If you need a big chill

Publié Mardi 27 janvier 2026

Indie-folk / Les Chicagoans de Whitney donneront à entendre leur récent album Small talk sur la scène de l'Épicerie moderne, un retour aux sources bienvenu, qui invite doucement au lâcher-prise et à l'introspection. 

Photo : Whitney ©Alexa Viscius

Avant la naissance du collectif il y a eu une première séparation. Pourtant, difficile de trouver des mélodies qui font autant résonner le plaisir d'être ensemble que celles de Whitney. C'est en 2010, à Chicago, que Max Kakacek a choisi de faire guitare-à-part avec les membres de son ancien groupe, pionnier de la scène indie-rock, Smith Westerns. Il a ensuite monté avec son coloc' Julien Ehrlich (chant - batterie) le groupe Whitney en 2015, au nombre de membres fluctuant (jusqu'à sept pour l'album Forever turned around, en 2019). Révélé par l'album Light upon the lake  (2016) avec l'extraordinaire No woman (qui vous dira forcément quelque chose si vous avez déjà joué au formidable jeu narratif Life is strange développé par le studio Dontnod Entertainment), le groupe n'a jamais dévié de sa ligne de conduite : des sons indie-folk-soul aux arrangements très doux, presque vaporeux, mêlant cordes et cuivres. Il faut y ajouter cette voix unique, qui semble presque flotter au-dessus des compositions du groupe, celle de Julien Ehrlich. Il use d'un très chaleureux falsetto, une technique de chant étirant les cordes vocales sans connexion complète, créant un son aérien et désincarné, à l'instar de Justin Vernon, chanteur de Bon Iver.

Bittersweet

Si la recette qui a fait le succès de Whitney n'a jamais fondamentalement changé, on lui reconnaît tout de même des évolutions, des moments de renouveau bienvenus. Si le premier album de Whitney débordait de "sunny vibes" (avec des guitares acoustiques fingerpickées, des harmonies vocales chaleureuses et une esthétique lo-fi joyeusement désinvolte qui donne envie de manger des chamallows autour d'un feu de camp), les albums suivants témoignaient d'un désir de gagner en profondeur, musicale comme émotionnelle. Dans Forever turned around (2019) Whitney a accentué la dimension country et soul de ses compositions (à petits coups de pedal steel et de cuivres) tout en explorant des thématiques un peu plus dures (la dépression, la perte d'innocence, la vacuité de l'existence...).
Candid (2020) était un chouette album de reprises, et Spark (2022) a été l'étonnante incartade du groupe, du côté pop de la force. Beats hip-hop, boucles et textures synthétiques, rendu final très "propre" (jusqu'à la cover de l'album), il manquait peut-être un peu du supplément d'âme de Whitney, son côté roots et poétique. Heureusement, le groupe a opéré un très bienvenu homecoming dans son dernier album - d'ailleurs auto-produit - Small talk (2025). On n'y abandonne pas complètement le côté sautillant de la pop avec l'adoption de rythmiques disco-soul mais on retrouve l'émotion brute et le son organique des débuts du groupe. On découvre même avec plaisir des petites extravagances psychédéliques dans certains morceaux comme In the saddle.  

Whitney 
Samedi 7 février 2026 à 19h30 à L'Épicerie moderne ; de 7 à 23€ 

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