Sauce Poulette, sans chichi
Brasserie / Une nouvelle brasserie vient d'ouvrir à Masséna : tous les jours de la semaine, on y trouve une cuisine maison réconfortante.
Photo : © Sauce Poulette
Que nous réserve 2026 dans les assiettes ? Parions sur la continuité : l'éternel retour aux traditions. Des plats de grand-mère, de la viande qui cuit lentement, des desserts du dimanche, et des sauces bien sûr. Qu'en est-il de la forme ? Les tapas ça lasse, on veut des vrais plats ! Le menu unique en impose, vive la carte ; et place aux brasseries. Regardez dans le 6e : un gastro ferme, qu'est-ce qui ouvre ? Une brasserie. Son nom ? Un nom de sauce. C'est le tiercé gagnant : Brasserie, Sauce, Poulette.
Généreux
Le Gourmet de Sèze a donc laissé sa place à Romain Maillot et Anatole Cambet, pour un établissement qu'ils veulent « sans chichi, vivant et généreux ». C'est Louis Perard, passé chez Galvan, qui a la charge de concrétiser cette ambition dans l'assiette. Le slogan de ces trois-là, on le retrouve imprimé sur leurs t-shirts, sur la porcelaine aussi, « comme d'habitude ». On perçoit l'imaginaire invoqué : « je vous sers quoi aujourd'hui Madame Michou ? Un pâté-croûte, comme d'habitude... »
Pour gagner les habitués, il fallait ancrer le lieu dans le quartier. Ils ont donc mis le paquet. Joli zinc - normal il est fabriqué dans le coin. Joli plafond en mosaïque, un peu mon neveu, c'est une MOF qui l'a fait. Jolie carte : terrine de campagne, œuf mayo, saucisse-purée, bavette-frites, mousse au chocolat... plus classique tu meurs. Avec quelques incartades veggie, comme ces surprenants fauxscargots - dans le poêlon à six trous normalement réservé aux gastéropodes, on trouve des pleurotes au beurre d'ail. Pour nous, outre cette bizarrerie dont on n'a guère su mesurer l'intérêt, ce fut le plat signature : une volaille sauce poulette. C'est un suprême parfaitement cuit - à basse température puis saisi minute, comme cela devient la norme. Bonne nouvelle : la viande accompagne un féculent, en l'occurrence une polenta liée à la fourme d'Ambert. La sauce, elle, a pour base un fond brun (puis citron, crème, etc.) ce qui ouvre un dialogue avec les noisettes dont elle est parsemée. C'est riche, ça tient au corps, ça s'accompagnerait bien d'un Côte du Rhône, pas assommant par dessus le marché : disons du Elodie Jaume qui est justement servi au verre. On a le droit d'avoir encore faim, dans ce cas on recommande la terrine pomme-coing, hyper confite comme une tatin, sa pâte remplacée par un crumble très craquant et, à côté, une cuiller d'une très bonne crème fraiche. Pour cela, ou pour la cave qui a bon fond, ou parce que c'est ouvert le dimanche, pourquoi ne pas y avoir ses habitudes...

Sauce Poulette
125 Rue de Sèze, Lyon 6e
Tous les jours de midi à 14h30 et de 19h à 23h30
Carte 27-41€

