5 événements programmés

Au nom du ciel

(Théâtre)

Texte et mise en scène de Yuval Rozman, 2h, dès 15 ans. Après Ahouvi en 2023, Yuval Rozman aborde le quatrième opus de sa Quadrilogie de ma Terre, une œuvre qui aborde le lien avec son pays natal et le territoire israélo-palestinien. Dans cet ultime épisode, il prend de la hauteur et met en scène le point de vue de trois oiseaux qui enquêtent sur l’assassinat d’un jeune Palestinien autiste de 32 ans, Iyad Al-Hallaq, tué par la police israélienne en 2020.

Notre avis : En plein dans l'actu mais avec décalage. Homme de théâtre israélien installé en France et très critique envers la politique de Benyamin Netanyahou, Yuval Rozman a choisi, pour le quatrième volet de sa série baptisée Quadrilogie de ma terre, de prendre de la hauteur en confiant le récit à trois oiseaux témoins de l'assassinat, en 2020, d'un Palestinien autiste par la police israélienne. Des oiseaux engagés, forcément, mais également délicieusement vulgaires, pour un spectacle en tous points surprenant et captivant.

L'infiltré

(Théâtre)

Mise en scène de Océan et Flore Vialet, 2h, dès 14 ans. Mêlant conférence, dessin, drag, sketchs, témoignages, archives sonores et vidéos, l'humoriste et auteur Océan vulgarise ce que la science nous dit de la complexité de la sexuation et interroge la différenciation sexuelle, tout en questionnant les injonctions liées à la virilité, ainsi que la norme dominante de l’homme blanc hétérosexuel.

Notre avis : Seul-en-scène aussi drôle qu'engagé sur, pour résumer rapidement, le dimorphisme sexuel et la masculinité, L'Infiltré, du comédien et auteur transgenre Océan, est un immense coup de pied intersectionnel adressé aux réacs de tous bords aussi bien qu'une déclaration d'amour à la communauté queer, et notamment trans. Façon conférencier dans la première partie, Océan démonte toutes les obsessions de celles et ceux qui jugent son corps, délivrant ainsi de nombreuses informations capitales. Radical dans la forme (surtout dans la deuxième partie du spectacle), certes, mais on ne peut plus nécessaire.

Le cabaret de madame Arthur

(Théâtre)

Le cabaret de Madame Arthur est de retour au Transbordeur avec un nouveau spectacle, conçu pour enflammer Lyon. À l'affiche : La Briochée, Pierre et la Rose, Diamanda Callas et Grand Soir pour revisiter les plus grands classiques de la chanson française, le tout en formation piano-voix mêlant amour, humour et extravagance.

Pistes...

(Théâtre)

Texte et mise en scène de Penda Diouf, 1h55, dès 14 ans. Dans ce seule-en-scène, Penda Diouf prend le parti de l’autofiction pour révéler la mémoire de la colonisation en reliant son enfance en France, marquée par le racisme systémique, au récit de son voyage en Namibie sur les traces de son héros d’adolescence, l’athlète Frankie Fredericks, seul Namibien à avoir remporté un titre olympique.

Notre avis : Pour sa première mise en scène, l'autrice franco-sénégalaise Penda Diouf est partie de sa propre histoire et l'a reliée à la grande. Ou comment une jeune fille noire, élevée quelque part en France, là où les regards pointent la différence, décide, à l'âge adulte, après avoir découvert l'athlète namibien Frank Fredericks, de se rendre en Namibie, là où la colonisation allemande a conduit à un génocide au début du siècle dernier. Interprété par Nan Yadji Ka-Gara, ce riche seule-en-scène déploie de nombreuses pistes - politiques, engagées - afin d'écrire toutes les histoires.

La vie secrète des vieux

(Théâtre)

Mise en scène de Mohamed El Khatib, 1h10, dès 15 ans. Après ses précédents succès au Théâtre de la Croix-Rousse, Mohamed El Khatib est de retour en invitant des femmes et des hommes âgés de 75 à 102 ans pour partager leurs histoires de coeur. Dans cette performance drôle et touchante, ces anciens évoquent avec sincérité leurs aventures sentimentales et intimes, passées ou présentes.

Notre avis : Raconter La Vie secrète des vieux, et notamment leur rapport au désir, avec sur le plateau des « vrais vieux », c'est ce qu'a entrepris le metteur en scène et auteur Mohamed El Khatib, grande figure d'un théâtre documentaire enrichi par la fiction. Le résultat est à la fois touchant, drôle, politique et, surtout, empreint de la fragilité et de la mélancolie de la fin de vie, l'une des interprètes amateurs étant décédée depuis la création en 2024.