Jazz à Vienne : le goût de la scène

Publié Dimanche 31 mai 2026

Jazz / Le Théâtre Antique a vu passer bien des concerts mémorables, mais certains artistes semblent naturellement faits pour ses gradins. L'édition 2026 de Jazz à Vienne en rassemble une belle collection, entre cérémonies soul, fanfares survitaminées, disco symphonique et funk fédérateur.

Photo : © Pierre Gouineau

L'ouverture d'un festival donne souvent sa couleur. Pour cette édition 2026, Jazz à Vienne commencera avec un moment de partage générationnel avec la création d'Erik Truffaz et Side by side qui réunira orchestre symphonique, quartet international et jeunes élèves d'Annecy-Seynod.

Le 8 juillet concentrera d'ailleurs plusieurs des propositions les plus ambitieuses de cette édition, à commencer par Jon Batiste, pianiste de La Nouvelle-Orléans oscarisé pour la musique du film Soul et ancien directeur musical du Late show with Stephen Colbert. Entre improvisations gospel, longues séquences au piano et échanges constants avec le public, ses performances empruntent autant aux brass bands louisianais qu'aux grandes revues soul américaines. 

La même soirée accueillera Big Freedia, figure tutélaire de la bounce music née dans les clubs queer de Louisiane. Depuis des années, l'artiste fait sortir cette scène locale du circuit underground américain accompagnée de MC, danseur(se)s et basses massives. À Vienne, cette énergie club rencontrera cette fois un chœur gospel. Le retour de Beirut devrait lui aussi provoquer un moment particulier. Après plusieurs années loin de la scène pour raisons de santé, Zach Condon retrouve enfin son public avec A Study of losses, disque hanté par le deuil et la fragilité. Dans le Théâtre Antique, la soirée pourrait vite prendre des allures de communion mélancolique avec les fidèles du groupe.

Ferveur collective

Cette recherche de la communion prend d'autres formes ailleurs dans la programmation. Vulfpeck reviendra après avoir signé l'un des concerts les plus marquants de l'édition 2024 avec son sens du groove. Quelques jours plus tôt, le trio de Too many zooz aura, lui aussi, poussé les gradins vers quelque chose de beaucoup plus physique, avec son brass house forgé dans les couloirs du métro new-yorkais. 

D'autres empruntent des chemins encore différents. Marcus Miller, figure habituée du festival, replongera dans la période électrique de Miles Davis entouré d'anciens compagnons du trompettiste, revenant sur cette époque où le jazz lorgnait ouvertement vers les concerts rock. Jeff Mills viendra étirer sa techno futuriste dans Tomorrow comes the harvest aux côtés du claviériste Jean-Phi Dary, pendant que Cerrone investira l'amphithéâtre avec une version symphonique de ses classiques disco. Quant au Sun Ra Arkestra, il prolongera sa mythologie cosmique entre costumes futuristes, free jazz et euphorie.

Jazz à Vienne
Du 25 juin au 11 juillet 2026 à Vienne (Isère) ; de 0 à 65 € la soirée, packs disponibles à la vente