Nada Surf : Power Pop(ular)

MUSIQUES | 20 ans et plus. Et toutes ses dents et tubes. Nada Surf prouve que le meilleur moyen de survivre à un tube énorme, c'est de passer outre. Et d'en faire d'autres sans en avoir l'air. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 19 avril 2016

Photo : Peter Ellenby


High/Low, premier album au titre prémonitoire, The Proximity Effect, Let Go, The Weight is a Gift, Lucky, The Stars are indifferent to Astronomy... Il n'est pas besoin d'un double doctorat en anglais littéral et en psychanalyse de comptoir pour s'apercevoir que chacun ou presque des titres d'albums studio des Américains de Nada Surf est une manière d'ajouter un chapitre au résumé d'une carrière qui a connu le très haut avec un tube planétaire (Popular, on n'y revient pas) et les freins qu'une telle bénédiction malédiction peut engendrer.

Comme l'impression qu'ont les gens de vous connaître mieux que vous même (The Proximity Effect) ; le besoin impérieux de laisser couler pour ne pas sombrer (Let Go), de faire de ce poids une force à la manière d'un judoka (The Weight is a Gift) ; la conscience de cette chance qu'est celle de durer malgré tout et la volonté de faire son chemin dans la galaxie rock indé (Lucky), de briller par ses propres moyens et d'habiter sa propre orbite (The Stars are indifferent to Astronomy).

Reprises multiples

On a beaucoup glosé nous-mêmes, et on continue de le faire, sur la manière dont Nada Surf a géré un succès qui aurait pu le tuer, par crainte d'être impuissant à reproduire la formule magique ou par excès d'ambition à le faire. Peut-être le groupe, malgré les mentions inconscientes que nous venons de surinterprêter, n'a-t-il jamais vu les choses de cette façon.

Dans tous les cas, il faut reconnaître au groupe mené par Matthew Caws d'avoir tracé sa route, peut-être un peu rectiligne, peut-être pas (ou plus) follement originale, de la seule manière possible : en alignant les chansons power-pop(ular) avec une régularité confondante sans jamais se laisser distraire ; en inondant les BO de films et de séries de titres inédits ou non (ce qui reste un excellent baromètre de l'influence culturelle d'un groupe) ; en multipliant les reprises grand écart (OMD, Pixies, Alain Souchon, Indochine, Françoise Hardy, The Smiths, Depeche Mode...) sans jamais se perdre de vue.

Et c'est ainsi qu'on les retrouve sur You know who you are (façon Byrds meets Teenage Fanclub), titré comme s'ils parlaient d'eux à la deuxième personne du singulier. Et qu'on écoute, comme on se rend à leur concert, sans nostalgie aucune, sans second degré vintage. Au présent d'un groupe qui est toujours là. Populaire, juste ce qu'il faut.

Nada Surf + Arman Mélies

À la Belle électrique, lundi 25 avril à 20h30


Nada Surf + Arman Melies


La Belle Électrique 12 esplanade Andry-Farcy Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Feu! Chatterton Voilà un groupe qui aime les transports, qui a déchiré le voile du succès critique avec une chanson sur le Costa Concordia et annoncé son premier album avec un single titré Boeing. Mais quand on parle de transport, il faudrait entendre ce mot selon toutes ses acceptions, à commencer par celle du transport sentimental, du transport amoureux et du voyage des mots. Car si l'on a multiplié les comparaisons musicales ou stylistiques s'agissant de Feu! Chatterton, il faut reconnaître une chose qui n'appartient qu'à eux. Rarement, on a vu si jeune groupe écrire des textes de la sorte : Boeing est une chanson à danser autant qu'à lire comme une suite machiniste à L'Albatros de Baudelaire (« Boeing, Boeing ! Et tes mouvements lents sont de majesté / Est-ce la faute de tes passagers indigestes / Si tu penches ? »). Quant aux paroles de Côte Concorde, elles sont à placer aux côtés des grands textes de la chanson française (« Du ciel tombe des cordes, faut-il y grimper ou s'y pendre ? »). Feu! Chatterton, loin d'être de paille, brûle de mots et sur scène les enflamme. C'est à voir.

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