Aux Subs, tout se transforme

Publié Lundi 9 mars 2026

Festival / 4ᵉ édition du festival Transforme aux Subs. Pas d'autres ambition que de faire rayonner la création, c'est à dire l'essentiel. L'occasion de retrouver avec joie des artistes de cirque comme Inbal Ben Haim ou la plasticienne Domitille Martin.

Photo : Anitya © Loic Nys

Soutenu par la Fondation Hermès, le festival Transforme est un festival qui dit beaucoup du besoin vital du mécénat dans des structures publiques de plus en plus fragilisées économiquement. Depuis 2023, les Subs, mais aussi trois autres lieux (le théâtre de la Cité internationale de Paris, la scène nationale de Clermont et le centre dramatique national de Rennes) accueillent durant quatre semaines, chacun leur tour, des spectacles très récents. Entamé avec l'exposition immersive de Marc Lainé Entre vos mains, le festival fait place ensuite aux circassiennes du collectif Maison courbe en deux temps. D'abord avec Le bruit des pierres, destiné aux enfants dès 7 ans, et sur lequel s'est penché comme conseiller dramaturgique le talentueux écrivain philosophe Tristan Garcia. Deux femmes jouent avec des agrès qui ont pris les formes de cailloux, de roches et de cristaux. Attention à la pesanteur !

On a pris le Pli

Domitille Martin, présente sur scène aux côtés de Nina Harper, est aussi une plasticienne. Elle, spécialisée dans les sculptures de papier. C'est elle qui avait fait La tornade sous la verrière des Subs en 2021 et c'est elle aussi qui avait fabriqué les cordes sur lesquelles évoluait Inbal Ben Haim dans Pli. La circassienne, née à Jérusalem et installée en France, revient en solo sur scène et se débat cette fois dans une forêt de cordes pour se jouer de l'impermanence selon un principe bouddhiste qui donne son nom à la pièce, Anitya. Dans un monde détruit et éclaté, elle cherche une voix qu'elle semble avoir trouvée au vu des premiers retours critiques de confrères et consœurs à son sujet. Pli était déjà pleinement convaincant.

Du hors-les-murs

Au programme de ce festival qui lance le printemps, il y a aussi les variations autour de la figure de la "reine de la nuit" par la danseuse Tatiana Julien (En fanfaaare). On souligne aussi l'expérience immersive sans acteur mais à traverser sur un transat du metteur en scène Eric Arnal-Burtschy (Je suis une montagne) ou l'un des grands succès du dernier festival d'Avignon, Nexus de l'adoration, comédie musicale de Joris Lacoste agrégeant les codes contemporains voire futurs avec, entre autres, la formidable actrice Ghita Serraj. Celui-ci est hors les murs des Subs, à voir aux Célestins.

Festival Transforme
Du 11 mars au 3 avril 2026, aux Subs (Lyon 1er) ; prix variables

Nexus de l'adoration

Texte et mise en scène de Joris Lacoste, 2h. Dans une grande cérémonie performative, Joris Lacoste réunit toutes les expériences individuelles du monde pour mieux célébrer notre hétérogénéité, entre poésies répétitives, chansons pop, prières matérialistes, chorégraphies K‑pop, dialogues absurdes, duos TikTok, discours flamboyants et confidences intimes en mode stand‑up.