Les rêves chaotiques d'Anne Bertoin

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 29 mars 2016

Photo : © Anne Bertoin, Le Hall


Ni soleil, ni lune indique le titre de la nouvelle exposition de la la peintre lyonnaise Anne Bertoin (jusqu'au 7 mai à la Galerie 48). Le décor est planté et la lumière asphyxiée dans de petites ou de grandes toiles souvent très sombres qui se "situent" aux confins de la conscience et de l'inconscient, de la perception éveillée et du flottement visuel onirique...

On devine, à travers des coulures nombreuses et des traces picturales gestuelles, ici une montagne enneigée, là l'intérieur vaste et triste d'un hangar abandonné. Le « monde est sans repères » précise encore l'artiste et visuellement, matériellement, en friches.

Et l'on ne sait si ce chaos pictural est voué à la ruine ou à une renaissance prochaine. Qu'importe au fond, car l'artiste, marquée autrefois par les grands espaces canadiens et le dripping d'un Pollock, propose aujourd'hui au spectateur un trajet visuel qui se déploie de lui-même, qui ne tend vers nul horizon mais se replie plutôt dans l'ombilic de l'intime et du rêve. JED


Anne Bertoin


Galerie 48 48 rue Burdeau Lyon 1er
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Topologies incertaines

ARTS | La Galerie 48 présente une vingtaine de toiles d'Anne Bertoin qui nous entraînent parmi des lieux imaginaires, à mi-chemin entre rêve et chaos. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 25 février 2014

Topologies incertaines

Face aux grands paysages ou espaces intérieurs (usines, bâtiments industriels...) d'Anne Bertoin, nous sommes d'abord comme stoppés dans notre "élan de voir". Arrêtés par un rideau de coulures, de taches neigeuses, de traînées désordonnées... Cet empêchement pictural est aussi une invitation à baisser les armes affûtées de la perception et de la conscience, à s'avancer sans repères au sein d'espaces étrangement inquiétants, de ruines, de traces chaotiques de l'inconscient, d'une topologie du rêve... «Le Rêve est une seconde vie écrit Gérard de Nerval dans Aurélia. Je n'ai pu percer sans frémir ces portes d'ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible... Nous ne pouvons déterminer l'instant précis où le moi, sous une autre forme, continue l’œuvre de l'existence. C'est un souterrain vague qui s'éclaire peu à peu, et où se dégagent de l'ombre et de la nuit les pâles figures gravement immobiles qui habitent le séjour des limbes...» Une fois ce seuil initiatique et plastique franchi, nous découvrons des lieux dévastés, des forêts déchiquetées et tourmentées et des usines abandonnées, où la présence humaine se réduit à

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