La Tawa est en toi

Niko Rodamel | Mardi 30 juin 2015

Photo : Kenny Mc Cracken


Il emprunte peut-être son nom au premier album live du groupe Zebda, mais d'ailleurs peu importe, désormais la Tawa est avant tout un bien sympathique festival qui a fait tranquillement sa place en l'espace de cinq ans auprès du public étudiant, mais pas que. La particularité de la Tawa est d'être un festival gratuit et totalement décomplexé, avec une philosophie sans prise de tête : « Les amis, la musique, la bonne bière (NDLR : à boire avec modération blabla...), l'air frais de Planfoy, c'est ça la Tawa ! » Deux jours de musiques et d'animations, deux jours à la cool sur l'herbe grasse du stade communal, avec des navettes qui relient la festival à la place Bellevue jusqu'à tard dans la nuit. Côté programmation, nous retiendrons l'excellent King Porter Stomp, un groupe de huit musiciens anglais qui livre avec une énergie folle un cocktail explosif de ska, dub, funk et hip-hop débridés. Fanfares, contes, danses et numéros de cirque viendront ponctuer les deux jours de fête. « Le festival survit grâce à votre faim et votre soif, si vous voulez qu'il reste gratuit, venez vous rassasier au snack et trinquer à la buvette ! » C'est ça aussi, la Tawa ! Niko Rodamel

King Porter Stomp, samedi 4 juillet à Planfoy, dans le cadre du Festival La Tawa


Los Chamanes cosmicos + Z3bra Trio + Fanfare Radio Kaizman + Azad Lab + King Porter Stomp + Orfaz

Funk, blues rock, swing électro hip hop, brass band hip hop, live bass music
Stade de Planfoy Centre-ville Planfoy
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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“Bergman Island” de Mia Hansen-Løve : Île en faut peu pour être Fårö

Cannes 2021 | Une réalisatrice sur l’île d’un réalisateur autofictionne sa relation avec un autre réalisateur et signe un film faisant penser à un autre réalisateur. On préfère le cinéma de Mia Hansen-Løve quand il s’intéresse aux histoires des autres qu’aux récits à peine transformés de sa propre existence.

Vincent Raymond | Lundi 6 septembre 2021

“Bergman Island” de Mia Hansen-Løve : Île en faut peu pour être Fårö

Chris et Tony, un couple de cinéastes, débarque sur Fårö, l’île où vécut Ingmar Bergman (et où demeure son empreinte) pour écrire, chacun s’attelant à son projet personnel. Entre les obligations liée à la résidence artistique de l’un, le désir (ou la nécessité) d’explorer l’univers bergmanien, les impasses narratives de l’autre, le couple perd un peu de son harmonie et la fiction contamine le réel… Un vent de déjà-vu traverse ce bien sage ego-fan-trip où Mia Hansen-Løve ne se donne pas vraiment la peine de dissimuler les visages derrières les personnages : Tony, c’est Assayas et Chris… eh bien c’est elle. Deux artistes ensemble, unis par le métier et une enfant, mais dissociés par l’impossibilité de construire conjointement une famille équilibrée et chacun leur œuvre. Une incapacité qui les rapproche de Bergman, ou du moins que Fårö semble révéler à Chris : quand Tony avance dans son écriture et est célébré par les insulaires, elle se trouve en proie aux doutes, aux atermoiements, son stylo tombant régulièrement (et symboliquement) en panne sèche… Resnais suédé

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"Honeyland" : Elle en connaît un rayon

ECRANS | ★★★☆☆ De Tamara Kotevska & Ljubomir Stefanov (Mac., 1h26) avec Hatidze Muratova, Nazife Muratova, Hussein Sam…Sortie le 16 septembre

Vincent Raymond | Mercredi 9 septembre 2020

Ultime apicultrice traditionnelle des montagnes macédoniennes, Hatidze vit isolée en compagnie de sa vieille mère impotente. Sa relation apaisée à la nature est chamboulée par l’installation à côté de chez elle d’une smala folklorique et inconséquente qui va parasiter ses ruches… Ce documentaire étonne à plus d’une enseigne. Par son esthétique, tout d’abord : miracle d’une photographie parfaitement composée et contrastée, capable de magnifier l’âpreté des décors, la misère des intérieurs, l’ingratitude des physiques. Par sa forme, ensuite : si l’on sait qu’un documentaire est souvent scénarisé, celui-ci présente une construction dramatique d’une impeccable linéarité pouvant rivaliser avec nombre de fictions (donc celles de Kusturica, pour rester dans l’ambiance et la proximité géographique ; mais sans la musique) tant la caméra sait anticiper certaines séquences-clefs, tant les rebondissements sont variés. Un hymne à l’or liquide des travailleuses du miel, à une lisière aussi flou que troublante entre cinéma et réel.

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Tiken Jah de retour à Sainté

Reggae | Vous l'avez loupé cet été pour son retour au Foreztival ? Pas de panique, Tiken Jah Fakoly sera de retour dans la région, à Saint-Étienne, pour réchauffer le début (...)

Nicolas Bros | Mardi 20 août 2019

Tiken Jah de retour à Sainté

Vous l'avez loupé cet été pour son retour au Foreztival ? Pas de panique, Tiken Jah Fakoly sera de retour dans la région, à Saint-Étienne, pour réchauffer le début du mois de décembre. Ce sera du côté du Fil, le jeudi 5 décembre que le chanteur africain viendra éveiller les consciences autour de l'inaction écologique avec son nouvel album, Le monde est chaud, qui replace le débat autour de l'urgence climatique. Tiken Jah Fakoly, jeudi 5 décembre au Fil

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Adrien Marty, seul maître à board

GUIDE URBAIN | Tout sourire au milieu de ses boards, sweats et autres équipements pour skateurs, Adrien Marty a fait son bout de chemin dans les rues de Sainté. Et depuis qu'il a ouvert l'Appart Skateshop il y a douze ans et demi, tout roule pour lui !

Antoine Desvoivre | Mardi 20 août 2019

Adrien Marty, seul maître à board

Pour beaucoup c'est un hobbie, lui, il en a fait sa vie. Tout en tenant sa boutique l'Appart Skateshop, Adrien Marty trouve le temps d'organiser des concerts, des contests (compétitions NDLR) de skateboard et de sillonner les rues de Sainté sur sa planche, plus que sur ses pieds. Voilà un skateur aux nombreuses casquettes ! C'est dans sa Villefranche-sur-Saône natale, qu'il a découvert ce sport qu'il n'a plus jamais lâché. « J'ai commencé à rouler à quatre ans, et c'est vers quinze ans que j'ai commencé à faire des tricks (figures NDLR) » explique le jeune homme. Pour lui, le skate devient, dès lors, une véritable passion. « quand je me suis mis vraiment à skater à fond, je savais que je voulais vivre de ça » se souvient-il. Sa première envie est de devenir prof de skate au Club Med mais « être prof de skate, ça n’existait pas vraiment à l'époque. » Loin de se laisser décourager, il trouve rapidement un boulot dans une boutique de Tassin-la-Demi-Lune. C'est en 2005 qu'il emménage à Saint-Étienne où, après deux ans, il se met à son compte en ouvrant l'Appart Skateshop. Nouveau terrain de jeu

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Le bonheur est dans le pré

La Tawa | Avec une programmation tous azimuts sur deux jours et un esprit festif sans chichis, la Tawa reste LE festival franchement barré du début d'été. Nous avons (...)

Niko Rodamel | Mardi 2 juillet 2019

Le bonheur est dans le pré

Avec une programmation tous azimuts sur deux jours et un esprit festif sans chichis, la Tawa reste LE festival franchement barré du début d'été. Nous avons repéré pour vous deux formations qui, à elles seules, valent le détour... Bad Fat est un brass band qui dépote, puisant son énergie du côté des marching bands de la Nouvelle-Orléans, mais dont les influences sont multiples puisqu'il passe au shaker jazz, hip hop, rap, reggae et rock. Jay Ree et Napoleon Maddox se livrent sans relâche une joute verbale que la puissance des cuivres et des percus décuple brillamment... Avec Zackarose (qui n'est pas en zucre, bien au contraire), on décolle pour une toute autre planète. Avec sa guitare et ses machines infernales, le musicien lyonnais ne cesse de faire évoluer son univers musical fait de blues, d’électro, de dub et de trip-hop. Les synthétiseurs lâchent des sons aux textures très inspirées et des beats plutôt addictifs. Repéré en 2017 par le Sziget Festival, Zackarose a depuis sorti quelques pétites dont l'excellent EP The fall. La Tawa, vendredi 5 et samedi 6 juillet, stade de Planfoy

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Trelins s'envole

Foreztival | Trelins, petit village du Forez, accueille chaque été l'un des plus grands festivals régionaux de l'été. Son nom ? Le Foreztival. Pour sa (déjà) 15e édition, le rassemblement enchaîne les noms alléchants dans tout ce qui se fait de mieux actuellement en rap, rock, reggae, sono mondiale... Courte et cornélienne sélection. Nicolas Bros et Niko Rodamel

La rédaction | Mardi 2 juillet 2019

Trelins s'envole

Tropique au compteur Au fil de ses pérégrinations (dont une longue pause de huit années à Cali), le trompettiste-producteur Etienne Sevet enchaîne les carnets de voyages sonores, pour lesquels il s'entoure à chaque fois de précieux musiciens et chanteurs. Les deux derniers albums du groupe (Satingarona pt. 1 et Satingarona pt. 2) tissent un suave mix afro-caribéen, baladant l'auditeur des déserts ouest-africains à la mangrove colombienne, en passant par les Antilles, Soweto, Port-au-Prince ou encore Douala. NR The Bongo Hop, vendredi 2 août à 20h35 Urgence climatique France-Afrique, pillage des richesses, oppression et corruption, les textes de Tiken Jah Fakoly n'épargnent personne. Prônant l'unité du peuple noir et défendant notamment l'idée d'Etats-Unis d'Afrique, il est devenu en vingt ans et une dizaine d'albums l'une des voix les plus influentes de son continent. Le reggae engagé de Tiken tente d'éveiller les consciences et son tout nouvel album, Le monde est chaud

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Des Oreilles affûtées

Festival chanson | Depuis 1991, le festival Les Oreilles en Pointe fait vibrer dans la vallée de l'Ondaine - mais pas seulement - les sonorités francophones d'où qu'elles viennent. L'édition 2019 du festival se recentre sur cinq soirées hautes en couleurs !

Nicolas Bros | Lundi 24 juin 2019

Des Oreilles affûtées

Il en existe de nombreux festivals destinés à la chanson en France. Parmi ceux-là, Les Oreilles en Pointe possèdent une saveur un peu particulière. Est-ce sa configuration étendue sur la vallée de l'Ondaine et au-delà ? Serait-ce à cause des choix artistiques orientés chanson francophone très large – notamment vers des régions souvent peu mises en valeur dans l'Hexagone telles que l'Acadie... ? Difficile à dire mais toujours est-il que le festival existe désormais depuis 1991 et donne chaque année à écouter des découvertes et des valeurs sûres s'enchaînant dans un mois de novembre où la tendance va plutôt au confinement à domicile... Miossec, Barcella mais aussi les premières nations du Grand Nord Canadien Comme chaque année, le festival propose sa liste de jolis noms et de têtes d'affiches. Cette année, citons le retour du Breton Christophe Miossec (qui a sorti son onzième album studio en 2018 intitulé Les Rescapés), le poète sautillant Barcella et l'éternel Renan Luce. Au rayon des découvertes, Alexandre Castillon (lauréat du tremplin des Polysons de Montbrison en 2018) et la "folkeuse" suissesse Meimuna devraient régaler les spectateurs.

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"Dieu existe, son nom est Petrunya" : La croix et la manière

ECRANS | Ayant perturbé par accident une tradition religieuse masculine, une jeune femme a défié l’équilibre passéiste de son village macédonien. Prise en étau entre le sabre et le goupillon, elle ne renonce pourtant pas à son bon droit. Un conte moral corrosif et une actrice d’enfer.

Vincent Raymond | Jeudi 2 mai 2019

Stip, en Macédoine. Trentenaire, surdiplômée, corpulente, célibataire, Petrunya est dotée d’un solide tempérament. Elle le prouve en se jetant à la rivière pour attraper la croix porte-bonheur lancée par le prêtre de la paroisse aux hommes du village. À leur grand dam. Mais malgré les intimidations physiques et policières la pressant de rendre la croix, Petrunya n’en démord pas : elle l’a gagnée. Et son histoire, devant les caméras, devient une affaire nationale. Comment une tradition, en apparence bon enfant, apparaît comme le symptôme d’une société figée dans le jus rance du conservatisme : certains rites étant les faux-nez justifiant la survivance d’archaïsmes perpétuant ici le patriarcat, ailleurs la xénophobie, la haine du roux, de l’albinos ou du gay ; bref, tout ce qui n’est pas conforme à l’identité de la communauté, au sens “d’équivalence avec la majorité dominante“ — et désirant le rester. Faut-il que la gent masculine se sente menacée pour rugir en meute infantile contre le “sacrilège“ de Petrunya, obligeant le pouvoir temporel, vassal du spirituel, à enfreindre la loi en la retenant arbitrairement ? À un

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"Fugue" : Fermez la parenthèse

ECRANS | De Agnieszka Smoczynska (Pol.-Tch.-Sué., 1h40) avec Gabriela Muskala, Lukasz Simlat, Malgorzata Buczkowska…

Vincent Raymond | Jeudi 2 mai 2019

Sortie de nulle part, Alicja a échoué sur un quai de métro, amnésique. Deux ans plus tard, elle est identifiée par sa famille et se découvre un époux (qui a refait sa vie), un fils, des parents, une existence rangée, loin de sa nouvelle apparence plus “déstructurée“. Pourra-t-elle s’y réintégrer ? La réelle question posée par Fugue n’est pas tant la possibilité de restaurer sa mémoire et sa vie passée, mais plutôt le droit à “l’évaporation“ telle qu’évoquée jadis par Imamura — fût-elle comme ici accidentelle. L’amnésie ayant transforme Alicja en une personne différente (et lui ayant conféré une nouvelle identité) elle se trouve confrontée à un traumatisme supplémentaire : se soumettre à un désir de conformité social qui lui est totalement étranger. Comment en effet éprouver sur commande un amour viscéral pour de parfaits étrangers ? Elle et sa famille ont fait leur deuil ; il leur est pourtant imposé de reprendre le cours de leur vie commune, comme si de rien n’était. Déroutant, voire perturbant si l’on s’en tient aux critères habituels du récit raccomm

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Dub Inc s'engage pour SOS Méditerranée

MUSIQUES | Le groupe stéphanois s'engage pour l'association SOS Méditerranée en produisant aux côtés de nombreux autres artistes reggae et dub (Taïro, Naâman, Balik, (...)

Nicolas Bros | Vendredi 22 février 2019

Dub Inc s'engage pour SOS Méditerranée

Le groupe stéphanois s'engage pour l'association SOS Méditerranée en produisant aux côtés de nombreux autres artistes reggae et dub (Taïro, Naâman, Balik, Jahneration, Broussaï, Mellow Mood, Skarra Mucci, Awadi, Raphaël, Solo Banton) le morceau À travers les vagues disponible sur YouTube.

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Trois premiers noms pour le Foreztival

Festival | Le Foreztival de Trelins fête sa 15e édition les 2, 3 et 4 août prochains. L'occasion de balancer de gros noms et ça commence déjà avec les trois premiers qui (...)

Nicolas Bros | Vendredi 1 février 2019

Trois premiers noms pour le Foreztival

Le Foreztival de Trelins fête sa 15e édition les 2, 3 et 4 août prochains. L'occasion de balancer de gros noms et ça commence déjà avec les trois premiers qui sont le rappeur Vald, Thérapie Taxi et Ska-P. Ça s'annonce chaud du côté du Forez cet été.

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"Paddy, la petite souris" : Histoire pour les petits et les glands

ECRANS | de Linda Hambäck (Suè., 1h01) avec les voix de (v.o.) Stellan Skarsgård, Melinda Kinnaman, Felix Herngren…

Vincent Raymond | Mardi 11 décembre 2018

Un vol de noisettes à été commis et l’écureuil porte ses soupçons sur la renarde, qui terrorise toute la forêt. Menant son enquête, Gordon, le commissaire crapaud découvre une petite souris sans nom mais débrouillarde dont il fait son adjointe, puis sa successeur. Il la baptise Paddy… Dans cette histoire à l’univers doux mais au graphisme un peu incertain — pour preuve, la renarde vue de face ressemble à… euh… on ne saurait pas trop quoi dire avec un museau écrabouillé —, ce qu’il faut surtout retenir, c’est de tirer les leçons de morale à la nordique. D’abord, qu’on n’accuse pas sans preuves. Ensuite, que la forêt apparaît comme un formidable exemple de méritocratie, puisqu’une souris SDF peut devenir cheffe de la police grâce à la confiance des autres et à ses facultés. On notera, au passage, l’influence grandissante de L’Âge de glace : les graines, noix et autres fruits secs sont en effets tous ici désignés sous le vocable générique de “noisettes“. C’est aussi valables pour les glands.

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"Sans jamais le dire" : Aux yeux du monde

#MeToo | de Tereza Nvotová (Slo.-Tch., 1h28) avec Dominika Zeleníková, Anna Rakovska, Anna Sisková…

Vincent Raymond | Mercredi 17 octobre 2018

Ado radieuse, Léna a l’avenir devant elle et pour seuls soucis des chamailleries avec son frère ou ses difficultés en maths. Par chance, son prof — qui fait craquer toutes ses copines — lui donne des cours particuliers à domicile. Un jour, ce dernier abuse d’elle. Traumatisée, Lena se tait… Le cinéma va-t-il permettre de libérer la parole sur le sujet du viol commis par un proche ? Quelques semaines avant la sortie des Chatouilles, dont la rumeur n’est plus à faire, ce film suit une ligne voisine : casser un tabou. Sauf qu’ici, le traitement est ultra réaliste et que la victime est plus âgée. Le prédateur, quant à lui, conserve la même emprise orbitale en demeurant à faible distance : une menace fantôme perçue comble de l’horreur comme bienveillante par tous les autres membres de la famille. Avec ce film sobre, il ne s’agit pas de faire le procès, bien commode, d’un entourage aveugle aux abominations commises sur ses enfants par un “tiers de confiance“, ni de le rendre paranoïaque. Mais de lui faire prendre conscient d’une réalité visqueuse tout en incit

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À la cool

La Tawa (Loire) | Sur les hauteurs de Planfoy, l'équipe de la Tawa propose pour la huitième année un des festivals les plus décontractés de l'été ligérien en mode pieds nus dans la verdure, avec pour autant une programmation musicale qui tient la route. Cette année, en tête d'affiche, le groupe Zenzile.

Niko Rodamel | Mardi 3 juillet 2018

À la cool

La Tawa c'est sympa. C'est le festival cool par excellence, à seulement quelques encablures de la cité stéphanoise, sur l'herbe grasse du stade municipal, sans prise de tête, familial un peu, estudiantin beaucoup, musiques et bonne tambouille pour un prix franchement modique. La programmation se veut éclectique, il y en a vraiment pour toutes les oreilles, on vient quand on veut, on peut même apprendre à jongler et pourquoi pas camper sur place. Nous remarquerons cette année le puissant afro-latin core du combo colombo-lyonnais Pixvae (le 6 juillet), ou le décapant et très cuivré electro-brass du groupe Le Bonk (le 7). Nous retrouverons aussi avec plaisir le Brass Band des Po'Boys, le collectif qui monte qui monte qui monte, complètement boosté depuis son séjour en immersion à La Nouvelle-Orleans (trois déambulations le 7). Atmosphérique Autre rendez-vous à ne pas manquer, le concert de Zenzile (le 6) : le groupe angevin tourne actuellement avec un nouveau projet, Elements, où la musique et l'image ne font qu'un au service d'un show poignant qui parle au bide, tantôt planant, tantôt dansant, entre électro dub unlimited et dark pop rock, quelque

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"Frost" : Ça craint en Ukraine

Là-balte si j’y suis | de Šarūnas Bartas (Lit.-Fr.-Ukr.-Pol., 2h) avec Mantas Janciauskas, Lyja Maknaviciute, Andrzej Chyra, Vanessa Paradis…

Vincent Raymond | Mardi 27 mars 2018

Pour dépanner un ami, Rokas et Inga acceptent de convoyer une camionnette humanitaire de Lituanie en Ukraine. Sauf que la zone n’est pas si facile d’accès en période de guerre — une guerre dont Rokas n’avait même pas idée, et qui intrigue ce jeune homme sans but… Cinéaste du politique, voire du géopolitique, Bartas ne pouvait rester insensible à la situation ukrainienne et au chaos qu’elle produit. Un chaos mâtiné d’incertitudes et de danger, conforme à l’ambiance inquiétante de ses premiers films, explorant par la contemplation le flou des frontières et de l’attente. Pourtant, c’est par une structure des plus linéaires que Bartas engage son récit : il faut que ses deux protagonistes se perdent, littéralement ; qu’ils éprouvent la réalité de la guerre en discutant avec des “humanitaires” pour qu’ils se trouvent — ou du moins parviennent à orienter leur boussole intérieure. La curiosité de Rokas, cette irrépressible pulsion le menant au plus près du danger — histoire d’en apprécier la réalité mais aussi de tester le hasard — rappelle la démarche de John Locke, héros de

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NakSooKhaw veut optimiser

Raggap | Après plusieurs expériences en groupe avec Full Faya et Art’maniak, le rappeur stéphanois Méca a commencé une carrière solo avec notamment un album (...)

Nicolas Bros | Jeudi 1 février 2018

NakSooKhaw veut optimiser

Après plusieurs expériences en groupe avec Full Faya et Art’maniak, le rappeur stéphanois Méca a commencé une carrière solo avec notamment un album sorti en 2013 et intitulé Le devoir nous appelle. Puis, l'envie de reprendre une aventure en groupe a été plus forte. Mais au-delà de seulement repartir de l'avant avec un groupe, Méca a décidé de faire bouger ses lignes artistiques. Voilà comment NakSooKhaw a vu le jour, mélangeant le flow hip-hop du chanteur aux rythmes reggae-dub d'un quatuor constitué par des musiciens issus de la scène stéphanoise (notamment des formations telles que Datune, Jah Gaïa ou Souls Sonics). Leur style ? Le "raggap". Rien de révolutionnaire ici mais des compositions de qualité qui s'apprécient à leur juste valeur. Produit par le célèbre Sam Clayton Jr., le premier album de la formation, intitulé Optimise, propose une vision d'ensemble de son univers, dans la même veine que les symboles Dub Inc. Si vous en doutiez, cet album vient confirmer que Saint-Étienne est définitivement une ville possédant une scène reggae et dub très active. NakSookhaw - Optimise [R'Pur Prod et Urban Conception] ; sortie le 9 février

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"Borg/McEnroe" : Gazon béni

ECRANS | Le réalisateur danois Janus Metz Pedersen autopsie le parcours de deux totems du sport contemporain (le Suédois Björn Borg et l'Étatsunien John McEnroe) à l’occasion du non moins légendaire match les opposant en 1980 sur le green britannique. Trop de la balle pour mesurer en cinq sets la tragique gravité du tennis et sa haute cinégénie.

Vincent Raymond | Mercredi 8 novembre 2017

Wimbledon, 1980. Quadruple tenant du titre et n°1 mondial, Björn “Ice” Borg est défié en finale par son dauphin au classement ATP, un jeune Étasunien irascible réputé pour son comportement de voyou sur les courts. Contrairement aux apparences, les deux se ressemblent beaucoup… Si l’on parle volontiers du terrain de sport comme d’une arène ou d’un “théâtre”, le court de tennis est, au même titre que le ring, apte à cristalliser des dramaturgies hautement cinématographiques. Quant à cette la finale opposant Borg à McEnroe, elle va bien au-delà de l’épithète “anthologique” : Serge Daney écrivait que l’on touchait ici aux “beautés de la raison pure.” Le film ne se cantonne pas à une reconstitution méthodique du match épique. Sa réalisation rend justice à la grâce et la pugnacité des deux athlètes, sculptant par un montage acéré l’incomparable chorégraphie des échanges. Le bouillant Shia LaBeouf s’empare de la raquette de l’explosif gaucher avec un mimétisme raisonnable : nul autre que lui n’aurait été crédible dans ce rôle. Quant à son partenaire Sverrir Gudnason, il révèle

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L'Entourloop sait faire

Chronique album hip-hop/reggae | Toujours dans la même veine festive, le collectif stéphanois L'Entourloop sort un nouvel opus naviguant entre reggae et hip-hop, intitulé Le Savoir Faire. (...)

Nicolas Bros | Mardi 19 septembre 2017

L'Entourloop sait faire

Toujours dans la même veine festive, le collectif stéphanois L'Entourloop sort un nouvel opus naviguant entre reggae et hip-hop, intitulé Le Savoir Faire. Produit avec une tripoté de featurings allant des habituels N'Zeng, Soom T et Troy Berkley aux inédits Kill Emil, Biga*Ranx, Blimes Brixton, Rodney P ou Ras Demo, cet album comporte 18 titres cohérents. Suivant une cohérence de bout en bout, telle une mixtape du "bon vieux temps", le disque poursuit le travail engagé par leur premier album Chickens in Your Town sorti en 2015. Les Stéphanois s'imposent avec savoir-faire et énergie en sortant une galette qui démontre l'ambition de ce projet qui traverse les frontières. L'Entourloop, Le Savoir Faire, sortie le 22/09

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“Ça” commence aujourd'hui

"Ça" | de Andrés Muschietti (E.-U., int.-12 ans, 2h15) avec Bill Skarsgård, Jaeden Lieberher, Finn Wolfhard…

Vincent Raymond | Lundi 18 septembre 2017

 “Ça” commence aujourd'hui

1988. Sans le savoir, la petite ville de Derry abrite depuis des siècles dans ses égouts une créature protéiforme se déguisant en clown pour attraper ses proies : les enfants. Mais le Club des Ratés (des gamins considérés comme ringards), va oser affronter le monstre… et ses peurs. Le public eût sans doute apprécié de savoir que cette (longue) adaptation de Stephen King ne couvrait que la moitié du roman : il faut en effet attendre le générique de fin pour découvrir un timide “Chapitre un”, promesse d’une suite. Oh, cela n’empêche pas de comprendre l’histoire, mais ne la boucle pas tout à fait. Et explique certainement que Muschietti se soit abandonné à un empilement de séquences répétitives, au lieu de chercher à concentrer l’angoisse. Bien sûr, la qualité du script initial et des effets spéciaux rend le spectacle convenable ; les apparitions de Grippe-Sou le clown obéissent aux lois du genre (surprise, gros plans, zooms avant, fixité sardonique etc.) et sont donc d’une totale efficacité. Il manque cependant le pendant adulte à l’épopée de ces téméraires Goonies pour lui donner

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Tous au stade

La Tawa (Loire) | Rendez-vous estudiantin de début juillet, la Tawa à Planfoy est devenue le festoche à ne pas rater pour commencer dans une "good vibe" l’un des mois les (...)

Niko Rodamel | Mardi 4 juillet 2017

Tous au stade

Rendez-vous estudiantin de début juillet, la Tawa à Planfoy est devenue le festoche à ne pas rater pour commencer dans une "good vibe" l’un des mois les plus chauds de l’année. Et pour sa septième édition, le festival n’a que faire de l’âge de raison ! Après le trail à saute mouton organisé le 1er juillet par l’asso PIF (Plans et Idées Foireux), se succéderont pendant deux jours, sur l’herbe et sur scène, une bonne douzaine de groupes entre musique et arts du cirque. À découvrir notamment les Toulousains de l’Anakronic Electro Orkestra et son electro klezmer hip-hop, les Bourguignons de l’Impérial Kikiristan ou encore la bien nommée chorale féminine et féministe, le Vulvet Underground (il fallait oser, bravo les filles !)… Dans la famille "dreadlocks", une des belles découvertes de la Tawa sera sans doute The Sunvizors qui décline un bon vieux reggae roots sous des influences soul et trip hop toujours bien senties. L’originalité et la force du groupe doit beaucoup à la présence de la chanteuse dont la voix profonde présente un timbre très particulier. Comme souvent dans le reggae, les lyrics balaient les thèmes de l’amour, de l’unité ou encore du respect dans la diver

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Alors on transe

Sono mondiale | La Tawa propose une grosse soirée festive dans l’ancienne gare du Clapier, devenue en quelques mois le nouveau lieu incontournable de la scène stéphanoise. (...)

Niko Rodamel | Mardi 2 mai 2017

Alors on transe

La Tawa propose une grosse soirée festive dans l’ancienne gare du Clapier, devenue en quelques mois le nouveau lieu incontournable de la scène stéphanoise. En plus de deux groupes qui valent aussi le détour (Ceux qui marchent debout + Yeah Men Selekta), Radio Tutti et ses Barilla Sisters mèneront la danse dans une ambiance sans frontières qui promet d’être survoltée. Radio Tutti est un collectif de musiciens issus de diverses formations régionales, lesquels se retrouvent ici pour jouer une musique fraternelle et métissée qui s’inspire des bals du sud de l’Italie, embarquant le spectateur dans une transe franchement compulsive. On retrouve une magnifique doublette de chanteuses-instrumentistes, Pauline Rivière (chant, tambourin, ukulélé) et Judith Chomel (chant, accordéon), qu’accompagnent des musicos de haute volée qui tous jouent aussi des percussions : Pierre-Alexis Lavergne (claviers, guitares, mandoline), Xavier Savin (basse), Franck Boyron (trombone) et Baptiste Sarat (trompette)… Eh bien : dansez maintenant ! Radio Tutti feat. Barilla Siste

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Delort, de l'amour et Eska

Hip-hop | Le rappeur stéphanois Eska continue de surprendre. APrès des duos avec Ladybug and The Wolf ou Leïla Huissoud, c'est avec le chanteur lyonnais Louis Delort (...)

Nicolas Bros | Lundi 10 avril 2017

Delort, de l'amour et Eska

Le rappeur stéphanois Eska continue de surprendre. APrès des duos avec Ladybug and The Wolf ou Leïla Huissoud, c'est avec le chanteur lyonnais Louis Delort (The Voice, 1789 : Les Amants de la Bastille) qu'il propose Amour, nouveau morceau du "puzzle" musical composant son prochain EP.

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Reggae pas triste

Reggae | Inutile de (re)présenter Patrice, artiste geramno-sierra léonais aux multiples influences : soul, funk et bien sûr reggae. Il a déjà conquis le public des (...)

Nicolas Bros | Mercredi 1 mars 2017

Reggae pas triste

Inutile de (re)présenter Patrice, artiste geramno-sierra léonais aux multiples influences : soul, funk et bien sûr reggae. Il a déjà conquis le public des salles d’Europe avec son envoutant Soulstrom il y a une dizaine d’années. Il revient à Saint-Etienne avec son album sorti en automne 2016, Life’s blood, dans lequel nous reconnaissons aisément l’influence de ces nouveaux producteurs le duo Picard Brothers et Diplo (Madonna, Major Lazer, Beyoncé), notamment sur la chanson Burning Bridges. La première partie sera assurée par Noraa la petite protégée de Patrice qui est également son producteur. Allemande aussi mais d’origine tchadienne, Noraa évolue dans un style plus pop/soul. Découverte il y a peu de temps, c’est une jeune artiste au naturel et à la simplicité prometteurs qui se présentera le mercredi 29 mars à 20h au Fil.

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The Skatalites : l'orchestre national de la Jamaïque

Ska | Les mythiques Skatalites, qui ont façonné un son typiquement jamaïcain, nourri du rythme ska et d'emprunts au bebop, sont de passage au Clapier.

Sébastien Broquet | Mercredi 1 mars 2017

The Skatalites : l'orchestre national de la Jamaïque

Nous sommes en 1963, à Kingston, du côté de Brentford Road. Là, une bande de Jamaïcains se retrouvent tous les jours, jammant ensemble, enregistrant, composant, prenant leur temps. Ce n'est pas encore un groupe, mais il s'agit déjà d'une invention majeure : Clement Coxsone Dodd avait à ce moment-là décidé de monter son propre studio et de sortir en 45t les titres que les musiciens le squattant lui donnaient, a contrario d'une méthode alors en vogue : adapter les succès de la soul américaine. En laissant ouvert ce studio à un groupe maison, les laissant imaginer et inventer, il créa un précédent notoire. Car ce groupe devint The Skatalites et lança totalement le ska, qui restait alors discret même si les radios l'adoptèrent rapidement, friandes de ce rythme rapide, qui plus est, produit localement. Ceux qui formaient ce groupe, de Jackie Mitoo le génial organiste à Don Drummond le légendaire tromboniste, en passant par le trompettiste Ba Ba Brooks, le bassiste Lloyd Brevett (qui fut l'un des premiers à troquer sa contrebasse pour la basse électrique, révolutionnant là encore la musique locale en ralentissant son jeu et amenant par là-même le rocksteady), les chanteurs L

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The Skatalites à Saint-Étienne en mars

Ska | Le groupe légendaire de ska jamaïcain, pionnier du genre, The Skatalites, viendra fouler la scène du Clapier le 21 mars à 20h. Chose insolite, la date a été (...)

Nicolas Bros | Vendredi 17 février 2017

The Skatalites à Saint-Étienne en mars

Le groupe légendaire de ska jamaïcain, pionnier du genre, The Skatalites, viendra fouler la scène du Clapier le 21 mars à 20h. Chose insolite, la date a été annoncée sur le site officiel du groupe avec le nom du lieu écrit en anglais : The Hutch.

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Eska nous invite à bord

Vidéo | Avant la sortie de son nouvel EP prévu début janvier, le rappeur stéphanois Eska a lancé une série de vidéos inédites intitulée Les carnets de bord d'Eska, présentant (...)

Nicolas Bros | Mardi 20 décembre 2016

Eska nous invite à bord

Avant la sortie de son nouvel EP prévu début janvier, le rappeur stéphanois Eska a lancé une série de vidéos inédites intitulée Les carnets de bord d'Eska, présentant les nouveaux titres qui composeront ce disques. Ces prises nous invitent à découvrir des titres pris en live acoustique, dans lesquels l'artiste partage l'affiche avec d'autres créateurs. Le premier épisode propose un duo de l'auteur-compositeur avec la jeune et talentueuse Leïla Huissoud.

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Dub Inc, le grand périple

MUSIQUES | Après la sortie de son sixième album So What en septembre dernier, Dub Inc repart sur les routes d'Europe et du monde pour une nouvelle tournée avec quatorze nouveaux titres toujours aussi punchy. Avant le très attendu concert au Zénith de Saint-Etienne le 17 décembre, nous avons rencontré deux membres incontournables du collectif, tout d'abord, Komlan, chanteur.

Niko Rodamel | Mercredi 30 novembre 2016

Dub Inc, le grand périple

Avec son reggae ravageur métissé de dancehall, de musique kabyle et diverses autres influences world, Dub Inc s'est imposé comme la formation la plus emblématique du genre, à l'intérieur comme à l'extérieur des frontières de l'Hexagone. La production discographique régulière du groupe permet de relancer de façon quasi-ininterrompue de longues séries de concerts, lesquelles font à leur tour la preuve d'un succès qui ne cesse de grandir et de s'exporter sur les cinq continents. Komlan tente d'expliquer les raisons d'une telle longévité. « Dub Inc est né il y a dix-huit ans et je pense que l'on a su garder un certain équilibre entre nous. On reste un groupe de potes qui aiment faire de la musique ensemble, comme une seconde famille au sein de laquelle tout le monde est au même niveau, sans aucune hiérarchie. Le fait que notre travail porte ses fruits facilite pas mal les choses, l'aventure continue dans une émulation toujours positive. Et puis, avec le temps, on a su s'entourer de gens qui ont une énergie plutôt cool, avec qui on est humainement en phase. C'est très important. » Le tout nouvel album semble apporter un vent de fraîcheur au collectif, avec des sonorités inéd

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Freestyle

MUSIQUES | Voilà une belle occasion de (re)découvrir en live et en os, le frenchy Biga*Ranx, un artiste singulièrement pluriel. À force de collaborations et bien sûr (...)

Niko Rodamel | Lundi 14 novembre 2016

Freestyle

Voilà une belle occasion de (re)découvrir en live et en os, le frenchy Biga*Ranx, un artiste singulièrement pluriel. À force de collaborations et bien sûr de travail, Biga*Ranx s’est taillé une réputation franchement méritée de MC prodige qui, en deux albums, a su marier pour le meilleur hip-hop, reggae, dancehall de ses débuts au tumulte des productions drum’n’bass et dubstep qu’il découvre quelques années plus tard lors d’un séjour à Londres. Il fait partie de ces artistes qui ont décidé de mettre toutes les chances de leur côté et ça fonctionne à tous les coups. Biga*Ranx, vendredi 18 novembre à 20h30, au Fil

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Engagée

MUSIQUES | Avec ses chansons qui, en huit langues, constitue un voyage sensible au cœur de la pluralité culturelle camerounaise, la belle Kareyce Fotso viendra défendre les couleurs de son dernier album, Mokte, dans le cadre singulier de l’église de Planfoy.

Niko Rodamel | Lundi 7 novembre 2016

Engagée

Surnommé "l’Afrique en miniature" en raison de sa diversité géographique, humaine et culturelle, le Cameroun compte plus de trois cents groupes ethniques et dialectes différents. En ce sens, Kareyce Fotso est une digne représentante de ce pays d’Afrique centrale : née au sein d'une famille bamiléké, elle sera élevée par une famille béti, tribu descendant des bantous. Depuis ses débuts, la chanteuse façonne ses chansons avec les cultures qui l'ont nourrie, signant des textes qui interpellent entre gravité et ironie, toujours empreints d’une émotion sincère. Dans la plus pure tradition, Kareyce accompagne sa voix intense d’une guitare, d'une sanza, d'un tambour de bois ou de sonailles, mais son modernisme donne finalement à entendre un folk-blues africain très personnel. Après Mulato (2009) et Kwegne (2010), les douze titres de Mokte, majoritairement enregistrés au studio Moto Records de Yaoundé, font mouche et marquent dans l’évolution de Kareyce Fotso une certaine maturité artistique. Just believe Artiste engagée, la musicienne est aussi une femme en colère, notamment contre le tribalisme qui sclérose la société africa

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Épisode #3 : Brain Damage, rockers style

MUSIQUES | Troisième épisode : cette fois-ci, c'est l'une des figures du film Rockers, le rare Kiddus I, qui se frotte en studio avec le Stéphanois Brain Damage. Deux époques, mais un même lieu : Harry J.

Sébastien Broquet | Mercredi 1 juin 2016

Épisode #3 : Brain Damage, rockers style

Kiddus I, c’est une apparition dans le mythique film Rockers : est-ce là que tu l’as découvert la première fois ? Que représente pour toi ce chanteur ? Martin Nathan : Je n'ai pas la prétention de dire que je suis un spécialiste du reggae ni de tout ce qui concerne la Jamaïque de manière générale. Lorsque Sam Clayton Jr m'a évoqué la possibilité de travailler avec Kiddus, je lui ai immédiatement avoué ne pas le connaître. Je n'avais en fait pas associé son nom à son inégalable apparition dans Rockers, l'un des moments forts de ce film, qui m'avait pourtant marqué. Ironie de l'histoire, cette scène mythique fût également tournée au studio Harry J... Que représente pour toi ce chanteur ? Il est pour moi une belle représentation de ce qu'a pu être l'exploitation de bon nombre d'artistes de cette époque-là par certains producteurs. Kiddus I, c'est une voix, un personnage, un charisme, et enfin... une carrière gâchée. Si son apparition dans Rockers a soudainement propulsé sa notoriété à l'international, son parcours reste un ensemble de projets avortés, de bandes master égarées ou de productions conf

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Épisode #1 : Brain Damage à la conquête de la Jamaïque

MUSIQUES | Durant huit épisodes, Brain Damage nous convie à le suivre lors de sa virée en Jamaïque : Walk the walk, réalisée par Wasaru, conte pas à pas l'enregistrement de l'album éponyme, au mythique Harry J Studio, en compagnie de Sam Clayton Jr. Premier épisode ici.

Sébastien Broquet | Mardi 31 mai 2016

Épisode #1 : Brain Damage à la conquête de la Jamaïque

Plusieurs voix mythiques sont venues à la rencontre de Brain Damage sur cet album sorti le 16 octobre 2015 sur Jarring Effects : de Horace Andy à Ras Michael, en passant par Kiddus I, Willi Williams (qui l'accompagne aujourd'hui sur scène) et Winston McAnuff. Tous se sont prêtés au jeu : écrire un texte concernant l'éducation, la jeunesse, leur enfance. On s'est demandés, du coup, comment cette volonté de transmission était venue au maître d'œuvre, Martin, l'âme de Brain Damage. Choisir de demander aux artistes d’écrire sur leur enfance, sur la jeunesse, c’est aussi faire œuvre de transmission, devenir passeur : qu’est-ce qui t’a amené vers ce thème, cette envie ? Le besoin de transmission vers les jeunes générations s’est-il imposé après 15 ans de carrière ? Martin Nathan : J'ai l'impression que la transmission s'est effectuée d'elle même sans que je n'y prête attention ! Il y a aujourd'hui toute une génération de jeunes artistes en France me confiant régulièrement directement découler de mon héritage. Ils constituent aujourd'hui une vraie scène, pleine de vitalité, c'est troublant. La volonté d'en savoir plus sur les je

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Les papys fringants du reggae

MUSIQUES | Dans la grande famille de la sono mondiale, le reggae semble traverser le temps sans trop prendre de rides, faisant des petits all-over-the-world. Les (...)

Niko Rodamel | Mardi 31 mai 2016

Les papys fringants du reggae

Dans la grande famille de la sono mondiale, le reggae semble traverser le temps sans trop prendre de rides, faisant des petits all-over-the-world. Les jeunes formations (Danakil, Naâman, Jah Gaïa…), comme les grands frères stéphanois de la Dub Inc (trois cent mille disques vendus et des centaines de concerts sur les cinq continents), ne manquent pas de citer les grands maîtres du reggae ou d’aller écouter en spectateurs les vétérans du genre toujours en exercice. Car il reste encore quelques beaux dinosaures dans le circuit. Bien que pour certains la production discographique s’essouffle un peu, les papys du reggae ne sont pas en reste lorsqu’il s’agit de faire le show. Parmi eux, I Jahman Levi, soixante-dix printemps, était encore tout récemment sur la scène du Fil et Lee Scratch Perry, quatre-vingts bougies, mettait le feu au Cabaret Sauvage. Alpha Blondy et Jimmy Cliff, tous deux largement sexagénaires, n’ont sans doute pas non plus dit le dernier mot. Derrick Morgan, soixante-seize ans, est toujours de ce monde. À soixante-treize balais bien tapés, le Dj jamaïcain U Roy (considéré comme l’un des pères du rap) n’a pas perdu grand-chose de son oreille. Si l’on n’entend plus be

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Max "good vibes" Romeo

MUSIQUES | Il avait dû être remplacé en dernière minute l’an passé pour un trop bête refus de visa, le chanteur jamaïcain Max Romeo sera sur la scène de la Rue Des Artistes, le 18 juin à Saint-Chamond. Rencontre avec un des plus attachants vétérans du reggae, toujours fringant à soixante-douze ans, auteur de tubes imparables comme War Ina Babylon et One Step Forward.

Niko Rodamel | Mardi 31 mai 2016

Max

Vous jouez régulièrement en Europe et vous êtes actuellement en tournée française. Appréciez-vous la France ? Oh oui, j’aime bien venir jouer en France. Les Français sont ceux qui en Europe ont été les premiers à réellement me suivre. J’aime la France, la Suisse aussi… J’aime les Alpes, c’est beau ! (Rires) Il y a en ici une bonne vibration, je suis amoureux de l’Europe en général. Quelles musiques ont bercé votre enfance jamaïquaine ? J’écoutais surtout le rhythm and blues qui arrivait des USA. Fats Domino et Elvis Presley par exemple étaient très populaires sur l’île. Et puis il a eu la déferlante rock'n roll. J’ai alors beaucoup écouté les Rolling Stones. D’où votre nom de scène vient-il ? Vos acolytes se choisissent généralement des pseudonymes puisant dans le dictionnaire rastafari ou faisant directement référence à Dieu… Maxwell Livingston Smith, c’était peut-être un peu long, non ? (Rires) On m’a appelé Max Romeo suite à une histoire avec fille que j’ai draguée pendant toute une journée. Beaucoup de gens m’ont toujours vu comme un grand romantique, ce qui est en partie vrai. Dans l

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Six fois plus la Tawa

MUSIQUES | Pour sa sixième édition, le festival La Tawa à Planfoy s'étoffe avec pour la première fois deux soirs de concerts. Une deuxième soirée annoncée et donc une (...)

Nicolas Bros | Jeudi 19 mai 2016

Six fois plus la Tawa

Pour sa sixième édition, le festival La Tawa à Planfoy s'étoffe avec pour la première fois deux soirs de concerts. Une deuxième soirée annoncée et donc une programmation élargie avec notamment la venue des Parisiens ska-punkisants de Los Tres Puntos, l'électro-balkanique fiévreuse du Slivo Electric Klub ou encore le folk blues des Savoyards de Jack and The Giant Bean. De nombreux groupes locaux sont également prévus dans cette programmation "bon enfant" (Odlatsa, Devil Joe & The Backdoormen, ...). NB La Tawa #6, les 1er et 2 juillet 2016 à Planfoy

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Mystique mi-raisin

MUSIQUES | Nous avions retrouvé Assoh Babylas (le plus Béninois des chanteurs stéphanois) avec Taximan en 2013, un bien bel album assorti d’un clip des plus (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 avril 2016

Mystique mi-raisin

Nous avions retrouvé Assoh Babylas (le plus Béninois des chanteurs stéphanois) avec Taximan en 2013, un bien bel album assorti d’un clip des plus sympathiques. Entre révolte et empathie, Babylas continue son chemin d’artiste engagé et, ayant déjà partagé la scène du Fil avec ses amis Peter Solo et Andrew Diamond, la foulera à nouveau cette fois-ci aux côtés d’un des plus remarquables vétérans du reggae roots encore en exercice. D’origine jamaïcaine bien évidemment, Ijahman Levi est assurément une légende vivante dont l’exemplaire longévité lui permet d’afficher une discographie riche de presque trente albums en quarante ans ! Respect… Avec le temps la barbe blanchit et les dreadlocks grisonnent sous la large casquette de laine, mais la voix du septuagénaire semble intacte et l'émotion demeure la même. Il y a chez cet homme une fraîcheur qui fait du bien à voir et à entendre. Qu’il s’accompagne lui-même à la guitare acoustique ou qu’il soit entouré d'un groupe au complet, la sincérité qui émane de sa musique fait de Ijahman Levi un chanteur résolument mystique qu’il faut avoir vu au moins une fois sur scène. Ijahman Levi + Assoh Babyla

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NakSooKhaw en immersion vidéo

MUSIQUES | Armé d'une caméra accrochée au niveau du torse, le chanteur du groupe reggae stéphanois NakSooKhaw (Méca) fait découvrir sa ville en images embarquées. Baptisé Sainté (...)

Nicolas Bros | Mercredi 20 janvier 2016

NakSooKhaw en immersion vidéo

Armé d'une caméra accrochée au niveau du torse, le chanteur du groupe reggae stéphanois NakSooKhaw (Méca) fait découvrir sa ville en images embarquées. Baptisé Sainté Style Free, ce concept original a pour but de présenter au compte-gouttes (avec plusieurs vidéos diffusées sur le web), les différents morceaux qui composeront le prochain album du groupe, actuellement en préparation. Les internautes pourront ainsi découvrir en musique, divers lieux de la cité stéphanoise tels que les crassiers, le Musée de la mine, la Cité du design ou le stade Geoffroy Guichard... NB

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Mise à flow

MUSIQUES | Étoile montante du reggae français, Naâman s’est taillé la part du lion à vitesse grand V sur la scène internationale. Il cristallise presqu’à lui seul une jeune (...)

Niko Rodamel | Jeudi 5 novembre 2015

Mise à flow

Étoile montante du reggae français, Naâman s’est taillé la part du lion à vitesse grand V sur la scène internationale. Il cristallise presqu’à lui seul une jeune génération qui ouvre de nouvelles pistes sans oublier les racines du genre. Mêlant avec un talent bluffant hip-hop et sonorités jamaïcaines, l’énergie et la musicalité de Naâman servent avec un élan nouveau des messages de paix, d’amour et de liberté, délivrés dans un flow efficace et généreux. Niko Rodamel Naâman, vendredi 6 novembre à 20h30, le Fil

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Le club des 5

MUSIQUES | La soirée Sainté Dub Club alignera pas moins de cinq formations tout au long d’une chaude nuit bercée (ou plutôt chahutée) au son d’un reggae pur et dur. Au (...)

Niko Rodamel | Mardi 3 novembre 2015

Le club des 5

La soirée Sainté Dub Club alignera pas moins de cinq formations tout au long d’une chaude nuit bercée (ou plutôt chahutée) au son d’un reggae pur et dur. Au programme, les Londoniens de Channel One et leur redoutable machine à danser, les Mungo's Hi Fi tout droit venus d'Ecosse, le trio Khoe-wa et ses titres hypnotiques bercés de sonorités ethniques ou encore le collectif Dub Addict qui mêle productions maison et sélections explosives. Mais il faudra également compter sur une petite brune qui ne paie pas de mine à première vue : accompagnée par le sound-system Anesthésia Sound, LMK envoie grave le steak ! L’an passé, la jeune lyonnaise (tout juste vingt ans) avait littéralement bluffé le public du Reggae Sun Ska festival. LMK est une artiste assez surprenante, ayant débuté la musique au conservatoire en classe de harpe classique, elle commence sérieusement à se faire un nom dans le milieu plutôt masculin des sound-systems et du reggae digital. Passant sans sourciller du rub-a-dub sauce jamaïquaine au chant, LMK tisse un univers musical qui oscille entre reggae, hip-hop et R&B dans un style assez urbain parfois teinté de jazz et de soul. L’artiste s’annonce c

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UB40 à Saint-Étienne

MUSIQUES | Et encore une madeleine de Proust. Après les retours successifs sur scène dans les mois à venir des Innocents, de Kent ou encore des Stranglers, c'est UB40 (...)

Nicolas Bros | Jeudi 3 septembre 2015

UB40 à Saint-Étienne

Et encore une madeleine de Proust. Après les retours successifs sur scène dans les mois à venir des Innocents, de Kent ou encore des Stranglers, c'est UB40 qui est annoncé le 14 avril prochain à Saint-Étienne. Auteurs des tubes pop-reggae Kingstown Town, Red Red Wine ou I Got You Babe, les Britanniques poseront leurs instruments en terres forféziennes.

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Quand vient la nuit

ECRANS | Après l’électrochoc Bullhead, Michael R. Roskam négocie habilement son virage hollywoodien avec ce polar à l’ancienne écrit par le grand Dennis Lehane, très noir et très complexe, servi par un casting parfait. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 12 novembre 2014

Quand vient la nuit

Dans son premier film, le stupéfiant Bullhead, Michael R. Roskam inventait un personnage de gros dur camouflant sa perte de virilité par une surdose de produits dopants le transformant en montagne musculeuse et toutefois taiseuse. Bob Saginowski, le héros de Quand vient la nuit que Tom Hardy campe avec un plaisir cabotin de la retenue, partage avec lui de nombreux points communs : taciturne, maladroit dans ses rapports humains, semblant masquer derrière son apparente absence d’états d’âme ce que l’on devine être un lourd passé. Bob traîne dans le milieu de la mafia russe à Brooklyn, s’occupant avec son cousin Marv — James Gandolfini, dans une puissante et émouvante dernière apparition à l’écran — d’un «bar-dépôt» servant avant tout à blanchir l’argent de tous les trafics nocturnes illicites ; mais il s’entête à prendre ses distances avec ce monde du crime, répétant inlassablement qu’il n’est «que le barman». Il va à l’église mais ne communie pas ; et il s’obstine à élever un pitbull qu’il a ramassé blessé dans la poubelle d’une jeune f

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Chemin de croix

ECRANS | Derrière la critique du fondamentalisme religieux, ce martyre d’une adolescente de 14 ans, filmé par Dietrich Brüggemann selon des principes aussi rigoureux que ceux qu’il prétend dénoncer, cache en fait une œuvre manipulatrice et très discutable. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 28 octobre 2014

Chemin de croix

Ce bon Michel Serres disait, il y a une décennie déjà : «Dans les années 70, quand je voulais faire rire mes étudiants, je leur parlais religion et quand je voulais les intéresser, je leur parlais politique. Aujourd’hui, c’est l’inverse.» Le constat est toujours valable, sinon plus encore par les temps qui courent, et le cinéma se fait la caisse de résonance de ce retournement des valeurs. Un film politique se doit donc d’être satirique, moquer le pouvoir et les institutions ; en revanche, dès qu’il s’agit de causer religion, surtout dans ses dérives fondamentalistes, les cinéastes redoublent d’austérité esthétique, sans parler du discours sous-jacent, sérieux comme un pape — l’expression tombe à point. Chemin de croix, quatrième film signé Dietrich Brüggemann, ovationné à Berlin où il a reçu le prix du scénario, s’inscrit dans ce registre, même si il est beaucoup plus retors que cela. On y suit la vie de Maria, adolescente de 14 ans élevée dans une famille de cathos fondamentalistes où à peu près tout est interdit, à part les Cantates de Bach et les leçons d’un prêtre très pointilleux sur les dogmes chrétiens. Lorsqu’elle a le malheur de se lier d’amit

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Refroidis

ECRANS | De Hans Peter Molland (Norvège, 1h56) avec Stellan Skarsgard, Bruno Ganz…

Christophe Chabert | Mardi 23 septembre 2014

Refroidis

Un paisible conducteur de chasse-neige apprend l’assassinat de son fils et découvre qu’il jouait les passeurs à l’aéroport pour des trafiquants de drogue. Il décide de se venger en remontant la filière… Cet argument classique de vigilante movie, Hans Peter Molland le détourne de brillante manière en le tirant vers une comédie caustique et très noire. Il y a d’abord ce gimmick, plutôt amusant, de la recension des cadavres et de leur appartenance religieuse avec des cartons sur fond noir ; il y a surtout la nature même des truands du film, complètement cinglés, à commencer par le big boss maniaco-dépressif adepte de la vie saine et hygiéniste qui demande à ses hommes de mains de surveiller si son gamin mange bien ses cinq fruits et légumes par jour. Les origines ethniques des diverses bandes — Norvègiens, Suédois, Serbes… — sont longuement commentées dans des dialogues ponctués de réflexions politiques, notamment celle, hilarante, sur la nécessité d’un état providence dans les pays froids ! La nonchalance du récit et sa manière digressive de surprendre l’action pour brosser sa galerie de portraits rappellent bien entendu le Tarantino première manière. Évid

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Maps to the stars

ECRANS | David Cronenberg signe une farce noire et drôle sur les turpitudes incestueuses d’Hollywood et la décadence d’un Los Angeles rutilant et obscène. Un choc ! Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 21 mai 2014

Maps to the stars

La «carte des stars» du titre fait référence à ces dépliants indiquant l’emplacement des villas appartenant aux célébrités hollywoodiennes à Los Angeles ; la carte du dernier film de David Cronenberg se résume en revanche à un cercle d’une demi-douzaine de personnages portant des prénoms impossibles, gravitant dans l’univers du cinéma et unis par des liens scénaristiques mais aussi par de tortueux liens du sang. Il y a un jeune acteur de treize ans arrogant et cynique, star d’une franchise ridicule (Bad babysitter) et déjà passé par la case réhab', son père moitié gourou, moitié thérapeute new age, une comédienne vieillissante obsédée par le fantôme de sa mère morte dans un incendie, un chauffeur de limousine qui se rêve scénariste et acteur… Et, surtout, une fille mystérieuse qui s’incruste dans leur vie, un peu folle et portant sur son corps les stigmates de graves brûlures. Film choral ? Pas vraiment, car Maps to the stars tisse assez vite une toile réjouissante où chacun va illustrer la décadence dans laquelle s’enfonce un Los Angeles corrompu au dernier degré, réplique vulgaire et morbide de celui décrit par John Schlesinger dans s

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Nebraska

ECRANS | D’Alexander Payne (ÉU, 1h55) avec Bruce Dern, Will Forte…

Christophe Chabert | Mercredi 23 avril 2014

Nebraska

Avec Sideways et The Descendants, Alexander Payne semblait avoir mis un frein à l’écueil qui guettait son cinéma : une tendance au ricanement sardonique sur le dos de ses personnages, signe d’une douce misanthropie — ce n’est pas Ulrich Seidl, quand même. Nebraska voit ce penchant ressurgir à grands pas, alors que ce "petit" film laissait penser le contraire ; cette ballade entre un père vieillissant en voie de sénilité et son fils déprimé partis chercher ensemble un gros lot imaginaire avait tout pour installer une petite musique de feel good movie folk façon Une histoire vraie. S’inscrivant dans le sillage du Nouvel Hollywood, de ses marginaux et de son mélange de spleen et de comédie — le noir et blanc et la présence du mythique Bruce Dern en attestent — Payne finit toutefois par déraper lorsque le tandem fait étape dans la ville de naissance du père, où il retrouve sa famille de ploucs débiles. Le cinéaste déverse sur eux une charge incompréhensible — notamment les deux gamins obèses et idiots, cibles privilégiées de ses attaques —, comme si les bons sentiments inhérents à son récit lui donnaient mauvaise conscience au point de devoir les c

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Barrington, le pont Levy

MUSIQUES | Après deux saisons en mode festival et une édition annulée en dernière minute l’an passé, le City Youth Reggae (initiative de l’ingénieur du son Tony Bakk) se (...)

Niko Rodamel | Mardi 1 avril 2014

Barrington, le pont Levy

Après deux saisons en mode festival et une édition annulée en dernière minute l’an passé, le City Youth Reggae (initiative de l’ingénieur du son Tony Bakk) se concentrera cette année sur la session du 11 avril au Fil, avec quatre formations. Au programme le franco-américian Jr Yellam, l’excellent duo sound system reggae/ragga de I Woks Sound et le deejay Full Dub, qui dansera avec les loops accompagné de Airaes à la batterie et Flow à la vidéo. La tête d’affiche revient évidemment au monstre jamaïcain Barrington Levy, auteur du légendaire « Under mi sensi » qui, depuis 1979, enchaîne album sur album. Showman infatigable, Levy parcourt le monde sans relâche, dressant tout au long de sa carrière des ponts entre les musiciens d’influences reggae, rub-a-dub ou dancehall. City’s Youth Reggae Session, vendredi 11 avril de 20h30 à 3h,

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Ida

ECRANS | Dans la Pologne communiste des années 60, une jeune fille qui souhaite devenir nonne part sur les traces de ses origines et réveille les fantômes de la Deuxième Guerre mondiale. Parfait sur tous les points, le film de Pawel Pawlikowski ne parvient que tard à briser sa maîtrise pour faire surgir l’émotion. Christophe Chabert

Laurie Bizien | Mardi 11 février 2014

Ida

Dès ses premières images, splendidement cadrées – et souvent décadrées ­– en 4/3 dans un noir et blanc numérique aux contrastes sublimes, Ida affirme son désir de perfection. Ce n’est pas qu’une question de composition photographique : la description des rites religieux auxquels se plie son héroïne, qui aspire à devenir nonne, semblent soumis à un timing méticuleux de la part de Pawel Pawlikowski, cinéaste polonais qui revient ici dans son pays natal… Tout au long du film, ce contrôle absolu ne sera jamais pris en défaut. Aucun plan ne semble louper sa juste durée, tous sont pensés avec au minimum une idée forte de mise en scène – l’action qui se déporte de l’avant à l’arrière-plan, le jeu des regards et des gestes, eux aussi calculés à la nanoseconde près, comme si les acteurs avaient avalé un métronome… Exercice de style ? Pas seulement, car Ida brasse aussi une foule de sujets, de l’historique à l’intime, avec une ampleur romanesque d’autant plus remarquable que le métrage est très court (79 minutes seulement). La Pologne communiste, les exactions commises par les catholiques sur les juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale, la quête identitaire, la

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Only lovers left alive

ECRANS | Retour en grande forme de Jim Jarmusch avec ce film à la force tranquille qui imagine des vampires dandy, rock’n’roll, amoureux et dépressifs, gardiens d’une culture mise en péril par la révolution numérique. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 4 février 2014

Only lovers left alive

Adam et Eve ne sont ni le premier homme, ni la première femme de la création, mais les derniers amants-vampires sur terre ; c’est le premier scoop du nouveau film de Jim Jarmusch, joliment ironique. Eve s’est retiré à Tanger, où elle fréquente rien moins que Christopher Marlowe — qui, en plus d’avoir écrit les pièces de Shakespeare, est lui aussi une créature de la nuit, éternelle quoique mal en point ; Adam vit à Détroit au milieu de sa collection de guitares et de son studio analogique, reclus et phobique face aux «zombies» qui l’entourent — on ne saura pas si le terme qualifie péjorativement le commun des mortels ou si effectivement l’humanité est désormais divisée en deux catégories de morts-vivants. Les liens qui les unissent relèvent autant d’un héritage romantique que d’une réalité qui passe par les moyens de communication contemporains : Eve et son IPhone en Facetime, Adam avec un bricolage mêlant câbles, télé et caméra. C’est en fait surtout la mise en scène de Jarmusch qui les réunit, comme lors de ses travellings en spirale enchaînés et fondus avec le mouvement d’un antique 33 tours. Son scénario aussi va les obliger à se retrouver : alors qu’Adam, tr

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Nymphomaniac volume 2

ECRANS | Fin du diptyque de Lars von Trier, qui propulse très haut sa logique de feuilleton philosophique en complexifiant dispositif, enjeux, références et discours, prônant d’incroyables audaces jusqu’à un ultime et sublime vertige. On ose : chef-d’œuvre ! Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 27 janvier 2014

Nymphomaniac volume 2

5+3. Cette addition, qui lançait la vie sexuelle de Joe dans le premier volume de Nymphomaniac, est aussi la répartition choisie par Lars von Trier entre les chapitres de chaque partie. 5 pour le coït vaginal et le volume 1 ; 3 pour la sodomie et le volume 2 qui, de facto, fait un peu plus mal que le précédent… Après nous avoir laissé sur un climax diabolique, où la nymphomane hurlait : «Je ne sens plus rien !», von Trier reprend les choses là où elles en étaient : dans la chambre de Seligman, qui ne va pas tarder à expliquer les raisons de sa chaste attitude face au(x) récit(s) de débauche de Joe-Gainsbourg ; et dans celle de Joe-Martin et de Jerome, premier amant, grand amour idéalisé, compagnon et père de son enfant. Mais avant d’embrayer sur un nouveau chapitre et un nouvel épisode entre fantasme (romanesque) et fantasme (sexuel), le voilà qui digresse déjà en flashback sur Joe-enfant et son premier orgasme où lui apparaissent deux icônes qu’elle prend pour des visions de la vierge Marie, mais que S

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Petite mère courage

SCENES | La nouvelle création du directeur de la Comédie de Saint-Etienne sera présentée du 25 février au 1er mars au CDN stéphanois. Femme non rééducable, de Stéfano Massini, est le récit théâtral d’un engagement, celui d’Anna Politkovskaïa, journaliste russe, retrouvée assassinée dans la cage de son immeuble moscovite en 2006, gisant à côté d’un pistolet et de quatre balles. Durant son vivant, la journaliste s’est attachée à dénoncer notamment les violations des droits de l’Homme commises par les forces fédérales russes en Tchétchénie ou encore dans son dernier livre la politique de Vladimir Poutine. Anne Alvaro est une des interprètes qui porte la pièce mis en scène par Arnaud Meunier et inspirée du travail d’Anna Politkovskaïa.

Florence Barnola | Mardi 4 février 2014

Petite mère courage

Arnaud Meunier : "la pièce pose la question du courage et de l'engagement face à l'autoritarisme" Pour la deuxième fois de la saison, Arnaud Meunier monte une pièce de Stéfano Massini. Chapitres de la Chute, créé en octobre à Saint-Etienne et retraçant l’histoire des Lehman Brothers, avait été la première pierre de cette rencontre. Femme non rééducable est le deuxième rendez-vous du dramaturge italien et du directeur de la Comédie qui a pour habitude de mettre en scène plusieurs pièces d’un même auteur (Vinaver, Pasolini…). Propos recueillis par Florence Barnola Pourquoi monter Femme non-rééducable aujourd’hui ?Le déclencheur du désir a été tout d’abord l’écriture de Massini qui a l’art de raconter une histoire sans répondre aux questions posées. Sa première pièce éditée en France est Femme non rééducable. Je la connaissais déjà, je l’utilisais dans le cadre d’ateliers amateurs, aux concours de l’Ecole. J’ai toujours trouvé que c’était un texte très fort, certes il s’agit de la journaliste Anna Politkovskaïa, mais de manière très large il pose la question du courage et de l’engagement individuel face à l’autoritar

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Nymphomaniac, volume 1

ECRANS | Censuré ? Remonté ? Qu’importe les nombreuses anecdotes et vicissitudes qui entourent le dernier film de Lars von Trier. Avec cette confession en huit chapitres d’une nymphomane — dont voici les cinq premiers, le cinéaste est toujours aussi provocateur, mais dans une tonalité légère, drôle et ludique qui lui va plutôt bien. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 23 décembre 2013

Nymphomaniac, volume 1

On avait laissé Lars von Trier sur la fulgurante dernière image de Melancholia, parvenu au bout de sa dépression et affirmant que le meilleur moyen d’apaiser ses tourments, c’était encore de voir le monde voler en éclats. Au début de Nymphomaniac, après avoir plongé longuement le spectateur dans le noir et une suite de bruits anxiogènes, il révèle le corps de Joe — Charlotte Gainsbourg, réduite dans ce premier volet au statut de narratrice des exploits de son alter ego adolescente, la troublante Stacy Martin — dans une ruelle sombre, ensanglantée et amochée. Passe par là un brave bougre nommé Selligman — Stellan Skarsgard — qui la recueille chez lui et lui demande ce qui s’est passé. «Ça va être une longue histoire» dit-elle, après avoir affirmé qu’elle était une «nymphomane»… En fait, l’histoire tient en deux films décomposés en huit chapitres comme autant de récits obéissant à des règles esthétiques propres, utilisant une panoplie d’artifices — ralentis, split screen, retours en arrière — et changeant sans cesse de formats — pellicule et numérique, scope et 1, 85, couleur et noir et blanc — de style — caméra à l’épaule ou compositions méticul

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