Bochi bochi, la célébration du yōshoku à Lyon
Restaurant japonais / Pas très loin du parc de la Tête d'Or, un nouveau restaurant japonais a pour spécialité la cuisine d'inspiration "occidentale".
Photo : La façade du restaurant ©Bochi bochi
Un poncif sur le Japon ? Il a embrassé la modernité, tout en conservant ses traditions... Il serait donc un trait d'union. De même pour ses rapports avec l'Europe et les États-Unis - on le qualifie parfois d'" extrême-Occident". L'archipel a, en tout cas, une capacité d'absorption de "l'autre" qui donne des récupérations fameuses : le whisky, les ramens, les blues jeans, et, c'est notre sujet aujourd'hui, la cuisine yōshoku. Il s'agit d'une cuisine, née lors de la réouverture du pays, qui a pioché dans le répertoire étranger, notamment américain, en utilisant des techniques et des ingrédients nippons. Les plats ont d'ailleurs des sonorités familières : korokke, naporitan, guratan - des "croquettes" de pommes de terre, des pâtes au ketchup, ou un "gratin" de macaronis.

Hambagu
Quand on a su qu'un chef japonais s'installait dans le 6e, on croyait, peut-être blasés, à de la cuisine traditionnelle, japonaise ou française. On n'imaginait pas que la cuisine yōshoku s'exportait. Après un tel tour du monde, l'inspiration originelle est d'ailleurs parfois difficile à retrouver. Ainsi le hambagu paraît loin de ce qu'on entend aujourd'hui par "hamburger". C'est une grosse boulette de viande hachée, bien juteuse, nappée d'une sauce brune et brillante, une "demi-glace spéciale" comme on dit ici. Il rivalise sur la carte avec un ragoût de joue de bœuf (mais au miso blanc), un poulet frit sauce tartare (mais à la mangue) ou un chou farci (mais au tofu). De notre côté on a fondu sur un genre de fish and chips de cabillaud, avec une panure fine et légère, arrosé d'un bouillon dashi. Ensuite il ne faut pas rater le cheesecake. Il est à base de sake kasu un condiment issu de la fermentation du vin de riz. Puisqu'on en parle : Bochi Bochi offre une carte assez étendue de sake, mais aussi quelques références de vin (bio) notables - on pense au Mâcon des Bret Brothers. Il faut enfin préciser que le lieu, comme la nourriture, ne respecte pas les canons du "cool". C'est ce qui fait aussi le charme de la cuisine yōshoku, miroir un peu déformé du passé.
Bochi bochi
53 Rue Duquesne, Lyon 6e
Ouvert de midi à 14h, sauf le mercredi
Aussi les lundi, jeudi et vendredi soirs
Menu déjeuner 33€ / Menu dégustation 60€ / Carte 30-51€
