Astier en orbite

SCENES | Avec "L’Exoconférence", Alexandre Astier s’envoie en l’air direction l’espace pour y régler la question de la vie extra-terrestre. Un spectacle évidemment drôle, mais aussi érudit, ludique et qui rappelle qu’en plus d’être un grand auteur, Astier est un comédien génial. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 16 décembre 2014

Photo : © Loll Willems


Ne jamais aller là où on l'attend, tel est le credo d'Alexandre Astier, à la télévision, au cinéma ou sur les planches. Après un superbe solo sur Bach (Que ma joie demeure), le voilà qui s'offre un one-man-show scientifi-comique où il s'agit, des Grecs anciens à nos jours, de s'interroger sur la possible existence d'une vie extra-terrestre. Enfin, s'interroger…

Astier débarque sur le plateau un cornet de pop corn à la main, gominé et tiré à quatre épingles, prêt à délivrer sa leçon à l'assistance. Conférencier hi-tech nanti d'un ordinateur "féminin" capricieux — et hop ! voilà les sempiternels problèmes de communication chers à l'auteur qui s'invitent sur scène — et d'un écran géant sur lequel vont défiler preuves et contre-preuves des thèses qu'il avance, il ne s'embarrasse ni de débats, ni de dialectique. Fruit d'un long travail de recherches et d'entretiens, le spectacle ressemble à son personnage : à la fois sûr de son point de mire et prompt à toutes les digressions, rigoureux dans son approche scientifique et complètement ludique dans sa construction.

C'est une des très bonnes surprises de L'Exoconférence : Astier distend son fil rouge par une série de sketchs drôlissimes où il incarne tour à tour un disciple un peu dépassé de Ptolémée, un rédacteur en chef speedé d'un grand journal américain, une sommité scientifique alcoolique échouée dans un bouge mexicain… C'est ainsi l'occasion pour lui de rappeler son incroyable palette de jeu, chaque personnage possédant sa couleur, son registre de langage mais aussi son élasticité physique — de la raideur à l'affaissement.

Space : press reset

On trouve donc dans le spectacle d'authentiques moments de déconne pure — notamment ce running gag sur la plaque envoyée dans l'espace pour établir une communication avec une autre civilisation, ou encore cette fausse vidéo Youtube jouée volontairement avec les pieds — et de formidables trouvailles scénographiques — ce cylindre dont l'intérieur se transforme tour à tour en frigo, en toilettes de saloon, en sas de communication avec d'autres planètes ou en entrailles d'un ordinateur géant.

Mais Astier nous embarque surtout dans un courageux voyage où religions, superstitions et conspirationnisme sont judicieusement mis à mal. Après une séquence en forme de clin d'œil au 2001 de Kubrick, il opère un extraordinaire reset technologique, repartant à zéro ou presque — une bougie, un livre de Pascal — pour remettre en perspective sa propre passion, candide et enfantine, pour les étoiles. Le spectacle aurait pu s'arrêter là, mais Astier y a rajouté quelques appendices rappelant ses qualités de musicien et de pédagogue. C'est un peu démonstratif mais, comme le reste, d'une évidente sincérité.

L'Exoconférence
À la Bourse du travail, les 19, 20 et 21 décembre
Reprise au Radiant les 10 et 11 février et à l'Amphi 3000 les 26 et 27 septembre


Alexandre Astier

"L’Exoconférence "
Bourse du Travail 205 place Guichard Lyon 3e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

“Kaamelott – Premier Volet“ de et avec Alexandre Astier : le Retour du Roi

Comédie | À la fois prologue et poursuite de la série télévisée, film d’épée et de fantasy, épopée dramatique teintée de notes burlesques et d’éclats symphoniques, Kaamelott – Premier Volet marque le retour attendu de l’inclassable saga arthurienne comme celui du réalisateur Alexandre Astier. Une concrétisation artistique ouvrant sur une prometteuse trilogie.

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

“Kaamelott – Premier Volet“ de et avec Alexandre Astier : le Retour du Roi

Deux tailles, deux ambiances… La porosité est faible entre le petit et le grand écran. S’il arrive qu’un succès au cinéma trouve des prolongations en feuilletonnant à la télévision en version longue des sagas (Le Parrain, Jean de Florette/Manon des Sources) ou en donnant naissance à une déclinaison/spin off (M*A*S*H, Fame, L’Arme Fatale, Star Wars : Clone Wars, The Mandalorian…), plus rares sont les séries TV à atteindre les salles. Et encore : sous forme de reboot semi-nostagique, comme en témoignent Chapeau melon et bottes de cuir (1998), The Wild Wild West (1999), Starsky et Hutch (2004) ou The Man from U.N.C.L.E. (2015). Rares exceptions à ce jour, Espace détente (long métrage autour de Caméra café, 2005), Sex and the City (2008) ou Downtown Abbey (2019) ont poursuivi dans la foulée de leur diffusion — et avec leur distribution originale — des aventures conçues pour la récurrence télévisuelle. Mais elles ressemblaient surtout à des épisodes de luxe. Jusqu’à Kaamelott - Premier Volet, excep

Continuer à lire

Alexandre Astier : « vous croyiez connaître Arthur… »

Kaamelott | Alors que sort le mercredi 21 juillet le film plus attendu de l’année, Alexandre Astier revient sur la genèse et le tournage de "Kaamelott - Premier Volet". Écriture, personnages, musique, image, distribution… L’auteur-réalisateur-compositeur-interprète aborde tous les postes et ouvre des perspectives. Attention, spoilers ! Vous viendrez pas nous dire qu’on vous aura pas prévenus !

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

Alexandre Astier : « vous croyiez connaître Arthur… »

Dix ans se sont écoulés entre la fin du Livre VI de la série télévisée et Kaamelott - Premier Volet. La même durée dans la fiction pour les personnages (donc l’équipe) que pour le public… Néanmoins, vous avez vécu à la fois avec et sans Arthur durant tout ce temps puisqu’il a été celui de la préparation du film… Alexandre Astier : Il y a déjà un avantage à cet arrêt : la série se termine sur un mec lui-même à l’arrêt, plus du tout concerné par ce qui se passe dans une Bretagne sur laquelle il n’a plus aucun impact, et qui erre à Rome comme un clochard. Le royaume de Logres, aux prises avec ses anciens camarades, est devenu un état dictatorial mené par un taré, dans un bain de collaboration et de résistance. Du point de vue d’Arthur, comme ça ne le concerne plus, ça aurait pu durer vingt ou trente ans. Dire « je pars ; non, je déconne, en fait je reviens », ça ne peut pas marcher ! Il faut justement que celui qui ne voudrait pas revenir soit obligé de revenir sur une seule patte. L’autre avantage concerne l’écriture. À part quelques grands traits, je ne pouvais pas s

Continuer à lire

Alexandre Astier : « dans Kaamelott, il y a un mouvement de libération total du mec qui écrit »

Kaamelott Livre IV | Après une longue interruption (et avant la sortie du premier long-métrage issu de la saga), Alexandre Astier reprend la publication du texte intégral de la série "Kaamelott". La parution du "Livre IV" (aux éditions Télémaque), point d’inflexion dramatique et formel de son épopée arthurienne, est l’occasion d’une conversation édifiante avec l’auteur-interprète sur, notamment, son approche de l’écriture — du cambouis de la structure à la haute couture brodée main pour les acteurs —, mais aussi de battre en brèche certaines légendes. Trois cors, c’est parti…

Vincent Raymond | Jeudi 16 juillet 2020

Alexandre Astier : « dans Kaamelott, il y a un mouvement de libération total du mec qui écrit »

L’édition d’un scénario reste une sorte de paradoxe dans la mesure où il s’agit d’un “texte en bleu de travail“, un objet théoriquement invisible car il est en permanence contredit ou confirmé par le tournage. S’agit-il alors d’un témoin, d’un ouvrage de référence permettant des études comparées avec ce qui a été filmé, d’un outil pour d’autres comédiens ? Alexandre Astier : C’est difficile à dire. On pourrait même partir du principe qu’il ne devrait pas exister. Sur les gros films, les scénarii sont confidentiels, watermarkés, tout le monde y fait attention. Ceux des séries, c’est autre chose : tu en retrouves par terre à la cantine ; c’est un tel flux d’apports nouveaux que tu en balayes ! À l’époque de Kaamelott la série, on vivait très clairement dans le papier. Et la vie du scénario, c’est de mourir le soir : poubelle. D’autant que c’est un document technique ne concernant que ceux qui savent s’en servir, comme un blueprint, un plan de démont

Continuer à lire

Transmission réussie : "Astérix - Le Secret de la Potion Magique"

Animation | Un film de Louis Clichy & Alexandre Astier (Fr, 1h25) avec les voix de Christian Clavier, Guillaume Briat, Alex Lutz…

Vincent Raymond | Mardi 4 décembre 2018

Transmission réussie :

L’accident idiot : une branche qui rompt fait choir le druide Panoramix. Lequel y voit un signe des Dieux : penser à sa postérité et transmettre le secret de sa potion magique. Il part alors en quête d’un jeune successeur. Las ! Un confrère jaloux, le fourbe Sulfurix, a des vues sur la recette… Tombé dans la potion magique des mages Uderzo et Goscinny dès son plus jeune âge, Alexandre Astier en a gardé quelques séquelles — d’aucuns diraient même que les effets en sont permanents sur lui. Aussi n’avait-il eu guère de peine à enfiler les braies de ses aînés pour signer l’adaptation du Domaine des Dieux, où déjà affleuraient quelques velléités d’émancipation : tout en respectant le principe d’une histoire “astérixienne“, la langue et les attitudes évoluaient vers “l’astierisquien”. Entièrement original dans l’écriture, ce nouvel é

Continuer à lire

Alexandre Astier : « nos fantasmes d’enfant sont le réel matériau dans lequel on pioche »

Astérix - Le Secret de la Potion Magique | Alexandre Astier revient sur la recette de ce nouvel opus animé de la série Astérix, dont il partage la réalisation avec Louis Clichy. Où il sera question de Uderzo, de L’Île aux enfants, de Goldorak, de Marvel, de manga et d’une note de Kaamelott… Entretien exclusif. Attention : peut contenir des traces de spoilers…

Vincent Raymond | Mardi 4 décembre 2018

Alexandre Astier : « nos fantasmes d’enfant sont le réel matériau dans lequel on pioche »

Avec cette histoire originale, vous vous êtes retrouvé en situation d’apprenti devant obtenir la bénédiction du vénérable druide Uderzo. Au-delà de la mise en abyme, comment s’est déroulée cette transmission ? Alexandre Astier : La première fois que je lui ai présenté le pitch, il m’a dit qu’il ne pouvait pas rester un sujet fondamental qui n’aurait pas été traité en album — et ça se voyait que c’était sincère. J’avais peur du vieillissement parce qu'Astérix est un monde fixe : sans futur ni passé, ni vieillesse, ni mort, ni cheveux blancs, ni enfants pour remplacer les adultes. À chaque aventure, les personnages sont jetés dans une situation, s’en sortent et tout revient à la normale. Je crois qu’il a été touché par l’histoire. Est-ce qu’il l’a rapportée à lui ? Je n’en ai pas l’impression — je ne lui ai pas demandé. Mais je crois qu'il a voulu voir ce que ça allait donner, cette difficulté de trouver un successeur et le risque que cela comportait. En plus, Uderzo est très amoureux et

Continuer à lire

Astérix - Le Secret de la potion magique, en présence d'Alexandre Astier et Louis Clichy

Avant-première | Sa recette confidentielle se transmet de druide en druide depuis la nuit des temps ; il se murmure pourtant qu’elle pourrait bien être dévoilée au grand (...)

Vincent Raymond | Jeudi 15 novembre 2018

Astérix - Le Secret de la potion magique, en présence d'Alexandre Astier et Louis Clichy

Sa recette confidentielle se transmet de druide en druide depuis la nuit des temps ; il se murmure pourtant qu’elle pourrait bien être dévoilée au grand public dans Astérix - Le Secret de la potion magique… Rassurez-vous ; il y a peu de chance qu’un tel sacrilège soit ainsi commis par Alexandre Astier et Louis Clichy, de retour à la barre pour ce nouvel opus animé, adapté d’un sujet original. Prévu sur les écrans gaulois le 5 décembre, ce long-métrage effectue son avant-première nationale à Lugdunum (on est capitale des Gaules ou pas ?) en présence des deux auteurs, sous la haute bienveillance de Belisama, Belenos et Toutatis, évidemment. Les bardes sont autorisés, mais muselés. Astérix - Le Secret de la potion magique Au Pathé Bellecour ​le dimanche 25 novembre à 15h20 (et aussi à 11h et 13h30 au Pathé Carré de Soie)

Continuer à lire

Alexandre Astier à la Halle Tony Garnier bis

SCENES | L'Exoconférence connaît un tel succès que ce n'est finalement pas une, mais deux fois que son auteur et interprète la donnera à la Halle Tony Garnier l'année (...)

Benjamin Mialot | Lundi 2 novembre 2015

Alexandre Astier à la Halle Tony Garnier bis

L'Exoconférence connaît un tel succès que ce n'est finalement pas une, mais deux fois que son auteur et interprète la donnera à la Halle Tony Garnier l'année prochaine (le 13 et, désormais, le 14 février). Une date supplémentaire d'autant plus symbolique qu'elle marquera la centième représentation de cette très fine et très spectaculaire keynote du troisième type.

Continuer à lire

Pas juste pour rire

SCENES | L'année café-théâtre 2014 s'est terminée sur une création hors-normes comiques de Dominic Palandri (New York Paradis). Amusant hasard : 2015 débutera sur une (...)

Benjamin Mialot | Mardi 6 janvier 2015

Pas juste pour rire

L'année café-théâtre 2014 s'est terminée sur une création hors-normes comiques de Dominic Palandri (New York Paradis). Amusant hasard : 2015 débutera sur une tentative similaire de son complice Jacques Chambon, Les Sentinelles (20 février au Karavan), une intrigante «tragédie burlesque sur l’incapacité des hommes à se reconnaître dans l’autre». Autre auteur et metteur en scène pas-que-drôle, Jocelyn Flipo présentera lui Sale mentor (à

Continuer à lire

Astérix – Le Domaine des Dieux

ECRANS | Vivifiée par la verve et la rigueur de l’écriture d’Alexandre Astier et par un beau travail graphique de Louis Clichy, cette version animée des aventures d’Astérix et Obélix fait oublier les faux-pas des récentes adaptations live. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 25 novembre 2014

Astérix – Le Domaine des Dieux

C’est presque un effet de signature : discutant avec des sénateurs, Jules César se lance dans des métaphores animalières qu’aucun d’entre eux ne parvient à suivre. Les amateurs de Kaamelott apprécieront de retrouver dès la première séquence le goût d’Alexandre Astier pour les malentendus et les problèmes de communication qui ont fait sa marque. Le légionnaire à qui il prête sa voix doit d’ailleurs faire face à des frondes diverses où ses ordres sont constamment remis en question par la masse qui lui fait face, que ce soit ses propres troupes ou les esclaves et leur chef, très doué pour la rhétorique — géniale inversion des clichés. L’apport d’Astier — dont la quasi-acronymie avec le héros est troublante — à cette adaptation animée dont il est à la fois le scénariste et le co-réalisateur ne s’en tient pas là ; on sent chez lui un réel amour pour l’univers des irréductibles Gaulois, un plaisir enfantin à rester fidèle à l’esprit d’Uderzo et Goscinny. Cela suffit à faire la différence avec les deux derniers volets live qui couraient après

Continuer à lire

Alexandre Astier de retour au Radiant

SCENES | C'est au Radiant-Bellevue de Caluire que nous avons découverte L'Exonconférence d'Alexandre Astier. C'est au même endroit que l'on pourra la revoir les 10 (...)

Benjamin Mialot | Mardi 14 octobre 2014

Alexandre Astier de retour au Radiant

C'est au Radiant-Bellevue de Caluire que nous avons découverte L'Exonconférence d'Alexandre Astier. C'est au même endroit que l'on pourra la revoir les 10 et 11 février 2015 – ou à la Bourse du Travail, pour les chanceux qui ont pu obtenir des places pour les 19, 20 et 21 décembre. Profitons donc de cette bonne nouvelle pour nous replonger dans la genèse de cet impressionnant (d'érudition, d'ambition et d'aisance) seul-en-scène d'inspiration stellaire.

Continuer à lire

Astier, la tête dans les étoiles

SCENES | Assouvissant un vieux fantasme, celui de parler d’une potentielle civilisation extraterrestre, Alexandre Astier revient sur les planches après l’excellent "Que ma joie demeure" pour une "Exoconférence" mystérieuse qu’il créera au Radiant les 12 et 13 septembre. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 9 septembre 2014

Astier, la tête dans les étoiles

Les amateurs de Kaamelott ont pu, au fil de leurs visionnages intensifs de la série, se rendre compte à quel point le sujet de la vie extraterrestre travaille son créateur Alexandre Astier. Des mystères de Stonehenge à ceux des «crop circles», ces cercles de culture parfaits et inexpliqués, des dissertations de Perceval sur les étoiles aux clins d’œil à la science-fiction américaine, l’auteur-acteur a placé des références à ce qui reste pour lui une passion de toujours : l’astronomie, l’espace et l’hypothèse, à laquelle il souscrit, d’une forme de vie sur une autre planète que la nôtre. «Je faisais partie de ceux qui étaient bouleversés par la possibilité d’une civilisation extra-terrestre concomitante à la nôtre» confesse-t-il. Après le succès de Que ma joie demeure où il incarnait Jean-Sébastien Bach, Astier a donc décidé de retrouver la scène pour cette Exoconférence dont le programme est clair : «Réglons la question de la vie extraterrestre». Il insiste : «"Réglons la question…", pas "débattons" ou "parlons-en" ou "rouvrons la question". Non

Continuer à lire

Alexandre Astier en conférence

SCENES | Après la musique baroque, qu'il décortiquait avec autant de virtuosité que de délicatesse dans Que ma joie demeure !, le créateur de Kaamelott s'intéressera cet (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 2 avril 2014

Alexandre Astier en conférence

Après la musique baroque, qu'il décortiquait avec autant de virtuosité que de délicatesse dans Que ma joie demeure !, le créateur de Kaamelott s'intéressera cet automne à l'astronomie, le temps d'une Exoconférence qui entend rien moins que «régler la question de la vie extraterrestre». De quoi ravir les innombrables fans de son toujours très viral sketch sur la physique quantique. Ils seront tout aussi ravis d'apprendre que ce spectacle, qu'on devine comme les précédents hanté par l'idée de transmission, sera rodé au Radiant-Bellevue les 12 et 13 septembre, avant d'investir pour un mois la grande salle du Rond-Point à Paris (soit du 18 septembre au 19 octobre).

Continuer à lire

Passe ton Bach d’abord

SCENES | De la musique qu’il étudia au conservatoire et du théâtre où il fit ses armes avec ses parents, Alexandre Astier tire aujourd’hui une belle synthèse : "Que ma joie demeure", formidable solo où il se distribue dans le rôle de Jean-Sébastien Bach et revisite sous un nouveau jour ses obsessions d’auteur. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 17 décembre 2012

Passe ton Bach d’abord

Alexandre Astier a un don, un vrai : il a l’oreille absolue. En musique, avoir l’oreille absolue, cela signifie être capable de retranscrire une suite de notes simplement en écoutant de la musique. Jean-Sébastien Bach, qu’il incarne actuellement sur scène dans Que ma joie demeure, l’avait aussi, et Astier ne se prive pas d’y faire référence dans le spectacle. Ce don-là aurait sans doute pu lui suffire pour lui assurer une belle carrière de musicien : diplômé très jeune du conservatoire, il maîtrise de nombreux instruments — à une époque, son appartement faisait figure de home studio rempli de guitares, de percussions et de claviers — et il possède un domaine de prédilection, le jazz-rock, où il officie avec son instrument fétiche, la basse électrique. Mais l’oreille absolue d’Astier a trouvé un singulier prolongement avec son autre casquette, celle d’auteur-acteur-réalisateur. En effet, il a cette capacité, pour le coup peu scientifique mais avérée à l’usage, d’entendre jouer un comédien et de détecter immédiatement son registre idéal au point de pouvoir lui écrire une partition sur mesure qu’il n’aura ensuite aucun mal à exécuter. C’est pourquoi Astier

Continuer à lire

Date supplémentaire pour Alexandre Astier

SCENES | Une représentation supplémentaire de "Que ma joie demeure !" vient d'être fixée au samedi 23 décembre à 16h à la Bourse du travail de Lyon. La billeterie est d'ores (...)

Christophe Chabert | Jeudi 18 octobre 2012

Date supplémentaire pour Alexandre Astier

Une représentation supplémentaire de "Que ma joie demeure !" vient d'être fixée au samedi 23 décembre à 16h à la Bourse du travail de Lyon. La billeterie est d'ores et déjà ouverte Le spectacle d'Alexandre Astier sur Jean-Sébastien Bach, créé au printemps dernier au théâtre parisien du Rond-Point, affiche déjà complet pour les dates des 21 et 22 décembre. Le 31 décembre, "Que ma joie demeure !" se jouera aussi à l'Opéra-Théâtre de Saint-Etienne.

Continuer à lire

David et Madame Hansen

ECRANS | De la part du créateur de Kaamelott, rien ne pouvait laisser présager une entrée au cinéma aussi singulière que ce David et Madame Hansen. Loin d’exploiter un (...)

Christophe Chabert | Lundi 27 août 2012

David et Madame Hansen

De la part du créateur de Kaamelott, rien ne pouvait laisser présager une entrée au cinéma aussi singulière que ce David et Madame Hansen. Loin d’exploiter un filon, Alexandre Astier le prend à rebrousse-poil avec cette œuvre aussi mélancolique que l’automne sur le lac du Bourget, où se déroule une partie de l’action. On y voit un ergothérapeute fraîchement investi dans une clinique en Suisse (Astier lui-même, tout en retenue et chuchotements), qui doit s’occuper d’une patiente souffrant d’amnésie post-traumatique, Madame Hansen-Bergmann, qui porte sur le monde un regard imprévisible et d’une mordante lucidité. C’est le thème du film : la norme bousculée par une pathologie qui devient une forme de santé face à des êtres coincés dans leur conformisme. Astier l’aborde avec son habituelle maîtrise d’écriture, et une mise en scène d’une belle simplicité, même si elle se laisse parfois aller à quelques inutiles ralentis et fondus enchaînés. Ce qui touche dans David et Madame Hansen, c’est la manière dont Astier redouble la quête de communication entre les deux protagonistes par son propre dialogue de comédien avec une Isabelle Adjani impressionnante. Comme

Continuer à lire

Alexandre Astier au Théâtre de la Croix-Rousse

SCENES | C’est officiel : Alexandre Astier, le créateur de Kaamelott, viendra jouer son seul en scène sur Jean-Sébastien Bach, Que ma joie demeure, au Théâtre de la (...)

Christophe Chabert | Jeudi 1 mars 2012

Alexandre Astier au Théâtre de la Croix-Rousse

C’est officiel : Alexandre Astier, le créateur de Kaamelott, viendra jouer son seul en scène sur Jean-Sébastien Bach, Que ma joie demeure, au Théâtre de la Croix-Rousse du 12 au 26 juin. Les locations ouvriront le 4 avril…

Continuer à lire

La petite boutique de Kaamelott

CONNAITRE | Analyse / L'univers de Kaamelott est conforme au contexte historique dans lequel il s'inscrit. "L'action est coincée entre la chute de l'empire romain, (...)

| Mercredi 22 décembre 2004

La petite boutique de Kaamelott

Analyse / L'univers de Kaamelott est conforme au contexte historique dans lequel il s'inscrit. "L'action est coincée entre la chute de l'empire romain, l'avènement du christianisme, les invasions barbares, les bouleversements géopolitiques dans l'île de Bretagne, la fin des traditions celtes, la polygamie et les premiers préceptes monogames..." explique Astier. Mais, évidemment, on est loin de la vision d'un John Boorman avec Excalibur. Les personnages parlent dans une langue qui est un mélange d'argot lyonnais et de gouaille audiardienne (grande référence d'Astier), un langage "musical" que l'auteur fait littéralement chanter dans la bouche de ses acteurs. Quant à la mythologie, elle en prend aussi pour son grade : les chevaliers sont lâches, égoïstes et surtout particulièrement idiots. On retrouve là le goût d'Astier pour des personnages constamment à côté de la plaque, crétins inoffensifs dont il se moque avec une certaine tendresse, dans la lignée d'autres grands artistes du dialogue et de la caractérisation, les frères Coen. Les bases sur lesquelles la série se développe alternent trois types de sujets : "La partie professionnelle avec la vie militaire, la vie des chevaliers,

Continuer à lire

"Un terrain de jeu inépuisable"

ECRANS | Interview / Alexandre Astier, auteur, réalisateur, acteur et compositeur de la musique de Kaamelot Propos recueillis par CC

Christophe Chabert | Mercredi 22 décembre 2004

Petit Bulletin : Tu as tourné cent épisodes de Kaamelott. Comment as-tu travaillé les sujets ?Alexandre Astier : Il n'y a pas d'anachronisme, il n'y a que la langue qui est actuelle, tout le reste aurait pu se passer à l'époque. Personne ne se pointe avec une montre ou un autoradio. Sur les sujets, à part ceux qui traversent les âges et les siècles, et qui n'ont pas vraiment changé, comme les histoires de possessivité sentimentale, de doute professionnel ou d'inefficacité globale, il n'y a pas de références directes à l'actualité, ça aurait enlevé de la pérennité au projet ; j'aurais l'impression de rendre anecdotique ce que je suis en train d'écrire. Comment fais-tu pour te renouveler ?Je n'écris pas pour des personnages mais pour des comédiens. Je commence par les faire parler : j'allume l'ordinateur, je leur fais dire une ou deux phrases qui finiront peut-être à la poubelle. Au bout de quelques répliques, je commence à piger ce qu'ils sont en train de dire. Je sais alors de quoi je parle. Il y a tellement de sphères de toute façon... C'est un carrefour entre le médiéval fantastique et la réalité historique. C'est inépuisable comme terrain de jeu.

Continuer à lire

Appelez-le Arthur...

CONNAITRE | Télévision / Découvert sur les planches lyonnaises avec Le Jour du Froment, Alexandre Astier donne une suite à son court-métrage Dies Irae en reprenant le créneau de Caméra Café sur M6. Kaamelott : 3 minutes 30 quotidiennes pour découvrir les dessous burlesques des Chevaliers de la Table Ronde. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 22 décembre 2004

Appelez-le Arthur...

En 2002, Alexandre Astier s'offre une année faste... Alors qu'il écrit et interprète sous la direction de Jean-Christophe Hembert le formidable Jour du Froment au Théâtre de la Croix-Rousse, il prépare en parallèle un court-métrage intitulé Dies Irae. On y découvre les Chevaliers de la Table Ronde aux prises avec une réalité très quotidienne, glosant dans un langage contemporain très fleuri sur les problèmes qu'ils rencontrent dans leur quête (poussive) du Graal. Une galerie de portraits croqués avec ce sens du dialogue percutant qui est déjà en train de faire la réputation d'Astier, redoublé par sa prestation en Arthur colérique, loin de la noblesse habituelle du premier Roi de Bretagne. Dies Irae confirme l'aptitude d'Astier à travailler un rythme imparable, mais aussi, plus inattendu, son œil de réalisateur, le film étant composé avec un soin inattendu pour du court métrage comique. Les ratés de la table ronde"Mon agent m'a dit que cette idée marcherait bien dans un format court, explique Astier. Je n'aurais pas couru après un truc télé parce que ce n'est pas mon monde, mais elle avait raison, ça s'y prêtait. C'est pour ça qu'on a enquillé sur des pilotes autoproduit

Continuer à lire

Astérix aux jeux Olympiques

ECRANS | De Thomas Langmann et Frédéric Forestier (Fr-All-Esp-It, 1h55) avec Gérard Depardieu, Clovis Cornillac, Alain Delon, Benoît Poelvoorde...

Christophe Chabert | Mercredi 6 février 2008

Astérix aux jeux Olympiques

L'échec artistique de ce troisième Astérix, patent et douloureux, peut se résumer facilement. Le projet de blockbuster paneuropéen de Thomas Langmann voulait fédérer les talents de chaque pays coproducteur. Des talents, il y en a (Depardieu, Poelvoorde, Delon, Cornillac, Astier, Segura, Garcia...), mais chacun est réduit à jouer sa partition en solo, souvent dans le registre qu'on lui connaît déjà. Ni le scénario, basique, ni la réalisation, occupée à justifier le budget du film, n'assure le liant. Langmann tenait aussi à se démarquer de la vision donnée par Chabat dans le précédent volet, jugé trop «Canal». Pourtant, dès le monologue de Delon, ce que l'on voit à l'écran, c'est un immense acteur en train de jouer en live son guignol. Rupture tranquille, donc, qui au fil du film se déporte de la chaîne cryptée vers TF1, avec la sainte trinité variétoche/comédie populaire/sport en ligne de mire. Sur le modèle des superproductions américaines formatées, Astérix aux jeux Olympiques ne repose que sur des équations marketing hasardeuses où chaque séquence est supposée répondre aux attentes d'une catégorie de spectateurs. C'est l'aveu terrible des 15 dernières minutes où il n'

Continuer à lire