Entre les murs

ECRANS | Laurent Cantet et François Bégaudeau mettent en scène, dans un troublant faux-semblant entre réel et fiction, une classe de quatrième où le langage, les codes et les rapports de force fondent une dramaturgie efficace, pour un film distrayant et bien dosé. CC

Christophe Chabert | Jeudi 11 septembre 2008

D'abord, la Palme. Si Entre les murs avait raflé la prestigieuse récompense cannoise il y a cinq ans, un tel choix aurait entériné avec beaucoup de culot une idée forte : la transformation du cinéma au contact de la télé-réalité et de sa puissance pour recréer, par des dispositifs sophistiqués de mise en scène et de scénario, le réel. Ten de Kiarostami fut l'étendard de ce cinéma retrouvant une nouvelle jeunesse en suçant le sang de ce grand autre télévisuel. Mais voilà, Entre les murs sort en 2008, une année où les films les plus forts se singularisent par un sens impressionnant du décor-personnage (de Dark Knight à Gomorra en passant par Wall-E) ou des narrations monstrueuses (Dark knight encore, Desplechin et son Conte de noël). À côté, Entre les murs, son anti-décor (jamais Laurent Cantet ne filme l'école dans un plan d'ensemble, et l'espace du film est aussi claustro que la prison de Oz) et sa mise en scène cherchant à se faire oublier sans arrêt, est un objet à contretemps, plaisant comme les tribulations de Cyril Lignac dans les cantines scolaires sur M6 — ceci dit sans ironie. Malgré son retard et son absence de mot d'excuse, il reste cependant un bon film, le meilleur de son réalisateur.

Cassavetes à l'école

Il y a donc François (Bégaudeau, très bon comédien, découvrant en cours de route le plaisir d'un cabotinage léger et efficace), prof de français au collège Françoise Dolto, face à une classe «ordinaire» d'un quartier parisien : métissée, impertinente, prise entre l'ennui et la dérision vis-à-vis de l'autorité. Les cours de François deviennent vite des joutes oratoires où l'on arrache de haute lutte des morceaux de savoir face à des élèves dont le sport principal est de le faire trébucher, par jeu plus que par méchanceté. Le réalisme de chaque séquence, leur durée, leur drôlerie aussi, ont un côté «Cassavetes à l'école» franchement réjouissant. Dosant avec virtuosité les émotions qu'ils veulent créer chez le spectateur, Cantet et Bégaudeau évitent du coup les écueils du film à sujet, cherchant des contre-pieds et des déséquilibres, comme dans la séquence du prof qui pète les plombs face à des collègues médusés, mais loin de le condamner ! Par moments, la tentation gauchiste du cinéaste, qui rendait ses films précédents si démonstratifs, refait surface ; on aurait pu éviter la scène sur l'arrestation du sans-papier, gage inutile versé à la pensée Télérama. Mais Entre les murs arrive, dans sa dernière partie, non pas à élever le débat, mais à s'en abstraire, par un constat d'échec amer enfonçant chacun dans sa solitude. Un enfermement autrement plus rude que celui des quatre murs de la classe, ce lieu de pouvoir, de douleurs et de joies en définitive bien dérisoires face à la cruauté du monde.

Entre les murs
de Laurent Cantet (Fr, 2h10)
avec François Bégaudeau…

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François Bégaudeau passe au docu avec "Autonomes"

Documentaire | On ne l’arrête plus ! Lorsqu’il ne signe pas un livre (ou deux, comme cette année), qu’il n’écrit pas une pièce de théâtre, l’ancien [prenez votre souffle] prof (...)

Vincent Raymond | Vendredi 9 octobre 2020

François Bégaudeau passe au docu avec

On ne l’arrête plus ! Lorsqu’il ne signe pas un livre (ou deux, comme cette année), qu’il n’écrit pas une pièce de théâtre, l’ancien [prenez votre souffle] prof de lettres-chanteur de Zabriskie Point-critique de cinéma/littéraire-fondateur de revue François Bégaudeau réalise des documentaires et sillonne la France pour les présenter. Après N’importe qui, voici Autonomes consacré à ces individus ayant réussi à s’affranchir (intellectuellement et/ou matériellement) de l’emprise de la société et surtout, d’une forme de dépendance. L’idée est sans doute de montrer qu’un mode alternatif est possible et viable. À découvrir donc en sa compagnie le 8 octobre au Zola de Villeurbanne, cinéma indépendant — mais là, il vaut mieux quand même qu’il y a ait du monde…

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Une saison à la Villa

Villa Gillet | Toujours aussi éclectique dans ses choix littéraires et scientifiques et exigeante dans ses thématiques, la Villa Gillet inaugure une saison de rencontres qui s'annonce aussi dense que passionnante.

Stéphane Duchêne | Mardi 2 octobre 2018

Une saison à la Villa

Entre sciences humaines, sciences tout court et bien sûr littérature, c'est à un automne bien chargé que nous invite la Villa Gillet pour ses rencontres de saison – comprendre, hors Assises Internationales du Roman et La Chose Publique. Cela avait débuté avec un prolongement haïtien du Festival America et se poursuit dès ce mercredi 3 octobre avec le premier volet de rencontres intitulées Le Temps de... On commence donc avec Le Temps du temps à l'Institution des Chartreux le 9 octobre où les toujours passionnants physicien et historien Étienne Klein et Patrick Boucheron, qu'on ne présente plus, se demanderont, en compagnie de la femme rabbin Delphine Horvilleur, directrice de la revue Tenov'a, ce qu'est le temps et si simplement nous en avons la moindre idée. Le cycle se poursuivra le 9 novembre au Grand Amphi de l'Université Lyon 2 avec les écrivains Philippe Sands (Retour à Lemberg, Albin Michel) et Javier Cercas (Le Monarque des Ombres, Actes Sud) pour Le Temps de la Mémoire sur les liens qu'entretienne

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En-dehors des murs, vers le Sud : "L’Atelier" de Laurent Cantet

ECRANS | de Laurent Cantet (Fr, 1h53) avec avec Marina Foïs, Matthieu Lucci, Warda Rammach…

Vincent Raymond | Mardi 10 octobre 2017

En-dehors des murs, vers le Sud :

Autrice de polars, Olivia anime un atelier d’écriture à La Ciotat durant les vacances pour des adolescents désœuvrés. Parmi eux, Antoine, replié sur lui-même et ses jeux vidéos violents, prompt à la provocation raciste et à deux doigts d’un passage à l’acte. Mais lequel ? Fiction documentarisante, cette chronique d’un été réalisée par Laurent Cantet (et comme à l’accoutumée co-écrite par son comparse Robin Campillo) tente de tisser au moins trois fils narratifs au moyen de ce fameux “atelier”, catalyseur maïeutique et générateur dramatique du récit. Grâce à lui, on plonge ainsi dans le passé de la cité et de ses chantiers navals, désormais reconverti dans le luxe (quel symbole !) ; on s’imprègne également du présent, déboussolé par un terrorisme attisant les tensions. Et l’on suit la relation ambigu du quasi hikikomori Antoine avec l’autrice — dont la résidence n’est qu’une parenthèse dans sa carrière. Le problème n’est pas que L’Atelier veuille raconter autant d’histoires à la fois, mais que ses (bonnes) intent

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L'Atelier

Avant-Première | Comment canaliser l’ennui d’une bande d’adolescents désœuvrés pendant les vacances ? En les mettant au travail autour d’un projet littéraire avec une (...)

Vincent Raymond | Mardi 26 septembre 2017

L'Atelier

Comment canaliser l’ennui d’une bande d’adolescents désœuvrés pendant les vacances ? En les mettant au travail autour d’un projet littéraire avec une autrice de polars en résidence dans leur cité méridionale. La greffe prendra-t-elle ? Écrit par Romain Campillo et Laurent Cantet, réalisé par ce dernier qui vient le présenter en avant-première, ce film a déjà eu les honneurs du Festival de Cannes hors compétition. Le voici désormais soumis à votre regard. L'Atelier Au Comœdia le lundi 2 octobre à 20h

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Les Écrans du doc : Sur les barricades

ECRANS | C’est la lutte initiale ! Fenêtre sur le monde et l’Homme, Les Écrans du doc témoignent d’une prise de conscience des enjeux socio-politiques (...)

Julien Homère | Mardi 21 mars 2017

Les Écrans du doc : Sur les barricades

C’est la lutte initiale ! Fenêtre sur le monde et l’Homme, Les Écrans du doc témoignent d’une prise de conscience des enjeux socio-politiques contemporains, par le peuple et pour le peuple. Un soulèvement civil et salutaire. Ouverture toute trouvée, Silvia Munt lancera les hostilités avec son brûlot Afectados, témoignant de la révolte aussi intime que collective des Indignés espagnols. Le combat continuera avec Food Coop de Tom Boothe, consacré à la réussite d'un supermarché coopératif à New York. Pour alimenter le débat et distribuer leurs avis, les membres du projet Demain ou les Amis du Monde Diplomatique basés à Lyon viendront partager leur point de vue. Swagger d’Olivier Bab

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Bron, commune des livres

CONNAITRE | Rarement sans doute les différentes rencontres, dialogues et débats réunissant les auteurs invités par la Fête du Livre de Bron auront constitué de la sorte (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 3 mars 2015

Bron, commune des livres

Rarement sans doute les différentes rencontres, dialogues et débats réunissant les auteurs invités par la Fête du Livre de Bron auront constitué de la sorte les pièces d'un puzzle thématique qui n'a sans doute jamais été aussi commun – et n'a donc jamais aussi bien porté son nom. «Qu'est-ce qu'on a en commun ?», donc, pose la question inspirée de l'essai de Christian Dardot et Pierre Laval, évidemment invités pour parler du vaste sujet de leur livre : à savoir proposer une révolution politique, sociale et écologique pour le XXIe siècle, celle du commun. Pour commencer, on pourrait dire plus précisément ici que ce qu'on a en commun, c'est la ou les littératures, quelles qu'en soient les approches. Littérature, qui cette année porte donc à la Fête du Livre une série de regards sur le contemporain à travers les enjeux du commun. Qu'ils passent par l'évocation du monde social et le plus souvent de son effritement (les rencontres "roman choral, roman social" avec Olivier Adam et Donal Ryan, "La France à hauteur d'homme" avec Florence Aubenas, "L'Italie, un nouveau monstre" avec Silvia Avalone et Simonetta Greggio) ; de l'histoire et de la mémoire ("La mém

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Retour à Ithaque

ECRANS | Avec ce huis clos à ciel ouvert sur une terrasse à Cuba, Laurent Cantet raconte l’histoire d’un pays à travers cinq personnages contraints de faire le bilan de leur existence. Subtil, fort bien écrit et remarquablement interprété, le film manque juste de fantaisie pour aérer son dispositif. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 2 décembre 2014

Retour à Ithaque

C’est une terrasse ouverte aux quatre vents, dont l’horizon est une mer qui s’étend à l’infini et, en contrebas, une route sur laquelle se déploie un flux de circulation dense et continu. Comme s’il était coincé entre un passé ancestral et mythologique et la triste réalité du quotidien, ce petit théâtre va réunir cinq personnages en quête de hauteur. Pourtant, tout démarre sur des considérations on ne peut plus triviales : Amadeo revient à Cuba après seize ans d’exil et ses anciens camarades le saluent par des plaisanteries amicales, comme si ces retrouvailles étaient surtout l’occasion de trinquer ensemble et de se remémorer les bons moments du passé. Cette spontanéité des comédiens, excellents et très bien dirigés, c’est la marque Laurent Cantet depuis qu’il a choisi, avec son palmé Entre les murs, de faire des portraits de groupe où la parole et ses nœuds constituent sa matière dramatique. Cinéaste nomade — après Foxfire, tourné en anglais au Canada, il pose

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Adèle avant Adèle

ECRANS | Depuis ses débuts, Abdellatif Kechiche inscrit son cinéma dans une lignée très française, dont il s’émancipe peu à peu. La Vie d’Adèle, comme ses précédents films, ne fait pas exception à la règle. Démonstration avec quatre films emblématiques. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 7 octobre 2013

Adèle avant Adèle

1935 : Toni (Jean Renoir) Comme souvent en France, tout part de Jean Renoir. Et notamment de Toni qui, bien avant le néo-réalisme italien et la Nouvelle Vague, s’aventure hors des studios et exploite les décors naturels aux alentours de Martigues pour faire entrer le soleil du midi dans ce drame inspiré d’un fait-divers. Même s’il filme le Nord dans La Vie d’Adèle, Kechiche choisit aussi de privilégier la lumière plutôt que la grisaille, comme dans ce premier baiser magnifique sur un banc, où les lèvres des deux comédiennes semblent embrasées par les rayons du soleil. Surtout, Renoir cherche avant tout à saisir une vérité chez les immigrés italiens de son film, eux qui étaient, à l’époque, les marginaux de la société française. Kechiche avait fait de même avec les immigrés maghrébins et leurs enfants dans L’Esquive et La Graine et le Mulet ; ici, c’est une autre marge, celle de l’homosexualité féminine, qu’il essaie de dépeindre avec un maximum de crédibilité et d’honnêteté. 1963 : Adieu Ph

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Festin aux Célestins

SCENES | Alors que s’achève tout juste, sur le plateau des Célestins, une version tonitruante de "Cyrano" (avec un Torreton sidérant), le théâtre de la Ville de Lyon annonce une future saison résolument européenne et contemporaine. Laquelle sera lancée par la mise en scène de "Chatte sur un toit brûlant" par Claudia Stavisky et l’indispensable festival international Sens interdits. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 5 juin 2013

Festin aux Célestins

Bien sûr, nous sommes aux Célestins, un des théâtres d’excellence de la région, où ce sont les mots qui sont portés aux nues au fil des très nombreux levers de rideaux (270 lors de la saison qui vient de s’écouler). Ce sont toutefois des chiffres qui nous permettront d’y voir plus clair dans sa saison 2013/2014 : un tiers de spectacles mis en scène par des femmes, dont la moitié écrits par la gente féminine, cinq grands maîtres du plateaux (Bondy, Ostermeier, Lupa, Goebbels, et Vogel), neuf pièces internationales, un tiers de la programmation composée de compagnie de la région Rhône-Alpes (Nöjd, Haut et Court…). Des locaux et des stars Du côté des mots, les premiers à résonner seront ceux de Tennessee Williams avec Chatte sur un toit brûlant, créé cet été au Château de Madame de Sévigné à Grignan (44 représentations !) et repris dès le 19 septembre. Autre résident (temporaire), le circassien Mathurin Bolze qui présentera en novembre Ali + Nous sommes pareils à des crapauds qui dans l’austère nuit… (attention, titre à rallong

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Foxfire

ECRANS | Le nouveau film de Laurent Cantet est à la fois un contrepied et un prolongement de sa Palme d’or «Entre les murs», où il montre comment, dans les années 50 aux États-Unis, un «gang de filles» se transforme en utopie collective. Passionnant. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 20 décembre 2012

Foxfire

Superficiellement, Foxfire ressemble à une réponse à la Palme d’or surprise obtenue par Laurent Cantet avec Entre les murs : un film d’époque se déroulant aux Etats-Unis dont l’intrigue nécessite un vrai parcours romanesque plutôt qu’un pur dispositif. Mais Cantet appréhende tout cela comme un territoire nouveau sur lequel il greffe les principes de mise en scène et les thèmes qui traversent son cinéma. Ainsi de la reconstitution des années 50, fondue dans l’action, jamais ostentatoire ; ainsi aussi de l’argument, où des adolescentes lassées d’être traitées comme des faire-valoir décident de fonder une société secrète, d’abord groupuscule lancé dans des missions punitives, puis communauté assurant son autosuffisance en instrumentalisant le machisme qui les entoure. L’utopie confrontée à la réalité, c’était déjà le thème d’Entre les murs, même si Cantet en donne ici une vision plus ample ; non pas un individu face à un groupe, mais un groupe face à une société. Renardes en feu Le film décline ce combat en trois parties : la

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Politique de l’environnement

ECRANS | Suite du feuilleton de la rentrée : comment le décor et l’espace redeviennent, dans le cinéma d’aujourd’hui, des moteurs décisifs de la fiction… CC

Christophe Chabert | Lundi 27 octobre 2008

Politique de l’environnement

Résumé de l’épisode précédent : depuis la sortie des Ruines, petite bande d’horreur pas si petite que ça, tous les films qui impriment durablement la rétine font de l’environnement un personnage essentiel de leur récit. Ces dernières semaines, c’est même devenu évident juste à la lecture des titres : Eden Lake, Tokyo !, Dernier maquis… On mettra de côté Entre les murs qui, s’il se définit par son décor, l’incorpore immédiatement à son dispositif de mise en scène — on est entre quatre murs, on n’en sort pas. Par contre, chez Ameur-Zaimeche, le Dernier Maquis du titre est un espace à la géométrie incertaine, dont les murs (de palettes) sont sans arrêt déplacés, comme les positions politiques des personnages. Les deux autres décors (une mosquée et une rivière) ont aussi une fonction cruciale : passage de la concorde à la discorde et signe qu’un autre monde poétique est possible au-delà de l’aliénation religieuse et ouvrière. Le cinéma est une villeCe n’est pas innocent si ce retour du décor au cinéma se fait au moment où la télé, crispée sur se

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«Présupposer l’égalité»

ECRANS | Entretien / Auréolés d’une Palme d’or surprise avec «Entre les murs», Laurent Cantet (réalisateur) et François Bégaudeau (acteur et auteur du livre original) s’apprêtent à passer le grand oral du public avec un film aussi rusé qu’intelligent. Propos recueillis par Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 11 septembre 2008

«Présupposer l’égalité»

Petit Bulletin : Qu’est-ce qui a motivé l’adaptation d’Entre les murs ?Laurent Cantet : Je n’ai pas la moindre idée du pourquoi je fais un film plutôt qu’un autre. C’est un jour un sujet sur lequel je commence à réfléchir, qui en amène un autre, et d’un seul coup, j’ai l’impression d’avoir envie d’y réfléchir pendant les trois ou quatre ans que vont durer la préparation et le tournage. Après il y a des convergences, l’envie de donner des nouvelles du monde dans lequel on vit, de montrer des personnages en essayant d’être le plus proche d’eux, de montrer le groupe et la difficulté pour y trouver sa place… Ce n’est jamais la forme que cela peut entraîner, par exemple ici l’improvisation avec les acteurs ?LC : L’origine du film n’est pas là. Après, j’ai toujours pensé que faire un film c’était trouver le dispositif de fabrication approprié à chacun. C’est vrai que mon premier court-métrage, Tous à la manif, était fait un peu comme Entre les murs, avec une bande de lycéens à qui j’avais laissé pas mal d’espace dans l’écriture. J’avais le sentiment d’avoir trouvé un début de méthode que j’ai p

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