Nuits Sonores 2015 - La programmation de jour

MUSIQUES | La première moitié du programme de Nuits Sonores 2015 est tombée, entraînant dans sa chute son lot d'impatiences et de surprises. Brace yourselves, habitants de la Confluence, spring is coming. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 14 janvier 2015

Si Wagner fait naître chez certains des sentiments belliqueux à l'encontre de la Pologne, la prochaine édition de Nuits Sonores, elle, devrait vous donner envie de passer l'été au pays de Copernic. Car c'est Varsovie, capitale qui s'impose depuis quelques années comme l'une des cool du Vieux continent, qui sera à l'honneur de la traditionnelle carte blanche. L'occasion de découvrir tout un contingent de producteurs et groupes aux noms pour le moment nimbés de mystère : Xenony, Piotr Kurek (accompagné par le collecteur analogique Étienne Jaumet), Black Coffee, Alte Zachen ou encore Polonezy Fanfare.

Nonobstant cette escale, Nuits Sonores (et ses événements connexes bien sûr, du participatif Extra! au réflexif Lab) restera fermement ancré à la Confluence, selon le même découpage que l'an passé : le détachement polonais à la Maison de la Confluence, les soirées éponymes à l'ancien Marché de gros et les Days à la Sucrière.

Tiercé gagnant

Premier dévoilé, le contenu de ces derniers, aux inévitables et néanmoins agréables relents de Sucre (à l'instar de la Closing Party, dévoilée en fin d'année et déjà complète), fait une fois encore l'éclatante démonstration des soucis de logique et de perméabilité chevillés aux corps des programmateurs d'Arty Farty : réparti sur trois scènes – dancefloor d'un côté, live de l'autre, digging à l'extérieur – il a été approuvé (et en partie élaboré) par trois curateurs de choix.

Primo, l'éminence grisâtre de la techno berlinoise Ben Klock, qui se produira le jeudi aux côtés de deux sommités de la bass music britannique (le pionnier jungle Goldie et le génial Shackleton, le temps d'un deuxième round qu'on espère cette fois à son avantage), de l'ensemble multimédia Links (qui interprétera Music for 18 Musicians, pièce maîtresse de Steve Reich) et de deux tiers de Livity Sound, le sound-system le plus novateur du moment. Deuxio, le roi espagnol de la house métissée John Talabot, rejoint le vendredi par le duo cosmique Genius of Time, les fous de samba Ninos du Brasil et le futuriste r'n'b Joy Orbison. Et enfin Jamie XX, héros du dixième anniversaire du festival (et encapuchonné en chef du groupe préféré des intermittents du spectacle), qui parrainera samedi Floating Points (digne rejeton de Four Tet auteur en décembre d'un EP baptisé... Nuits Sonores), les pionniers de l'afrobeat de The Pyramids et la néo-diva soul Fatima.

La suite ci-dessous et surtout au prochain épisode, fixé au 11 février.


Nuits Sonores 2015
A la Confluence du 13 au 17 mai

 

Inauguration - 13 mai - La Sucrière
The Very Polish Cut-outs + Warszawska Orkiestra Rozrywkowa + Global Diggers

Apéro Warsaw - 14 mai - Maison de la Confluence
Polonezy Fanfare + Alte Zachen + Black Coffee + Mitch & Mitch + Special Guest

NS Days - A Day with Ben Klock - 14 mai - La Sucrière
Salle 1930 : Music for 18 Musicians de Steve Reich par l'Ensemble Links + Ben Klock + Jeroen Search
Salle 1960 : Witxes + Oubys + Shackleton + Goldie
Esplanade : Waxist + Peverelist B2B Kowton

Apéro Warsaw - 15 mai - Maison de la Confluence
Polonezy Fanfare + Pietnastka + 67, 5 Minut Projekt + Baaba + Special Guest

NS Days - A Day with John Talabot - 15 mai - La Sucrière
Salle 1930 : Barnt + Genius of Time + Joy Orbison + John Talabot
Salle 1960 : Lena Willikens + Syracuse + Ninos du Brasil + Andre Bratten
Esplanade : Loud E + Awesome Tapes from Africa + Albion

Apéro Warsaw - 16 mai - Maison de la Confluence
Polonezy Fanfare + Xenny + Slalom + Piotr Kurek + Special Guest

NS Days - A Day with Jamie XX - 16 mai - La Sucrière
Salle 1930 : Jon Rust + Floating Points + Jamie XX
Salle 1960 : James Stewart + The Pyramids + Fatima + Real Lies
Esplanade : Nic Tasker + Charles Drakeford + Bradley Zero

Closing Party - 17 mai - Le Sucre
Laurent Garnier vs Marcel Dettmann + Rødhåd vs Âme

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The xx : Fiat Luxx

Pop | Pour son troisième album, The xx se transforme pour de bon en une radieuse machine à tubes contrastant à plein avec la morosité ambiante régnant en Angleterre : une lumière au bout du Tunnel sous la Manche.

Stéphane Duchêne | Mardi 14 février 2017

The xx : Fiat Luxx

« Heureux soient les fêlés car ils laissent passer la lumière » disait Michel Audiard. C'est peut-être bien à travers les failles invisibles, car hermétiquement colmatées, à l'œuvre depuis le début de leur carrière que The xx a fini par laisser passer la lumière qui inonde son dernier album, I See You. Comme une affirmation en miroir de ce que pourrait également conclure l'auditeur à l'écoute de ce disque, « We see you, the xx». Enfin, serait-on tenté d'ajouter. Hermétique, on a pu l'être aux précédents disques, sans jamais en retrancher le potentiel tubesque ou addictif, mais gêné aux entournures dans nos enthousiasmes et nos mouvements par une certaine tendance à la neurasthénie, à la récession de soi-même. Or c'est comme un contre-pied au repliement sur elle-même de la Grande-Bretagne que The xx semble avoir construit son album. Une réponse, aussi, en forme de fin de non recevoir à l'album Coexist, réalisé dans l'isolement et la claustration par un groupe se sentant comme prisonnier de sa formule magique en mode ombres et brouillard.

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Zombie Zombie : Stranger things

CONNAITRE | Entre électro psychédélique et krautrock allemand, Zombie Zombie navigue en eaux sombres. Formé par Étienne Jaumet et Cosmic Néman (le batteur d’Herman Düne), (...)

Lisa Dumoulin | Mardi 6 septembre 2016

Zombie Zombie : Stranger things

Entre électro psychédélique et krautrock allemand, Zombie Zombie navigue en eaux sombres. Formé par Étienne Jaumet et Cosmic Néman (le batteur d’Herman Düne), récemment rejoints par Dr. Schonberg, on peut dire que la magie noire opère entre ces trois touche-à-tout. Fans de cinéma d’horreur, ils ont sorti en 2010 un magistral et hypnotique album hommage aux films de Carpenter, sobrement intitulé Zombie Zombie Plays John Carpenter. Mais ce n’est que la facette visible de leur planète noire. Écoutez l’entêtant Rocket number 9, reprise de Sun Ra, jazzman mystique du siècle dernier. Ou encore Land for Renegades, épopée cosmique en col pelle à tarte sous LSD. Tenez-vous prêts pour le décollage. Samedi 10 septembre au vélodrome d

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À Lyon, ça tourne !

ECRANS | Les rues que vous traversez, les quais que vous arpentez ont peut-être été les décors d’un film plus ou moins récent. Lyon, qui a vu naitre le cinéma en 1895, accueille de nombreux tournages.

Nadja Pobel | Mardi 5 avril 2016

À Lyon, ça tourne !

1895, rue du Premier-Film : La Sortie des usines Lumière Premier film de l’histoire du cinéma, ces sorties de l’usine Lumière se déclinent en trois versions tournées en hiver, au printemps et en été à en croire les tenues des ouvriers et ont été tournées pour être présentées au Congrès des photographes qui se tenait à Lyon cette année-là. La consigne était donnée de ne pas regarder la caméra mais tout le monde n’a pas su la respecter ! Le lieu qui était encore la rue Saint-Victor (devenue rue du Premier-film en 1929) est intact au-devant de l’Institut Lumière qui propose désormais aux stars, enfants, entreprises de rejouer ces images historiques. 1956, prison de Montluc : Un condamné à mort s’est échappé 1943, un résistant est arrêté et cloîtré à la prison de Montluc. Elle existe toujours, il est possible de la visiter, elle a fermé en 2009 après avoir été une maison d’arrêt pour femmes. Plus que le bâtiment-même, on voit surtout les barreaux — et quelques couloirs — de la geôle du lieutenant Fontaine. Dans ce film de Robert Bresson, Lyon est une ville fantôme et fermée dans laquelle erre des tramways e

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Les soirées du 14 au 27 octobre

MUSIQUES | 16.10 Encore Six mois ont beau s'être écoulés depuis son dernier passage (en mars, déjà au Transbordeur et déjà sous bannière Encore), on ne sait toujours pas (...)

Benjamin Mialot | Mardi 13 octobre 2015

Les soirées du 14 au 27 octobre

16.10 Encore Six mois ont beau s'être écoulés depuis son dernier passage (en mars, déjà au Transbordeur et déjà sous bannière Encore), on ne sait toujours pas prononcer le nom du duo suédois Shxcxchcxsh – "sèche-cheveux", nous propose notre correcteur orthographique. On reste en revanche intimement persuadé que la techno qu'il produit, aqueuse et inquiétante, est l'une des plus singulières du moment – et son live d'autant plus immanquable qu'il sera précédé du sensationnel Ritual de Flore et d'un concert de l'architecte post-indus Kankding Ray, principale attraction du dernier Mirage Festival.

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Fatima

ECRANS | S’attachant depuis des années à décrire la vie dans les familles originaires comme lui du Maghreb, à aborder sans angélisme ni candeur les questions de ségrégation sociale, Philippe Faucon atteint avec "Fatima" un sommet. Et réalise un absolu de son cinéma.

Vincent Raymond | Mardi 6 octobre 2015

Fatima

La quarantaine, ne parlant pas français. Fatima élève seule ses deux filles. Et s’épuise en faisant des ménages pour subvenir à leurs besoins. Lorsqu’un accident la force à conserver la chambre, elle commence à consigner ses pensées en arabe ; à révéler tout ce qu’elle a porté en silence durant des années… Au cinéma, aucune parole n’est censée demeurer cryptique, grâce au secours de cet interprète universel qu’est le sous-titrage. Quelle supériorité sur la vraie vie, où l’absence de langue commune peut faire croire mutuellement à deux savants qu’ils sont analphabètes ! En demeurant au plus près de cette "vraie vie", Fatima nous permet d’entendre des voix inaudibles — parce qu’elles n’osent pas parler ou parce que nous n’en maîtrisons pas l’idiome. Exaltant les vertus cathartiques de l’écriture, sa fonction édificatrice dans l’estime de soi, Philippe Faucon n’omet pas d’évoquer la puissance du langage au quotidien. Il montre ainsi par quels biais sournois le microcosme quartier/famille tente d’empêcher les filles de Fatima de s’émanciper. En exerçant une violence psychologique insidieuse à travers des insinuations vis

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La rentrée musique côté électro

MUSIQUES | Pour faire un point complet sur l'actu des dancefloors, il nous aurait fallu bloquer un bon tiers de ce dossier de rentrée. À vous, donc, de le compléter via vos canaux habituels. De toute façon, c'est bien simple : il y aura cette saison encore plein de trucs bien, partout, tout le temps.

Benjamin Mialot | Mardi 22 septembre 2015

La rentrée musique côté électro

On prend quasiment les mêmes et on recommence. Avec la dissolution de Haste, une place s'est libérée au Transbordeur. Good news, ce sont les sapeurs techno de CLFT qui la récupèrent. Une fois par trimestre, ils présenteront deux artistes de leur très pointu et très offensif roster ; démarrage le 9 octobre avec les Britanniques Lee Holman et Biny, passage à la vitesse supérieure le 11 décembre avec deux autres British, Fundamental Interaction et l'ami de longue date Ben Gibson. Leurs âmes sœurs de Papa Maman, non contentes de renforcer leur présence à La Plateforme (voir page 19), continuent pour leur part d'essaimer dans la ville – après un premier essai au Petit Salon, leurs prochaines "MTR", le 2 octobre au Sucre et le 9 au Kao, permettront de constater que le genre est parfois plus spartiate et viscéral ailleurs qu'à Berlin et Londres avec l'Ukrainien Stanislav Tolkachev, le Finlandais Samuli Kemppi et l'Espagnol Oscar Mulero. Quant à leurs colocataires de l'Atelier Sumo (le QG

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Ostgut Ton, 10 ans de purisme techno

MUSIQUES | Mi-août, Ostgut Ton fêtait ses dix ans à domicile. Cette semaine, c'est au Transbordeur et au Sucre que la (panzer) division discographique du célèbre Berghain poursuit les hostilités. Petites natures s'abstenir.

Benjamin Mialot | Mardi 15 septembre 2015

Ostgut Ton, 10 ans de purisme techno

«Don't forget 2 go home !» N'oubliez pas de rentrer à la maison. Dans la file d'attente grillagée qui mène au Berghain, couloir de la (petite) mort à l'entrée duquel mieux vaut abandonner tout espoir – de passer le contrôle au faciès de Sven Marquardt, l'iconique et impénétrable physionomiste qui sépare le bon grain électromane de l'ivraie party animalière à l'autre extrémité –, voilà le seul conseil qui vaille. Tagué sur un bout de mur du temple berlinois de la culture électronique, il en est même devenu le slogan officieux. Et pour cause : réincarnation de l'Ostgut, haut lieu de la culture queer dont les agents actifs de la gentrification firent table rase début 2003, cette ancienne centrale de l'est convertie un an plus tard en club (techno au Berghain à proprement parler, house au Panorama Bar à l'étage, musique contemporaine à la Kantine, installée dans une aile) / spot de parachutisme (vous voyez très bien de quoi on parle) / boîte à cul (gay au Berghain, hétéro au Panorama) a fait de la désorientation sa marque de fabrique. Pénombre quasi-permanente, sets-marathons (du jeudi soir au l

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Nuits sonores - Pour quelques conseils de plus

MUSIQUES | Si les Anglais se taillent la part du lion, il faudra aussi compter avec ces dix-là pendant le festival. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 13 mai 2015

Nuits sonores - Pour quelques conseils de plus

Nils Frahm / Mehmet Aslan Pianiste de formation, Nils Frahm produit depuis dix ans une musique aux confins de l'ambient et de l'impressionnisme, où la contrainte (genre jouer sans le pouce ou avec un instrument étouffé) est toujours source d'élévation. Pour le dire clairement, c'est lui qu'on aurait aimé voir à l'Opéra. Nuit 1 - Halle 1 Á l'Ancien marché de gros, mercredi 13 mai à 22h30 Né en Suisse, d'origine turque et basé à Berlin, Mehmet Aslan revisite le patrimoine musical anatolien à travers le prisme des rythmes électroniques.Et le résultat est aussi cocasse qu'ob

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L'orfèvre élect'Rone

MUSIQUES | Le troisième album de Rone, "Creatures", est exaltant et passionnant en tous points. Production très soignée, collaborations étincelantes, ambiances musicales féériques, il confirme qu'il est le diamant brut de l'électro française du XXIe siècle. On prendra la mesure de son éclat à Nuits Sonores. Nicolas Bros

Nicolas Bros | Mardi 12 mai 2015

L'orfèvre élect'Rone

Même si l'effet de surprise n'est plus, le Rone cru 2015 met tout le monde d'accord. À 34 ans, Erwan Castex met la barre très haut avec son troisième album, l'onirique et lumineux Creatures. L'effervescence ayant entouré Tohu Bohu, son précédent disque, témoignait déjà de la qualité des productions de l'artiste alors exilé à Berlin : un véritable condensé de bombes électroniques entre douceur et dancefloor, tels l'imparable Bye Bye Macadam ou le florissant Parade. Avec Creatures, Rone réitère l'exploit, fruit du travail minutieux d'un véritable passionné de sons électroniques naviguant à l'étage céleste. Sons tentaculaires et épanouissement auditif Très mélodique, Creatures est également poussé sur le plan technique, conservant un côté paradoxal dans sa construction. «Ce qui est étonnant explique Rone, c'est que Creatures est mon album le plus collectif mais également le plus intime."» Dans le but d'atteindre un niveau supplémentaire dans sa création, Rone s'est en effet appuyé sur toute une équipe de techniciens et de musiciens. De quoi lui permettre de s'exprimer pleinement,

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L'Angleterre en force à Nuits Sonores

MUSIQUES | ​Best of de la saison qui s'achève, la programmation de Nuits Sonores 2015 est aussi la plus cosmopolite que le festival ait connue. Mais désormais, à la fin, ce sont nos voisins d'outre-Manche qui gagnent : bouillon de la bass culture à l'aune de laquelle la house et la techno n'en finissent plus de se réinventer, l'Angleterre est, par l'entremise de sa capitale, LA grande nation électronique des années 2010. La preuve en dix ambassadeurs. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 12 mai 2015

L'Angleterre en force à Nuits Sonores

Daniel Avery / Shackleton On l'a découvert de jour l'an passé, cette fois c'est de nuit que l'on pourra prendre la mesure de la versatilité du ténébreux rouquin, qui plus est sur une scène toute entière dédiée à la résidence qu'il anime à la mythique Fabric. Depuis Drone Logic, Daniel Avery n'a rien produit. Pas grave : ce premier album, classique instantané de techno charnelle (ou de rock stockable dans le cloud ?), reste un an et demi après sa parution l'une des plus belles incarnations de ce «chant de la machine» qui, chaque printemps, exerce sur nos concitoyens la même fascination que la voix des sirènes sur les marins qui croisaient jadis en mer de Sicile. Nuit 1 – Halle 2 Á l'Ancien marché de gros, mercredi 13 mai à 3h15

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Jamie XX donne des couleurs à Nuits Sonores

MUSIQUES | Discret architecte de la sophisti-pop cafardeuse de The XX, le Londonien Jamie Smith publie son premier album solo, malicieusement titré In Colour. Un chef-d’œuvre qui met à jour trente ans de dance music made in England et capture mieux qu'aucun autre les sentiments contradictoires que font naître les grands raouts électroniques comme Nuits Sonores. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 12 mai 2015

Jamie XX donne des couleurs à Nuits Sonores

Chaque année, au matin du quatrième jour, quand nous quittons le site nocturne de Nuits Sonores au pas d'un vampire en décomposition, le corps fumant et les yeux dissimulés sous des lunettes de soleil m'as-tu-vu, on se dit qu'on ne nous y reprendra plus. Que c'est la dernière fois qu'on subira la moiteur des hangars surpeuplés, les tirs de barrage rythmiques à hauteur de genoux et les bredouillements alphabétiques de nos congénères (MDMA, LSD, DMT...). Trop vieux pour ces conneries. Et pourtant, chaque année, on y retourne, badge au clair et les poches lourdes de tokens. Pourquoi ? Que cherche-t-on dans cette assourdissante promiscuité ? Pour la première fois depuis la création du festival, la réponse est limpide. Il a fallu à Jamie XX six ans pour la formuler. La couleur des sentiments Pour qui sait lire entre les lignes de basse, son premier album dit simplement ceci : on y cherche la même chose qu'en amour, un certain type de lien à l'autre et, surtout, à retrouver la sensation qui nous a parcouru la première fois qu'il fut noué. Un fugace pincement au cœur, une démangeaison persistante le long de l'échine, une pression humide à l'arrière des gl

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La Pologne envahit Nuits Sonores

MUSIQUES | L'autre principal point de chute de Nuits Sonores 2015, c'est la Pologne, dont la capitale Varsovie est à l'honneur de la Carte blanche du festival. (...)

Benjamin Mialot | Mardi 12 mai 2015

La Pologne envahit Nuits Sonores

L'autre principal point de chute de Nuits Sonores 2015, c'est la Pologne, dont la capitale Varsovie est à l'honneur de la Carte blanche du festival. Projections de clips et documentaires, présentation d'affichistes s'inscrivant dans la lignée des grandes figures du graphisme polonais (Swierzy, Starowieyski, Cieslewicz...) et même installation d'un bar à lait, le festival a mis les petits plats dans les grands pour exposer la dynamique économique et créative qui vaut à la ville des comparaisons avec le Berlin des années 2000 – au même titre que sa rivale Cracovie, soit dit en passant. C'est évidemment du côté des concerts à la Maison de la confluence que les surprises abondent le plus. Nos top picks : l'electronica en résolution 800 par 480 de Xenony, la synth-country déstructurée de Slalom, la library music pleine d'audace de Forever Pavot (même s'il n'a de polonais que le nom de son ancien groupe, Arun Tazieff), la drum'n'bass rudimentaire et improvisée de 67, 5 Minute Prokekt, la muzak pince-sans-rire et virtuose du big band Mitch & Mitch et les facétie

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European Lab met les idées au clair

CONNAITRE | ​Pas facile de discuter valeurs démocratiques et mutations urbaines entre deux marathons électro. C'est pourtant ce à quoi vous invite cette année encore l'European Lab, qui plus est en très bonne compagnie. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 12 mai 2015

European Lab met les idées au clair

L'an passé, l'European Lab avait tenu session dans la foulée d'élections marquées par une franche montée de l'euroscepticisme. Pas de bol, c'est dans un contexte pareillement défavorable, suite à la victoire écrasante du parti de David Cameron au dernier scrutin britannique, que se tiendra sa cinquième édition. Les conférences et débats au programme du pendant citoyen de Nuits Sonores ne devraient en être que plus stimulants, d'autant que ce ne sont pas les invités de qualité qui manqueront. Citons le chercheur danois Fabian Holt, auteur d'un ouvrage de référence sur les classifications musicales (et en quoi elles sont à la fois des grilles de lecture et des sources de confusion), Gérard Berréby, le fondateur des formidables éditions Allia, où sont publiés nombre de textes fondateurs de la contre-culture (des Mémoires de Guy Debord à Can't stop won't stop, la somme hip-hop de Jeff Chang) et la Polonaise Agata Pyzik, contributrice du Guardian et de la bible de l'avant-gardisme sonore Wire qui, dans le bien titré Poor But Sexy. Culture Clashes in Europe East and West

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Le Circuit Nuits Sonores 2015 en trois étapes

MUSIQUES | Trois étapes du Circuit Nuits Sonores à ne pas manquer : Warm Soda au Marché Gare, Blawan au Petit Salon et Somaticae au Sonic. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 12 mai 2015

Le Circuit Nuits Sonores 2015 en trois étapes

Étape 7 La musique à guitares n'ayant quasiment pas droit de cité dans la programmation "officielle" de Nuits Sonores cette année, c'est (notamment) du côté du Marché Gare qu'il faudra zoner pour se faire un fix d'électricité. Á l'affiche : le blues à seize chevaux-vapeur d'Harold Martinez, le post-punk du troisième type (et à effets secondaires) de I Love UFO et, surtout, le garage à moustaches et frisottis 70's de Warm Soda – emmené par l'ex Bare Wires Matthew Melton, proche du regretté Jay Reatard. Et Maria Rockmore, la plus rock'n'roll des selectas à chromosomes XX – aucun rapport avec le bon Jamie.

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Edwy Plenel au European Lab

CONNAITRE | La liste des invités du European Lab, le pendant réflexif de Nuits Sonores, s'allonge. Viennent d'être confirmées les présences d'Edwy Plenel (qui viendra tenir (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 26 février 2015

Edwy Plenel au European Lab

La liste des invités du European Lab, le pendant réflexif de Nuits Sonores, s'allonge. Viennent d'être confirmées les présences d'Edwy Plenel (qui viendra tenir compagnie à son investigateur en chef Fabrice Arfi) et d'une dizaine d'intervenants internationaux, parmi lesquels Steven Hearn (président de la holding regroupant la Gaieté Lyrique, le Trabendo et le magazine Tsugi), Alain Van Der Malière (ancien conseiller au Ministère de la culture) et l'universitaire danois Fabian Holt. Ils viennent grossir un pool d'une trentaine de journalistes (comme Franck Annese, le boss à casquette de So Press), artistes (en tête la photographe Nan Goldin), institutionnels (tel Pascal Rogard, directeur de la SACD) et autres entrepeneurs (par exemple Helen Teeling, directrice de l'espace de coworking The Whisky Bond à Glasgow), qui discuteront nouveaux médias, réhabilitation urbaine et démocratie européenne du 13 au 15 mai. http://www.europeanlab.com

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Nuits Sonores 2015 – La programmation de nuit

MUSIQUES | Ouvert sur le monde et recentré sur la musique électronique. Tel s'annonçait Nuits Sonores 2015 à la découverte de sa programmation de jour. Tel s'affirme le festival à l'heure de dévoiler son pendant nocturne. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 11 février 2015

Nuits Sonores 2015 – La programmation de nuit

C'est quoi, être rock en 2015 ? Les lecteurs de Rock & Folk ont sans doute leur (fausse) idée sur la question. Les autres, nous sommes au regret de vous le confirmer, ne trouveront pas la réponse à Nuits Sonores cette année – à moins que le "concert spécial", pour l'instant tenu secret, ne vienne nous contredire. Grande absente de la programmation de jour, la musique électrique ne constitue en effet que la portion congrue de son homologue nocturne, bien que l'on se réjouisse des venues du polarisant Jessica93 (de ce côté-ci de l'écran, on adore sa noise pour périphérique), des intransigeants et déjantés Future of the Left, des industrieux industriels de The Soft Moon ou des Saints, a.k.a. les Ramones du pays des kangourous, à l'affiche du Circuit. Circuit d'ailleurs encore en cours de montage mais qui, outre son habituel cortège d'activistes locaux (Flore, Manoo, Kosme...), promet d'ores et déjà pas mal de dilem

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Trois nouveaux noms pour Nuits Sonores

MUSIQUES | Une dizaine de jours avant l'annonce de sa programmation noturne, Nuits Sonores 2015 lèvent le voile sur les noms des trois special guests de ses apéros (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 29 janvier 2015

Trois nouveaux noms pour Nuits Sonores

Une dizaine de jours avant l'annonce de sa programmation noturne, Nuits Sonores 2015 lèvent le voile sur les noms des trois special guests de ses apéros aux couleurs de Varsovie : le demi Zombie Zombie (le Zombie donc) Etienne Jaumet (déjà annoncé aux côtés de Piotr Kurek), le dadaïste électronique Felix Kubin et le génie psychédélique Forever Pavot. Ca s'annonce pas mal, non ?

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Insomniaque - Soirées du 10 au 16 décembre

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer : Black Strobe au Club Transbo, Genius of Time et The Black Madonna au Sucre et Tessela au DV1. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 9 décembre 2014

Insomniaque - Soirées du 10 au 16 décembre

10.12 Don't mess with us #3 Après les avoir inaugurées en DJ set, Arnaud Rebotini prend les commandes des soirées punks-et-clubbers-friendly du Transbo avec la clique à la tête de laquelle il célèbre, depuis le milieu des années 2000, les noces crépusculaires des guitares et des synthétiseurs. Il y présentera l'obsédant Godforsaken Roads, deuxième album de Black Strobe où, vocalisant comme un Nick Cave assommé par une boule à facettes – ou Dave Gahan après un bain de bouche à la tourbe – il s'impose une fois pour toutes comme le plus badass des crooners. Lui chercher des poux dans la gomina ? Aucun risque.   12.12 The Cosmic Adventure Deux garçons, une fille, des tas de possibilités ondulatoires. Ce pourrait être le pitch du prochain périple aux confins de la house auquel Le Sucre et Kosme vous proposent de prendre part. Les deux garçons, ce sont le

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Let the students techno

MUSIQUES | Quand ils n'usent pas leurs fonds de sous-vêtements brodés sur les bancs de leur business school, les élèves de l'EMLyon fréquentent vraisemblablement le DV1, (...)

Benjamin Mialot | Mardi 9 décembre 2014

Let the students techno

Quand ils n'usent pas leurs fonds de sous-vêtements brodés sur les bancs de leur business school, les élèves de l'EMLyon fréquentent vraisemblablement le DV1, un bon tiers du line-up de l'édition 2014 de leur raout électronique (Elekt'Rhône de son petit nom "brandé") ayant récemment honoré le club des pentes de sa présence. De quoi d'emblée partir sur de meilleures bases que la précédente, infâme gloubi-boulga de deep house à saxophone et d'électro-pop underage. Celle-ci brille au contraire par sa cohérence et son caractè

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Shackleton, l'aventurier des basses perdues

MUSIQUES | Dans la grande famille de la bass music, on voudrait le fils qui a foutu le camp et s'en est mieux sorti que tout le monde. Bonne pioche cette semaine au Sucre avec la venue de Sam Shackleton, Grand Manitou du dubstep qui voit plus loin que le bout de son drop. Beaucoup plus loin. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 11 novembre 2014

Shackleton, l'aventurier des basses perdues

Sam Shackleton n'a sans doute aucun lien de parenté avec l'explorateur Ernest Shackleton. Mais son goût de l'aventure est à la mesure de celui qui permit à son compatriote britannique, véritable héros de la conquête de l'Antarctique au début du vingtième siècle, de survivre à vingt-deux mois d'errance par moins 45 degrés. Toute proportion gardée : là où Ernest fut capable de traverser près de deux milles bornes d'océan en canot et au sextant pour secourir son équipage, l'un des actes de bravoure les plus notables de Sam a consisté à saborder son premier label, Skull Disco, après la parution d'une douzaine de références d'un avant-gardisme à faire passer Burial pour une idole des springbreakers. Mais il en dit long sur l'attitude foncièrement punk – il a d'ailleurs fait ses premiers pas dans le rock indiscipliné – qui, depuis dix ans, le pousse à défricher depuis sa base berlinoise des territoires sonores vers lesquels l'homme n'a jamais tendu l'oreille, tournant le dos à cette scène dubstep qui l'a vu naître et reçoit depuis ses messages comme on est touché par la grâce divine. Il y a des mondes ailleurs Car Shackleton a tout "vu" – notamment l'Afrique

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Insomniaque - Soirées du 1er au 7 octobre

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer : Lone au Kao, Ellen Allien au Bellona et Ben Klock au Sucre. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 30 septembre 2014

Insomniaque - Soirées du 1er au 7 octobre

03.10 Maison Fraîche Si vous allez à San Francisco, n'oubliez pas d'agrémenter votre tignasse de quelques fleurs, disait la chanson. C'est aussi vrai pour Manchester depuis 2012 (et ce le sera pour le Kao ce vendredi), année de parution du Galaxy Garden de Lone, chef-d’œuvre de house luxuriante à la 808 State qui aurait fait un carton en 1967. Même si son successeur, le tout aussi rétro-novateur Reality Testing, est une véritable descente d'extase en direction de ses racines hip hop – son dernier effort dans ce registre, daté de 2009 et influencé par J Dilla, s'intitulait d'ailleurs Ecstasy & Friends.     04.10 L’Amour – Nuit Dans un monde idéal, Ellen Allien, forte d

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5 soirées à suivre

MUSIQUES | Chaque semaine à Lyon, on dénombre plus de soirées électro que d'occurrences du mot fuck dans une minute du Loup de Wall Street (soit pas moins de neuf). Histoire d'y voir plus clair, voici les habitués de notre rubrique Insomniaque qui affichent les line-ups de rentrée les plus excitants. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 23 septembre 2014

5 soirées à suivre

We Are Reality A l'heure où des scientifiques étudient sérieusement la possibilité que notre réalité ne soit qu'une simulation informatique, le Sucre s'impose avec ce rendez-vous bi-mensuel comme l'endroit où garder les pieds sur terre. Difficile en effet de faire plus concret que la techno promue par We Are Reality, dont le casting a cet automne, entre les retours du maestro Carl Craig (19 octobre, avec le cogneur britannique Boddika) et des figures de proue du Berghain (Ben Klock le 5 octobre, Marcel Dettman le 2 novembre), des airs de who's who. A ne pas manquer également, un détour house par la case Innervisions avec ses fondateurs, Dixon

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Insomniaque - Soirées du 24 au 30 septembre

MUSIQUES | 3 RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : Dusty Kid au Kao, Lakker au Club Transbo et Roman Flügel et John Talabot au Sucre. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 23 septembre 2014

Insomniaque - Soirées du 24 au 30 septembre

26.09 Zuper! Dusty Kid a trente-ans ans. Physiquement, on lui en donnerait deux fois moins. Musicalement, au moins dix de plus. Il faut dire que ce producteur italien s'est bâti en à peine une décennie une discographie digne d'un vieux de la vieille, empilant les bangers techno au long cours (l’échappée belle America, le titanesque Lynchesque) jusqu'à distribuer gratuitement un troisième album aux airs de plan séquence sur une rave matinale – ou sur la fin de son set au Kao. La logique voudrait qu'il approche un ensemble symphonique. Il a confié bosser plutôt sur un disque «très noir et underground». Brave petit.     27.09 Haste Nous vous devons un aveu : si le collectif Haste a été recalé de notre sélection de rentrée,

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Le Sucre, notre ami d'en haut

MUSIQUES | Son premier anniversaire tout juste révolu, le Sucre passe à l'heure d'été avec un programme à trois entrées qui va vous faire voir (ou plutôt entendre) du pays. Embarquement immédiat. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 15 juillet 2014

Le Sucre, notre ami d'en haut

Rarement rédacteurs du Petit Bulletin furent autant humiliés que lors du tournoi de ping-pong qui rythma l'été inaugural du Sucre. Inutile, donc, d'espérer profiter de sa deuxième édition pour nous la mettre façon Jean-Philippe Gatien : cette année, ce sera sans nous. Ce ne sont heureusement pas les meilleures raisons qui manqueront d'escalader le rooftop dans les semaines qui viennent. Elles sont même au nombre d'un multiple de trois, son programme estival se découpant en une triplette de cycles thématiques.   Le premier, élaboré avec Rinse FM – radio londonienne naguère pirate qui fut aux premières loges de l'avènement de la bass music – se présente comme un recensement des individus qui, demain, sans doute, constitueront les points cardinaux de la scène électronique lyonnaise. Parmi eux, des disquaires (Sofa Records le 24 juillet, Groovedge le 7 août, Chez Émile le 14), des collectifs qui n'ont déjà plus grand chose à prouver (à l'instar du Palma Sound System, le 31 juillet, ou du

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Un beau feu de Joy

MUSIQUES | On dit que la vie ne tient qu'à un fil. Elle tient en vérité à une lettre. A une consonne (et cinq décennies) près, Joy Orbison aurait pu être un éternel amant (...)

Benjamin Mialot | Mardi 25 mars 2014

Un beau feu de Joy

On dit que la vie ne tient qu'à un fil. Elle tient en vérité à une lettre. A une consonne (et cinq décennies) près, Joy Orbison aurait pu être un éternel amant éconduit, dont le coffre de baryton, vulnérable et pourtant chéri par des mâles aussi dominateurs qu'Elvis Presley et Bruce Springsteen, peinait à contenir les peines d'une vie en forme de malédiction. Né Peter O'Grady, ce Londonien âgé d'à peine un quart de siècle est en fait l'un des producteurs les plus représentatifs du syncrétisme propre à la scène électronique britannique des années 2010, depuis qu'il a combiné l'insouciance de la house et la subterranéité du dubstep en une musique aussi pulsative qu'expérimentale, suscitant au passage quelques heureuses vocations (notamment chez Disclosure). Le morceau s'appelait Hyph Mngo et, cinq ans après sa parution, on ne sait toujours pas s'il se prête plus au popping (la fameuse "danse du robot") ou à un bon vieux fist pump. Des singles pareillement équivoques - basses résonnant sous le niveau de la mer contre claviers mappant l'hori

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Insomniaque - Semaine du 8 au 14 janvier

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : K'Alexi au DV1, Sinjin Hawke au Club Transbo et John Talabot au Sucre.

Benjamin Mialot | Jeudi 2 janvier 2014

Insomniaque - Semaine du 8 au 14 janvier

11.01 Club TraxNous sommes en 2014 et nous nous demandons encore si Ed Banger a contribué au rajeunissement du public de la musique électronique ou à son infantilisation. La réponse viendra peut-être de la soirée organisée par nos confrères fraîchement liftés de Trax au Club Transbo, au pinacle de laquelle se produira son poster boy à casquette,  Feadz. Si ce dernier vient enfin de publier son premier album (en douze ans de carrière !), c'est toutefois du Montréalais Sinjin Hawke et de sa bass music orchestrale et gonflée (un coup à l'hélium, un coup à l'hexafluorure de souffre) que l'on attend le plus. 11.01 I'm K'AlexiNous sommes en 2014 et nous ne savons toujours pas si la régularité avec laquelle le

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Nuits Sonores 2013 - Jour 3

MUSIQUES | L'événement de cette troisième journée de Nuits Sonores était la tenue de la toute première Boiler Room (des DJ sets pour happy few retransmis sur le web) lyonnaise. Nous n'y étions pas. Tant mieux, sans quoi nous serions passés à côté d'un paquet de prestations mémorables. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Samedi 11 mai 2013

Nuits Sonores 2013 - Jour 3

Le troisième NS Days était placé sous le signe de la cérébralité, voire de la prise de tête. Le quatrième, lui, aura fait la part belle au corps et à sa mise en pièces méthodique. A coups de kicks plus compacts que les marteaux maniés par Kaori dans le manga City Hunter (Nicky Larson en version franchouillarde) sous la verrière, où les puristes techno Shifted, DVS1, Planetary Assault Systems et Ben Klock ont rivalisé d'implacabilité – surprise, à ce petit jeu, ce n'est pas le patron du label Klockworks, dont le set avait l'an passé failli démolir l'Hôtel-Dieu avant l'heure, qui s'en est le mieux tiré, mais l'Anglais qui a ouvert le bal. A coups de riffs abrasifs du côté du hangar, qui aura notamment vu se succéder Girls Against Boys, le temps d'un concert qui, à défaut d'être à la hauteur de la réputation de ces figures du post-hardcore, a surclassé en tension celles de bon nombre de petites frappes bruitistes, et le duo synth punk australien Civil Civic – qui, joie, n'a rien pe

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Nuits Sonores 2013 - La prog de nuit

MUSIQUES | Au moment de lever le voile sur le volet diurne de Nuits Sonores 2013, les équipes d'Arty Farty étaient si ric-rac que c'est avec des valises oculaires éligibles à une "franchise bagages supplémentaires" qu'elles ont animé la conférence de presse correspondante. Cette fois, elles étaient en avance : censée tomber jeudi 21 février, la programmation nocturne de la onzième édition du festival a été révélée la veille, le teint frais et le sourire franc. La voici.

Benjamin Mialot | Mercredi 20 février 2013

Nuits Sonores 2013 - La prog de nuit

Editorialisation. Tel est, plus encore que pour les éditions précédentes, le maître-mot de cette onzième édition de Nuits Sonores. On a pu le vérifier avec les NS Days et leurs scènes labellisées (une portant l'emblème de la bible en ligne Resident Advisor, une sponsorisée par la Red Bull Music Academy et une consacrée à la carte blanche à Bruxelles), c'est au tour des Nuits, sises comme l'an passé (mais pour la dernière fois) aux anciennes usines Brossette et organisées, toujours comme l'an passé, en trois scènes aux dimensions décroissantes, de se faire l'écho de ce souci de cohérence. Qui par le biais d'un partenariat avec un festival, qui via un regroupement géographique, qui à la faveur d'une délégation d'une partie de la fonction de curateur à un artiste. Au-delà de ce qu'elle induit en termes de mise en réseau et d'image, la démarche aboutit sur un net renouvellement de la proposition artistique formulée par Arty Farty : cette année, les big names se comptent sur les doigts de la main, la programmation s'équilibrant entre pointures discrètes et nouveaux venus en pleine bourre.A cette aune, on attend beauco

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Nuits Sonores 2013 - La prog de jour

MUSIQUES | «Nuits Sonores n'est pas un festival de blockbusters». La phrase est de Vincent Carry, le directeur de Nuits Sonores et elle a rarement été aussi appropriée que pour l'édition 2013 du festival, l'équipe d'Arty Farty ayant choisi de rester stable sur ses fondamentaux plutôt que de se lancer dans la course à la surenchère que laissait entrevoir le très solennel dixième anniversaire de l'événement. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 24 janvier 2013

Nuits Sonores 2013 - La prog de jour

Ça pour une belle fête d'anniversaire, c'était une belle fête d'anniversaire : de l'édition du bouquin commémoratif 10 ans sans dormir à l'accueil des séminaux New Order en passant par la conclusion de sa programmation nocturne sur un plateau secret, le festival Nuits Sonores a l'an passé mis les petits plats dans les grands au moment de célébrer sa décennie d'existence. A tel point qu'on ne voyait pas bien comment il allait pouvoir poursuivre sa croissance sans verser dans l'excès. Arty Farty nous a ouvert les yeux ce matin : l'édition 2013 de l'événement ne sera ni plus maousse ni plus timide que les précédentes, elle sera dans leur droite lignée, c'est-à-dire urbaine, sélective, éclectique et réflexive. A ceci près qu'elle durera six jours, mitoyenneté calendaire du 8 mai et de l'Ascension oblige.Pour le reste donc, les habitués du festival seront en terrain connu, en tout cas pour ce qui concerne la partie diurne des

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Nuits sonores – Vendredi 18 - Report

MUSIQUES | Sept lieux, six sessions de 9h de live, trois concerts spéciaux. Il fallait bien ça pour fêter les dix ans de Nuits sonores, fleuron européen de la musique électronique (et plus si affinités). Compte-rendu du jour 3. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Samedi 19 mai 2012

Nuits sonores – Vendredi 18 - Report

Une blonde en mal de vodka. Un grand brun nous reprochant l'absence de points de vente de cigarettes. Une poignée de jeunes ayant pensé à tout sauf à la weed. Hier, la frange la plus secouée du public de Nuits Sonores nous a pris pour un distributeur ambulant. Manque de pot pour elle, même si notre manière de danser peut prêter à confusion... Coup de bol pour elle, hier, les hallucinations et la transe étaient comprises dans le prix des billets.  Le freak, c'est chic À l'Hôtel-Dieu, on s'est demandé si «l'appartement de fous» qui jadis scindait en deux la cours de sa chaufferie était encore en service et si ce n'était pas ses locataires qui se succédaient sur la grande scène. Prenez les Londoniennes de Trash Kit. Elles ont bien essayé de nous la mettre à l'envers, à se pointer sans leurs habituelles peintures de guerre fluo, mais leur rock, primitif et béat comme du Animal Collective interprété par les Slits, ne laisse aucun doute : elles souffrent d'un touchant complexe de Pete

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Nuits sonores 2012 – Jeudi 17 mai - Report

MUSIQUES | Sept lieux, six sessions de 9h de live, trois concerts spéciaux. Il fallait bien ça pour fêter les dix ans de Nuits sonores, fleuron européen de la musique électronique (et plus si affinités). Compte-rendu du jour 2. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 18 mai 2012

Nuits sonores 2012 – Jeudi 17 mai - Report

          "On a préféré partir et se poserLes mecs comment vous dire on est désoléL'attaché de presse nous a clairement invitéEt nous comme on est des mickeys on a dit OK"Un détournement d'une chanson de Sexion d'Assaut, il fallait au moins ça pour témoigner aux labels et promoteurs locaux notre embarras d'avoir préféré à leur Circuit Électronique les mini-burgers et people d'une croisière estampillée «Labo des festivals». Est-ce à dire que notre deuxième voyage au cœurs des Nuits fut de tout repos ? Même si nous y avons pris part en oubliant ceinture, alliance et lunettes de soleil, oui. Hôtel Woodstock Il n'aurait à vrai dire pas pu en être autrement. Cette certitude tient en un mot composé : Hôtel-Dieu. Hier, nous vous laissions entendre que Brossette, en vertu de ses atours de top spot pour explorateurs urbains et en dépit de la difficulté éprouvée par certains régisseurs à y fai

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Nuits sonores 2012 – Mercredi 16 mai - Report

MUSIQUES | Sept lieux, six sessions de 9h de live, trois concerts spéciaux. Il fallait bien ça pour fêter les dix ans de Nuits sonores, fleuron européen de la musique électronique (et plus si affinités). Compte-rendu du jour 1. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 17 mai 2012

Nuits sonores 2012 – Mercredi 16 mai - Report

D'ordinaire, au réveil, les deux premiers mots qui se forment dans notre tête sont «pipi» et «Nutella». Ce matin, lendemain de Nuits sonores oblige, ils ont laissé la place à «wow» et «putain». Comme dans «wow putain ce bourdonnement, j'ai l'impression d'avoir servi de diapason à une chorale de géants». Considérant la façon dont un Dj s'adapte aux convulsions de son audience et le nombre de pointures des platines composant l'affiche de cette dixième édition du festival, la comparaison n'est pas anodine. Putain d'usine ?   Et elle n'est, contrairement à ce que l'on craignait, pas corrélée à la sonorisation des lieux. Oh bien sûr, les anciennes usines Brossette, bien qu'en bonne place pour décrocher le titre d'espace le plus impressionnant jamais investi par Nuits sonores, ne se prêtent pas tellement, réverbération métallique oblige, à des prestations un tant soit peu orchestrales. Ce n'est d

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Electrochoc & Awe

MUSIQUES | Pionnier : d'avant-garde, qui s'engage dans une démarche nouvelle. On ne voit pas qualificatif plus approprié pour Electrochoc, dont l'édition 2012 se (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 15 mars 2012

Electrochoc & Awe

Pionnier : d'avant-garde, qui s'engage dans une démarche nouvelle. On ne voit pas qualificatif plus approprié pour Electrochoc, dont l'édition 2012 se tiendra du 22 mars au 7 avril. Car voilà sept ans, soit bien avant que le terme éco-festival ne file des hauts le pacemaker aux têtes chenues de l'Académie Française, que ce «festival international de musiques électroniques et arts numériques» piloté par les Abattoirs de Bourgoin-Jallieu œuvre pour la cause environnementale. Non pas à coups de gobelets réutilisables et de toilettes sèches, mais en recyclant systématiquement une partie de sa programmation. Mike Ladd, le indie MC le plus influent de ce début de siècle ? À l'affiche l'an passé. Le Peuple de l'Herbe, fleuron rhodanien du hip-hop transfrontalier ? Bientôt trois participations. Étienne Jaumet, grand manitou du clavier analogique ? Reçu en 2012 avec Zombie Z

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Ce soir où Jaumet

MUSIQUES | Si le nom d'Etienne Jaumet vous dit vaguement quelque chose, c'est parce qu'il est connu pour être la moitié du duo électro-pop Zombie Zombie – connu (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 14 décembre 2011

Ce soir où Jaumet

Si le nom d'Etienne Jaumet vous dit vaguement quelque chose, c'est parce qu'il est connu pour être la moitié du duo électro-pop Zombie Zombie – connu notamment pour ses interprétations des musiques de films de John Carpenter – de même qu'un membre de la dernière mouture du groupe rock The Married Monk (avouons qu'il y a pire CV). Ce qu'on sait moins, c'est que Jaumet, claviériste et saxophoniste, est un grand amateur d'instruments et de machines analogiques (orgues, synthétiseurs, theremin...). C'est pourquoi la Maison du Livre de l'Image et du Son François Mitterrand de Villeurbanne l'a convié à venir animer le 22 décembre un atelier destiné aux enfants entre démonstration et initiation. Ça c'est pour l'après-midi, à 14h. Et puisque le musicien et là, pourquoi le laisser partir sans une petite prestation musicale en solo, à 19h, sur le thème de la musique de nuit au sens large : entre ritournelle pour s'endormir et musique qui donne envie de regarder sous son lit avant de se coucher.

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Carpaccio de Carpenter

MUSIQUES | John Carpenter ne doit pas être mécontent de voir que ses films et BO continuent d’inspirer, 35 ans après le séminal Assault On Precint 13, bon nombre d’électro (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 18 février 2011

Carpaccio de Carpenter

John Carpenter ne doit pas être mécontent de voir que ses films et BO continuent d’inspirer, 35 ans après le séminal Assault On Precint 13, bon nombre d’électro freaks biberonnés au krautrock et aux synthés analogiques. Après Tim Simenon pour Bomb The Bass, puis Terranova et Tricky sur l’inoxydable Bombing Bastards, voilà deux ans que le duo formé par Neman (batteur d’Herman Düne) et Etienne Jaumet (saxophoniste, entre autres, pour Married Monk), rend hommage à son réalisateur fétiche sous la casquette idoine de Zombie Zombie. Et quand on dit hommage, on est gentils, parce que plus on écoute leur Zombie Zombie plays John Carpenter, et plus on a l’impression d’avoir un autel sonore entre les oreilles. Les deux ouailles se prosternent devant le monstre sacré : nul massacre à la tronçonneuse, donc, en ce qui concerne les thèmes revisités. Leurs relectures se font plutôt dans une forme de soumission, de dévotion, qui rend religieusement à John Carpenter ce qui lui appartient, à savoir un talent hors pair p

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