Made in french

MUSIQUES | Dans le sillage de La Femme, de passage à Grenoble cette semaine, une poignée de groupes hexagonaux se réapproprient la langue française en miroir d'une certaine idée de la France, fantasmée comme un paradis perdu qu'il faudrait rapatrier.

Stéphane Duchêne | Mardi 14 mai 2013

« Le rock français, disait John Lennon, c'est comme le vin anglais. » Y ajouter du français, ce serait donc comme le couper à l'eau, on le sait depuis toujours, voire à l'huile de moteur. À son inimitable manière, Jean-Louis Murat résumait ainsi le problème dans un des Inrocks du mois dernier : « Dès que tu as basse-batterie, ta chanson est dépassée. Tu voulais faire une berline et tu te retrouves avec un semi-remorque. » C'est pourtant avec une certaine légèreté de ton et la langue nullement chargée d'un trop lourd héritage – littéraire côté français, rock côté anglo-saxon – qu'une nouvelle génération de popeux a réinvesti la très casse-gueule combinaison mélodies anglophones/idiome francophone.

La chose n'est pas nouvelle, a connu des tendances, des écoles (les labels Village Vert et Lithium), mais à vrai dire on n'avait pas vu pareil (épi-?) phénomène depuis l'agonie prématurée de baby rockers (Naast, Brats, Second Sex, Plastiscines...) trop vites portés aux nues d'une France qui rock et qui roll et précipités tout aussi rapidement dans les oubliettes pendant que tout le monde se remettait bien vite à l'anglais LV1.

Cœur grenadine et rayon vert

Eux s'appellent La Femme, Granville, Pendentif, Bengale, Cracbooms, Exotica... Ils ont tous les yeux tournés vers une époque où le "Made in France" se résumait à autre chose qu'un ministre en marinière caressant un mixer pour faire bander une croissance sous bromure. Quand les Trente Glorieuses semblaient au mieux ne jamais devoir finir, au pire être appelées à revenir très vite. Une époque où la Chine n'effrayait que les Chinois, où 500 000 chômeurs c'était la fin du monde, mon bon monsieur.

Mi-coeur grenadine, mi-rayon vert rohmérien, cette petite famille esthétique, pour partie relativement consanguine – le leader de Bengale, qui a invité sa chérie Mélissa Dubourg de Granville sur un titre, a formé son groupe après avoir quitté... Pendentif – se repaît de comptines surf-pop où on joue à « courir le long du plongeoir » (Pendentif), où l'on surfe (La Femme), avant de boire et de danser (Aline). « À la coule », le programme n'est certes pas lourd, il est superficiel par profondeur.

Car ce qui importe ici c'est avant tout une très soutenable légèreté de l'être et de l'air. Comme le chante Pendentif : « la Terre vue d'en bas ne nous dit plus grand-chose ». « Être léger comme l'oiseau et non comme la plume », donc, selon le commandement de Valéry (Paul, pas Giscard-d'Estaing). Survoler avec naïveté – et, il faut le dire, plus (Pendentif, La Femme) ou moins (Aline) de réussite – une langue un peu désuète car nourrie précisément de cette nostalgie des temps qu'on n'a pas connus, d'une sorte de positivisme de la régression.

Le tout avec, au besoin, la pose quelque peu affectée qui sied à ces mots et à leur écrin panoramique : ainsi Mélissa Dubourg (Granville) de démouler sa voix à la manière d'Arielle Dombasle chez Rohmer – ou de n'importe quelle chanteuse yéyé –, patate chaude aristocratique dans la bouche d'une aimable tête à gifles à la fausseté très Nouvelle Vague. Faire vivre ce passé rêvé et révolu, par une association langage/musique permettant de se façonner un monde idéal fait d'aventures et d'insouciance : chez Granville, entre Jeans Troués, Slow, Polaroïd, Adolescent, on pense ainsi bizarrement plus aux chromos d'un Wes Anderson qu'au docteur ès bracelets brésiliens Vincent Delerm.

Tombée pour la France

Reste que cette France de carte postale un peu jaunie ne vaccine pas contre les envies d'ailleurs. Même si le bout du monde semble s'arrêter au bout d'une plage propice aux badinages chabadabadesques et au voyage à l'horizon (Jersey, perçu comme un Hawaïi de substitution pour Granville, Le Cap Ferret chez La Femme, la Riviera chez Pendentif, la pochette de l'album d'Aline), à un regard semblable à celui d'Antoine Doinel dans le dernier plan des 400 coups ou à Pauline (Brigitte ou qui que ce soit d'autre) à la plage.

« Sur la plage et dans le sable, je recherche des sensations », chante La Femme, groupe originaire d'un peu partout où il y a la... plage justement – Biarritz, Marseille, la Bretagne, Paris (et Paris Plage, alors ?) – quand les Cracbooms d'Aurillac reprennent Bons Baisers de Fort de France de La Compagnie Créole en mode... Vampire Weekend.

Mais finalement cet ailleurs est surtout musical : car au-delà d'une certaine idée, nostalgique (réac ? À voir) de la France et en plus du revival Daho-Jacno-Lio, en pleine bourre en ce moment, c'est aussi tout un pan du rock anglo-saxon qui est ici convoqué, de la pop 60's californienne aux grandes heures de la pop pastel de Sarah Records, elle-même nourrie de Nouvelle Vague (The Field Mice, The Wake, Another Sunny Day, St Christopher...), des héritiers de ces deux tendances (The Drums en tête) aux combos américano-frenchy (Stereolab, Ivy, d'ailleurs brièvement pensionnaire de Sarah). Paradoxe ? Non.

C'est même ainsi que se résout l'équation de cette pop "Tombée pour la France"du nom des soirées initiées par le magazine Magic : comme l'île de Lost, une île hawaïïo-anglo-normande à pédales, il s'agit simplement, avec une facilité déconcertante et la manivelle de la langue, de déplacer les horizons dans le temps et l'espace pour les mettre à sa porte et dégager une vue imprenable sur ses fantasmes : tel qu'énoncé par la profession de foi de Granville, « importer la Californie en Normandie ». Ou, si l'on en croit le titre de l'album de la Femme, Psycho Tropical Berlin, n'importe quel morceau d'ailleurs n'importe où ici, n'importe quel morceau d'ici n'importe où ailleurs.

La Femme, vendredi 24 mai à 20h, à l'Espace vie étudiant (Eve) sur le Campus


La Femme + Téhessé + Like Tostaky

Pop Rock New Wave + Indie Trip-Hop + Pop Rock
EVE 701 avenue Centrale - Domaine universitaire Saint-Martin-d’Hères
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Des étudiants à l’écoute

Solidarité | Ils n’ont pas voulu rester les bras croisés face au mal-être de certains de leurs camarades : des étudiants de l’Université Grenoble-Alpes ont lancé Alpaline, une ligne téléphonique d’écoute. Avec l’ambition qu’elle demeure active au-delà même du terme de la crise sanitaire. Explications.

Martin de Kerimel | Vendredi 19 février 2021

Des étudiants à l’écoute

Flashback : à la fin du mois d’octobre dernier, plusieurs associations présentes sur le campus grenoblois se réunissent et discutent du mal-être étudiant. Leur constat : les conséquences de la pandémie de coronavirus viennent accroître ce phénomène, déjà vivace du fait de la précarité sociale, de l’isolement physique, de la situation familiale ou de la rupture numérique subie par certains de leurs camarades. « Après avoir réfléchi à divers supports possibles, nous avons l’idée d’une ligne d’écoute », indique Alexis Fayolle, président d’Interasso Grenoble Alpes et trésorier d’Alpaline, l’association qui gère ce nouvel outil d’entraide. Comment fonctionne-t-il ? Très simplement : les vendredis, samedis, dimanches et lundis, de 20h à 23h, tout étudiant(e) peut appeler le 04 65 84 44 24 pour être accueilli par un(e) autre, avec bienveillance : « Nous ne souhaitons stigmatiser, ni juger personne. Notre but est que celui ou celle qui appelle puisse parler sans tabou, avec quelqu’un qui peut comprendre ses galères et répondre à ses questions. Cet accompagnement est gratuit. Il

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Comment se fait-il que ce personnage, Gareth Jones, soit resté aussi longtemps dans l’ombre de l’Histoire et comment est-il arrivé sur votre table ? Agnieszka Holland : Ce n’était pas mon idée. Le film a été conçu par une jeune journaliste américaine, Andrea Chalupa, qui m’a contactée : elle avait un scénario assez bien achevé et fait tous les travaux de documentation, de repérage. On l’a retravaillé ensuite pendant un certain temps. C’était son premier scénario mais elle écrivait pour plusieurs médias. Elle est d’origine ukrainienne par ses deux parents et son grand-père a été l’un des témoins principaux de l’Holodomor. Il a vécu cette famine, il en est presque mort, et il a aussi vu beaucoup d’événements qu’il a décrits. On en a montré certains, comme le char avec les cadavres dans lequel on jette un enfant. Après la guerre, ce grand-père qui s’était retrouvé dans un camp de prisonniers allemand, avait décidé de ne pas retourner en Union soviétique. Et alors qu’il attendait son visa pour l’Amérique, il eu entre les mains le livre d’Orwell,

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"L'Ombre de Staline" : le premier qui dit la vérité

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Londres, 1933. Ex-conseiller de l’ancien Premier ministre Lloyd George, le journaliste Gareth Jones décide d’aller à Moscou pour interviewer Staline sur les prodiges accomplis par l’économie soviétique. Sur place, il contourne la propagande et découvre la réalité… « Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté », chantait jadis Guy Béart sur un air presque guilleret. Tragique est la destinée des lanceurs d’alerte ! Soit ils sont moqués ou ostracisés ; soit on leur réserve un sort plus funeste en tentant de les museler voire de les éliminer. Les choses n’ont guère changé depuis les temps archaïques. Ni depuis Gareth Jones (1905-1935). L’œil de Moscou Agnieszka Holland poursuit avec ce dernier film son voyage à travers l’histoire politique si mouvementée du XXe siècle. Peut-être a-t-elle d’ailleurs trouvé un alter ego en la personne de ce journaliste qui fut le premier à interviewer Hitler après son élection et à avoir l’instinct de percer le paravent soviétique. Quand les correspondants étrangers basés à Moscou se fa

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"La Femme de mon frère" : entre elle et lui

ECRANS | De Monia Chokri (Can, 1h57) avec Anne-Elisabeth Bossé, Patrick Hivon, Sasson Gabai…

Vincent Raymond | Lundi 24 juin 2019

Sophia vient de soutenir sa thèse et devant elle s’ouvre : le vide. Sans emploi ni relation sentimentale (mais enceinte d’un amant passé), elle squatte chez son frère Karim. Quand elle se résout à l’IVG, Karim flashe sur la gynéco. Les sentiments sont partagés. Sauf par Sophia… On parle souvent des "films du milieu" pour désigner des productions économiquement intermédiaires. Mais il faudrait reconsidérer la formule pour qualifier le jeune cinéma de la comédienne Monia Chokri (vue notamment chez Xavier Dolan), dont cette première réalisation de long-métrage laisse espérer de grandes choses. La Femme de mon frère est sans doute un film intermédiaire par son budget ; totalement par son sujet puisque Sophia se retrouve à tenir la chandelle entre sa gynéco et son frère. Il l’est surtout par son style à mi-chemin entre une inspiration résolument Nouvelle Vague (avec jump cut godardiens, effets de surimpression, errances nocturnes commentées en voix-off, citations littéraires) et sa tonalité de comédie américaine sentimentale des années 1980, ses décors pastel ou son ambiance familiale orientale explosive – un joyeux mélange entre

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Panorama de rentrée culturelle 2018/2019 | Avec du rock, de la pop, de la chanson, du rap, du jazz, de la sono mondiale ; voire même, parfois, tout ça à la fois. Et des stars comme des révélations.

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Et le Ciné-Club de Grenoble lança le cycle #BalanceTonFilm

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Depuis l’affaire Weinstein, le statut de la femme à l’écran (et, surtout, hors caméra) a clairement été reconsidéré, même si les changements seront visibles avec le temps. Le Ciné-Club de Grenoble rebondit sur cette actu avec un poil d’ironie en lançant un cycle baptisé #BalanceTonFilm. Car reconnaissons que, dans les films d’antan, les femmes interprétaient surtout des beautés sublimes souvent mises au second plan histoire d’appuyer la prééminence des héros. Des muses dont certains pouvaient se servir pour assouvir leurs besoins, ou user comme d’une source d’inspiration, tel Henri Serin (Jean-Pierre Marielle) dans Les Galettes de Pont-Aven (photo) de Joël Seria, film sorti en 1975. Mais rassurez-vous, dans le genre machiste, on peut trouver mieux. Ou pire. Pour cela, il suffit simplement d’une femme qui sort un peu de l’ordinaire (pourquoi pas une femme avec une pilosité extravagante par exemple) que l’on exhiberait dans une foire aux monstres comme le fait Le Mari de la femme à barbe dans cette comédie italienne de 1964 signée par un maître des provocations, Marco Ferreri. Pourtant, dût-il aux hommes en co

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"Cherchez la femme" : cachez ce film qu’on ne saurait voir

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Vincent Raymond | Mardi 27 juin 2017

Anne Alvaro est, décidément, une immense comédienne que son talent préserve de l’adversité – c’est-à-dire des pires des naufrages cinématographiques. Sa confondante interprétation d’une militante iranienne (accent inclus) réfugiée dans le XVIe arrondissement lui vaut ainsi de sortir sans dommage de cette épouvantable comédie sentimentale. Elle est bien la seule. La réalisatrice Sou Abadi, par exemple, manque son coche dans ce mariage entre romance et critique sociale humoristique. Pas du fait d’une hybridation hasardeuse, ni du thème puisque l’on peut rire de tout, si c’est fait avec intelligence et talent. Car hélas, le choix d’un sujet brûlant n’exonère pas un auteur de maladresse ni de naïveté. Sou Abadi raconte ici le stratagème trouvé par un étudiant désirant continuer à voir sa copine enfermée chez elle par son grand frère revenu radicalisé d’un camp : il se couvre d’une burqa et se fait passer pour une femme. Quiproquos à l’ancienne, situations balourdes, personnage de fondamentalistes d’une bêtise profonde… Défendre des idées justes ne dispense pas de travailler en profondeur la construction dramatique et devrait empêcher de réduire

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Vercors Music Festival : nos cinq coups de cœur

Festival | En 2015 a vu le jour à Autrans, dans le massif du Vercors, un nouveau festival tout simplement baptisé Vercors Music Festival – parce qu’en anglais c’est plus classe ? Avec tout de suite l’envie de jouer dans la cour des grands en proposant de grosses têtes d’affiche. En amont de la troisième édition prévue du 7 au 11 juillet, zoom sur cinq artistes que l’on pourra écouter là-haut dans la montagne, et discussion avec l'un des organisateurs pour en savoir un peu plus.

La rédaction | Mardi 20 juin 2017

Vercors Music Festival : nos cinq coups de cœur

Barbagallo Batteur des Australiens de Tame Impala et de l'étrange créature pop française Aquaserge, Julien Barbagallo est tiraillé entre deux mondes : celui d'une pop anglo-saxonne aux vents psychédéliques et au souffle progressif et celui d'une tradition très française de chanson s'accomplissant jusqu'à l'absurde dans la langue de Molière. Estimant que chanter en anglais serait pour lui un non-sens, l'Occitan se positionne à l'intersection de ces (ses?) deux mondes, se nourrissant des expériences piochées ça (Tame Impala) et là (Aquaserge). C'est sur la route avec les premiers et à Melbourne que Barbagallo a écrit son dernier album Grand chien (traduction du surnom dont on l'affuble en Australie, « Big Dog ») sur lequel il joue de chaque instrument et qui n'est pas sans rappeler les grandes heures d'un Polnareff piétinant avec grâce et en français, à coups de textes farfelus et de glaçages médiévaux, les plates-bandes de ses confrères d'outre-Manche. SD Vendredi 7 juillet à 19h

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Le documentaire loin des clichés avec L’Excentrique Cinéma

Mini festival | Du mardi 2 au jeudi 4 mai, au Club, à Mon Ciné et au 102 aura lieu un festival de cinéma particulier. Où l'on pourra découvrir des films sortant des carcans classiques du documentaire traditionnel.

Damien Grimbert | Mardi 25 avril 2017

Le documentaire loin des clichés avec L’Excentrique Cinéma

Défenseur d’un cinéma « où les auteurs affirment des points de vue pour penser et comprendre le monde environnant », le méconnu collectif grenoblois Cinex (Atelier du cinéma excentrique) propose au grand public un accès à son univers par le biais de son événement L’Excentrique Cinéma. Au programme, trois documentaires de création projetés dans trois lieux distincts (et accompagnés de rencontres avec leurs réalisateurs respectifs). Des films liés non pas par une thématique commune mais par des préoccupations socio-politiques convergentes ainsi que des modes de narration libres et non-formatés sortant des carcans classiques du documentaire traditionnel. Pas comme des loups (le mardi au Club, photo) de Vincent Pouplard accompagne ainsi deux jeunes frères d’une vingtaine d’années en rupture avec les normes sociétales, mais dont le mode de vie marginal s’accompagne d’une autodiscipline peu commune. 300 hommes d’Emmanuel Gras et Aline Dalbis (le mercredi à Mon Ciné) se

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"Les P'tits explorateurs" : oh, la belle surprise

ECRANS | de Mercedes Marro, Sylwia Szkiladz, Aline Quertain, Loïc Bruyère & Stéphane Piera (Fr., 0h49) animation

Vincent Raymond | Mardi 4 avril 2017

Grâce au robot bricoleur extraterrestre qu’il a découvert et baptisé Clé à molette, un enfant sourd s’intègre dans un groupe de gamins de son âge et partage avec eux de sidérantes aventures… Donnant son titre à ce programme de courts-métrages conçus chez Folimage, ce joli film d’animation n’est pas sans évoquer le merveilleux Géant de Fer de Brad Bird. Il s’interroge de manière simple et poétique sur la question de la communication et de l’intégration de la différence, qu’elle vienne d’ailleurs ou d’ici-bas : parfois, il suffit d’un rien pour briser la glace et forger de fantastiques amitiés. Complétant ce "long" film bref, trois autres réalisations rythmées célèbrent à leur façon la question de l’amitié. On retiendra surtout le sautillant La Cage, avec son trait rappelant le graphisme anguleux des cartoons Warner Bros ou Hanna-Barbera Productions pour la MGM de la fin des années 1950.

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On se calme avec La Femme, ni génie ni arnaque. OK ?

Concert | La Femme, pour certains, est l’avenir du rock français. Pour d’autres, c'est plutôt la plus grosse escroquerie de ce début de siècle. Avant le concert du groupe français qui monte à la Belle électrique (et à guichets fermés), on essaie d’y voir plus clair.

Aurélien Martinez | Lundi 21 novembre 2016

On se calme avec La Femme, ni génie ni arnaque. OK ?

Lundi 12 septembre 2016. Tout ce que la France compte de personnalités branchées est devant TMC, obscure chaîne de la TNT, pour regarder la première de Quotidien, nouvelle émission du journaliste star Yann Barthès. Alors que les pastilles d’actu s’enchaînent, l’ancien présentateur du Petit journal annonce la venue de La Femme, « l’événement musical de la rentrée ». Faut dire qu’il était attendu ce Mystère, deuxième album du groupe français après la claque Psycho Tropical Berlin (2013). Sauf que leur prestation fut… comment dire… Il n’y aura que le site des Inrocks pour s’enthousiasmer le lendemain dans un article titré : « l’excellent live de La Femme sur la scène de Quotidien ». Parce que même si le morceau Où va le monde ? qu’ils interprétèrent ce soir-là est dans le plus pur style de La Femme, façon

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Les onze concerts de l'automne (onze, oui)

Saison 2016 / 2017 | On fait quoi jusqu'à la fin de l'année ? On va écouter qui ? Voici une sélection extraite de notre panorama de rentrée culturelle sorti le 14 septembre. Mais allez fouiller aussi sur notre site, dans le coin "les choix de la rédaction" ; vous verrez : on attend de nombreux autres concerts !

La rédaction | Jeudi 15 septembre 2016

Les onze concerts de l'automne (onze, oui)

Ben Harper À en croire la chanson titre de son album Call it what it is, et en tout cas sur ce morceau au moins, Ben Harper continue, après un album avec maman, de revenir aux sources et aux tripes du blues, quelque part du côté de chez Taj Mahal, mais sans se départir de ses accents politiques. Ici, il est question de la vague de bavures meurtrières de la police américaine à l'endroit de nombre de jeunes noirs. C'est donc un Ben Harper habité, comme il l'est aussi en mode Stevie Wonder sur Shine, que l'on retrouvera sur la scène du Summum pour la deuxième en deux ans. Au Summum mardi 4 octobre __________ Stranded Horse Génial esprit transversal, le dénommé Yann Tambour n'en finit plus de tirer le fil que constituent les cordes d'une kora, produisant un mariage de folk, de pop et bien sûr de musique traditionnelle mandingue qui est allé un jour jusqu'à s'échouer magnifiquement sur les terres grises de Joy Division (ah, cette reprise de

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Bourgoin-Jallieu : quelles journées !

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Stéphane Duchêne | Mardi 8 septembre 2015

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Il eut été difficile au festival berjallien Les Belles Journées de constituer un plateau rock indé plus attrayant que celui qui nous est présenté, qui plus est pour son coup d'essai. C'est qu'outre Autour de Lucie, dont le statut d'icône d'une certaine pop indé en fait sans doute un peu le grand frère (ou sœur) de l'événement ; les cautions soulisantes que sont le Grenoblois Lull et le Lyonnais Sly Appolinaire, à qui on ne la fait plus ; 49 Swimming Pools dont les membres n'ont plus l'âge de la conduite accompagnée mais dont la pop reste fraîche comme une rose qui éclorait à l'infini ; et bien sûr H-Burns (consulter nos archives le concernant) ; c'est bien la jeune garde de la nouvelle (oui, encore) pop française

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Ez3kiel, prophètes en leur pays

MUSIQUES | Ez3kiel fête ses vingt ans de carrière avec un album, "Lux", qui allume des feux plus qu'il n'éteint des bougies. À l'occasion de la présentation de son pendant scénique cette semaine à l'Hexagone, retour sur le parcours, superbement anachronique, du plus électrique des groupes de dub – ou du plus vaporeux des groupes de rock. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 21 avril 2015

Ez3kiel, prophètes en leur pays

« La marche des vertueux est semée d'obstacles » dit le dixième verset du vingt-cinquième chapitre du livre d’Ézéchiel – celui que récite d'un ton vengeur Samuel L. Jackson dans Pulp Fiction, référence primordiale du groupe. Celle d'Ez3kiel débute logiquement de manière mouvementée, à Tours en 1993. D'abord "power trio", Ezekiel (alors avec un "e") s'agrandit rapidement d'un deuxième guitariste et d'une chanteuse... qui mettra les voiles en 1999, emportant avec elle l'un des fondateurs de ce qui n'est alors qu'un succédané adolescent de Rage Against the Machine et Fishbone. Ce retour circonstanciel à la case trio, Yann Nguema (basse), Matthieu Fays (batterie) et Johann Guillon (guitare) le convertissent en nouveau départ, taciturne celui-ci, ainsi que l'explique ce dernier. « Cet épisode a coïncidé avec l'achat de notre premier sampler et de notre première groovebox. La transition vers des morceaux instrumentaux s'est donc faite de manière instinctive. D'autant que derrière les musiques qu'on commençait à écouter à l'époque, il n'y avait pas de "gens". » Ces musiques, la jungle, le trip-hop, le po

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La Femme du ferrailleur

ECRANS | Au fin fond de la Bosnie, Danis Tanovic, le réalisateur de "No man’s land", filme une fiction avec un maximum de documentaire dedans, et s’extirpe du misérabilisme de son contexte et des schémas parfois grossiers de son scénario par l’efficacité de sa mise en scène. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 25 février 2014

La Femme du ferrailleur

Un petit village enneigé au fin fond de la Bosnie. Nazif est ferrailleur, ce qui lui rapporte quelques maigres marks, tout juste suffisants pour nourrir ses deux enfants et sa femme Senada au physique fellinien. Elle est enceinte pour la troisième fois, mais la grossesse se passe mal et elle doit se faire opérer en urgence après une fausse-couche. Sauf que Nazif n’a pas d’assurance-maladie et que l’opération coûte un bras… C’est d’abord une surprise de retrouver Danis Tanovic, le cinéaste précis et élégant de No man’s land, aux commandes d’un film qui exhibe ostensiblement son caractère rugueux et mal dégrossi. L’image est brute, les cadres vacillants et les personnages comme le décor soulignent en permanence le réalisme du contexte. Sans parler du sujet, qui fustige les inégalités à l’œuvre dans la société bosniaque d’après-guerre – Nazif a passé quatre ans à se battre contre les Serbes « dans les tranchées », mais n’y a gagné que des souvenirs traumatiques. C’est d’ailleurs le projet du film tout entier : construire une fiction avec d’énormes pans de réalité documentaire, les acteurs étant au plus proche de ce qu’ils sont dans la vie. Au bout

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Une Femme fatale sur scène

MUSIQUES | La Femme n'est pas seulement la nouvelle égérie d'une industrie du disque moribonde. C'est aussi, comme on a pu le constater lors de son récent passage à Lyon, une machine de guerre scénique... Benjamin Mialot

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Une Femme fatale sur scène

La première fois que La Femme a usé de ses charmes à notre endroit, c'était à la Halle Tony Garnier (Lyon) il y a de cela un an et demi, par un soir de novembre. À l'époque, elle n'avait pas grand chose pour elle : ni le look (croisée en coulisses, elle avait, sous ses cheveux peroxydés, l'air de la première adolescente à problèmes de peau venue), ni la réputation (sauf auprès des éjaculateurs précoces qui constituent le gros de la presse musicale parisienne), encore moins les chansons, à l'exception de Sur la planche, tube surf abondamment waxé devenu depuis l'hymne du groupe. Pas de quoi faire ch'boum là d'dans donc, comme disent les chasseurs de fantômes, d'autant qu'elle se voyait généralement cantonnée à un rôle d'amuse-gueulard, en l'occurrence pour Skip the Use et Birdy Nam Nam. Depuis, La Femme a bien changé. Elle a mis le pays à ses pieds sur la foi de Psycho Tropical Berlin, un premier long format aussi chic que déglingué. Elle a surtout gagné en allure (tablettes de chocolat bien fermes et sunglasses anachroniques pour les mecs, frange impe

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Femme sous influences

MUSIQUES | « Il y a des filles dont on rêve / Et celles avec qui l'on dort / Il y a des filles qu'on regrette / Et celles qui laissent des remords / Il y a des (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 17 mai 2013

Femme sous influences

« Il y a des filles dont on rêve / Et celles avec qui l'on dort / Il y a des filles qu'on regrette / Et celles qui laissent des remords / Il y a des filles que l'on aime / Et celles qu'on aurait pu aimer / Puis un jour il y a la femme / Qu'on attendait ». Nul doute que ces paroles, tirées de La Fleur aux dents, la best country song ever de Joe Dassin, ont résonné dans la tête de Pascal Nègre lorsqu'en novembre dernier il a conclu avec La Femme, de turbulents ados que l'industrie s'arrachait depuis des mois. Turbulents et insaisissables. De son mode de fonctionnement – trois compositeurs autour desquels gravitent de fausses ingénues – à ses origines géographiques (de Marseille à Paris en passant par Biarritz), de son look – la bande arbora un temps le combo chevelure platinée/regard perçant des gamins du Village des damnés – à sa culture musicale, bouillon 80's dans lequel barbotent en bonne entente la new wave unisexe de Marie et les garçons et le rock superbement minimal du Velvet Underground, cette Femme-là ne ressemble en effet à aucune autr

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Coraline

ECRANS | D’Henry Selick (ÉU, 1h40) animation

François Cau | Mercredi 3 juin 2009

Coraline

Henry Selick porte comme une croix son rôle de coréalisateur de L’Étrange noël de Monsieur Jack. Le film a tellement été identifié à l’univers de Tim Burton que l’on a pu penser que Selick n’y avait été qu’un excellent directeur de l’animation. Ses travaux en solo n’ayant pas franchement convaincu (James et la pêche géante et Monkey Bone), la répartition des tâches semblait actée — à Burton le génie, à Selick le boulot. La sortie de Coraline, au moment où la carrière de Burton tourne en rond dans l’autocitation, vient redistribuer les cartes. Car non seulement le film est excellent, mais il retrouve l’esprit et l’imagerie de L’Étrange noël de Monsieur Jack. Il y est aussi question de deux univers parallèles renversant les clichés habituels sur le merveilleux et la normalité ou, sur un registre plus social, l’échec et la réussite. La petite Coraline Jones s’ennuie dans sa nouvelle vie : un père qui peine à vendre un brevet pour des outils de jardinage, une mère qui n’arrive pas à finir son roman, une maison grise sur une colline dans une ville pluvieuse. Par la grâce d’une porte secrète, elle bascule dans un monde qui e

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Prolongations

MUSIQUES | Musique / S’il y a bien une chose qu’on ne peut pas reprocher à Ez3kiel, c’est de manquer de suite dans les idées. Depuis ses débuts, le groupe s’est en (...)

| Vendredi 13 juillet 2007

Prolongations

Musique / S’il y a bien une chose qu’on ne peut pas reprocher à Ez3kiel, c’est de manquer de suite dans les idées. Depuis ses débuts, le groupe s’est en effet constamment appliqué à peaufiner inlassablement un univers musical, mais également visuel, à mi-chemin entre élégante modernité empreinte de futurisme et charme rétro suranné. Les années passant, et le groupe gagnant en notoriété, les moyens ont bien entendu pris une ampleur croissante, immédiatement répercutée sur la création : invités musicaux de plus en plus nombreux sur chacun des albums, tissage sans cesse plus sophistiqué entre instruments acoustiques et traitement électronique… Mais c’est avant tout dans le domaine visuel que le bond en avant s’est fait le plus flagrant. Pour aboutir aujourd’hui à ce Naphtaline, univers somme regroupant une bande-son, un DVD vidéo, mais surtout un DVD-Rom interactif qui fournit au groupe une porte d’accès nouvelle, et novatrice, à son monde à la croisée des nouvelles technologies et d’un esthétisme onirique. Porte dont les clés sont données en toute confiance à l’auditeur-spectateur-manipulateur, qui peut par le biais d’une interactivité remarquable, tracer son propre chemi

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