Feda Wardak : l'archi et le vivant
Installation-spectacle / Un escalier en vis de 11 mètres de haut, des danseurs hip hop, de la musique electro. "Ce que le ciel ne sait pas" est créé à Lyon avant de partir en tournée et dessine un nouveau genre : celui de spectacles dont la proposition architecturale, ici signée Feda Wardak, est au cœur de son existence même.
Photo : © Feda Wardak
Les premières représentations de la création Ce que le ciel ne sait pas seront données du 4 au 6 juin aux Subs. Trois jours plus tôt, l'architecte-artiste Feda Wardak aura inauguré un projet de grande ampleur, directement relié à ce qui naitra alors à Lyon ; la Maison sur le fleuve à Cognac. Le théâtre de la ville charentaise a chargé l'artiste de construire une installation flottante censée durer plusieurs années. Elle a vocation à être fréquentée par des spectatrices et des spectateurs, à servir de lieu de travail, de jeu mais aussi à enrichir le paysage. Et... c'est un escalier en vis monumental. C'est-à -dire le même motif que celui déployé aux Subs, sous la verrière. Le Franco-afghan né en 1991 à Peshawar au Pakistan y creuse sa réflexion sur l'eau entamée il y a longtemps déjà avec son cycle de projets nommé Chercheurs d'eau. En Afghanistan, sur ses terres d'origine, dans le district de Jeghatu, il a mené des recherches pour savoir comment « les dynamiques impérialistes et capitalistes des cinquante dernières années, à l'origine d'une succession de conflits, ont considérablement impacté les savoir-faire liés à la gestion d'eau » dit-il lorsqu'il intègre une résidence à la prestigieuse Villa Albertine à Chicago il y a trois ans.
Que ne peut-on pas voir du ciel ?
On lui retrouve la même obsession lorsqu'à la Biennale d'art contemporain de Lyon en 2024, il présente, aux Grandes Locos, l'installation Les sols ont vibré. Avec une structure faite de grandes colonnades blanches, parfois cachées sous le plancher noir, il explore la destruction des karez afghans, ces ouvrages hydrauliques millénaires et souterrains mis à mal par des attaques de drones de l'US Air Force. C'est cela qui l'intéresse encore en construisant cette vis pour Ce que le ciel ne sait pas : qu'est-ce que l'on ne peut pas voir du ciel ? Précisément ces souterrains pillés par l'extractivisme des puissances occidentales. On ne peut pas non plus voir l'acharnement des populations locales à réparer ces trous, à panser ces amputations. Mais, cette fois-ci, l'architecture très grand format prend vie. Sous la houlette du chorégraphe Saïdo Lehlouh ; des danseurs hip hop l'actionnent au son de Deena Abdelwahed, activiste queer et figure majeure de la musique électronique du Maghreb, passée par Sonar, Villette Sonique, le Berghain de Berlin et même cette année Nuits sonores (day 4) ! Toutes les boucles se bouclent.
Ce que le ciel ne sait pas
Du 4 au 6 juin 2026 Ã 20h30 aux Subs (Lyon 1er) ; de 13 Ã 26€
Dans le cadre des Nuits de Fourvière
