La Trinité : une hybridation en redéfinition constante
Programmation / Quel regard porter sur les deux premières saisons de La Trinité ? Entre exploration initiale et structuration progressive, le projet affine une ligne fondée sur l'hybridation, que la fin de saison prolonge vers des formes plus immersives.
Photo : Chapelle de la Trinité ©Picabel
L'intitulé qui accompagne le nom du projet, « musiques baroques et irrégulières », traduit la volonté de faire coexister des pratiques et des esthétiques hétérogènes. Cette orientation tient à l'origine même du projet, né du rapprochement entre Le Concert de l'Hostel Dieu et de Superspectives, soit la rencontre entre un ancrage baroque et un intérêt pour les écritures contemporaines, notamment minimalistes. Un voisinage qui aurait pu figer les positions : il produit au contraire des zones de circulation, où les langages se transforment au contact les uns des autres.
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La première saison avançait par essais, multipliant les rapprochements et les formats, comme pour éprouver les possibilités de cette cohabitation. Celle qui se déploie aujourd'hui marque une étape différente. L'ensemble gagne en lisibilité, en assumant des principes d'organisation plus affirmés, au premier rang desquels la place centrale accordée aux festivals : l'année précédente en comptait deux (Synth chapelle et Chapelle sauvage), la saison en cours en propose désormais quatre. Cette évolution accentue la structuration du calendrier : les propositions se concentrent en séquences plus denses, orientant la réception et facilitant l'identification du projet.
Vers d'autres régimes d'écoute
La saison entre dans sa dernière ligne droite, mais quelques événements déplacent encore les lignes du projet. La Nuit blanche minimaliste propose ainsi une continuité d'écoute sur une durée étendue, modifiant le rythme habituel des concerts. Le week-end de Chapelle sauvage prolonge ce mouvement en l'organisant autour du motif central de l'eau, dans un parcours où les installations et les concerts dessinent des environnements sonores plutôt que des objets isolés. Point d'orgue du festival, le concert Vivaldi sauvage propose une relecture des Quatre saisons sous la direction de Franck-Emmanuel Comte, en revenant à leur matériau initial tout en les inscrivant dans un environnement élargi : une cohabitation entre l'orchestre baroque et un champ sonore plus vaste, tissé de pratiques d'écoute et d'enregistrement du monde naturel. Le retour du festival d'été de Superspectives, du 1er au 5 juillet, à la chapelle de la Trinité, aux Subs et au Musée des Beaux-Arts, prolongera ce mouvement, sa programmation devant être dévoilée dans les prochains jours.
Reste à voir comment, d'une saison à l'autre, ces lignes continueront de se déplacer, comme une forme qui cherche encore son point d'équilibre.
La Trinité. Musiques baroques et irrégulières Lyon - Saison 2025-2026
Jusqu'au 5 juillet 2026 à la chapelle de la Trinité, aux Subs et au Musée des Beaux-Arts
