fascine durablement.

Christophe Chabert | Mercredi 2 janvier 2013

Depuis sa problématique mise en chantier, The Master était annoncé comme un film sur l’église de scientologie. Ce qui, de la part de Paul Thomas Anderson, n’aurait pas été étonnant puisque son œuvre revient comme un aimant vers la question religieuse, tantôt pour en faire un soubassement moral (Magnolia), tantôt pour la mettre en pièces (le pasteur sournois incarné par Paul Dano dans There will be blood). Or, non seulement The Master ne parle pas directement de la scientologie – le «Maître» Lancaster Dodd a bien fondé une nouvelle doctrine, mais celle-ci s’appelle «La Cause» – mais surtout, il n’en fait jamais son sujet. Ce qui intéresse Anderson est ailleurs, et c’est ce qui rend le film si complexe — ses détracteurs diront "confus" : il ne se fixe jamais sur un sujet central, ou plutôt, celui-ci semble se déplacer à mesure que le récit avance. De l’alcool contre une famille Au départ, il y a un ancien soldat revenu brisé psychologiquement du front Pacifique, Freddie. Visiblement obsédé sexuel, molle

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Piles électriques

MUSIQUES | Franz Ferdinand (photo) et Two Door Cinema Club sont deux groupes qui, chacun dans leur genre, arrivent transformer n’importe quelle foule un brin (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 4 juillet 2012

Piles électriques

Franz Ferdinand (photo) et Two Door Cinema Club sont deux groupes qui, chacun dans leur genre, arrivent transformer n’importe quelle foule un brin éreintée en une armée de clubbers surexcités. Car Franz Ferdinand, c’est du rock écossais qui sonne comme du rock tout court, avec une certaine tendance à produire des tubes à la pelle. Et car Two Door Cinema Club, c’est du pop-rock nord-irlandais aux entournures électro, qui assume son côté terriblement jovial et bondissant. Deux machines de guerre en concert (avec une très nette avance pour les premiers, expérience oblige – ils ont trois albums au compteur, quand les jeunots en sont à leur premier), parfaites pour la configuration gigantesque de Musilac. Franz Ferdinand, le samedi à 22h   Two Door Cinema Club, le

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I’m still here – the lost year of Joaquin Phoenix

ECRANS | De Casey Affleck (EU, 1h47) avec Joaquin Phoenix, Ben Stiller…

François Cau | Mardi 12 juillet 2011

I’m still here – the lost year of Joaquin Phoenix

Dans la foulée du tournage de Two Lovers, Joaquin Phoenix craque, renonce à sa carrière d’acteur pour se lancer dans le hip-hop, en dépit d’un manque criant de talent dans cette discipline, et de la dépression qui semble le dévorer peu à peu. On le sait à présent, tout cela n’était qu’un canular, confectionné avec la complicité de Casey Affleck, beau-frère de Phoenix. On peut applaudir la performance de l’acteur, qui sera resté plus d’un an dans un rôle qu’on devine lourdement destructeur. On peut aussi se demander, face au résultat final, si le jeu en valait vraiment la chandelle. En fait de scènes trash (Joaquin prend plein de drogues, fréquente des prostituées, a un ego surdimensionné…), I’m still here accumule les clichés ronflants sur le star-system et n’en dit rien, s’enfonçant dans une sombre entreprise de voyeurisme autour d’une star échouée dans une dérive sans sens. Les seules scènes qui fonctionnent sont celles où Phoenix voit son déclin se refléter dans les yeux de ses interlocuteurs : qui d’un Ben Stiller moqué de façon gênante alors qu’il venait lui proposer un rôle dans Greenberg, d’un Puff Daddy effondré à l’écoute de ses pathétiques bandes démo

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