Second life

MUSIQUES | La Biennale Musiques en scène a 20 ans. James Giroudon, le directeur visionnaire de GRAME, passe le relais. Dans un «Etat second» son successeur, Damien Pousset, a fabriqué un programme où récupération, transformation et manipulation du préexistant sont joyeusement mis à l’honneur. Pascale Clavel

Dorotée Aznar | Vendredi 24 février 2012

Photo : DR


James Giroudon a fait de la Biennale Musiques en scène le rendez-vous de la musique contemporaine ; un endroit incontournable pour entendre le pouls de cette création innovante, vivante, mouvante et riche de propositions à couper le souffle. Depuis 1992, ce sont des concerts, des installations, des spectacles qui viennent redire que l'acte créateur est en bonne santé, que l'aventure reste exigeante mais conviviale et que le public, de en plus en plus curieux, répond à l'invitation et vient se cogner à son époque avec plaisir.

2.0

En 2012, James Giroudon passe le relais et la Biennale Musiques en scène voit arriver à sa tête Damien Pousset, un homme qui aime le jazz… et l'Ars Nova. Plus grand écart, on ne peut pas trouver et en même temps, à bien écouter, on perçoit les mêmes frottements, les mêmes harmonies distordues mais pas tant que ça. La musique contemporaine comme l'Ars Nova : des ambiances musicales qui font peur a priori et qui a posteriori, si l'on se laisse aller, deviennent limpides, merveilleuses et pleines d'un discours qu'on aimerait entendre plus souvent. Damien Pousset a AINSI tricoté un parcours à son image, cohérent et multi faces. On connaissait les Biennales d'avant lui, pointues et ouvertes sur le monde contemporain, nous entrons dans une nouvelle ère où le joyeux côtoie le beau, où les musiques s'inspirent, où les arts s'emmêlent à l'infini. Damien Pousset pousse l'idée jusqu'au bout, va chercher ces jeunes créateurs qui récupèrent, qui travaillent à partir d'œuvres préexistantes, il ouvre et ose la question : «le marché aux puces serait-il devenu, en musique comme ailleurs, le référent omniprésent des pratiques artistiques contemporaines ?»

Suivez le Guide

Michael Jarrell, compositeur invité de cette Biennale est un homme heureux. Premier compositeur en résidence à l'Orchestre national de Lyon de 1991 à 1993, il a dit oui tout de suite à cette alléchante proposition. Il sera le pilier, la tour de contrôle de cette nouvelle édition. Qui d'autre mieux que lui sait composer une œuvre pour orchestre, en puiser ensuite tout le jus et en fabriquer un concerto pour clarinette, pour en puiser à nouveau tout le jus et en faire une troisième œuvre à part entière. Jarrell est le maître de la récupération de lui-même. Il explore comme une seule obsession les univers où rien ne paraît bouger mais où tout se meut lentement dans un petit fracas bienvenu. Lui qui n'a cessé de transformer, de triturer son discours musical pour en magnifier certains passages est à même de guider cette jeune génération de compositeurs à la création intuitive, mystérieuse et d'une extrême sensibilité. À réécouter les œuvres de Michael Jarrell, on est frappé par leur accessibilité, par cette écriture limpide et profonde. Quant aux titres de chaque opus, c'est une invitation à la réflexion et à la rêverie tout à la fois : Le ciel, tout à l'heure encore si limpide, soudain se trouble horriblement… pour orchestre ou encore …car le pensé et l'être sont une même chose pour six voix solistes ou encore …prisme/incidences… pour violon et orchestre. Quant à la poésie des points de suspension, elle nous invite au mystère, aux questionnements sans fin. Michael Jarrell se définit comme un artisan, les mains dans le cambouis et, à écouter sa musique, on peut comprendre sa revendication. Il fait partie de ces compositeurs humbles, à l'écriture souple voire élégante, aux obsessions savamment travaillées, mais qui paraissent accessibles et d'une belle simplicité. Dès le concert d'ouverture à l'Auditorium, le public pourra découvrir son nouveau Concerto pour violoncelle puis viendra Cassadre, son monodrame tout en retenue, où la voix hypnotique de Fanny Ardant s'emmêle aux timbres chatoyants d'un petit orchestre. Et puis, au fil de ces trois semaines de Biennale, des œuvres plus ou moins anciennes de Michael Jarrell à réentendre avec appétit.

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Pascale Clavel | Mardi 20 février 2018

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Lorsque l’on regarde la programmation de cette édition, on a le tournis. Pourquoi ce trop ? Bérénice Gulmann : 47 concerts, c’est beaucoup. Grame est une sorte d’incubateur tout au long de l’année et la Biennale est là comme un moment phare qui montre la création contemporaine dans toute sa diversité. Les artistes s’emparent de disciplines sœurs, travaillent dans la transdisciplinarité. Un festival, c’est un moment où tout est possible, où le public est à même d’aller d’une proposition à une autre sans avoir une idée préconçue, il se laisse emmener par la dynamique, par l’énergie. C’est le cas par exemple du Crazy Week-end à l’Auditorium. Il y a de plus en plus de propositions participatives qui sont possibles grâce aux recherches faites à Grame et aux nouvelles technologies. On a tissé une programmation à la fois très savante et en même temps très ludique. Comment faire venir un public qui se détourne parfois de la musique de son temps ? On essaie, au sein d’une même programmation, d’avoir une musique de notre temps assez convenue, plus attendue et d’autres plus surprenantes. À l’Auditorium, da

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Un oeil sur... Krystina Marcoux

MUSIQUES | Québécoise, fan de Radiohead, de Bach, d'escalade et thésarde au CNSMD, la percussionniste - mais pas que - Krystina Marcoux multiplie les projets (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 9 mars 2016

Un oeil sur... Krystina Marcoux

Québécoise, fan de Radiohead, de Bach, d'escalade et thésarde au CNSMD, la percussionniste - mais pas que - Krystina Marcoux multiplie les projets collaboratifs ou en solo, de la comédie à la danse, en passant par les pastiches de la Ligue d'Improvisation Théâtrale du Québec. Cette artiste multidisciplinaire, disciple de George Aperghis, a su y développer un univers aussi drôle que sensuel, fou que poétique, à la croisée du théâtre et de la musique. Pour s'en assurer on pourra toujours aller voir Zeee match, le 5 mars à la Biennale, un match d'impro pour percussion arbitré par un tromboniste, et, toujours à la Biennale, le 8 mars son premier spectacle solo, 400 ans sans toi... Invitation humoristique et percussive, forcément, à la découverte du Québec de Krystina Marcoux. Une commande de la Biennale et du Grame qui montre à quel point Lyon a su ouvrir grand les bras au talent de cette Montréalaise qui le lui rend bien. Et "nous" le rend bien en ouverture de cette vidéo où elle reprend du Radiohead en tapant sur des bambous. Ce qui lui va bien.

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Espace-son

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Jean-Emmanuel Denave | Mardi 25 mars 2014

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Invité d'honneur de la biennale Musiques en scène, l'inclassable Heiner Goebbels (né en 1952 en Allemagne, il est à la fois compositeur, metteur en scène et musicien) nous aura pour le moins déçu à travers deux de ses pièces de théâtre musical présentées au TNP. La troisième partie de I went to the house but did not enter allait même jusqu'à "lyncher" l'un des plus beaux textes de Beckett, Cap au pire, en le faisant chanter par l'ensemble Hilliard, plus habitué aux partitions médiévales. Rendre Beckett lyrique relève pour le moins du contresens, voire du mauvais goût. Considérée comme l'une des œuvres-clés de Heiner Goebbels, Stifters Dinge et ses cinq pianos automatiques a fini elle aussi par nous lasser, malgré ses prouesses techniques et quelques passages esthétiquement séduisants à base de fumerolles à la surface de l'eau. On allait donc découvrir l'installation de l'artiste au Musée d'Art Contemporain un peu à reculons... A tort, tant Genko-An 69006 se révèle être une expérience sensorielle envoûtante et zen ! La quadrature du cercle

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Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 mars 2014

L'interprétation des rêves

Freudiens tenez-vous bien, l'artiste multimédia et compositeur Jean-Baptiste Barrière (né en 1958 à Paris) propose une nouvelle interprétation des rêves ! Une interprétation interactive, en musique et en images, qui plus est.  Dans l'une des grottes de fraîcheur du jardin du Musée Gadagne, le visiteur fait face d'abord à sa propre image, refletée par une sorte de miroir multimédia. Ses mouvements déclenchent ensuite le récit d'un rêve accompagné du portrait du récitant, que l'on peut en bougeant distordre visuellement et musicalement. «Il n'est pas question, déclare l'artiste, d'illustrer les rêves en sons et en images, mais plutôt d'explorer ces matériaux comme on se promènerait dans un jardin inconnu et merveilleux, à la découverte de sensations nouvelles. Ce sont autant de paysages et situations imaginaires, dans lesquels on découvre des rêves racontés par des gens du monde entier dans toutes les langues». La banque des rêves exploitée par Jean-Baptiste Barrière est en effet alimentée à la fois par un site Internet où chacun peut raconter ses aventures oniriques (

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Pas la moindre des choses

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Benjamin Mialot | Mardi 11 mars 2014

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A la fin de l'année dernière, la Familie Flöz, collectif berlinois passé maître dans l'art de la pantomime masquée, donnait à voir, dans une généreuse débauche d'énergie et de fantaisie, les querelles, délires et autres micro-événements plus ou moins cocasses qui, peut-être, à l'abri des regards, surviennent dans les coulisses d'un théâtre. Cette semaine, au TNP, leur compatriote Heiner Goebbels, compositeur et metteur en scène dont l’œuvre structure la septième édition de la très avant-gardiste biennale Musiques en Scène, met lui au centre du plateau les objets et phénomènes qui d'ordinaire participent de la magie d'un spectacle sans qu'on les remarque vraiment : projecteurs, instruments, bouts de décors, écrans, gouttes de pluie qui résonnent sur le toit... Autant d'éléments qui s'imbriquent dans Stifters Dinge («les choses de Stifter», du nom d'un écrivain autrichien romantique du XIXe siècle), atonale «œuvre pour piano sans pianiste mais avec cinq pianos» qu'interprète un assemblage assez monumental et motorisé desdits pianos, à mi-chemin de l'installation contemporaine et du bazar horrifique, de l'exposition de trophées de chasse et de la pièce de

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Nuage : matière absorbante

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Pascale Clavel | Mardi 25 février 2014

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Quid de la musique contemporaine aujourd’hui ?James Giroudon : L’idée de Grame a toujours été de trouver, en face de la création contemporaine sous ses diverses formes, des publics qui ne soient pas uniquement des publics de spécialistes. C’est un challenge que nous nous sommes toujours fixés. Les musiques contemporaines doivent être immergées complètement dans la modernité, dans ce qui fait les mutations de la société. La création musicale d’aujourd’hui, ce sont des œuvres de concert aux formats traditionnels mais élargis aux nouvelles technologies. Ce sont aussi beaucoup d’autres types de regard en direction de l’art numérique, de l’image, des arts plastiques… La Biennale, cette année, davantage que d’autres éditions, grâce à la présence d’Heiner Goebbels, donne cette ouverture à 360 degrés. Musiques en scène 2014, c’est la musique présente, ici dans un théâtre, ici dans un musée, dans des lieux que fréquentent des publics très variés. C’est aussi dans la modernité des propositions que nous allons chercher un nouveau public. La musique est là, dans ce melting pot des moyens d’expression. Damien Pousset : Vous nous demand

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Dorotée Aznar | Vendredi 24 février 2012

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On va boire et manger. Subversif ? "Il me plait à rappeler que pendant les opéras de Mozart – que l’on écoute aujourd’hui si religieusement – on mangeait comme des goulus, on buvait plus qu’il ne faut et on parlait si fort que le spectacle semblait parfois être au lointain". Damien Pousset est un provocateur poli, un érudit populaire, un briseur de rêves pour ces fameux «entre soi» qui voudraient une musique contemporaine sérieuse et faite pour un petit nombre. «État second», voilà le thème choisi pour cette édition 2012, un fil d’Ariane, à débobiner dans tous les sens. L’état second est-il celui dans lequel nous serons tous après avoir assisté aux différents concerts ? Plutôt l’état dans lequel nous nous trouverons pendant les soirées et les afters ? Serait-ce enfin cet état second des réécritures, des arrangements, des influences, des réutilisations que cette nouvelle génération de compositeurs décomplexés met en avant ? Damien Pousset défend ces jeunes compositeurs qui recyclent, «insèrent leur propre travail dans celui des autres. Il ne s’agit plus pour eux d’élaborer une forme à partir d’un matériau brut mais de travailler avec des objets déjà en circulation…». Com

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Dorotée Aznar | Lundi 12 avril 2010

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La 5e édition de la Biennale Musiques en Scène, organisée par Grame, s'est terminée le 21 mars. Les organisateurs annoncent un taux de remplissage de plus de 80%, et des chiffres de fréquentation comparables à ceux de 2008 (plus de 16 000 entrées), en dépit d’un nombre moins élevé de représentations. En 2012, Damien Pousset rejoindra l'équipe de la Biennale Musiques en Scène au titre de délégué artistique chargé de la programmation. Michael Jarrell sera le compositeur associé de la prochaine édition qui se déroulera du 2 au 17 mars 2012.

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Dorotée Aznar | Lundi 8 mars 2010

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Vous avez manqué le concert d’ouverture de la Biennale Musiques en scène ? Ne manquez pas le lever de rideau du spectacle «Dans l'ombre de Norman McLaren», mardi 16 mars au Théâtre de L'Atrium (Tassin la Demi-Lune). Yi-Ping Yang y présentera un petit concert de vingt minutes mêlant percussions et musiques électroniques, "Six japanese gardens" de Kaija Saariaho.

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Dorotée Aznar | Lundi 1 mars 2010

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Cette saison, James Giroudon, le directeur artistique de la biennale Musiques en scène, a fait appel à des artistes qui travaillent sur les relations entre musique et image. Les univers se croisent, se répondent, s’enrichissent et il en sort des œuvres d’une incroyable diversité où le propos artistique prend une véritable épaisseur. Pour la cinquième édition de cette Biennale, James Giroudon a mis à l’honneur la compositrice finlandaise Kaija Saariaho. Le public lyonnais va découvrir une œuvre singulière, inclassable, au lyrisme impressionnant, d’une grande sensibilité et d’une intelligence artistique reconnues dans le monde entier. Son répertoire riche de plus de 150 titres, consacre une large part à la musique de chambre bien que, depuis l’an 2000, Kaija Saariaho se tourne vers des compositions plus amples. Après deux opéras et un oratorio, la voici donc à Lyon pour présenter son nouvel opéra, Émilie. Comme le premier, L’Amour de loin, comme le deuxième Adriana Mater, comme son oratorio La Passion de Simone, Émilie est écrit sur un livret d’Amin Maalouf. La collaboration entre les deux artistes semble désormais acquise même si la compositrice s’en défend mollement. Il est un fait

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"Les concerts sous casques" : tout au creux de l’oreille, de la musique rien que pour soi. Trois musiciens dans la salle à entendre ou pas selon si l’on met le casque ou pas. Petit moment unique où la musique sort du crâne. "Deux hommes jonglaient dans leur tête" : au TNG, on prend les petits pour des grands et c’est tant mieux. Un concert imaginaire renversant où s’emmêlent musique, images et mouvements dans une joyeuse mise en scène où les jeux de miroirs bousculent les repères. "Résonance Contemporaine" : un ensemble de six voix de femmes. Une formation musicale à configuration multiple au service de la création contemporaine qui offre, du même coup, une grande diversité de programme.

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Pascale Clavel | Vendredi 19 février 2010

Attention à la chute

La dernière édition de Musiques en scène faisait la part belle aux œuvres du chef d’orchestre et compositeur hongrois Peter Eötvös. Pour ce cru 2010, c’est le travail de la compositrice finlandaise Kaija Saariaho qui est mis à l’honneur. James Giroudon, directeur artistique pertinent, a voulu mettre en avant une compositrice inclassable dont l’univers musical fait grand-place aux couleurs, aux timbres, aux liens subtils entre informatique et sons réels. Il a fallu choisir une vingtaine d’œuvres à travers un catalogue qui rassemble plus de 150 titres. James Giroudon et Kaija Saariaho ont essayé de trouver un équilibre et les bons rapports pour que chaque œuvre soit proposée dans un lieu approprié. Les pièces choisies montrent le parcours de création de Kaija Saariaho. Deux d’entre elles seront comme deux points d’orgue : son nouvel opéra "Émilie" sur un livret d’Amin Maalouf donné en création mondiale à l’opéra ainsi que son concerto pour violoncelle et orchestre Notes on light donné à l’auditorium avec la soliste Anne Gastinel. Don’t mind the gap«La création contemporaine n’est pas mono teinte, elle va dans des directions très variées», explique James Giroudon. Pour ce

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