Un autre versant des sixties avec Forever Pavot

MUSIQUES | Le groupe, en concert à la Bobine, ressuscite les fantômes disparus d’une décennie qui n’a visiblement pas fini de nous fasciner

Damien Grimbert | Mardi 7 avril 2015

Photo : Greg Dezecot


Si, pour le commun des mortels, la musique des années 60 se résume avant tout aux groupes de pop, rock et folk anglo-saxons qui affolaient les charts de l'époque, une petite communauté disparate d'artistes a quant à elle focalisé son attention sur un versant musical nettement plus obscur de cette décennie : celui des illustrateurs sonores et compositeurs de musiques de films européens.

Repliés dans leurs studios, loin des projecteurs, groupies et autres publics de fans transis, ces derniers ont donné naissance à un nombre assez sidérant de pépites musicales d'une richesse, d'une inventivité et d'une puissance d'évocation souvent sans commune mesure.

Au-delà des crate-diggers et autres producteurs archivistes en quête de samples imparables, des artistes comme Ennio Morricone, Francis Lai, François de Roubaix ou Jean-Claude Vannier (pour ne citer que les plus connus) ont ainsi inspiré toute une nouvelle génération de musiciens séduits par leur mélange inspiré de psychédélisme, de prog-rock et de synthés vintage aux sonorités troublantes.

À ce petit jeu là, difficile de trouver plus convaincant qu'Emile Sornin, leader du groupe Forever Pavot dont le toujours impeccable label parisien Born Bad vient de sortir il y a peu le premier long-format. Loin de sombrer dans le fétichisme de bas étage ou le petit jeu stérile de la copie conforme, Sornin s'empare au contraire de l'univers aventureux et volontiers onirique de la "library music" pour lui faire franchir de nouvelles frontières (à commencer par celle du live), ressuscitant au passage les fantômes disparus d'une décennie qui n'a visiblement pas fini de nous fasciner.

Forever Pavot (+ The Rockandys), vendredi 10 avril à 20h30 à la Bobine


Forever Pavot

1e partie : The RocKandys
La Bobine 42 boulevard Clemenceau Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Une douce odeur de psychédélisme

MUSIQUES | Pour un groupe de rock actuel, les options sont diverses et nombreuses… mais toutes ne se valent pas. Il y a ceux qui vont vendre leur âme pour livrer (...)

Damien Grimbert | Mardi 22 septembre 2020

Une douce odeur de psychédélisme

Pour un groupe de rock actuel, les options sont diverses et nombreuses… mais toutes ne se valent pas. Il y a ceux qui vont vendre leur âme pour livrer des morceaux pop fades et calibrés taillés pour les synchro-pubs, ceux qui vont tenter de s’inscrire dans la prolongation des grandes légendes des décennies passées, quitte à n’en livrer qu’une copie studieuse mais guère inspirée… Et ceux, enfin, qui préfèrent emprunter des chemins moins balisés mais beaucoup plus excitants où les influences du passé se conjuguent au présent dans un grand bain de jouvence syncrétique et inédit. C’est assurément à cette dernière catégorie qu’appartiennent les formations Cannibale (photo) et Moonrite, qui proposent chacune des approches radicalement différentes mais complémentaires. Signés sur le label parisien de référence Born Bad Records dès leur premier album, No Mercy For Love en 2017, les Normands de Cannibale, qu’on a pu retrouver l’année suivante avec leur deuxième opus Not Easy to cook proposent ainsi une galvanisante rencontre entre des influences garage psychédélique 60’s/70’s envoutantes et toute une gamme de sonorités surprenantes et étranges puisées aussi bi

Continuer à lire

Villejuif Underground : Velvet sur Marne

MUSIQUES | Que serait-il advenu si le Velvet Underground était né à Villejuif, Val-de-Marne ? Sans doute pas grand-chose, et la face du rock en eut probablement (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 17 octobre 2017

Villejuif Underground : Velvet sur Marne

Que serait-il advenu si le Velvet Underground était né à Villejuif, Val-de-Marne ? Sans doute pas grand-chose, et la face du rock en eut probablement été changée. Pourtant, lorsque l'on écoute le titre éponyme d'une drôle de formation baptisée le Villejuif Underground, on se dit que, décidément, dans le monde merveilleux de la musique alternative, tout est possible. Y compris qu'un Australien vienne s'installer au sud de Paris pour y commettre l'un des projets les plus zinzins de ces derniers mois avec une poignée d'autochtones. L'homme se nomme Nathan Roche et, après une douzaine de groupes et trois projets solo derrière lui, il semble bien avoir trouvé dans le Val-de-Marne et avec ses trois compères du Villejuif Underground son eldorado musical. Au point de séduire le patron du label Born Bad, Jean-Baptiste Guillot, dont le VU est la dernière trouvaille et qui a publié l'EP (Heavy Black Matter) contenant le titre signature du groupe : Villejuif Underground. Entretemps, le quatuor avait publié un LP, mélange de garage, de bricolage et de "loureederie" (l'inaugural Visions for Shannon). Mais sur

Continuer à lire

Cannibale : la (géniale) Compagnie créole du label Born Bad Records

MUSIQUES | Qui a vu le film culte Cannibal Holocaust (1980) n'en a sûrement jamais effacé les images de sa rétine. Dans ce vrai-faux docu longtemps interdit et (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 17 octobre 2017

Cannibale : la (géniale) Compagnie créole du label Born Bad Records

Qui a vu le film culte Cannibal Holocaust (1980) n'en a sûrement jamais effacé les images de sa rétine. Dans ce vrai-faux docu longtemps interdit et si monstrueusement réaliste que son réalisateur, Ruggero Deodato, a dû apporter les preuves devant un tribunal italien que ses acteurs étaient encore en vie, un groupe de journalistes en quête de sensation et fort antipathiques part à la recherche d'une tribu cannibale au cœur de la forêt amazonienne et se fait recevoir avec les honneurs dus à son manque de savoir-vivre : les voilà transformés en brochettes humaines sauce état de nature, confirmant au passage l'adage selon lequel l'homme est un loup pour l'homme et que tel est pris qui croyait prendre. On ne sait guère à quelle sauce Jean-Baptiste Guillot, boss du label français indépendant Born Bad, s'attendait à être mangé lorsqu'il enfourcha sa moto à destination d'un coin reculé de Normandie à la rencontre d'une tribu elle aussi Cannibale, dont la réputation commençait à bruire à travers les feuilles jusqu'aux oreilles des suiveurs de l'émergence musicale – il était temps, les membres de Cannibale, la quarantaine bien tapée, avaient officié de

Continuer à lire

Marietta, antidote à la tiédeur

MUSIQUES | Depuis maintenant une bonne dizaine d’années, a émergé en France toute une nouvelle vague de "sensations électro-pop-rock du moment", souvent très (...)

Damien Grimbert | Mardi 21 mars 2017

Marietta, antidote à la tiédeur

Depuis maintenant une bonne dizaine d’années, a émergé en France toute une nouvelle vague de "sensations électro-pop-rock du moment", souvent très soutenues médiatiquement mais dont l’habillage arty/indépendant a parfois de plus en plus de mal à camoufler une fadeur absolument terrifiante. Soit, pour reprendre les termes de l’excellent critique musical Etienne Menu, « toutes ces choses hyper-standardisées qu'on voudrait faire passer pour de la musique pointue, alors qu'elles sont de l'indie FM calibré pour servir de musique de pub ou de jingle ». D’où la profonde sensation de soulagement et de bonheur ressentie à l’écoute de Basement Dreams Are The Bedroom Cream, premier album solo de Guillaume Marietta, chanteur du groupe français de rock psyché The Feeling Of Love. Recueil de chansons pop/folk lo-fi intimistes bricolées à l’abri des regards, Basement Dreams… ressuscite ainsi une certaine atmosphère psychédélique tout droit venue des 70’s, sans jamais tomber dans le piège de la citation à outrance pour autant. Lignes mélodiques à tomber par terre, arrangements d’une finesse infinie, chant sensible mais pas maniéré

Continuer à lire

Un autre versant des sixties avec Forever Pavot

MUSIQUES | Si, pour le commun des mortels, la musique des années 60 se résume avant tout aux groupes de pop, rock et folk anglo-saxons qui affolaient les charts de (...)

Damien Grimbert | Lundi 11 mai 2015

Un autre versant des sixties avec Forever Pavot

Si, pour le commun des mortels, la musique des années 60 se résume avant tout aux groupes de pop, rock et folk anglo-saxons qui affolaient les charts de l’époque, une petite communauté disparate d’artistes a quant à elle focalisé son attention sur un versant musical nettement plus obscur de cette décennie : celui des illustrateurs sonores et compositeurs de musiques de films européens. Repliés dans leurs studios, loin des projecteurs, groupies et autres publics de fans transis, ces derniers ont donné naissance à un nombre assez sidérant de pépites musicales d’une richesse, d’une inventivité et d’une puissance d’évocation souvent sans commune mesure. Au-delà des crate-diggers et autres producteurs archivistes en quête de samples imparables, des artistes comme Ennio Morricone, Francis Lai, François de Roubaix ou Jean-Claude Vannier (pour ne citer que les plus connus) ont ainsi inspiré toute une nouvelle génération de musiciens séduits par leur mélange inspiré de psychédélisme, de prog-rock et de synthés vintage aux sonorités troublantes. À ce petit jeu là, difficile de trouver plus convaincant qu’Emile Sornin, leader du groupe Forever Pavot dont le to

Continuer à lire