Isabelle Stragliati : « Une approche plus libre de la radio »

Documentaire radiophonique | Peut-être plus connue du public grenoblois sous le nom de Rescue, son alias de DJ, Isabelle Stragliati est également l’autrice de créations radiophoniques ambitieuses. La dernière d’entre elles, le documentaire "Virginie, Virginia, Simone et moi", explore et interroge l’engagement féministe d’hier et d’aujourd’hui. Rencontre.

Damien Grimbert | Mardi 7 juillet 2020

Photo : Valérie Vivancos


En quoi consiste la création radiophonique ?

Isabelle Stragliati : Le terme permet d'englober un certain nombre de pratiques radiophoniques qui ne rentrent pas forcément dans les cases "traditionnelles" de la radio (reportage, émission musicale, débat, table ronde, information…). C'est une approche plus libre de la radio, affranchie des contraintes habituelles de format, de durée et de structure, qui permet de donner naissance à des formes un peu hybrides empruntant à différents genres, courants et influences : interview, documentaire, fiction, musique, field recording…

Comment y es-tu venue ?

C'est venu assez tard. J'ai commencé la radio de manière assez conventionnelle, avec une émission hebdomadaire sur Radio Campus Grenoble dans laquelle je partageais mes trouvailles musicales. Par la suite, j'ai commencé à y travailler et ça m'a permis de découvrir tous les aspects de la pratique : technique, communication, programmation, coordination… Ce qui m'a progressivement amenée vers la création radiophonique, que je ne connaissais pas vraiment : j'ai participé à un atelier à Marseille avec Radio Campus France, dans lequel on avait trois jours, avec différentes personnes du réseau, pour imaginer une pièce radiophonique en direct du studio. C'était un joli bordel, assez fou…

Et ça a été assez libérateur pour moi d'oser créer à nouveau, parce que depuis les Beaux-Arts, où j'avais plutôt une pratique dans les arts visuels (photo, cinéma, vidéo), il y avait comme un blocage qui m'empêchait de revenir à la création, une espèce d'infinité de possibles qui s'ouvraient à moi finalement assez inhibante. Cela m'a permis de me lancer, et après quelques premières créations pour Radio Grenouille (Je Suis, Voyage Retardé…), j'ai eu envie de faire une émission de création sonore, Dream.Like.Sound.

Que retires-tu de cette expérience ?

C'était un peu une façon de désapprendre tout ce que j'avais appris pour faire une émission de radio classique : chaque épisode était orienté autour d'une thématique différente et regroupait différentes sources sonores (des lectures, des créations personnelles, d'autres qui n'étaient pas de moi…) que je montais et mixais ensemble. C'était énormément de travail, mais ça a été hyper formateur, et ça m'a aussi permis d'étendre mon réseau et de rencontrer pas mal de monde.

Ta dernière création, Virginie, Virginia, Simone et moi, est le fruit de plusieurs années de travail. Peux-tu nous en dire quelques mots ?

C'est un travail qui a démarré en 2016 : l'événement déclencheur, c'était la célébration des 60 ans du Planning Familial, dont le premier centre a été ouvert à Grenoble. En voyant la communication autour de cet événement, je me suis rendu compte que, me considérant comme féministe, je connaissais finalement très peu son histoire, ce qui m'a amenée à me poser un certain nombre de questions : comment je suis devenue féministe alors que je n'ai pas reçu d'éducation féministe, comment est-ce qu'on le devient, est-ce que ça se transmet, pourquoi est-ce qu'on a encore besoin d'être féministe aujourd'hui, comment est-ce que des femmes peuvent ne pas se définir en tant que féministes ?

J'ai commencé par récolter quelques témoignages dans la rue pendant la manifestation des 60 ans du Planning Familial à Grenoble, puis la même année, je me suis rendue à un colloque au Sénat pour recueillir des témoignages de pionnières qui ont fait l'histoire du Planning... Le point de départ d'un long travail qui s'est finalement scindé en deux parties, avec une première plus centrée sur l'histoire du Planning Familial et la question de la transmission, et une deuxième plus tournée sur le présent et l'avenir, autour des différents courants et champs d'action du féminisme aujourd'hui.

Peux-tu nous dire sur quoi tu travailles actuellement ?

Je me replonge dans un autre projet radio entamé à peu près au même moment, en 2016, qui est un docu-fiction autour d'un film de Chantal Akerman. C'est un travail que j'ai commencé à Bruxelles en 2016, qui me tient énormément à coeur et que j'espère avoir terminé d'ici l'automne.

Plus d'informations sur le travail radiophonique d'Isabelle Stragliati sur https://noearnosound.net

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Les 3 soirées de la semaine

Soirées | Trois prometteuses soirées clubbing s'annoncent à la Bobine, au Papa Club et à la Belle Électrique vendredi 13 et samedi 14 mars. On vous donne quelques détails.

Damien Grimbert | Mardi 10 mars 2020

Les 3 soirées de la semaine

13.03.20> Bobine Calling Marian / Sierra / Rescue C’est une double bonne nouvelle : après plusieurs années d’absence, l’excellent festival Les Femmes s’en mêlent, dédié à mettre en lumière la scène musicale féminine indépendante, fait de nouveau escale à Grenoble. Et pour fêter cela comme il se doit, la Bobine inaugure sa première soirée tardive, avec une fermeture des portes à 3h, s’il vous plait. Au programme, électro, acid techno, EBM, darksynth et club music aventureuse avec la Lyonnaise Calling Marian, la Parisienne Sierra et bien sûr Rescue, l’inoubliable créatrice des soirées Go Bang ! 13.03.20> Papa Club Boombass (Cassius) Pendant pas loin d’une trentaine d’années, Hubert Blanc-Francard alias Boombass (photo) composait aux côtés de Philippe Zdar l’entité Cassius, l’un des duos les plus emblématiques et respectés de la scène électronique française. Après la disparition brutale de ce dernier en juin 2019, il a progressivement remis le pied à l’étrier pour se consacrer de nouveau à ce qu’il maîtrise le mieux : faire danser les gens. Plus énergique, plus techno (sans renier son ADN house pour

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Trois soirées pour bien commencer avril

MUSIQUES | Direction le Musée dauphinois, le Black Lilith et la Belle électrique.

Damien Grimbert | Mardi 2 avril 2019

Trois soirées pour bien commencer avril

03.04.19 > Musée dauphinois Carista C’est clairement le bon plan de la semaine : pour la clôture du festival culturel interuniversitaire Rêve(s), The Dare Night et Un Tramway Nommé Culture organisent une soirée en "open air" dans la splendide enceinte du Musée dauphinois. Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, c’est l’excellente DJ hollando-surinamaise Carista (photo), résidente sur Red Light Radio et NTS, qu’on retrouvera aux platines, pour une sélection soulful à souhait entre house, hip-hop, bass music, disco et jazz. Un conseil, venez (très) tôt pour pleinement en profiter. 05.04.19 > Black Lilith Borusiade Naviguant entre « dark disco, minimal wave et house brute teintée d’acid », la DJ et productrice roumaine Borusiade, aujourd’hui installée à Berlin et sig

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Mix en eaux profondes avec Debonair

Soirée | La DJ britannique sera au Black Lilith vendredi 25 janvier. Et c'est un événement.

Damien Grimbert | Mardi 22 janvier 2019

Mix en eaux profondes avec Debonair

Si elle reste encore relativement méconnue en France, la radio londonienne NTS constitue une référence ultime en Angleterre, sorte de Saint Graal incontournable pour les amateurs de musiques défricheuses venues de tous horizons. Autant dire qu’en tant que résidente de la radio depuis sa création en 2011, et directrice de sa programmation pendant ses premières années, Debonair s'y connaît rayon musiques underground. On en veut pour preuve son incroyable mix à la Tate Modern Turbine Hall en 2017, fascinante odyssée sonore à mi-chemin entre ambient, expérimental et musiques électroniques vintage, considéré par la DJ elle-même comme l’un des moments les plus marquants de toute sa carrière. Pour autant, Debi Ghose de son vrai nom n’est pas seulement une spécialiste hors pair des musiques souterraines. Derrière les platines d’un club, elle dévoile ainsi une facette nettement plus explosive de sa personnalité, embarquant les danseurs dans un véritable maelstrom d’énergie pure où s’entrecrois

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Au Black Lilith, DJ Rescue compte « revenir aux sources du clubbing »

Soirée | La grenobloise lancera ce samedi 17 novembre une série de soirées baptisée "Toute une nuit". La Fraicheur sera sa première invitée.

Damien Grimbert | Mardi 13 novembre 2018

Au Black Lilith, DJ Rescue compte « revenir aux sources du clubbing »

Après quinze années d’activisme passionné et sans concession en faveur du versant le plus aventureux des musiques électroniques, DJ Rescue présentera ce samedi 17 novembre la première édition de Toute une nuit, sa nouvelle résidence au Black Lilith. Un rendez-vous bimestriel orienté « techno mais pas seulement », qui inclura également post-punk, synth wave, électro old school, italo-disco, house déviante… mais surtout des valeurs de partage et de respect trop souvent absentes des dancefloors actuels. « Avec cette soirée, j’ai envie de revenir aux sources du clubbing, que ce soit un moment de rassemblement autour d’un amour partagé de la musique et de la danse. L’idée, c’est d’avoir un public mélangé, où chacun se sente libre d’être comme il est et se sente respecté comme il est, tout en respectant les autres. Ça me ferait plaisir aussi de voir des looks extravagants ou des chorégraphies délirantes. Bref, qu’on se lâche, dans le sens positif, et pas forcéme

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Six soirées à ne pas louper à Grenoble les quinze premiers jours de mai

MUSIQUES | Rendez-vous au Drak-Art, au Black Lilith, à la Bobine ou encore au Bauhaus.

Damien Grimbert | Mercredi 2 mai 2018

Six soirées à ne pas louper à Grenoble les quinze premiers jours de mai

Bashment Au Drak-Art vendredi 4 mai Retour printanier pour les soirées Bashment de l’asso Eddy Rumas, dédiées aux musiques dansantes caribéennes et à la culture sound-system dans toute son ampleur (reggae, dancehall, carnival, soca, bass music). Aux platines, les résidents Bassroom Sound, Tropikal Selecta et Badman & Gringo et, en invité spécial, Soul Crucial Sound, activiste dancehall de la première heure et résident des fameuses soirées Nice & Easy à la Bobine. Dreaming Back To Future Au Bauhaus samedi 5 mai Sans doute l’un des secrets les mieux gardés de la vie nocturne grenobloise, les soirées Dreaming Back réunissent aux platines deux DJs passionnés à la complémentarité évidente et à l’ouverture musicale sans égale (Youpidou et Phrax Bax) autour d’une sélection affûtée allant du reggae-dub à la techno, en passant par la disco, la house, le zouk, les musiques ethniques, l’ambient, les bandes-son psyché vintage ou encore l’expérimen

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Les 5 soirées de la fin février

MUSIQUES | Allons danser à l'Ampérage, à la Belle électrique, à la Bobine ou encore à Eve et au Jules Verne.

Damien Grimbert | Mardi 20 février 2018

Les 5 soirées de la fin février

Vendredi 23 février > l'Ampérage Le Camion Bazar Auteurs de DJs sets groovy, pointus et ultra-éclectiques, Romain Play et Benedetta Bertella alias Le Camion Bazar défendent une conception de la fête conviviale, décontractée et à échelle humaine, qui ne rechigne pas sur les confettis, les couleurs fluo et les boules à facettes pour mettre tout le monde dans l’ambiance. Après un premier passage remarqué à la Bobine au printemps dernier, leur retour à l’Ampérage aux côtés des Rouennais du Collectif Lucien et des locaux de Carton-Pâte Records s’annonce donc haut en couleur. Samedi 24 février > la Belle électrique Michael Mayer + Fort Romeau + Uppah Vétéran de la scène minimale de Cologne et co-fondateur du prestigieux label Kompakt, Michael Mayer est de retour à la Belle électrique pour délivrer l’un des DJ-sets épurés, élégants et mélodiques dont il a fait sa marque de fabrique. À ses côtés, Michael Greene alias Fort Romeau

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Question simple de l’été #2 : que fait vraiment un DJ derrière ses platines ?

ACTUS | Il est facile d’imaginer qu’il suffit d’appuyer sur un bouton et de lever les bras pour être DJ. Or c'est un peu plus que ça, comme nous l'explique DJ Rescue, artiste de la scène grenobloise.

Nicolas Joly | Jeudi 20 juillet 2017

Question simple de l’été #2 : que fait vraiment un DJ derrière ses platines ?

« Le travail d’un DJ c’est de mixer, c’est-à-dire mélanger des sources sonores – la plupart du temps des morceaux de musique – pour créer une continuité cohérente. Selon le style du DJ, cette continuité peut raconter une histoire, être une continuité émotionnelle ou bien faire danser le public. Le DJ va donc faire s’enchaîner des morceaux différents, sans qu’il y ait de coupure ou de variation de rythme ou de tonalité entre eux. » Et concrètement ? « Il y a différentes techniques de mix. Celle que j'utilise le plus est le mix au tempo. Tout d’abord, il faut une table de mixage, avec autant de pistes que de sources sonores que l’on va employer. Ensuite, il faut un outil pour diffuser les différents morceaux. Personnellement, j’utilise un contrôleur avec 2 platines à plateau de CD et une mixette intégrée. La table de mixage est équipée d’un système de pré-écoute, ce qui me permet d’entendre le morceau au casque sans qu’il soit diffusé au public. C’est grâce à ça que je peux caler les morceaux sur le même rythme, afin qu’ils s’enchaînent de façon harmonieuse. Pour cela, j’écoute un morceau avec l’oreille gauche et l’autre avec l’oreille droite, ce qui demande

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OTTO RIITA, disco divergente par Rescue et Yugo Solo

Soirée | Projet collaboratif réunissant deux vétérans de longue date de la scène underground grenobloise, OTTO RIITA sera mardi 18 avril à la Bobine pour un apéro-mix qui promet.

Damien Grimbert | Mardi 11 avril 2017

OTTO RIITA, disco divergente par Rescue et Yugo Solo

OTTO RIITA, c'est la rencontre entre la DJ, productrice radio et "sound artist" Rescue, résidente des soirées Go Bang! à la Bobine, et Yugo Solo, guitariste du désormais défunt groupe Rien et moitié du duo Câlin. Ensemble, ils débarquent avec Azul Piscina, premier fascinant EP pour le label Rock To The Beat Records. Auteur d’une disco déviante assumant pleinement sa dimension schizophrène (les hanches sont happées par un beat musclé et funky et les oreilles par une multitude de stimuli sonores), le duo puise son inspiration dans une vaste gamme d’influences disparates (du punk-funk new-yorkais 80’s de Liquid Liquid et ESG, à tout un pan de l’épopée kraut et space-disco européenne) sans jamais tomber dans l’écueil de la citation à outrance, privilégiant au contraire une immé

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Les soirées d'avril

MUSIQUES | Zoom sur les temps forts nuit du mois

Damien Grimbert | Mardi 31 mars 2015

Les soirées d'avril

La preuve par trois à la Belle électrique Gros mois électronique en perspective à la Belle électrique, avec pas moins de trois soirées incontournables. À venir ainsi le samedi 4 avril aux côtés d’Oxia, deux géants de la house/techno berlinoise : le duo Âme qui avait largement su conquérir le public lors de son passage au dernier festival Jour & Nuit et c, alias Recondite (en live), adepte d’un son dur mais mélodique qui a su séduire des labels comme Innervisions, Dystopian, Hotflush ou Ghostly International. À la fin du mois, le samedi 25 avril, c’est l’asso La Métamorphose qui prendra le relais avec un plateau électro/techno réunissant entre autres le DJ/producteur italien Dusty Kid, le fondateur du label Skryptom Electric Rescue ou encore Madben, signé sur Astropolis. Mais s’il ne fallait en choisir qu’une, ce serait sans doute celle du samedi 18 avril qui accueillera, aux côtés de Gerd Janson et de Tomate Municipale, l’excellent Danilo Plessow alias Motor City Drum Ensemble (en photo). Originaire de Stuttgart et influencé aus

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Soirées à venir

MUSIQUES | Actualité oblige, on se focalise une fois n’est pas coutume sur les soirées se déroulant cette semaine, sans omettre pour autant de vous balancer quelques news sur ce qui vous attend dans les mois à venir. Enjoy ! Damien Grimbert

François Cau | Lundi 31 janvier 2011

Soirées à venir

Pump Up The ValiumÀ ceux qui se plaignent que la musique électronique « c’est toujours pareil », on ne saurait que trop conseiller la soirée Pump Up The Valium de ce jeudi. Au programme, une série de lives sets placés sous le signe de l’ultra-violence musicale, mais également de l’originalité la plus farouche. Originaire de Barcelone, Autopsy Protocol propose ainsi un live « grindcore expérimental sombre et destructeur aux accents harsh noise », tandis que leurs collègues lyonnais Randomatik Blast et Gameboy Physical Destruction tendront respectivement vers « un breakcore obscur, puissant, précis et vocal » et « un mélange de sonorités 8-bits et de métal-hardcore ». À ne pas manquer non plus N’yo Morrison et son « rock psychédélique vintage remixé à la sauce acid hardcore » et Anti Set et son « hardcore bête et méchant » parcouru de chansons pop et de samples de films d’horreur. Et si tout ça vous semble un poil trop bruyant pour vos frêles oreilles, c’est sans doute juste que vous êtes déjà un peu trop vieux… Pump Up The Valium, jeudi 3 février au Drak-Art DJ Rescue Si l’on réserve en règle générale l’espace de cette r

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