Au sujet du Grand Son (et, plus largement, de l'objet "festival")

Édito du n°1138 - mercredi 19 juin 2019 - Petit Bulletin Grenoble

C'est rarement une bonne nouvelle quand un festival bat fortement de l'aile. Annoncée la semaine dernière par un article du Dauphiné libéré qui a contraint les organisateurs à communiquer précipitamment, l'annulation de la prochaine édition du Grand Son, qui devait avoir lieu à Saint-Pierre-Chartreuse du jeudi 18 au dimanche 21 juillet, fout un coup au paysage culturel estival local – car l'avenir de la manifestation semble scellé, même si une assemblée générale extraordinaire nous en dira plus le 22 juin.

Une disparition qui questionne, surtout que le Grand Son avait une belle et longue histoire derrière lui, commencée en 1988 sous le nom évocateur (quoiqu'enfermant avec le temps) de Rencontres Brel. Mais une disparition qui illustre les profondes mutations que vit le secteur musical depuis quelques années, avec des "festivals du milieu" de plus en plus spécialisés (comme on en a eu la preuve le week-end dernier avec le bien nommé Musée électronique au Musée dauphinois ; et donc à l'inverse du Grand Son qui balayait très large) et des mastodontes qui tentent de rassurer leur public avec du lourd tout en tentant de se renouveler.

L'objet "festival" est arrivé à un tournant et, comme l'a écrit le rédac chef du PB Lyon dans son édito du numéro festivals (oui, nous citons nos sources, même quand elles sont internes !), il va être passionnant de voir comment il va évoluer et capter son public à l'avenir.