Superspectives, cinq jours pour prendre le large

Publié Jeudi 11 juin 2026

Hybridations / Pour sa nouvelle édition, Superspectives fait de Lyon un port d'attache ouvert sur le monde. Du 1er au 5 juillet, du jardin du Musée des Beaux-Arts à la chapelle de la Trinité, en passant par les Subs, le festival dessine un itinéraire sensible entre Japon, Inde, Pacifique, Bali, Arménie et Ethiopie.

Photo : Chassol © Goldie Williams Vericain

Cet été, pendant qu'une partie de La Trinité prend la route des pays du Mont-Blanc avec le Concert de l'Hostel Dieu, l'autre moitié incarnée par Superspectives choisit de rester à Lyon. Mais rester, ici, ne signifie pas renoncer au voyage, bien au contraire : le festival transforme la ville en carte sensible, où chaque lieu devient une escale et chaque concert une manière de prendre le large.

Le voyage s'ouvre dans la douceur du jardin du Musée des Beaux-Arts, avec une première étape tournée vers le Pays du Soleil-Levant, où Camille Rhonat consacrera un DJ set à Haruomi Hosono, explorateur discret et figure majeure de la pop japonaise, capable de faire dialoguer exotica, électronique, folk et mirages tropicaux. Puis le pianiste François Mardirossian dessinera les contours plus intérieurs de Ryuichi Sakamoto : une musique élégante, émotive, où le silence joue un rôle capital.

L'Inde comme respiration

Le lendemain, cap sur la chapelle de la Trinité, avec Patrick Rudant et sa flûte bansuri. Chez lui, l'instrument devient passerelle entre baroque européen, jazz, improvisation et musique indienne. La soirée se prolongera avec Pulse, trio formé par Pelva Naïk, Davy Sur et Reno Danio, qui fait respirer les dhrupads, formes anciennes et méditatives de la musique du nord de l'Inde, dans un espace contemporain : une musique qui agit comme une dilatation du temps.

Mirages et pulsations

Vendredi, le voyage se poursuit aux Subs avec Christophe Chassol, harmonisateur du réel, accompagné du batteur Mathieu Edward. Entre composition savante, images, voix captées et groove populaire, le duo transforme le monde en partition vivante avant un DJ set de James Stewart.

Samedi 4 juillet, Le grand couturier ouvrira les danses avec son univers étrange, où les codes hawaïens et polynésiens se frottent à des textures psychédéliques. De quoi faire naître des sonorités propices à la rêverie, bien qu'enveloppées dans un voile d'images hantées. La soirée se refermera avec Polyphème, rencontre entre la darbuka de Wassim Halal, percussion d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, et le gamelan balinais du groupe Puspawarna, pour construire une musique faite de motifs obsédants, de polyrythmies, de tensions et de respirations.

Mémoire et dernier passage

Dimanche, retour à la chapelle pour un diptyque final. On y retrouvera d'abord François Mardirossian, cette fois autour de Komitas, de son nom civil Soghomon Soghomonyan, figure fondatrice de la musique arménienne moderne, et dont l'œuvre unit archive et création pour sauver des patrimoines musicaux menacés. Le deuxième moment de la soirée sera consacré à Emahoy Tsegué-Maryam Guèbrou, figure singulière et fascinante de la musique éthiopienne, dont l'œuvre est aujourd'hui préservée et promue par des musiciennes comme Maya Dunietz, accompagnée, pour l'occasion, par Sosena Gebre Eyesus à la begena. Ultime étape d'un voyage qui, depuis Lyon, aura fait de l'ailleurs une manière d'écouter.

Superspectives, festival d'été
Du 1er au 5 juillet 2026 à Lyon (Rhône) ; de 0 à 30€