The Skatalites à Saint-Étienne en mars

Nicolas Bros | Vendredi 17 février 2017

Photo : The Skatalites sur scène © Foto Sintesi Lab Project


Le groupe légendaire de ska jamaïcain, pionnier du genre, The Skatalites, viendra fouler la scène du Clapier le 21 mars à 20h.
Chose insolite, la date a été annoncée sur le site officiel du groupe avec le nom du lieu écrit en anglais : The Hutch.


Une date qui devrait ravir tous les aficionados du style et du groupe créé en 1964 et qui arrive à conserver une aura particulière malgré les changements récurrents de line-up.

The Skatalites [+ Medicinal Sound System], mardi 21 mars à 20h, Le Clapier à Saint-Étienne

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"Honeyland" : Elle en connaît un rayon

ECRANS | ★★★☆☆ De Tamara Kotevska & Ljubomir Stefanov (Mac., 1h26) avec Hatidze Muratova, Nazife Muratova, Hussein Sam…Sortie le 16 septembre

Vincent Raymond | Mercredi 9 septembre 2020

Ultime apicultrice traditionnelle des montagnes macédoniennes, Hatidze vit isolée en compagnie de sa vieille mère impotente. Sa relation apaisée à la nature est chamboulée par l’installation à côté de chez elle d’une smala folklorique et inconséquente qui va parasiter ses ruches… Ce documentaire étonne à plus d’une enseigne. Par son esthétique, tout d’abord : miracle d’une photographie parfaitement composée et contrastée, capable de magnifier l’âpreté des décors, la misère des intérieurs, l’ingratitude des physiques. Par sa forme, ensuite : si l’on sait qu’un documentaire est souvent scénarisé, celui-ci présente une construction dramatique d’une impeccable linéarité pouvant rivaliser avec nombre de fictions (donc celles de Kusturica, pour rester dans l’ambiance et la proximité géographique ; mais sans la musique) tant la caméra sait anticiper certaines séquences-clefs, tant les rebondissements sont variés. Un hymne à l’or liquide des travailleuses du miel, à une lisière aussi flou que troublante entre cinéma et réel.

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Devil inside

Blues | Ils sont nombreux les frenchies de la planète blues, mine de rien, à savamment cultiver tous les attributs du genre : voix rocailleuse et/ou éraillée, riffs (...)

Niko Rodamel | Mercredi 8 janvier 2020

Devil inside

Ils sont nombreux les frenchies de la planète blues, mine de rien, à savamment cultiver tous les attributs du genre : voix rocailleuse et/ou éraillée, riffs endiablés de guitare, douze mesures pour évoquer des thèmes récurrents (le sexe, la vie, la mort) au fil des rives poisseuses du Mississippi ou des routes poussiéreuses ponctuées de rades désertées… Au sein de cette famille tentaculaire, le chanteur et éminent guitariste Manu Lanvin tire habilement son épingle du jeu, incarnant un certain renouveau du genre avec son rock-blues explosif bien senti. Lanvin n'est pas en chocolat : six albums, des centaines de concerts en Europe comme aux Etats-Unis (l’Olympia, l’Apollo Theater, le Montreux Jazz Festival, Solidays, Cognac Blues Passion…), plusieurs participations au gala de la Jazz Foundation of America (à l'invitation de Quincy Jones), une belle collaboration avec Calvin Russel, des premières parties prestigieuses et une nomination aux Globes de Cristal 2017 le distinguant parmi les meilleurs interprètes masculins. Sur son dernier album en date, Grand Casino, le bluesman fait se répondre avec toute l'énergie du live standards revisités et chansons originales, alignant

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Le Clapier poursuit sa belle aventure

Lieu de culture | Après trois saisons bien remplies, la salle de spectacles stéphanoise entame une troisième année du même accabit, avec une équipe remaniée et des intentions nouvelles.

Nicolas Bros | Mardi 1 octobre 2019

Le Clapier poursuit sa belle aventure

Du côté de la salle de spectacles du Clapier, le bilan est bon depuis son ouverture en 2016. Avec 70 levers de rideau par an et des concerts qui ont marqué les esprits avec têtes d'affiches (Puppetmastaz, Ludwing Von 88, Didier Super, Les Sheriff, Fatals Picards...) et groupes locaux, la salle du Clapier entame sa quatrième année en forme avec notamment les venues programmées d'Eiffel (17 octobre), de Balik le chanteur de Danakil (22 novembre), de GiéDré (le 13 mars 2020) mais également des coproductions avec le Fil (Le Bal des Enragés le 18 octobre) ou des concerts délocalisés comme à la Forge du Chambon-Feugerolles (No One Is Innocent et Les Sheriff le 29 novembre ainsi que Ludwig Von 88 le 30 novembre). Cette nouvelle saison est également synonyme de changement du côté de l'ancienne gare avec notamment la création de La Loko, une structure associative destinée à mener un « vrai projet culturel » selon Jonathan Cascina coordinateur du projet. « Le Clapier divise ses activités pour mieux organiser sa mission, détaille-t-il. D'un côté, la SARL, propriétaire du bâtiment et responsable légale du lieu et de l'autre La Loko s'occupe du projet artistique et cult

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Parenthèse

MUSIQUES | Une très prometteuse soirée sous le signe du reggae s'annonce du côté du Clapier. Les Stéphanois de Naksookhaw et les Lyonnais d'Innavibe sont invités à partager (...)

Niko Rodamel | Mardi 3 septembre 2019

Parenthèse

Une très prometteuse soirée sous le signe du reggae s'annonce du côté du Clapier. Les Stéphanois de Naksookhaw et les Lyonnais d'Innavibe sont invités à partager la scène avec Balik. Le chanteur du collectif parisien Danakil revient à la source de ses influences musicales et s'offre une digression introspective avec un album perso aux sonorités afro-world et hip-hop, mettant en musique un recueil de poèmes des temps modernes sincère et très personnel puisque longuement mûri par l'artiste. Balik (+ NakSooKhaw + Innavibe), vendredi 22 novembre à 20h30, le Clapier

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Adrien Marty, seul maître à board

GUIDE URBAIN | Tout sourire au milieu de ses boards, sweats et autres équipements pour skateurs, Adrien Marty a fait son bout de chemin dans les rues de Sainté. Et depuis qu'il a ouvert l'Appart Skateshop il y a douze ans et demi, tout roule pour lui !

Antoine Desvoivre | Mardi 20 août 2019

Adrien Marty, seul maître à board

Pour beaucoup c'est un hobbie, lui, il en a fait sa vie. Tout en tenant sa boutique l'Appart Skateshop, Adrien Marty trouve le temps d'organiser des concerts, des contests (compétitions NDLR) de skateboard et de sillonner les rues de Sainté sur sa planche, plus que sur ses pieds. Voilà un skateur aux nombreuses casquettes ! C'est dans sa Villefranche-sur-Saône natale, qu'il a découvert ce sport qu'il n'a plus jamais lâché. « J'ai commencé à rouler à quatre ans, et c'est vers quinze ans que j'ai commencé à faire des tricks (figures NDLR) » explique le jeune homme. Pour lui, le skate devient, dès lors, une véritable passion. « quand je me suis mis vraiment à skater à fond, je savais que je voulais vivre de ça » se souvient-il. Sa première envie est de devenir prof de skate au Club Med mais « être prof de skate, ça n’existait pas vraiment à l'époque. » Loin de se laisser décourager, il trouve rapidement un boulot dans une boutique de Tassin-la-Demi-Lune. C'est en 2005 qu'il emménage à Saint-Étienne où, après deux ans, il se met à son compte en ouvrant l'Appart Skateshop. Nouveau terrain de jeu

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Trelins s'envole

Foreztival | Trelins, petit village du Forez, accueille chaque été l'un des plus grands festivals régionaux de l'été. Son nom ? Le Foreztival. Pour sa (déjà) 15e édition, le rassemblement enchaîne les noms alléchants dans tout ce qui se fait de mieux actuellement en rap, rock, reggae, sono mondiale... Courte et cornélienne sélection. Nicolas Bros et Niko Rodamel

La rédaction | Mardi 2 juillet 2019

Trelins s'envole

Tropique au compteur Au fil de ses pérégrinations (dont une longue pause de huit années à Cali), le trompettiste-producteur Etienne Sevet enchaîne les carnets de voyages sonores, pour lesquels il s'entoure à chaque fois de précieux musiciens et chanteurs. Les deux derniers albums du groupe (Satingarona pt. 1 et Satingarona pt. 2) tissent un suave mix afro-caribéen, baladant l'auditeur des déserts ouest-africains à la mangrove colombienne, en passant par les Antilles, Soweto, Port-au-Prince ou encore Douala. NR The Bongo Hop, vendredi 2 août à 20h35 Urgence climatique France-Afrique, pillage des richesses, oppression et corruption, les textes de Tiken Jah Fakoly n'épargnent personne. Prônant l'unité du peuple noir et défendant notamment l'idée d'Etats-Unis d'Afrique, il est devenu en vingt ans et une dizaine d'albums l'une des voix les plus influentes de son continent. Le reggae engagé de Tiken tente d'éveiller les consciences et son tout nouvel album, Le monde est chaud

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Salomé & Quentin dans l'Oeil du Petit Bulletin #22

Truc de Ouf | L'Oeil du Petit Bulletin Saint-Étienne s'est intéressé à l'association étudiante T2O, organisatrice d'événements à Saint-Étienne et sa région. Explications avec (...)

Nicolas Bros | Mercredi 5 juin 2019

Salomé & Quentin dans l'Oeil du Petit Bulletin #22

L'Oeil du Petit Bulletin Saint-Étienne s'est intéressé à l'association étudiante T2O, organisatrice d'événements à Saint-Étienne et sa région. Explications avec Quentin, son président, et Salomé sur le festival Art & Vibes et sur les autres propositions que leur équipe produit à l'année.

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"Dieu existe, son nom est Petrunya" : La croix et la manière

ECRANS | Ayant perturbé par accident une tradition religieuse masculine, une jeune femme a défié l’équilibre passéiste de son village macédonien. Prise en étau entre le sabre et le goupillon, elle ne renonce pourtant pas à son bon droit. Un conte moral corrosif et une actrice d’enfer.

Vincent Raymond | Jeudi 2 mai 2019

Stip, en Macédoine. Trentenaire, surdiplômée, corpulente, célibataire, Petrunya est dotée d’un solide tempérament. Elle le prouve en se jetant à la rivière pour attraper la croix porte-bonheur lancée par le prêtre de la paroisse aux hommes du village. À leur grand dam. Mais malgré les intimidations physiques et policières la pressant de rendre la croix, Petrunya n’en démord pas : elle l’a gagnée. Et son histoire, devant les caméras, devient une affaire nationale. Comment une tradition, en apparence bon enfant, apparaît comme le symptôme d’une société figée dans le jus rance du conservatisme : certains rites étant les faux-nez justifiant la survivance d’archaïsmes perpétuant ici le patriarcat, ailleurs la xénophobie, la haine du roux, de l’albinos ou du gay ; bref, tout ce qui n’est pas conforme à l’identité de la communauté, au sens “d’équivalence avec la majorité dominante“ — et désirant le rester. Faut-il que la gent masculine se sente menacée pour rugir en meute infantile contre le “sacrilège“ de Petrunya, obligeant le pouvoir temporel, vassal du spirituel, à enfreindre la loi en la retenant arbitrairement ? À un

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À la rescousse

Techno | Les années filent et Electric Rescue navigue toujours dans le paysage techno français. Antoine Husson fait partie de ces artistes qui font voyager (...)

Nicolas Bros | Jeudi 2 mai 2019

À la rescousse

Les années filent et Electric Rescue navigue toujours dans le paysage techno français. Antoine Husson fait partie de ces artistes qui font voyager les danseurs et auditeurs. Ses sets sont teintés d'une froideur qui peut parfois sembler très dure mais il n'en est rien. Ce puriste apprécie de mêler les styles, confondre les ambiances pour projeter ses sets dans de multiples directions. Très discret - par volonté d'ailleurs - Electric Rescue est un actif sur la scène électronique française depuis plus de 20 ans. Reconnu pour quelques faits d'armes marquants, telle sa résidence Skryptöm au Rex Club à Paris, la direction du label éponyme ou encore pour plusieurs maxis chez Cocoon, Traum ou Trax, Antoine Husson perpétue son savoir-faire techno, comme le prouve sa dernière sortie, First Obverse EP chez Obverse Records. Electric Rescue + Basic + Poto Feu Events, samedi 10 mai au Clapier dès 22h

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"Fugue" : Fermez la parenthèse

ECRANS | De Agnieszka Smoczynska (Pol.-Tch.-Sué., 1h40) avec Gabriela Muskala, Lukasz Simlat, Malgorzata Buczkowska…

Vincent Raymond | Jeudi 2 mai 2019

Sortie de nulle part, Alicja a échoué sur un quai de métro, amnésique. Deux ans plus tard, elle est identifiée par sa famille et se découvre un époux (qui a refait sa vie), un fils, des parents, une existence rangée, loin de sa nouvelle apparence plus “déstructurée“. Pourra-t-elle s’y réintégrer ? La réelle question posée par Fugue n’est pas tant la possibilité de restaurer sa mémoire et sa vie passée, mais plutôt le droit à “l’évaporation“ telle qu’évoquée jadis par Imamura — fût-elle comme ici accidentelle. L’amnésie ayant transforme Alicja en une personne différente (et lui ayant conféré une nouvelle identité) elle se trouve confrontée à un traumatisme supplémentaire : se soumettre à un désir de conformité social qui lui est totalement étranger. Comment en effet éprouver sur commande un amour viscéral pour de parfaits étrangers ? Elle et sa famille ont fait leur deuil ; il leur est pourtant imposé de reprendre le cours de leur vie commune, comme si de rien n’était. Déroutant, voire perturbant si l’on s’en tient aux critères habituels du récit raccomm

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Trois premiers noms pour le Foreztival

Festival | Le Foreztival de Trelins fête sa 15e édition les 2, 3 et 4 août prochains. L'occasion de balancer de gros noms et ça commence déjà avec les trois premiers qui (...)

Nicolas Bros | Vendredi 1 février 2019

Trois premiers noms pour le Foreztival

Le Foreztival de Trelins fête sa 15e édition les 2, 3 et 4 août prochains. L'occasion de balancer de gros noms et ça commence déjà avec les trois premiers qui sont le rappeur Vald, Thérapie Taxi et Ska-P. Ça s'annonce chaud du côté du Forez cet été.

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Christian Olivier : « Tout ce qui peut faire remuer les choses m'intéresse »

Chanson | Christian Olivier, chanteur emblématique des Têtes Raides, a sorti un second album solo en juin dernier. Intitulé "After/Avant", cet opus reste dans une veine engagée et musicalement intéressant pour son ouverture à des sons différents de ce dont nous a habitué l'intéressé. Rencontre avec Christian Olivier, avant son passage au Clapier ce vendredi 21 décembre.

Nicolas Bros | Lundi 17 décembre 2018

Christian Olivier : « Tout ce qui peut faire remuer les choses m'intéresse »

Pourquoi avoir fait le choix de vous lancer en solo en 2016 avec On/Off. Était-ce pour faire une pause avec Les Têtes Raides ? Oui, il était temps de faire une petite pause. Il y avait eu plus de 25 ans de route. C'était une manière de "breaker" un peu et de se ressourcer. J'avais le désir de continuer de faire de la musique, de poursuivre mes histoires graphiques, de lectures musicales, de bande originale de films... Concernant On/Off, j'avais envie d'essayer de nouvelles choses, de travailler avec des gens différents... Par exemple, Edith Fambuena à la réalisation et ça a vraiment été un plaisir. Ça m'a permis de me mettre dans une autre situation. Sur After/Avant, avez-vous travaillé avec la même réalisatrice ? Non, je l'ai fait avec un mec rencontré en studio et avec qui je me suis très bien entendu. Il s'appelle Félix Remy. On a enregistré au studio Pigalle à Paris. Il a vraiment cerné mes attentes. En chemin, je me suis mis à travailler avec Peter Combard, un des deux guitaristes avec qui j'avais déjà travaillé sur On/Off et qui est venu m'épauler sur les machines pour ce deuxième album. F

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"Paddy, la petite souris" : Histoire pour les petits et les glands

ECRANS | de Linda Hambäck (Suè., 1h01) avec les voix de (v.o.) Stellan Skarsgård, Melinda Kinnaman, Felix Herngren…

Vincent Raymond | Mardi 11 décembre 2018

Un vol de noisettes à été commis et l’écureuil porte ses soupçons sur la renarde, qui terrorise toute la forêt. Menant son enquête, Gordon, le commissaire crapaud découvre une petite souris sans nom mais débrouillarde dont il fait son adjointe, puis sa successeur. Il la baptise Paddy… Dans cette histoire à l’univers doux mais au graphisme un peu incertain — pour preuve, la renarde vue de face ressemble à… euh… on ne saurait pas trop quoi dire avec un museau écrabouillé —, ce qu’il faut surtout retenir, c’est de tirer les leçons de morale à la nordique. D’abord, qu’on n’accuse pas sans preuves. Ensuite, que la forêt apparaît comme un formidable exemple de méritocratie, puisqu’une souris SDF peut devenir cheffe de la police grâce à la confiance des autres et à ses facultés. On notera, au passage, l’influence grandissante de L’Âge de glace : les graines, noix et autres fruits secs sont en effets tous ici désignés sous le vocable générique de “noisettes“. C’est aussi valables pour les glands.

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"Sans jamais le dire" : Aux yeux du monde

#MeToo | de Tereza Nvotová (Slo.-Tch., 1h28) avec Dominika Zeleníková, Anna Rakovska, Anna Sisková…

Vincent Raymond | Mercredi 17 octobre 2018

Ado radieuse, Léna a l’avenir devant elle et pour seuls soucis des chamailleries avec son frère ou ses difficultés en maths. Par chance, son prof — qui fait craquer toutes ses copines — lui donne des cours particuliers à domicile. Un jour, ce dernier abuse d’elle. Traumatisée, Lena se tait… Le cinéma va-t-il permettre de libérer la parole sur le sujet du viol commis par un proche ? Quelques semaines avant la sortie des Chatouilles, dont la rumeur n’est plus à faire, ce film suit une ligne voisine : casser un tabou. Sauf qu’ici, le traitement est ultra réaliste et que la victime est plus âgée. Le prédateur, quant à lui, conserve la même emprise orbitale en demeurant à faible distance : une menace fantôme perçue comble de l’horreur comme bienveillante par tous les autres membres de la famille. Avec ce film sobre, il ne s’agit pas de faire le procès, bien commode, d’un entourage aveugle aux abominations commises sur ses enfants par un “tiers de confiance“, ni de le rendre paranoïaque. Mais de lui faire prendre conscient d’une réalité visqueuse tout en incit

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No One Is Innocent : « Tous les ingrédients pour prendre du plaisir sur scène »

Rock | Groupe engagé par excellence, No One Is Innocent poursuit sa route vingt ans après ses débuts. Toujours aussi énergique, le rock du groupe n'a pas pris une ride et son dernier album Frankenstein démontre que la créature n'a pas fini d'en découdre. Rencontre avec Kemar, le chanteur charismatique des [no one is innocent], avant le passage de la formation au Clapier.

Nicolas Bros | Mercredi 2 mai 2018

No One Is Innocent : « Tous les ingrédients pour prendre du plaisir sur scène »

Quelle différence existe-t-il entre Propaganda, votre album sorti en 2015 et Frankenstein qui vient de paraître ? Kemar : Nous avons la sensation qu'il est plus animal, plus organique. On peut ressentir la nervosité du groupe dans les compositions qui sont moins rondes. L'album débute sur le titre À la gloire du marché et on le prend en pleine face ! On se connaît aussi davantage avec notre producteur Fred Duquesne (notamment connu pour son implication dans le groupe Mass Hysteria, NDLR), ce qui donne un son plus acéré que sur notre précédent disque. Justement, en parlant de Fred Duquesne, il est intervenu la première fois pour vous sur Propaganda, alors que c'est un ami de longue date. Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de travailler avec lui ? C'est très étrange en fait... Ce sont les mystères de la musique. Fred est un pote de bande, on se croise hyper souvent, on sort boire des coups à Paris... À un moment donné, avant de commencer à travailler sur Propaganda, des amis nous disent : « qu'est-ce que vous faites ? Pourquoi vous ne demandez pas à Fred de bosser ave

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Crash-test

Chanson | Avec son humour décapant façon Hara-Kiri, Didier Super est un pur sniper. Mais ses saillies politiquement incorrectes ne sont jamais totalement gratuites (...)

Niko Rodamel | Mercredi 4 avril 2018

Crash-test

Avec son humour décapant façon Hara-Kiri, Didier Super est un pur sniper. Mais ses saillies politiquement incorrectes ne sont jamais totalement gratuites car derrière sa tête de vainqueur, Didier Super est très loin d'être un con, dénonçant l'indifférence générale face aux criantes aberrations de notre monde déglingué. Mieux vaut en rire que de s'en foutre. Didier Super, mercredi 18 et jeudi 19 avril au Clapier

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"Frost" : Ça craint en Ukraine

Là-balte si j’y suis | de Šarūnas Bartas (Lit.-Fr.-Ukr.-Pol., 2h) avec Mantas Janciauskas, Lyja Maknaviciute, Andrzej Chyra, Vanessa Paradis…

Vincent Raymond | Mardi 27 mars 2018

Pour dépanner un ami, Rokas et Inga acceptent de convoyer une camionnette humanitaire de Lituanie en Ukraine. Sauf que la zone n’est pas si facile d’accès en période de guerre — une guerre dont Rokas n’avait même pas idée, et qui intrigue ce jeune homme sans but… Cinéaste du politique, voire du géopolitique, Bartas ne pouvait rester insensible à la situation ukrainienne et au chaos qu’elle produit. Un chaos mâtiné d’incertitudes et de danger, conforme à l’ambiance inquiétante de ses premiers films, explorant par la contemplation le flou des frontières et de l’attente. Pourtant, c’est par une structure des plus linéaires que Bartas engage son récit : il faut que ses deux protagonistes se perdent, littéralement ; qu’ils éprouvent la réalité de la guerre en discutant avec des “humanitaires” pour qu’ils se trouvent — ou du moins parviennent à orienter leur boussole intérieure. La curiosité de Rokas, cette irrépressible pulsion le menant au plus près du danger — histoire d’en apprécier la réalité mais aussi de tester le hasard — rappelle la démarche de John Locke, héros de

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Tonton se laisse aller

Soirée spéciale | L'association La Laverie a retrouvé des archives inédites chez Luc, l'oncle d'une de ses membres. Ce dernier, menuisier en Haute-Loire, est décédé (...)

Nicolas Bros | Jeudi 2 novembre 2017

Tonton se laisse aller

L'association La Laverie a retrouvé des archives inédites chez Luc, l'oncle d'une de ses membres. Ce dernier, menuisier en Haute-Loire, est décédé cette année. Mais outre la passion du travail du bois, il était également un fin collectionneur. Mais pas de n'importe quels objets. « Il ne faisait pas de bruit autour de cela mais il était très attaché aux plaisirs de la chair, explique Jérémie Guignand, membre de l'association. Nous avons retrouvé une grande collection chez lui, qu'il gardait précieusement. » Une fois avoir découvert cette ribambelle d'objets, l'équipe s'est décidée à rendre un hommage appuyé à ce personnage un peu unique en son genre. « Nous avons réfléchi à une soirée qui soit décalée autour de ce personnage, sans être dans la provocation, poursuit Jérémie. Cet "Hommage à Tonton Cul", nom rappelant Tonton Luc, n'est ni une soirée échangiste, ni une soirée libertine mais belle et bien un spectacle pour un public averti, avec la présence de nombreux artistes proposant des créations autour de la question du sexe. » L'idée d'une telle soirée est également de faire parler, de partager, d'évoquer des questions politiques et publique

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"Borg/McEnroe" : Gazon béni

ECRANS | Le réalisateur danois Janus Metz Pedersen autopsie le parcours de deux totems du sport contemporain (le Suédois Björn Borg et l'Étatsunien John McEnroe) à l’occasion du non moins légendaire match les opposant en 1980 sur le green britannique. Trop de la balle pour mesurer en cinq sets la tragique gravité du tennis et sa haute cinégénie.

Vincent Raymond | Mercredi 8 novembre 2017

Wimbledon, 1980. Quadruple tenant du titre et n°1 mondial, Björn “Ice” Borg est défié en finale par son dauphin au classement ATP, un jeune Étasunien irascible réputé pour son comportement de voyou sur les courts. Contrairement aux apparences, les deux se ressemblent beaucoup… Si l’on parle volontiers du terrain de sport comme d’une arène ou d’un “théâtre”, le court de tennis est, au même titre que le ring, apte à cristalliser des dramaturgies hautement cinématographiques. Quant à cette la finale opposant Borg à McEnroe, elle va bien au-delà de l’épithète “anthologique” : Serge Daney écrivait que l’on touchait ici aux “beautés de la raison pure.” Le film ne se cantonne pas à une reconstitution méthodique du match épique. Sa réalisation rend justice à la grâce et la pugnacité des deux athlètes, sculptant par un montage acéré l’incomparable chorégraphie des échanges. Le bouillant Shia LaBeouf s’empare de la raquette de l’explosif gaucher avec un mimétisme raisonnable : nul autre que lui n’aurait été crédible dans ce rôle. Quant à son partenaire Sverrir Gudnason, il révèle

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Pour tout bagage, ils ont 20 ans

Chanson | Les Hurlements d'Léo fêtent leur 20 ans. Pour marquer le coup, les huit Bordelais, proches des Ogres de Barback, sortent un (...)

Nicolas Bros | Mardi 31 octobre 2017

Pour tout bagage, ils ont 20 ans

Les Hurlements d'Léo fêtent leur 20 ans. Pour marquer le coup, les huit Bordelais, proches des Ogres de Barback, sortent un nouvel album au début de l'année 2018, Luna de Papel. Mais avant cela, ils empruntent les routes de France pour rejouer quelques morceaux ayant charpenté leur histoire, mais également quelques nouveaux titres. 20 concerts de prévus dont un au Clapier à Saint-Étienne. Le 10 novembre.

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LUTĒCE : « Rester sincères dans notre démarche »

Rap | Le duo lyonnais LUTĒCE fait partie des groupes les plus prometteurs du rap français. Flow nonchalant, thèmes introspectifs, Ian et Marty font partie des nouvelles signatures régionales à suivre de près, comme le prouve leur très réussi EP Lapse, sorti il y a tout juste un an. Rencontre.

Nicolas Bros | Mardi 3 octobre 2017

LUTĒCE : « Rester sincères dans notre démarche »

D'où venez-vous ? Comment vous êtes-vous rencontrés ? Marty : Nous sommes de Lyon, même si pour ma part je suis né à Saint-Étienne. Nous avons commencé l'aventure de LUTĒCE il y a maintenant 3 ans. Pourquoi avoir choisi LUTĒCE comme nom de groupe ? Lutèce évoque forcément Paris et pour quelle raison avoir mis un macron sur le premier "e" ? Ian : Nous nous sommes rencontrés en faculté de l'histoire de l'art à Lyon. Même si nous ne travaillons pas aujourd'hui dans un secteur lié à cette formation, ces études représentent une étape très importante dans notre parcours. LUTĒCE évoque un peu cette époque avec un équilibre entre la Renaissance et l'ancien temps. C'est également lié à ce que nous voulons faire, à la vision équilibrée de notre musique. Le côté esthétique du mot nous a plu aussi. Marty : Concernant l'utilisation du macron, il y a plusieurs raisons à cela. Tout d'abord, c'est une manière d'obtenir une certaine singularité. Ensuite, c'est l'accent du cancre, celui que l'on met quand on ne sait pas lequel choisir. Cela correspond également bien au fait que parfois, on n'a du

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Express to Bogota

Sono mondiale | Non, ce n’est pas un nouveau produit stupéfiant, que nenni, Express to Bogota est simplement l’intitulé d’une nuit qui s’annonce des plus chaudes, samedi (...)

Niko Rodamel | Mardi 3 octobre 2017

Express to Bogota

Non, ce n’est pas un nouveau produit stupéfiant, que nenni, Express to Bogota est simplement l’intitulé d’une nuit qui s’annonce des plus chaudes, samedi 28 octobre au Clapier. Avec Dj Ritmo Salvaje, l’electro latino sera à l’honneur de 23h à 5h30 du matin, entre cumbia, rumba ou salsa, sur des boucles rythmiques imparables, celles qui mouillent la chemise et facilitent le lâcher prise. Ritmo Salvaje est justement un expert des nouvelles sonorités d'Amérique latine, nu cumbia et tropical bass se frottant sans pudeur au dub, hip hop, reggae ou même rock. On avait déjà découvert ce Dj à la Bodega, en juin dernier, avec la Noche Sainté Ritmo Loco. Il semble pourtant avoir plutôt ses habitudes dans la capitale des Gaules (aux Bons Sauvages et à La Fourmilière), se faisant aussi remarquer du côté de Grenoble, notamment à l’Ampérage. C’est sans doute la chanteuse argentine La Yegros qui, en deux albums trois mouvements a fait exploser la nu cumbia sur le devant de la scène et sur les ondes internationales, s’illustrant brillamment avec ses couleurs flashy dans ce style fougueusement dansant que l’on retrouve dorénavant dans toutes les bonnes soirées latino. Vamos a bailar ?

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Brain is in the kitchen

Sono mondiale | Brain Damage invite Harrison Stafford à bousculer les codes du dub et du reggae roots sur un album commun, avec à la clé, une série de concerts très attendus. Ça barde !

Niko Rodamel | Mardi 3 octobre 2017

Brain is in the kitchen

Après les belles réussites que furent ses rencontres successives avec High Tone (album High Damage en 2012) puis Vibronics (Empire Soldiers en 2013), Martin Nathan alias Brain Damage entame une nouvelle collaboration avec Harrison Stafford, fondateur du groupe Groundation. Pour ce nouveau projet, notre serial dubber stéphanois et le charismatique "Professor" ont gravé l’album Liberation Time, alignant dix titres empreints de messages philosophiques et bienveillants. Riche de nombreuses collaborations à travers le monde et avec au compteur une douzaine d’albums plutôt généreux en featurings, Brain Damage ne cesse de défricher de nouvelles pistes musicales. Ici les deux complices rapprochent leurs univers respectifs, le gros son du Français portant solidement la voix si particulière du plus jamaïcain des Californiens. Comme à son habitude, Nathan sort de derrière les fagots des mélodies imparables truffés d’effets dub inspirés. Harrison délivre quant à lui un message fédérateur centré autour de l’auto-émancipation par la musique, exposant encore et encore sa vision universaliste de la foi rastafarienne. La Jamaïque c’est fantastique

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“Ça” commence aujourd'hui

"Ça" | de Andrés Muschietti (E.-U., int.-12 ans, 2h15) avec Bill Skarsgård, Jaeden Lieberher, Finn Wolfhard…

Vincent Raymond | Lundi 18 septembre 2017

 “Ça” commence aujourd'hui

1988. Sans le savoir, la petite ville de Derry abrite depuis des siècles dans ses égouts une créature protéiforme se déguisant en clown pour attraper ses proies : les enfants. Mais le Club des Ratés (des gamins considérés comme ringards), va oser affronter le monstre… et ses peurs. Le public eût sans doute apprécié de savoir que cette (longue) adaptation de Stephen King ne couvrait que la moitié du roman : il faut en effet attendre le générique de fin pour découvrir un timide “Chapitre un”, promesse d’une suite. Oh, cela n’empêche pas de comprendre l’histoire, mais ne la boucle pas tout à fait. Et explique certainement que Muschietti se soit abandonné à un empilement de séquences répétitives, au lieu de chercher à concentrer l’angoisse. Bien sûr, la qualité du script initial et des effets spéciaux rend le spectacle convenable ; les apparitions de Grippe-Sou le clown obéissent aux lois du genre (surprise, gros plans, zooms avant, fixité sardonique etc.) et sont donc d’une totale efficacité. Il manque cependant le pendant adulte à l’épopée de ces téméraires Goonies pour lui donner

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Rencontre

Panorama Sono Mondiale 17/18 | Décidément assoiffé d’expérimentations musicales inédites, Martin Nathan entame une nouvelle collaboration dans l’esprit de celles vécues (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 septembre 2017

Rencontre

Décidément assoiffé d’expérimentations musicales inédites, Martin Nathan entame une nouvelle collaboration dans l’esprit de celles vécues précédemment avec High Tone et Vibronics. Pour le tout nouveau projet de Brain Damage, l’artiste stéphanois invite Harrison Stafford (charismatique "Professor" de Groundation) sur un album commun, Liberation Time. Les deux musiciens y bousculent ensemble et avec intelligence les codes du dub et du reggae roots. Brain Damage meets Harrison Stafford, samedi 21 octobre à 20h30 au Clapier

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Alors on transe

Sono mondiale | La Tawa propose une grosse soirée festive dans l’ancienne gare du Clapier, devenue en quelques mois le nouveau lieu incontournable de la scène stéphanoise. (...)

Niko Rodamel | Mardi 2 mai 2017

Alors on transe

La Tawa propose une grosse soirée festive dans l’ancienne gare du Clapier, devenue en quelques mois le nouveau lieu incontournable de la scène stéphanoise. En plus de deux groupes qui valent aussi le détour (Ceux qui marchent debout + Yeah Men Selekta), Radio Tutti et ses Barilla Sisters mèneront la danse dans une ambiance sans frontières qui promet d’être survoltée. Radio Tutti est un collectif de musiciens issus de diverses formations régionales, lesquels se retrouvent ici pour jouer une musique fraternelle et métissée qui s’inspire des bals du sud de l’Italie, embarquant le spectateur dans une transe franchement compulsive. On retrouve une magnifique doublette de chanteuses-instrumentistes, Pauline Rivière (chant, tambourin, ukulélé) et Judith Chomel (chant, accordéon), qu’accompagnent des musicos de haute volée qui tous jouent aussi des percussions : Pierre-Alexis Lavergne (claviers, guitares, mandoline), Xavier Savin (basse), Franck Boyron (trombone) et Baptiste Sarat (trompette)… Eh bien : dansez maintenant ! Radio Tutti feat. Barilla Siste

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Jeudi, j’ai reggae

Reggae | Chanteur érudit et leader du groupe californien Groundation, le "professor", Harrison Stafford, ramène le reggae à ses origines, poursuivant son éternelle (...)

Niko Rodamel | Mardi 2 mai 2017

Jeudi, j’ai reggae

Chanteur érudit et leader du groupe californien Groundation, le "professor", Harrison Stafford, ramène le reggae à ses origines, poursuivant son éternelle lutte (musicale) pour l'égalité des droits et la justice. Fans du genre, procurez-vous absolument le DVD Holding On To Jah - the genesis of a revolution, que Harrison Stafford himself a coréalisé avec Roger Landon Hall après quinze années de recherches : une très complète histoire de la Jamaïque et bien sûr du Reggae, retraçant tout le mouvement Rasta avec de superbes images, entre archives inédites et vibrants témoignages d'artistes ou activistes jamaïcains. Quand musique et Histoire ne font plus qu'un... Le groupe ligérien Hope Ration ouvrira la soirée et livrera sa ration d'espoir en guise d'apéro. Lucas (guitare-chanteur), Alexandre (claviers-chœurs), Rémi (batterie-chœurs), Valérian (basse) et Tanguy (guitare) développent un Reggae Roots bien à eux, assaisonnant leurs compositions de jazz, de rock ou de funk avec une pointe dub, pour opposer des valeurs d'humilité et d'optimisme aux inégalités qui gangrènent notre petite planète. Le groupe qui s'était distingué en 2014 lors tremplin "musiques actuelles" organisé

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Delort, de l'amour et Eska

Hip-hop | Le rappeur stéphanois Eska continue de surprendre. APrès des duos avec Ladybug and The Wolf ou Leïla Huissoud, c'est avec le chanteur lyonnais Louis Delort (...)

Nicolas Bros | Lundi 10 avril 2017

Delort, de l'amour et Eska

Le rappeur stéphanois Eska continue de surprendre. APrès des duos avec Ladybug and The Wolf ou Leïla Huissoud, c'est avec le chanteur lyonnais Louis Delort (The Voice, 1789 : Les Amants de la Bastille) qu'il propose Amour, nouveau morceau du "puzzle" musical composant son prochain EP.

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Le Peuple toujours sur le qui-vive

Hip-hop/electro/rock | Avec un huitième album "Stay Tuned", Le Peuple de l'Herbe fête vingt ans d'existence de la plus belle des manières. Le groupe passera par le Clapier avec son nouveau live bourré d'énergie, comme à l'accoutumée avec les Lyonnais.

Nicolas Bros | Mercredi 5 avril 2017

Le Peuple toujours sur le qui-vive

La majorité n'aura pas fait prendre une ride au Peuple de l'Herbe. Bien au contraire ! Continuant d'explorer toutes les formes musicales qui les bottent, le groupe lyonnais a pondu un huitième album en forme de résumé d'une carrière de 20 ans pleine de surprises. Désormais à nouveau sept depuis l'arrivée d'Oddateee, rappeur américain installé à Lyon, les membres du Peuple proposent des titres engagés et décomplexés sur Stay Tuned. Avec persévérance, le groupe poursuit sa route musicale, dans les méandres du hip-hop, de l'électronique et du rock. Mais la puissance de ce nouvel opus réside dans sa singulière unité, dans sa production, mais également son esthétique autant festive qu'incitant à la réflexion. Et c'est bien là l'objet principal de cet album : rester branché en toute conscience. Un groupe mythique Continuant à naviguer loin des "grosses maisons", le Peuple de l'Herbe a su se forger une notoriété forte, au-delà des frontières de la région Rhône-Alpes. Allant jusqu'à être appelé à participer à la B.O. du sulfureux Baise-moi de Virginie Despentes (composée, arrangée et réalisée par Varou Jan qui est désormais le guitariste du groupe

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The Skatalites : l'orchestre national de la Jamaïque

Ska | Les mythiques Skatalites, qui ont façonné un son typiquement jamaïcain, nourri du rythme ska et d'emprunts au bebop, sont de passage au Clapier.

Sébastien Broquet | Mercredi 1 mars 2017

The Skatalites : l'orchestre national de la Jamaïque

Nous sommes en 1963, à Kingston, du côté de Brentford Road. Là, une bande de Jamaïcains se retrouvent tous les jours, jammant ensemble, enregistrant, composant, prenant leur temps. Ce n'est pas encore un groupe, mais il s'agit déjà d'une invention majeure : Clement Coxsone Dodd avait à ce moment-là décidé de monter son propre studio et de sortir en 45t les titres que les musiciens le squattant lui donnaient, a contrario d'une méthode alors en vogue : adapter les succès de la soul américaine. En laissant ouvert ce studio à un groupe maison, les laissant imaginer et inventer, il créa un précédent notoire. Car ce groupe devint The Skatalites et lança totalement le ska, qui restait alors discret même si les radios l'adoptèrent rapidement, friandes de ce rythme rapide, qui plus est, produit localement. Ceux qui formaient ce groupe, de Jackie Mitoo le génial organiste à Don Drummond le légendaire tromboniste, en passant par le trompettiste Ba Ba Brooks, le bassiste Lloyd Brevett (qui fut l'un des premiers à troquer sa contrebasse pour la basse électrique, révolutionnant là encore la musique locale en ralentissant son jeu et amenant par là-même le rocksteady), les chanteurs L

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5 ans d'attitude positive

Anniversaire Positive Education | Parmi les événements du week-end, citons l'anniversaire de l'association Positive Education qui fête ses 5 ans avec deux soirées au Clapier. De la techno (...)

Nicolas Bros | Vendredi 17 février 2017

5 ans d'attitude positive

Parmi les événements du week-end, citons l'anniversaire de l'association Positive Education qui fête ses 5 ans avec deux soirées au Clapier. De la techno sombre, de l'électro planante, le line-up proposé sera de haute volée (malgré la défection de dernière minute d'Alienata). On remarquera notamment la présence de Phuong Dan, qui a récemment retourné le festival d'Amsterdam Dekmantel avec un set épique. 5ème anniversaire de Positive Education au Clapier à Saint-Étienne Vendredi 17 février, dès 23h : Umwelt + Les Fils de Jacob + Schemer & Jacques Satre + Reacted & Olaf + VG & Ed Ward + Josh & Miläz Samedi 18 février, dès 23h : Phuong Dan + Boulevard DJ's + Helione B2B Basic + Leo live + 50Gipsy B2B Mowgli

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Eska nous invite à bord

Vidéo | Avant la sortie de son nouvel EP prévu début janvier, le rappeur stéphanois Eska a lancé une série de vidéos inédites intitulée Les carnets de bord d'Eska, présentant (...)

Nicolas Bros | Mardi 20 décembre 2016

Eska nous invite à bord

Avant la sortie de son nouvel EP prévu début janvier, le rappeur stéphanois Eska a lancé une série de vidéos inédites intitulée Les carnets de bord d'Eska, présentant les nouveaux titres qui composeront ce disques. Ces prises nous invitent à découvrir des titres pris en live acoustique, dans lesquels l'artiste partage l'affiche avec d'autres créateurs. Le premier épisode propose un duo de l'auteur-compositeur avec la jeune et talentueuse Leïla Huissoud.

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Décade métallisée

MUSIQUES | Ils portent fièrement la bannière du metal "made in Saint-Étienne". Depuis 2006, le quintet stéphanois Holy Cross, souvent catalogué sous l'étiquette "heavy (...)

Nicolas Bros | Mercredi 30 novembre 2016

Décade métallisée

Ils portent fièrement la bannière du metal "made in Saint-Étienne". Depuis 2006, le quintet stéphanois Holy Cross, souvent catalogué sous l'étiquette "heavy metal", navigue à vue et n'hésite pas à varier les plaisirs. « Nous ne sommes pas du genre à rester sur un même créneau, assure Adrien, guitariste du groupe. Nous avons changé de planète trois ou quatre fois en dix ans... » Pendant cette décade, le groupe aura emmené du monde à bord de leur vaisseau musical. Allant jusqu'à séduire en 2009 un label allemand, Pure Steel Records, spécialisé justement en heavy metal, style bien plus populaire outre-Rhin que dans l'Hexagone. « Il y a quelques années, notre créneau était assez pauvre en France, ce n'était pas en vogue. Nous avons trouvé ce label qui nous a ouvert des portes et donné accès à une diffusion plus large. » Porté par cet opus, le groupe se produira un peu de partout en France et sortira un deuxième album en 2013, toujours dans la même maison, intitulé Place Your Bets. Un album qui ancrera le combo sur la carte du metal tricolore. Toujours animé par un élan de liberté, le groupe fêtera ses dix ans au Clapier, entouré par deux groupes a

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Ladybug and The Wolf : « Cet album est le commencement de nouvelles choses »

MUSIQUES | Le duo (devenu trio sur scène) stéphanois Ladybug and The Wolf, sort enfin son premier album Mammatus et en profite pour investir Le Clapier avec une ribambelle de "groupes amis" ce samedi. L'occasion de revenir avec Paloma et Kevin sur cette aventure musicale qui continue et qui évolue au fil du temps.

Nicolas Bros | Vendredi 21 octobre 2016

Ladybug and The Wolf : « Cet album est le commencement de nouvelles choses »

Est-ce que Mammatus, premier album qui s'est fait longtemps attendre, est un aboutissement ou simplement une étape dans votre cheminement artistique ? Kevin : Nous avions réellement hâte de le voir de manière "physique" cet album. Nous travaillons dessus depuis plus de deux ans maintenant. Pour moi, la sortie de l'album est une étape importante. Il y a le fait de le vendre, de le défendre sur scène, etc... mais il y a aussi le fait d'avoir l'objet entre les mains. Paloma : Je vois cet album comme le commencement de nouvelles choses. Ce n'est pas un aboutissement mais le début de quelque chose. Nous essayons de faire quelque chose de concrètement plus travaillé, d'aller plus loin dans notre démarche artistique. J'essaie de faire en sorte que ce soit finalement le début de notre histoire, de me mettre dans l'idée que cet album nous propulse. Est-ce que vous avez une appréhension avant de sortir enfin ce premier album ? Kevin : Non, nous sommes excités et contents. Nous avons tellement travaillé et évolué au cours des deux années de travail s

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Deux soirées du 1001 Bass déplacées

MUSIQUES | La cinquième édition du festival de musiques électroniques 1001 Bass, qui se déroulera du 27 au 29 octobre avec de belles têtes d'affiches (Filastine, Scratch (...)

Nicolas Bros | Vendredi 30 septembre 2016

Deux soirées du 1001 Bass déplacées

La cinquième édition du festival de musiques électroniques 1001 Bass, qui se déroulera du 27 au 29 octobre avec de belles têtes d'affiches (Filastine, Scratch Bandits Crew, UMWELT, The Supermen Lovers, ...), devait voir ses soirées n°2 et 3, se dérouler au Parc des Expositions. Finalement, ces deux événements se dérouleront au Fil avec une fermeture à 6h. L'organisation explique ce changement de lieu pour des « problèmes indépendants de [la] volonté de l'association ». Le line-up reste inchangé. Si toutefois, les possesseurs de billets veulent se faire rembourser, ils le peuvent par le biais de l'application YurPlan ou en envoyant un mail à chloe.1001bass@gmail.com. 1001 Bass Music Festival #5 avec Scratch Bandits Crew, Vandal, Filastine, The Supermen Lovers, UMWELT, ..., du 27 octobre au 30 octobre, au Clapier et au Fil à Saint-Étienne

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Bunny Wailer ne viendra pas à Saint-Étienne

MUSIQUES | Prévu le mercredi 6 juillet à 19h dans la nouvelle salle Le Clapier (dans l'ancienne gare du Clapier dont on vous parlait ici), le concert de Bunny Wailer (...)

Nicolas Bros | Lundi 27 juin 2016

Bunny Wailer ne viendra pas à Saint-Étienne

Prévu le mercredi 6 juillet à 19h dans la nouvelle salle Le Clapier (dans l'ancienne gare du Clapier dont on vous parlait ici), le concert de Bunny Wailer n'aura finalement pas lieu. La salle a annoncé que « la tournée de Bunny est reportée à une date ultérieure » et invite les possesseurs de billets à contacter l'organisme auquel les places ont été achetées afin de demander leur remboursement. Pour l'instant, aucune autre date de concert à Saint-Étienne n'a été évoquée. NB

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"Le Clapier", une nouvelle salle de concerts à Saint-Étienne

ACTUS | La Gare du Clapier va renaître en octobre en devenant un centre d'art, une salle de spectacles et un restaurant. Mais avant cette ouverture, il y aura deux concerts/soirées "test" avec notamment Bunny Wailer et Crystal Distortion.

Nicolas Bros | Vendredi 3 juin 2016

Depuis 2012, la gare du Clapier était une friche. En octobre 2016, ce lieu emblématique de Saint-Étienne va rouvrir ses portes en accueillant un projet, sobrement intitulé "Le Clapier" et dédié aux arts, à la culture et à la gastronomie, avec une salle de concert et un restaurant de 70 couverts ouvert le midi du lundi au vendredi (dont le chef sera Christophe Vilain). Avec un investissement global de 400 000 Euros et une capacité totale de 350 personnes, les travaux ont commencé du côté du quartier de Tarentaize afin d'accueillir deux premiers concerts cet été, en forme de "tests" pour Yohann Fournier (propriétaire notamment du Soggy Bottom rue de la Résistance et à l'initiative de ce projet) et son équipe. Tout d'abord le 18 juin avec une soirée électro qui verra sur scène Crystal Distortion, Dubmentalist, Dubamix, Mansa Keita et Aqtp puis le 6 juillet où Bunny Wailer (un des membres fondateurs du mythique groupe The Wailers avec Peter Tosh et Bob Marley) prendra le micro. Du côté de la décoration du lieu, les rennes seront confiées à la plasticienne Camille Cottalorda. NB

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La Tawa est en toi

MUSIQUES | Il emprunte peut-être son nom au premier album live du groupe Zebda, mais d’ailleurs peu importe, désormais la Tawa est avant tout un bien sympathique (...)

Niko Rodamel | Mardi 30 juin 2015

La Tawa est en toi

Il emprunte peut-être son nom au premier album live du groupe Zebda, mais d’ailleurs peu importe, désormais la Tawa est avant tout un bien sympathique festival qui a fait tranquillement sa place en l’espace de cinq ans auprès du public étudiant, mais pas que. La particularité de la Tawa est d’être un festival gratuit et totalement décomplexé, avec une philosophie sans prise de tête : « Les amis, la musique, la bonne bière (NDLR : à boire avec modération blabla...), l'air frais de Planfoy, c'est ça la Tawa ! » Deux jours de musiques et d’animations, deux jours à la cool sur l’herbe grasse du stade communal, avec des navettes qui relient la festival à la place Bellevue jusqu’à tard dans la nuit. Côté programmation, nous retiendrons l’excellent King Porter Stomp, un groupe de huit musiciens anglais qui livre avec une énergie folle un cocktail explosif de ska, dub, funk et hip-hop débridés. Fanfares, contes, danses et numéros de cirque viendront ponctuer les deux jours de fête. « Le festival survit grâce à votre faim et votre soif, si vous voulez qu’il reste gratuit, venez vous rassasier au snack et trinquer à la buvette ! » C’est ça aussi, la Tawa ! Niko Rodamel

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Quand vient la nuit

ECRANS | Après l’électrochoc Bullhead, Michael R. Roskam négocie habilement son virage hollywoodien avec ce polar à l’ancienne écrit par le grand Dennis Lehane, très noir et très complexe, servi par un casting parfait. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 12 novembre 2014

Quand vient la nuit

Dans son premier film, le stupéfiant Bullhead, Michael R. Roskam inventait un personnage de gros dur camouflant sa perte de virilité par une surdose de produits dopants le transformant en montagne musculeuse et toutefois taiseuse. Bob Saginowski, le héros de Quand vient la nuit que Tom Hardy campe avec un plaisir cabotin de la retenue, partage avec lui de nombreux points communs : taciturne, maladroit dans ses rapports humains, semblant masquer derrière son apparente absence d’états d’âme ce que l’on devine être un lourd passé. Bob traîne dans le milieu de la mafia russe à Brooklyn, s’occupant avec son cousin Marv — James Gandolfini, dans une puissante et émouvante dernière apparition à l’écran — d’un «bar-dépôt» servant avant tout à blanchir l’argent de tous les trafics nocturnes illicites ; mais il s’entête à prendre ses distances avec ce monde du crime, répétant inlassablement qu’il n’est «que le barman». Il va à l’église mais ne communie pas ; et il s’obstine à élever un pitbull qu’il a ramassé blessé dans la poubelle d’une jeune f

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Chemin de croix

ECRANS | Derrière la critique du fondamentalisme religieux, ce martyre d’une adolescente de 14 ans, filmé par Dietrich Brüggemann selon des principes aussi rigoureux que ceux qu’il prétend dénoncer, cache en fait une œuvre manipulatrice et très discutable. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 28 octobre 2014

Chemin de croix

Ce bon Michel Serres disait, il y a une décennie déjà : «Dans les années 70, quand je voulais faire rire mes étudiants, je leur parlais religion et quand je voulais les intéresser, je leur parlais politique. Aujourd’hui, c’est l’inverse.» Le constat est toujours valable, sinon plus encore par les temps qui courent, et le cinéma se fait la caisse de résonance de ce retournement des valeurs. Un film politique se doit donc d’être satirique, moquer le pouvoir et les institutions ; en revanche, dès qu’il s’agit de causer religion, surtout dans ses dérives fondamentalistes, les cinéastes redoublent d’austérité esthétique, sans parler du discours sous-jacent, sérieux comme un pape — l’expression tombe à point. Chemin de croix, quatrième film signé Dietrich Brüggemann, ovationné à Berlin où il a reçu le prix du scénario, s’inscrit dans ce registre, même si il est beaucoup plus retors que cela. On y suit la vie de Maria, adolescente de 14 ans élevée dans une famille de cathos fondamentalistes où à peu près tout est interdit, à part les Cantates de Bach et les leçons d’un prêtre très pointilleux sur les dogmes chrétiens. Lorsqu’elle a le malheur de se lier d’amit

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Refroidis

ECRANS | De Hans Peter Molland (Norvège, 1h56) avec Stellan Skarsgard, Bruno Ganz…

Christophe Chabert | Mardi 23 septembre 2014

Refroidis

Un paisible conducteur de chasse-neige apprend l’assassinat de son fils et découvre qu’il jouait les passeurs à l’aéroport pour des trafiquants de drogue. Il décide de se venger en remontant la filière… Cet argument classique de vigilante movie, Hans Peter Molland le détourne de brillante manière en le tirant vers une comédie caustique et très noire. Il y a d’abord ce gimmick, plutôt amusant, de la recension des cadavres et de leur appartenance religieuse avec des cartons sur fond noir ; il y a surtout la nature même des truands du film, complètement cinglés, à commencer par le big boss maniaco-dépressif adepte de la vie saine et hygiéniste qui demande à ses hommes de mains de surveiller si son gamin mange bien ses cinq fruits et légumes par jour. Les origines ethniques des diverses bandes — Norvègiens, Suédois, Serbes… — sont longuement commentées dans des dialogues ponctués de réflexions politiques, notamment celle, hilarante, sur la nécessité d’un état providence dans les pays froids ! La nonchalance du récit et sa manière digressive de surprendre l’action pour brosser sa galerie de portraits rappellent bien entendu le Tarantino première manière. Évid

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Maps to the stars

ECRANS | David Cronenberg signe une farce noire et drôle sur les turpitudes incestueuses d’Hollywood et la décadence d’un Los Angeles rutilant et obscène. Un choc ! Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 21 mai 2014

Maps to the stars

La «carte des stars» du titre fait référence à ces dépliants indiquant l’emplacement des villas appartenant aux célébrités hollywoodiennes à Los Angeles ; la carte du dernier film de David Cronenberg se résume en revanche à un cercle d’une demi-douzaine de personnages portant des prénoms impossibles, gravitant dans l’univers du cinéma et unis par des liens scénaristiques mais aussi par de tortueux liens du sang. Il y a un jeune acteur de treize ans arrogant et cynique, star d’une franchise ridicule (Bad babysitter) et déjà passé par la case réhab', son père moitié gourou, moitié thérapeute new age, une comédienne vieillissante obsédée par le fantôme de sa mère morte dans un incendie, un chauffeur de limousine qui se rêve scénariste et acteur… Et, surtout, une fille mystérieuse qui s’incruste dans leur vie, un peu folle et portant sur son corps les stigmates de graves brûlures. Film choral ? Pas vraiment, car Maps to the stars tisse assez vite une toile réjouissante où chacun va illustrer la décadence dans laquelle s’enfonce un Los Angeles corrompu au dernier degré, réplique vulgaire et morbide de celui décrit par John Schlesinger dans s

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Nebraska

ECRANS | D’Alexander Payne (ÉU, 1h55) avec Bruce Dern, Will Forte…

Christophe Chabert | Mercredi 23 avril 2014

Nebraska

Avec Sideways et The Descendants, Alexander Payne semblait avoir mis un frein à l’écueil qui guettait son cinéma : une tendance au ricanement sardonique sur le dos de ses personnages, signe d’une douce misanthropie — ce n’est pas Ulrich Seidl, quand même. Nebraska voit ce penchant ressurgir à grands pas, alors que ce "petit" film laissait penser le contraire ; cette ballade entre un père vieillissant en voie de sénilité et son fils déprimé partis chercher ensemble un gros lot imaginaire avait tout pour installer une petite musique de feel good movie folk façon Une histoire vraie. S’inscrivant dans le sillage du Nouvel Hollywood, de ses marginaux et de son mélange de spleen et de comédie — le noir et blanc et la présence du mythique Bruce Dern en attestent — Payne finit toutefois par déraper lorsque le tandem fait étape dans la ville de naissance du père, où il retrouve sa famille de ploucs débiles. Le cinéaste déverse sur eux une charge incompréhensible — notamment les deux gamins obèses et idiots, cibles privilégiées de ses attaques —, comme si les bons sentiments inhérents à son récit lui donnaient mauvaise conscience au point de devoir les c

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Ida

ECRANS | Dans la Pologne communiste des années 60, une jeune fille qui souhaite devenir nonne part sur les traces de ses origines et réveille les fantômes de la Deuxième Guerre mondiale. Parfait sur tous les points, le film de Pawel Pawlikowski ne parvient que tard à briser sa maîtrise pour faire surgir l’émotion. Christophe Chabert

Laurie Bizien | Mardi 11 février 2014

Ida

Dès ses premières images, splendidement cadrées – et souvent décadrées ­– en 4/3 dans un noir et blanc numérique aux contrastes sublimes, Ida affirme son désir de perfection. Ce n’est pas qu’une question de composition photographique : la description des rites religieux auxquels se plie son héroïne, qui aspire à devenir nonne, semblent soumis à un timing méticuleux de la part de Pawel Pawlikowski, cinéaste polonais qui revient ici dans son pays natal… Tout au long du film, ce contrôle absolu ne sera jamais pris en défaut. Aucun plan ne semble louper sa juste durée, tous sont pensés avec au minimum une idée forte de mise en scène – l’action qui se déporte de l’avant à l’arrière-plan, le jeu des regards et des gestes, eux aussi calculés à la nanoseconde près, comme si les acteurs avaient avalé un métronome… Exercice de style ? Pas seulement, car Ida brasse aussi une foule de sujets, de l’historique à l’intime, avec une ampleur romanesque d’autant plus remarquable que le métrage est très court (79 minutes seulement). La Pologne communiste, les exactions commises par les catholiques sur les juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale, la quête identitaire, la

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Only lovers left alive

ECRANS | Retour en grande forme de Jim Jarmusch avec ce film à la force tranquille qui imagine des vampires dandy, rock’n’roll, amoureux et dépressifs, gardiens d’une culture mise en péril par la révolution numérique. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 4 février 2014

Only lovers left alive

Adam et Eve ne sont ni le premier homme, ni la première femme de la création, mais les derniers amants-vampires sur terre ; c’est le premier scoop du nouveau film de Jim Jarmusch, joliment ironique. Eve s’est retiré à Tanger, où elle fréquente rien moins que Christopher Marlowe — qui, en plus d’avoir écrit les pièces de Shakespeare, est lui aussi une créature de la nuit, éternelle quoique mal en point ; Adam vit à Détroit au milieu de sa collection de guitares et de son studio analogique, reclus et phobique face aux «zombies» qui l’entourent — on ne saura pas si le terme qualifie péjorativement le commun des mortels ou si effectivement l’humanité est désormais divisée en deux catégories de morts-vivants. Les liens qui les unissent relèvent autant d’un héritage romantique que d’une réalité qui passe par les moyens de communication contemporains : Eve et son IPhone en Facetime, Adam avec un bricolage mêlant câbles, télé et caméra. C’est en fait surtout la mise en scène de Jarmusch qui les réunit, comme lors de ses travellings en spirale enchaînés et fondus avec le mouvement d’un antique 33 tours. Son scénario aussi va les obliger à se retrouver : alors qu’Adam, tr

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Nymphomaniac volume 2

ECRANS | Fin du diptyque de Lars von Trier, qui propulse très haut sa logique de feuilleton philosophique en complexifiant dispositif, enjeux, références et discours, prônant d’incroyables audaces jusqu’à un ultime et sublime vertige. On ose : chef-d’œuvre ! Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 27 janvier 2014

Nymphomaniac volume 2

5+3. Cette addition, qui lançait la vie sexuelle de Joe dans le premier volume de Nymphomaniac, est aussi la répartition choisie par Lars von Trier entre les chapitres de chaque partie. 5 pour le coït vaginal et le volume 1 ; 3 pour la sodomie et le volume 2 qui, de facto, fait un peu plus mal que le précédent… Après nous avoir laissé sur un climax diabolique, où la nymphomane hurlait : «Je ne sens plus rien !», von Trier reprend les choses là où elles en étaient : dans la chambre de Seligman, qui ne va pas tarder à expliquer les raisons de sa chaste attitude face au(x) récit(s) de débauche de Joe-Gainsbourg ; et dans celle de Joe-Martin et de Jerome, premier amant, grand amour idéalisé, compagnon et père de son enfant. Mais avant d’embrayer sur un nouveau chapitre et un nouvel épisode entre fantasme (romanesque) et fantasme (sexuel), le voilà qui digresse déjà en flashback sur Joe-enfant et son premier orgasme où lui apparaissent deux icônes qu’elle prend pour des visions de la vierge Marie, mais que S

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Petite mère courage

SCENES | La nouvelle création du directeur de la Comédie de Saint-Etienne sera présentée du 25 février au 1er mars au CDN stéphanois. Femme non rééducable, de Stéfano Massini, est le récit théâtral d’un engagement, celui d’Anna Politkovskaïa, journaliste russe, retrouvée assassinée dans la cage de son immeuble moscovite en 2006, gisant à côté d’un pistolet et de quatre balles. Durant son vivant, la journaliste s’est attachée à dénoncer notamment les violations des droits de l’Homme commises par les forces fédérales russes en Tchétchénie ou encore dans son dernier livre la politique de Vladimir Poutine. Anne Alvaro est une des interprètes qui porte la pièce mis en scène par Arnaud Meunier et inspirée du travail d’Anna Politkovskaïa.

Florence Barnola | Mardi 4 février 2014

Petite mère courage

Arnaud Meunier : "la pièce pose la question du courage et de l'engagement face à l'autoritarisme" Pour la deuxième fois de la saison, Arnaud Meunier monte une pièce de Stéfano Massini. Chapitres de la Chute, créé en octobre à Saint-Etienne et retraçant l’histoire des Lehman Brothers, avait été la première pierre de cette rencontre. Femme non rééducable est le deuxième rendez-vous du dramaturge italien et du directeur de la Comédie qui a pour habitude de mettre en scène plusieurs pièces d’un même auteur (Vinaver, Pasolini…). Propos recueillis par Florence Barnola Pourquoi monter Femme non-rééducable aujourd’hui ?Le déclencheur du désir a été tout d’abord l’écriture de Massini qui a l’art de raconter une histoire sans répondre aux questions posées. Sa première pièce éditée en France est Femme non rééducable. Je la connaissais déjà, je l’utilisais dans le cadre d’ateliers amateurs, aux concours de l’Ecole. J’ai toujours trouvé que c’était un texte très fort, certes il s’agit de la journaliste Anna Politkovskaïa, mais de manière très large il pose la question du courage et de l’engagement individuel face à l’autoritar

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Nymphomaniac, volume 1

ECRANS | Censuré ? Remonté ? Qu’importe les nombreuses anecdotes et vicissitudes qui entourent le dernier film de Lars von Trier. Avec cette confession en huit chapitres d’une nymphomane — dont voici les cinq premiers, le cinéaste est toujours aussi provocateur, mais dans une tonalité légère, drôle et ludique qui lui va plutôt bien. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 23 décembre 2013

Nymphomaniac, volume 1

On avait laissé Lars von Trier sur la fulgurante dernière image de Melancholia, parvenu au bout de sa dépression et affirmant que le meilleur moyen d’apaiser ses tourments, c’était encore de voir le monde voler en éclats. Au début de Nymphomaniac, après avoir plongé longuement le spectateur dans le noir et une suite de bruits anxiogènes, il révèle le corps de Joe — Charlotte Gainsbourg, réduite dans ce premier volet au statut de narratrice des exploits de son alter ego adolescente, la troublante Stacy Martin — dans une ruelle sombre, ensanglantée et amochée. Passe par là un brave bougre nommé Selligman — Stellan Skarsgard — qui la recueille chez lui et lui demande ce qui s’est passé. «Ça va être une longue histoire» dit-elle, après avoir affirmé qu’elle était une «nymphomane»… En fait, l’histoire tient en deux films décomposés en huit chapitres comme autant de récits obéissant à des règles esthétiques propres, utilisant une panoplie d’artifices — ralentis, split screen, retours en arrière — et changeant sans cesse de formats — pellicule et numérique, scope et 1, 85, couleur et noir et blanc — de style — caméra à l’épaule ou compositions méticul

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Eska : «Il me faut prouver à nouveau»

MUSIQUES | Eska est de retour. Celui qui fut un des rappeurs stéphanois les plus emblématiques en tant que leader du groupe Eska Crew avec plusieurs maxis marquants. Après sa mixtape "Varia" en 2012, l'artiste a entamé un triptyque avec un premier EP intitulé "Inspiration". Rencontre avec un "lyriciste" à la sauce stéphanoise. Propos recueillis par Nicolas Bros

Nicolas Bros | Lundi 21 octobre 2013

Eska : «Il me faut prouver à nouveau»

Pourriez-vous revenir sur votre parcours musical ?Je vais le résumer à travers des dates marquantes. L'histoire commence en 1992, avec ma découverte de la musique hip-hop. Je deviens vite accro et me mets à écrire sans cesse. Ensuite, 1999 avec la création du groupe Eska Crew. Nous avons sorti deux maxis vinyles : On a ce qu'il faut qui avait été repéré par Joey Starr et On rêve tous où la Dub Inc avait travaillé avec nous. Grâce à ce dernier morceau, nous avons intégré une maison de disques avec ce que cela engendre de bon et de mauvais. Mais ce fut une expérience intéressante. Eska Crew s'arrête en 2008. Je pars ensuite en tant que backer de Tunisiano pendant deux ans et demi, d'où une véritable expérience du live. Vous avez été absent pendant plusieurs années de la scène musicale. Pourquoi ce choix ?

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Cannes – Jour 9 : Une certaine idée de la langueur

ECRANS | Nebraska d’Alexander Payne. Michael Kohlhaas d’Arnaud Des Pallières. Magic Magic de Sebastian Silva.

Christophe Chabert | Vendredi 24 mai 2013

Cannes – Jour 9 : Une certaine idée de la langueur

Jeudi matin, tout le monde était encore sous le choc de La Vie d’Adèle. Comme pour Holy motors l’an dernier, un film se plaçait soudain au centre de toutes les attentions. Plus encore qu’Holy motors l’an dernier, La Vie d’Adèle rassemblait peu à peu tous les festivaliers, presse, exploitants et finalement public lors d’une ultime projection qui se terminait vers 1 heure du matin par quinze minutes de standing ovation — record cannois en 2013. Dur dur de passer derrière, et c’est Alexander Payne qui en a fait les frais. Ça aurait pu être pire, car Nebraska est une toute petite chose, un feel good movie qui n’a pas l’ambition de Sideways et de The Descendants — d’ailleurs, Payne, scénariste prodigieux, n’en a pas écrit le script — et qui, du coup, a surtout permis de reprendre son souffle après la déflagration Kechiche. En scope (comme 80% des films de la compétition cette année) et noir et blanc, Nebraska est un road movie à tendance springsteenienne — qui avait signé un fameux album éponyme

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