Près d'un habitant sur deux touche une aide de la CAF en Auvergne-Rhône-Alpes

Publié Vendredi 29 mai 2026

Aides sociales / Une étude menée par l'Insee et les CAF de la région révèle que 3, 8 millions d'habitants bénéficient d'au moins une prestation sociale. Un chiffre qui ne reflète pas seulement la précarité, mais aussi le poids des aides familiales, du logement et des compléments de revenus dans le quotidien de nombreux ménages.

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Près d'un habitant sur deux est concerné. En décembre 2024, 3, 8 millions de personnes percevaient au moins une prestation de la CAF en Auvergne-Rhône-Alpes, soit 47 % de la population régionale. Derrière ce chiffre se côtoient pourtant des situations très différentes.

La première explication tient au poids des aides destinées aux familles. Les prestations liées à l'enfance et à la jeunesse couvrent à elles seules 2, 8 millions de personnes. Les familles avec enfants représentent ainsi les trois quarts des bénéficiaires et 85 % des mineurs vivent dans un foyer qui perçoit au moins une aide.

Des versements contrastés dans le territoire

L'étude montre toutefois que les aides versées varient fortement selon les territoires. Dans les grandes agglomérations, les prestations liées au logement occupent une place plus importante. La présence étudiante, le coût de l'habitat et la concentration de populations modestes expliquent notamment les taux élevés observés dans le Rhône, où 53, 5 % des habitants sont couverts par au moins une prestation. À l'inverse, la Haute-Savoie et le Cantal affichent les proportions les plus faibles de la région, avec respectivement 37, 8 % et 34 % de bénéficiaires.

Au-delà des aides familiales et du logement, l'étude éclaire également la place prise par les dispositifs de soutien aux revenus. Près de 1, 2 million de personnes sont couvertes par la prime d'activité ou le RSA. La prime d'activité représente la grande majorité de ces prestations. Un signe que les aides sociales concernent aussi des personnes en emploi dont les revenus restent insuffisants pour absorber l'augmentation des dépenses contraintes, qu'il s'agisse du logement, des transports ou des charges du quotidien.

Les chiffres publiés par l'Insee illustrent également l'importance de ces mécanismes de redistribution. Sans les prestations versées par les CAF, le taux de pauvreté régional atteindrait 19, 7 %. Après redistribution, il est ramené à 13, 3 %.

Reste enfin une limite importante. Les données de l'Insee ne prennent toutefois en compte que les aides effectivement versées. Or le non-recours demeure élevé : plus de 30 % des personnes éligibles aux principales prestations sociales n'en bénéficieraient pas. D'après la Drees, près de 10 milliards d'euros d'aides ne sont ainsi pas réclamés chaque année.