Grenoble lance ses États généraux des migrations

Évenement | Samedi 3 décembre, le collectif Migrants en Isère organise à la MC2 une journée de réflexion et de tables rondes autour de la question des migrants. Des artistes participent aussi à cette première édition, ainsi que des têtes d’affiche comme les deux Daniel, Pennac et Cohn-Bendit. On détaille le programme.

Jean-Baptiste Auduc | Mardi 29 novembre 2016

Photo : Maryvonne Arnaud


La mobilisation se pressentait en septembre, lorsque la municipalité grenobloise adhérait au réseau des villes solidaires. Cela se vérifie en décembre, puisque les premiers États généraux des migrations auront lieu ce samedi 3. Une journée complète qui se déroulera à la MC2 avec des intervenants, nombreux et variés : chercheurs, artistes, hommes politiques, militants associatifs, citoyens… Tous pourront discuter, se questionner et avancer ensemble.

Monique Vuaillat, l'organisatrice avec le collectif Migrants en Isère (qui rassemble de nombreuses associations comme Amnesty International, l'APARDAP ou la Cimade), est convaincue de la nécessité de cet événement. « La question des migrants suscite des débats, des controverses. Il y a une méconnaissance du public sur la véritable réglementation qui s'applique à eux. » Un événement qu'elle assure autant pédagogique qu'artistique. Vidéos, photos ou écrits mettront en relief la question migratoire.

La photographe Maryvonne Arnaud montrera ainsi son travail, elle qui s'est rendue à plusieurs reprises sur l'île grecque de Lesbos, célèbre pour être le point d'arrivée de nombreux migrants. Ses photographies, diffusées sous forme de film lors du premier débat, seront accompagnées par un texte de l'écrivain italien Erri de Luca. L'autre célèbre plume de la journée, Daniel Pennac, interviendra à 14 heures. Il contera des passages du livre, Eux, c'est nous, à destination des enfants.

Les migrants prennent la parole

Surtout, ces États généraux laisseront de la place à la moins médiatisée des paroles : celle des migrants eux-mêmes. « Des pastilles sonores tirées d'interviews d'une dizaine de migrants mailleront la journée. Une occasion d'exposer le regard des premiers touchés sur la manière dont ils ont été perçus à leur arrivée. » Leurs témoignages sont sans appel d'après l'organisatrice : « L'accueil n'est pas toujours terrible. Il y a beaucoup de racisme, d'ignorance, tout ça accompagné d'une vision caricaturale de l'Afrique par exemple. » Des migrants seront également présents et raconteront, en prélude aux tables rondes, leurs vies.

Enfin, cette journée dépassera le stade réflexif grâce à un cahier de doléances, préparé en amont par les associations. « L'objectif des États généraux est de faire des propositions concrètes en direction de l'État et des collectivités locales. Nous voulons faire bouger les choses sur l'hébergement, la scolarisation ou la prostitution de ces populations. » Le maire de Grenoble Éric Piolle et le président de la métropole Christophe Ferrari tenteront d'avancer des solutions lors de la dernière table ronde intitulée « quelles perspectives locales ? ». Et, avant le grand concert de Rokia Traoré, Daniel Cohn-Bendit achèvera cette journée, en apportant sa connaissance de la situation allemande, et sa hauteur de point de vue en tant qu'ancien député européen.

1ers États généraux des migrations
À la MC2 samedi 3 décembre à partir de 9h


Premiers états généraux des migrations

4 tables rondes sur les causes des migrations avec 14 associations grenobloises regroupées dans le collectif Migrants en Isère
MC2 4 rue Paul Claudel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Une Fête sans frontières pour « sensibiliser à la cause des réfugiés »

Événement | Ça se passera dimanche 27 mai au Jardin de ville de Grenoble, dans le cadre de l'événement national Les États généraux des migrations.

Alice Colmart | Mardi 22 mai 2018

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Dimanche 27 mai, au Jardin de ville de Grenoble, Migrants en Isère, la Coordination iséroise de solidarité avec les étrangers migrants (Cisem) et AUI–Alerte, associations qui accompagnent les étrangers en France et défendent leurs droits, organisent une Fête sans frontières dans le cadre de la manifestation nationale Les États généraux des migrations. L’idée d’un événement culturel gratuit proposant lectures, spectacles musicaux et contes « pour sensibiliser à la cause des réfugiés » est née à la suite d’un constat. « Tout au long de l’année, on organise des débats, des conférences… Mais on a réalisé que la culture était aussi une façon de lever des réticences car elle permet de découvrir l’autre » explique Monique Vuaillat, pour les États généraux des migrations de l'Isère. Présents par solidarité, les artistes, s’ils ne sont pas eux-mêmes des réfugiés comme le conteur congolais Jaurès Gamba ou l’écrivain camerounais Patrick Santos Sarbruken, « s’intéressent à la question de la migration. » Parmi eux, seront également présents le Collectif GRIM(M), « six conteurs qui chuchotent à l’oreille d

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Le plaidoyer pour l’humanité de Maryvonne Arnaud

Bibliothèque | Comment aborder la crise migratoire avec justesse ? La photographe grenobloise Maryvonne Arnaud prend le problème à bras le corps pour un "Mauvais temps" qui se décline aussi en installation et en vidéo, avec une justesse renversante. Une exposition forte à découvrir à la Bibliothèque centre-ville de Grenoble.

Charline Corubolo | Vendredi 21 avril 2017

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Dire que l’ère est viciée, que l’air du temps est mauvais est un euphémisme en ce début de XXIe siècle. Entre les discours excluants et les images venant du terrain, il est difficile de trouver le recul adéquat pour aborder la crise migratoire actuelle. Mais le Mauvais temps de Maryvonne Arnaud, qui se déploie actuellement à la Bibliothèque centre-ville, le fait avec authenticité et pudeur. Photographies, installation et vidéo agissent de manière percutante sur la conscience, notamment grâce à la finesse de la scénographie. Suite à de multiples voyages à Athènes, Idoméni mais aussi sur les îles de Lesbos et de Chios où arrivent par vagues des migrants de Syrie, d’Afghanistan, d’Irak ou encore d’Iran, l’artiste grenobloise a composé un carnet de mer visuel où le renversement d’échelle met le spectateur face à ses responsabilités, où le manque de recul pousse à la réflexion, où les gilets de sauvetage échoués sur les plages remplacent les corps. Des scènes fortes desquelles émerge l’espoir sur un visage souriant à travers la grisaille,

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L’Exil à l’écran : quand le cinéma abolit les frontières

ECRANS | Zoom sur l'événement organisé par le collectif Migrants en Isère.

Vincent Raymond | Mardi 29 mars 2016

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Bien que la situation au Proche-Orient ne cesse de se dégrader, la jungle de Calais a été vigoureusement évacuée, et un accord entre l’Union européenne et Ankara vient d’être validé visant à renvoyer en Turquie tous les migrants arrivant en Grèce… Bref, les autorités rivalisent d’ingéniosité “courageuse” pour déplacer le problème des déplacés. Depuis début mars, le collectif Migrants en Isère aborde de front la douloureuse situation de ces populations forcées de fuir leur pays d’origine à travers le langage du cinéma, en organisant le festival L’Exil à l’écran. Un événement inscrit dans le cadre de La Quinzaine contre le racisme et les discriminations, se diffusant largement dans l’agglomération grenobloise, et dont l’ultime semaine réserve encore quelques rendez-vous marquants. Comme l’avant-première du documentaire Entre les frontières de Avi Mograbi, traitant du cas des demandeurs d’asile africains en Israël, ou Les Invisibles de Pascal Crépin, consacré aux oubliés de Sangatte. Deux fictions complètent le tableau : le très brut Hope (2014) de Boris Lojkine, détaillant sans c

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ARTS | L’exposition "Une collection de collections" renouvelle l’esprit du cabinet de curiosités : soixante-dix passions de particuliers misent en scène, une paire de plasticiens spécialiste de l’intervention en milieu urbain, et même une collection de Petit Bulletin pour célébrer les 20 ans. Régis Le Ruyet

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