Gaspar Claus : « Ce sont deux mondes qui rentrent en collision »

Flamenco | Après Barlande, Gaspar Claus et son père, Pedro Soler, sont de nouveau réunis sur Al Viento. Avec dix cordes seulement, une guitare et un violoncelle, ils réinventent le flamenco et tentent de l'offrir au plus grand nombre. Inépuisable explorateur musical, Gaspar Claus se livre sur ce projet et sa permanente volonté de décloisonnement des genres.

Gabriel Cnudde | Lundi 31 octobre 2016

Photo : © Cyrille Choupas


Après Barlande en 2011, tu retrouves ton père pour ce nouvel album, Al Viento.
Gaspar Claus : L'année dernière, on parlait d'un second album. Après Barlande on a fait beaucoup de concerts. L'envie semblait être présente du côté de la maison de disque. Pedro m'a dit : « tu parles tout le temps d'un deuxième album. Il faudrait qu'on arrête d'en parler, qu'on se pose et qu'on l'écrive. » Mais en réalité, après Barlande on avait déjà commencé à créer de nouveaux morceaux. On avait déjà la matière pour faire ce second album. Il était presque prêt. C'est une écriture en permanence. Peut-être que d'ici quatre ans et sans l'avoir voulu, on aura un nouveau répertoire.

On entend dire que ton père a un style "archaïque" alors que tu es souvent qualifié d'explorateur musical. C'est une vision que vous partagez ?
Tout dépend de ce qu'on entend par archaïque. L'archaïsme de Pedro rejoint une extrême modernité. Il est dans une épure, dans une recherche de la qualité du son. Ce sont des points de concentration qui sont très présents dans les musiques modernes ou d'avant-garde. On se retrouve à cet endroit là. Pedro n'est pas le plus fidèle représentant du flamenco traditionnel. Il ne s'appuie pas que sur le système de cette musique. Bien sûr, Pedro tient énormément aux gammes et aux rythmes qui composent le flamenco mais il est davantage à la recherche d'un son.

Bien que ton père et toi ne partagez pas le même univers sonore en dehors de vos collaborations, on sent que vous appréhendez la musique de la même manière. C'est vrai ?
Non, je ne pense pas. On s'apprend énormément, on s'écoute énormément. On se met l'un et l'autre en danger. On se fait sortir de nos zones de confort. On provoque l'écoute. On pousse l'attention à l'autre pour savoir comment danser avec lui. On ne cherche pas à se glisser dans la musique de l'autre. Il faut savoir le déséquilibrer, le rattraper avant qu'il ne tombe, se laisser tomber, etc. De là, une troisième musique naît. On ne fait pas de la fusion. Ce sont deux mondes qui rentrent en collision. Cet impact génère un troisième monde. Les aller-retours vont dans un certain sens. Pedro tenant beaucoup au respect de l'art flamenco, il faut faire attention à ça. Il faut pouvoir être diffusé sans gêne auprès des musiciens d'Andalousie. On reste dans le carcan, mais on propose autre chose à l'intérieur de celui-ci. C'est une collaboration très naturelle.

J'aimais bien cette idée d'aller dans un pays où le feu est enfermé sous la glace. La terre brûle.

Al Viento a été enregistré en Islande et en Espagne, deux territoires qui ne se ressemblent pas vraiment. Au final, le contraste colle avec ce que vous proposez sur l'album. Simple coïncidence ou réflexion plus profonde ?
On est d'abord partis en Islande parce qu'on cherchait à se désaxer. Moi je ne voulais pas enregistrer en Andalousie. En Islande, il y a ce studio très prestigieux, le Greenhouse. J'aimais bien cette idée d'aller dans un pays où le feu est enfermé sous la glace. La terre brûle. En Andalousie, le feu est dans le ciel avec ce soleil qui brûle tout. Moi j'ai vu une analogie, j'ai senti qu'on pouvait aller chercher les deux sources de feu. Mais tout ça ce sont des histoires qu'on se construit dans la tête (rires). Il y a aussi le fait que le studio en Islande était très cher donc on avait peu de temps. On a décidé de ne faire que la moitié du disque là haut et d'aller ensuite en Espagne. On a fait l'Islande en février et l'Espagne en août.

Pour ce nouvel album, vous avez signé sur le label InFiné, d'habitude plutôt orienté musiques électroniques. Tu as retrouvé Rone, avec qui tu as collaboré. Est-ce que cette signature est un nouvel exemple de ta soif d'ouverture, de décloisonnement ?
J'ai rencontré Erwan (NdlR, Rone) parce qu'il était le nouveau petit copain d'une très bonne amie. Il n'était pas encore Rone et faisait une musique pour un court-métrage. On a pas mal bossé ensemble. À l'époque, il y avait déjà les vidéos de mon père et moi pour Les Concerts à emporter. Quand Erwan a signé avec Alexandre Cazac chez InFiné, il a montré ces vidéos. Alexandre voulait ouvrir le label. Il a réussi d'ailleurs. C'est une chose très importante de décloisonner. Quand ils nous ont proposé de signer, on avait aussi une proposition du label de Pedro, Harmonia Mundi. On savait que le public de Pedro allait suivre alors je me suis dit que ce serait bien d'aller présenter cette musique à un autre public, via InFiné. Je préfère jouer pour des gens qui ne s'attendent pas à ce que je vais leur jouer. Je trouve ça tellement plus intéressant. Signer chez InFiné, ça nous a amené à jouer au festival All Tomorrow's Parties, qui est le truc le plus sexe, drogue et rock'n'roll d'Angleterre ! On a été suivi par un public très jeune. C'était hyper important cette signature. Le décloisonnement est une qualité rare chez les labels. Surtout qu'aujourd'hui avec les algorithmes de Youtube et compagnie, on ne nous donne à écouter que ce qu'on aime.

Dans Al Viento, une chanson fait appel à la figure de la Petenera, encore aujourd'hui très crainte des Gitans. Vous n'avez pas peur de la malédiction ?
Quand on annonce qu'on va jouer la Petenera, s'il y a des Gitans dans la salle, ils se lèvent et ils se cassent. Il y a des chanteuses flamenco avec qui on travaille qui refusent même qu'on prononce ce nom. Ce n'est absolument pas une blague. Moi, je ne suis pas de cette culture là. J'entends tout ça mais ça ne me fait pas peur. C'est un morceau particulièrement habité. Je sens que c'est bizarre. Quand je le joue, il m'arrive de me poser des questions. C'est très intense. Mais c'est normal parce qu'il y a une histoire très précise qui est racontée. On joue, on ferme les yeux et on se fait le film dans sa tête. Donc d'une certaine manière le personnage est présent.

Sur un autre morceau de l'album, vous invitez Matt Elliott et Serge Teyssot-Gay à vous rejoindre. Une collaboration à laquelle vous teniez ?
Il y a deux ans, le festival Radio France a contacté Serge et moi pour une collaboration. On ne se connaissait pas. Mon père est venu nous écouter en concert. Il a adoré la guitare électrique de Serge, il a trouvé ça très flamenco. Il ne lui a pas trop laissé le choix, il lui a dit : « on enregistre cet été, tu viens. » On a fait cette pièce en une seule prise pour les instruments (guitare électrique, guitare, violoncelle). Ensuite, il y a eu la voix de Matt Elliott. On avait beaucoup d'amis en commun mais on ne s'était jamais rencontrés. Moi j'écoute sa musique depuis longtemps. Il a quelque chose d'assez hispanisant dans certains de ses morceaux. C'est un morceau qui sort un peu du lot au final. On avait déjà eu une collaboration sur Barlande, c'est important.

Ce n'est pas trop dur de tourner avec l'étiquette flamenco ? C'est un genre finalement assez méconnu en France, qui souffre de beaucoup de préjugés.
Dans l'esprit de certains, le flamenco ce sont les fêtes estivales dans les villages balnéaires où ça chante et ça danse. C'est un truc bizarre, folklorique, sauvage. À l'inverse, les aficionados du flamenco sont des élitistes. Ils connaissent beaucoup trop bien la musique et décident de ce qui est du flamenco. Entre les deux il y a tout le public qu'on voudrait toucher. C'est plus le public du dernier album de Leonard Cohen, par exemple. C'est une proposition musicale avant tout. Il s'agit d'abord de jouer de la musique. Mais quand on dit flamenco, il y a quelque chose de très connoté dans l'esprit des gens. On n'y peut rien.

Ton violoncelle est à la fois générateur de mélancolie, de chaos, de structures, bref, de beaucoup de choses. Penses-tu achever un jour ta quête du son de ton instrument ?
(Rires) Je ne sais pas trop ce que l'avenir me réserve. Il y a quelques temps je me suis mis à utiliser des pédales d'effet. C'est tout un nouveau monde qui s'ouvrait à moi. J'avais longtemps refusé, pas parce que j'étais contre mais parce que j'estimais que je n'avais pas encore tout fait avec mon seul violoncelle. Depuis que j'ai utilisé ces pédales, quand je reprends mon violoncelle sans les pédales, je retrouve un plaisir perdu. C'est une histoire de dynamique. Cet instrument me surprend à chaque fois. Il dépend tellement de ce à quoi on propose de le marier.

Pedro Soler & Gaspar Claus
Au Temple Lanterne le mercredi 9 novembre à 20h30


Pedro Soler & Gaspar Claus

Guitare flamenca et violoncelle
Temple Lanterne 10 rue Lanterne Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Gaspar Claus & Casper Clausen : de l'autre côté du miroir

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Au charbon ! : "Makala"

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Petit Bulletin Festival #1 : clap de fin !

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« Espiègle génie de la pop. » C'est avec tout l'attirail charrié par les mots dithyrambiques de Time Out New York que Gabriel Kahane s'est présenté, ce jeudi 24 mars au soir, dans le Hangar des Subsistances pour son Petit Bulletin Live. Espiègle étant sans doute le terme qui l'emporta et Dieu sait si le génie et la pop furent au rendez-vous. Accompagné du Quatuor Debussy qui officiait hier pour la troisième fois d'affilée dans ces concerts très spéciaux après une double prestation aux côtés de Yael Naïm, le petit new-yorkais semblait particulièrement détendu pour ne pas dire carrément laid-back en dépit d'un problème de pédales d'effet qui n'eut pas l'heur de le perturber beaucoup. Pédagogue et bilingue, s'amusant beaucoup de l'usage (excellent mais pudique et plein d'autodérision) qu'il fait de la langue française, visiblement heureux comme un gosse dans un magasin de bonbons, Gabriel Kahane avait à cœur d'expliquer à coups d'intermèdes parlés le propos de son album The Ambassador qu'il venait présenter en tout premier lieu à un public aux trois-quarts novice à son sujet. Mais que l'on ne s'y trompe pas, si Gabriel Kahane est semble-t

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Gabriel Kahane : « Trouver le meilleur moyen de raconter une histoire »

MUSIQUES | Aussi à l'aise en balade folk qu'en musique de chambre, Gabriel Kahane, nouveau petit génie de la pépinière pop de Brooklyn, saute moins les barrières des genres musicaux qu'il ne les évite avec grâce. The Ambassador, son album consacré à l'histoire et à la géographie... de Los Angeles, sa ville natale, laisse ainsi ses talents multiples de compositeur, conteur et arrangeur exploser à la face de l'auditeur. En attendant de se présenter aux Subsistances le 24 mars en Petit Bulletin Live avec le Quatuor Debussy, l'intéressé s'est livré à une longue explication de textes.

Stéphane Duchêne | Vendredi 18 mars 2016

Gabriel Kahane : « Trouver le meilleur moyen de raconter une histoire »

Quand Philip Glass [prince de la musique répétitive et/ou minimaliste mais pas que NDLR] a commencé à sortir de son pré-carré expérimental pour se tourner vers des esthétiques plus pop, il a beaucoup été critiqué. Aujourd'hui, les choses sont très différentes. La génération musicale dont vous êtes issu, on pense à Nico Muhly, Sufjan Stevens, Ellis Ludwig-Leone de San Fermin, Bryce Dessner de The National – souvent élevés dans l'académie musicale, diplômés de formation classique – semble absolument attachée à briser les barrières entre les genres, composant indifféremment de la pop qui ressemble à de la musique de chambre, du folk, des ballets. On apprend, quand on lit vos interviews, que cette question du genre vous indiffère totalement pour ne pas dire qu'elle vous agace beaucoup. Gabriel Kahane : Absolument. L'obsession du genre à notre époque est le produit d'une vision étroite des choses. Jusqu'à l'avant-guerre, avant cette espèce de décollage de l'académisme musical, nous avons au moins trois siècles pendant lesquels les compositeurs que l'on qualifiera de classique étaient vraiment engagés sur le terrain de la musique vernaculaire et de la musique f

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L'esprit de Kahane

MUSIQUES | Virtuose aux talents multiples comme New York en a produit de bien beaux ces derniers temps, compositeur — au sens classique du terme — songwriter, storyteller, Gabriel Kahane est surtout un génie, d'une grande humilité, de la variation sur un même thème. Il le prouve sur le sublime album The Ambassador, dédié aux mystères de Los Angeles, que ce caméléon vient nous présenter en PB Live.

Stéphane Duchêne | Jeudi 31 mars 2016

L'esprit de Kahane

Dans L'Esprit de Caïn, un film mineur de Brian de Palma, le Dr Carter Nix, psychiatre et fils de psychiatre, a développé au cours de son enfance des personnalités multiples qui reviennent le hanter. Il est à la fois Carter mais aussi Josh, un garçon apeuré, Margot, et surtout Caïn, son double maléfique. Un trouble de la personnalité, certes musicale, c'est toujours ce que nous évoque cette scène new-yorkaise (Nico Muhly, Sufjan Stevens, Bryce Dessner de The National). Élevés au grain de la formation académique et de l'expérimentation tout autant qu'exposés à l'ère du temps pop, tout se passe comme si chacun d'eux, pris de schizophrénie, avait développé un "monstre" intérieur à plusieurs têtes qu'il faudrait nourrir par tous les moyens : ballet le lundi, pièce de danse le mardi, tube pop le mercredi, morceau de chambre le jeudi, concert acoustique le vendredi et avec orchestre le samedi. À bout de genre Cet Esprit de Caïn c'est aussi un peu l'Esprit de Kahane. Gabriel de son prénom. Moins connu dans nos contrées, cet autre new-yorkais ne déroge guère à la description que l'on vient de faire de ses amis. Alliant avec la m

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The Apartments en PB Live

MUSIQUES | On en n'avait même pas rêvé, Rain Dog Prod l'a fait : un PB Live avec les mythiques Apartments de Peter Milton Walsh, (vrai-faux) groupe australien à (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 4 février 2016

The Apartments en PB Live

On en n'avait même pas rêvé, Rain Dog Prod l'a fait : un PB Live avec les mythiques Apartments de Peter Milton Walsh, (vrai-faux) groupe australien à la trajectoire sinueuse et aux albums indispensables (Drift, The Evening Visits..., A Life Full of Farewell) qui ont marqué l'histoire de l'indie pop à coups de tubes délicats et d'arrangements soyeux. Les fans vont venir de loin pour assister à ce moment historique, sis le 26 avril au Marché Gare. Places en vente dès ce vendredi 5 février via les réseaux habituels.

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PB Live : Gabriel Kahane, un prodige pop aux Subsistances

MUSIQUES | Au sein de la (de plus en plus) grande famille de ces jeunes musiciens nourris de classicisme et de Philipglassisme qui aiment venir caresser la pop (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 9 décembre 2015

PB Live : Gabriel Kahane, un prodige pop aux Subsistances

Au sein de la (de plus en plus) grande famille de ces jeunes musiciens nourris de classicisme et de Philipglassisme qui aiment venir caresser la pop de leur génie savant (Sufjan Stevens, Nico Muhly, Ellis Ludwig-Leone de San Fermin, Bryce Dessner de The National), Gabriel Kahane fait figure de nouvelle sensation. Nouvelle, car sa réputation commence doucement mais sûrement à franchir l'Atlantique. Sensation parce qu'il se dégage de sa musique quelque chose d'atmosphérique qui doit autant à la musique de chambre qu'au jazz, au néo-classique qu'au crooning, aux traditionals qu'à la sophistication du high concept (un album inspiré par le site de petites annonces Craigslist, un autre par la topographie de Los Angeles). Puisque Kahane nous fait l'honneur de visiter la France depuis Brooklyn et avant qu'on ne nous le pique définitivement, l'occasion était trop bonne d'en faire un PB Live exceptionnel à plusieurs titres : d'abord parce qu'il se produira aux Subsistances (une première pour un PB Live), le 24 mars prochain, ensuite parce que ce collaborateur régulier du Kronos Quartet sera accompagn

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Yael Naim : c'est complet, mais...

MUSIQUES | Il y a peu, nous avions le regret de vous annoncer l'annulation du PB Live de San Fermin – le groupe ayant choisi de prendre ses distances (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 25 novembre 2015

Yael Naim : c'est complet, mais...

Il y a peu, nous avions le regret de vous annoncer l'annulation du PB Live de San Fermin – le groupe ayant choisi de prendre ses distances avec le climat menaçant qui est le nôtre en ce moment. Cette fois, nous avons le plaisir de vous faire savoir que celui scellant les retrouvailles de Yael Naim et du Quatuor Debussy le 30 janvier à la Chapelle de la Trinité est complet. Pour la peine, ils remettront le couvert le lendemain, le 31 donc, au même endroit. Au figuré hein ! http://www.petit-bulletin.fr/live/yael-naim.html

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«La musique de Glass : une invitation à contempler» - Interview de Bruce Brubaker

MUSIQUES | Reconnu comme l'un des meilleurs interprètes de Philip Glass, le pianiste new-yorkais Bruce Brubaker a publié chez Infiné "Glass Piano", où il reprend les incontournables pour piano solo du maître de la musique dite minimaliste. Il présentera la chose au Sucre à l'occasion du premier PB Live de la saison. Explication (et interprétation) avec l'intéressé.

Stéphane Duchêne | Samedi 10 octobre 2015

«La musique de Glass : une invitation à contempler» - Interview de Bruce Brubaker

Pourquoi cette fascination pour le travail de Philip Glass ? Que représente-t-il pour un musicien tel que vous ? Bruce Brubaker : Pour moi, certains des morceaux que Philip a écrit pour le piano ouvrent un territoire d'expérience et de temps musicaux qui ne seraient tout simplement pas accessibles autrement ! Bien sûr, il y a là de jolis sons et des harmonies qui nous comblent émotionnellement mais, plus que tout, leur qualité première et d'être dans l'instant, le présent et de nous y projeter – maintenant ! Reste qu'on peut légitimement se demander à quoi bon jouer les oeuvres de Philip Glass à sa place. C'est un peu, toute proportion gardée, comme jouer du Mozart avec Mozart regardant par-dessus votre épaule. Que peut-on apporter à ces œuvres de plus que leur auteur ? Pour moi, le circuit musical complet de la “musique écrite” se décline comme suit : l'auteur de la musique, l'interprête et ensuite l'auditeur. Chacune de ces composantes est nécessaire. Quand un auteur a terminé d'écrire, son texte peut-être lu de bien des manières différentes. Il est très intéressant d'entendre un compositeur jouer sa propre musique, mai

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Bruce Brubaker, San Fermin et Yael Naim ouvrent la saison 2015/2016 des PB Live

MUSIQUES | Philip Glass joué par Bruce Brubaker au Sucre, Yael Naim qui fricote pour la quasi première fois avec le Quatuor Debussy en la Chapelle de la Trinité et le retour de San Fermin au Marché Gare : cette saison, le PB Live voit triple.

Stéphane Duchêne | Mardi 22 septembre 2015

Bruce Brubaker, San Fermin et Yael Naim ouvrent la saison 2015/2016 des PB Live

On avait laissé les Petit Bulletin Live résonner sur les dernières notes du Songs of Time Lost de Piers Faccini et Vincent Segal au Temple Lanterne en novembre dernier – ces derniers y refaisant un passage le 10 décembre. Certes, le temps fut long, mais comme l'a chanté Francis Lalanne, «on se retrouvera», et ce dès le 21 octobre. Et pas avec Francis Lalanne, c'est dire si le public est gâté. Et pas que pour une seule date, mais trois. Cette année, le PB Live, après une remise en forme, s'est converti à la tactique bien connue de Jacques Anquetil et de notre précieux et enthousiaste partenaire Rain Dog Productions :«On part à fond, on accélère au milieu et on finit au sprint.» Donc on part à fond, avec du lourd et du pointu, un bon 53x12 en langage cycliste mais qui, une fois lancé, roule tout seul : Bruce Brubaker joue Glass. Au Sucre. Parce que personne ne joue mieux Glass que Brubaker, à part peut-être Glass lui-même. On y revient de toute façon très vite. Sachez simplement que, interprétées par un tel virtuose, les études pour piano solo de Philip Glass,

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Yaël Naïm et le Quatuor Debussy en PB Live

MUSIQUES | À la faveur d'un concert d'après Fourvière au Lavoir Public, le 15 juin dernier, Yael Naïm et le Quatuor Debussy (on ne présente plus ni l'un, ni l'autre) (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 15 septembre 2015

Yaël Naïm et le Quatuor Debussy en PB Live

À la faveur d'un concert d'après Fourvière au Lavoir Public, le 15 juin dernier, Yael Naïm et le Quatuor Debussy (on ne présente plus ni l'un, ni l'autre) sont tombés en amour. D'où l'idée de prolonger cette expérience de manière plus durable, plus travaillée et surtout plus publique (la capacité du Lavoir étant ce qu'elle est). La chanteuse et le quatuor baroque se retrouveront donc le 30 janvier 2016 en la Chapelle de la Trinité pour un PB Live forcément exceptionnel (ils le sont toujours) qui revisitera avec douceur – et les arrangements du Debussy – le répertoire passé et présent de Yael. Grâce lumineuse et cordes sensibles garanties. Informations et préventes : http://www.petit-bulletin.fr/live/yael-naim.html

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Prochain PB Live : Philip Glass par Bruce Brubaker

MUSIQUES | Pianiste virtuose considéré comme l'un des maîtres actuels de la musique répétitive, c'est Bruce Brubaker qui ouvrira en grand la saison des Petit Bulletin (...)

Stéphane Duchêne | Lundi 1 juin 2015

Prochain PB Live : Philip Glass par Bruce Brubaker

Pianiste virtuose considéré comme l'un des maîtres actuels de la musique répétitive, c'est Bruce Brubaker qui ouvrira en grand la saison des Petit Bulletin Live pour un concert exceptionnel au Sucre le 21 octobre. Au menu, l'une de ses spécialités : la (ré)interprétation de l'oeuvre pour piano solo de Philip Glass. Mieux : dans l'esprit du Philip Glass Ensemble primordial qui squattait lofts et galeries, Brubaker évoluera devant un public qui aura tout loisir de choisir sa position d'écoute (debout, assis, couché) dans un rooftop laissé à nu et prêt à accueillir l'hypnose minimaliste. Billetterie : http://www.fnacspectacles.com/place-spectacle/manifestation/Musique-classique-BRUCE-BRUBAKER-PLAYS-PHILIP-GLASS-LYBRU.htm

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Souvenirs du PB Live d'Alela Diane

MUSIQUES | C'était le 12 juin 2014. Sous une chaleur accablante, Alela Diane faisait littéralement suffoquer la Salle Rameau lors du dernier PB Live de la saison (...)

Stéphane Duchêne | Dimanche 8 mars 2015

Souvenirs du PB Live d'Alela Diane

C'était le 12 juin 2014. Sous une chaleur accablante, Alela Diane faisait littéralement suffoquer la Salle Rameau lors du dernier PB Live de la saison avec quelques-uns de ses classiques et les morceaux de son dernier et magnifique disque de rupture About Farewell. Un pur moment de grâce folk à couper au couteau que la Californienne a tenu à bout de voix, comme en témoigne les trois extraits du concert que nous vous proposons de (re)voir ci-dessous.

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Retour au Temple

MUSIQUES | Magie du Temple Lanterne ou des deux invités de cette soirée ? Les deux sans doute. Toujours est-il que vendredi soir, lors de la première de la saison 2 du (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 2 décembre 2014

Retour au Temple

Magie du Temple Lanterne ou des deux invités de cette soirée ? Les deux sans doute. Toujours est-il que vendredi soir, lors de la première de la saison 2 du PB Live avec Vincent Segal et Piers Faccini, il y eut du recueillement et de l'extase. Avec leurs reprises de chansons italiennes, de Townes Van Zandt (sublime version de Quicksilver Dreams of Maria) et d'Alain Péters (Piers chantant en créole, savoureux), présentes sur leur disque Songs of Time Lost, mais aussi quelques unes piochées dans les albums solo de Piers (Where Angels Fly, entre autres), le duo a fait exploser le Temple d'émotion. Quand l'un faisait soudain sonner son violoncelle comme un hautbois, l'autre jouait de la guitare comme on use d'une kora malienne ou se paraît d'une voix de crooner qui réchauffait les murs pierreux du lieu. Sur Dicitencello Vuje, on a même vu une vieille dame en larmes. Comme c'était complet, dans tous les sens du terme, voici pour consoler les absents une vidéo de leur prestati

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Piers Faccini & Vincent Segal, les compagnons de la chanson

MUSIQUES | En 25 ans d'une belle amitié musicale, Piers Faccini et Vincent Segal n'ont jamais cessé, dans leurs chambres ou sur scène, de revisiter les chansons des autres - mais aussi les leurs. Et viennent enfin d'en tirer un très beau disque, "Songs of Time Lost". Le violoncelliste de Bumcello se confie sur ce projet qui le lie au barde anglo-italien.

Stéphane Duchêne | Vendredi 14 novembre 2014

Piers Faccini & Vincent Segal, les compagnons de la chanson

Vous connaissez Piers Faccini depuis 25 ans et n'avez jamais cessé de vous produire avec lui. Vous avez même réalisé son premier album Leave No Trace. Pourtant, Songs of Time Lost est votre premier vrai disque ensemble. Pourquoi avoir attendu si longtemps ? Vincent Segal : Pour moi Leave no Trace a été tout aussi important. Je me suis tellement investi, en termes de composition, au niveau des idées, que même si ce n'était pas mon album, il a été très important dans ma vie de musicien. Songs of Time Lost est né d'une proposition de Laurent Bizot du label No Format. Ca faisait des années qu'il nous entendait jouer ensemble. Il venait nous voir régulièrement aux Bouffes du Nord et nous demandait sans cesse pourquoi on n'enregistrait pas un album en mode violoncelle-guitare-voix. Ca ne nous était même pas venu à l'idée tellement jouer ensemble nous était naturel, que ce soit sur une scène ou à la maison. Comment vous êtes-vous retrouvés sur le choix de ce répertoire entre ancienne

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Le Temple retrouvé

MUSIQUES | En ouverture de sa saison 2, le PB Live accueillera la rencontre soyeuse entre le violoncelliste polymorphe Vincent Segal et l'Anglo-italien aux semelles de vent et à la voix de velours Piers Faccini. Le projet pour nom "Songs of Lost time". On gagne pourtant bien plus que son temps à se pencher dessus. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 23 septembre 2014

Le Temple retrouvé

On dit parfois qu'il n'y a pas de hasard. On peut pourtant jurer que nous ne l'avons pas fait exprès, même à ceux qui pensent que le Petit Bulletin et Rain Dog Productions ont choisi d'ouvrir chaque saison du PB Live (bon, nous n'en sommes qu'à la deuxième, les conclusions sont peut-être hâtives) par un duo d'artistes franco-apatrides baladant le désormais classique violoncelle-voix sur des esthétiques vouées à faire le tour du Monde, de ses musiques et de ses langues. Et qui va même jusqu'à nous servir aussi un morceau en créole. C'est vrai, on le reconnaît à bien des égards, ce projet entre un chanteur polyglotte (également guitariste, voilà une nuance de taille) et un violoncelliste multi-tâche à la culture musicale dépliable à l'infini pourra rappeler le "Birds on a Wire" de Rosemary Standley et Dom La Nena que nous vous avions présenté en ouverture de ce que nous appellerons la saison 1 du PB Live. Et oui, quelle meilleure façon d'ouvrir cette saison deux que par un écho fut-il lointain

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Les chansons de Ronan

MUSIQUES | Ronan Siri a des airs d'adolescent mais une voix qui fait largement plus que son âge. A vingt-quatre ans, le jeune Lyonnais a déjà pas mal de bouteille. (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 10 juin 2014

Les chansons de Ronan

Ronan Siri a des airs d'adolescent mais une voix qui fait largement plus que son âge. A vingt-quatre ans, le jeune Lyonnais a déjà pas mal de bouteille. Ce qui ne l'empêche pas, au prétexte que vous l'avez interviewé une fois à ses débuts, de vous envoyer de temps en temps l'une de ses nouvelles chansons pour avis, ou de quémander quelques conseils d'écoute pour étoffer ses références.  Découvert par Benjamin Biolay, qui l'a immédiatement invité à ouvrir pour lui lors d'un concert caladois en 2011, Ronan Siri a fait parler de lui avant même d'avoir enregistré le moindre disque. Ce qu'il a fini par faire avec très bel EP To Be Twin Sides, un coup d'essai qui, pour les amateurs de folk léché façon Ray LaMontagne/Vandaveer, est un petit coup de maître en matière de songwriting.     Il fau

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Taureau ailé

MUSIQUES | Découvert à l'automne sur la foi d'un album à se damner lointainement inspiré d'un célèbre roman d'Hemingway, San Fermin s'affirme comme l'une des plus fascinantes formations musicales de ces derniers mois. A sa tête, le jeune prodige Ellis Ludwig-Leone, formé à Yale et aux côtés de Nico Muhly, qui amène sa petite troupe au théâtre Les Ateliers, pour un PB Live en haute altitude. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Samedi 12 avril 2014

Taureau ailé

Ludwig-Leone. Difficile de trouver nom plus doublement prédestiné au succès musical. Pourtant à l'adolescence, le jeune Ellis, fils d'artistes peintres, rêve surtout de basket-ball. S'il ne fera pas carrière, c'est en pratiquant ce sport qu'au lycée, il rencontre Allen Tate. Mais les deux partagent une autre passion, moins assumée, qui les rend définitivement inséparables : «Dans mon lycée, raconte Ellis, personne ne se souciait de musique. Trouver quelqu'un d'aussi passionné qu'Allen avec qui partager cela a été très important. On a alors commencé à travailler ensemble». Mais l'expérience tournant court, les deux amis se retrouveront plus tard. Pour l'heure, Ellis file à Yale travailler à l'art de la composition, à la direction d'orchestre et surtout «à briser le schéma couplet-refrain». A la même période, il est l'assistant du protée musical Nico Muhly, lui-même ancien disciple de Philip Glass, avec lequel il apprend aussi à désapprendre : «Nico a été essentiel,

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Alela Diane en Petit Bulletin Live

MUSIQUES | A une semaine du concert de Benjamin Clementine et à un mois de celui de San Fermin, nous avons le plaisir de vous confirmer la venue, le 12 juin (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 21 mars 2014

Alela Diane en Petit Bulletin Live

A une semaine du concert de Benjamin Clementine et à un mois de celui de San Fermin, nous avons le plaisir de vous confirmer la venue, le 12 juin prochain, à la Salle Rameau, de la songwriter à la voix d'ébène Alela Diane. Mise en vente des billets pour ce concert exceptionnellement intimiste (elle se produira en solo) : ce samedi 22 mars à 10h.

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San Fermin en PB Live

MUSIQUES | Nous avons l'honneur et la fierté de vous annoncer que la première date de la tournée française de San Fermin, formidable octuor de Brooklyn que d'aucuns (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 7 février 2014

San Fermin en PB Live

Nous avons l'honneur et la fierté de vous annoncer que la première date de la tournée française de San Fermin, formidable octuor de Brooklyn que d'aucuns présentent comme le rejeton des Dirty Projectors et de Sufjan Stevens (et de Shearwater, The Divine Comedy, Arcade Fire... n'en jetons plus), sera un Petit Bulletin Live. Rendez-vous le 18 avril aux Ateliers, cadre aussi intime qu'inhabituel pour un concert de ce calibre, pour l'épiphanie. Plus d'informations ici : http://www.petit-bulletin.fr/live/index.html

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Benjamin Clementine en Petit Bulletin Live

MUSIQUES | Le Londonien Benjamin Clementine a été la sensation de l’hiver musical, enflammant notamment les Transmusicales de Rennes. Il y a de fortes chances qu’il en fasse de même au Sucre pour la deuxième édition du Petit Bulletin Live. Attention claque en vue. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 28 janvier 2014

Benjamin Clementine en Petit Bulletin Live

Ses mains courent sur le clavier comme deux veuves noires aux pattes explosives. Autour s'enroule une voix qui semble charrier les tourments de mille vies, serpente en terrain miné, susurre avant d’exploser. Il n’y a pas de mesure chez Benjamin Clementine, pas de retenue. Il s’agit de mettre son cœur sur la table, quitte à ce qu’il soit suffisamment lourd pour la renverser, suffisamment leste pour voler le vôtre, ou peut-être lui infliger des détonations tachycardes. Clementine est un casse-cou qui tord celui de la norme et de la normalité. L'un de ces monte-en-l’air et autres équilibristes de l’interprétation qui n'en sont pas moins prêts à se jeter dans le vide, en saut de la foi, si c’est là le prix du frisson, de la rédemption, de l'émotion. On ne va pas vous refaire le coup du type désoeuvré mais génial découvert dans le métro parisien, ça n’impressionne plus grand monde tant c’est quasiment monnaie courante. Le chanteur londonien d'origine ghanéenne a sans doute de quoi toucher par son histoire, peut-être digne du Pip des Grandes Espérances dickensiennes. Mais serait-elle une page blanche, cette histoire, que l’expérience Clementine n’en serait pas m

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Le premier PB Live, un succès

MUSIQUES | Une Chapelle de la Trinité comble, deux interprètes en état de grâce, un accueil d'une rare ferveur... Notre premier Petit Bulletin Live ne pouvait pas mieux (...)

Benjamin Mialot | Lundi 18 novembre 2013

Le premier PB Live, un succès

Une Chapelle de la Trinité comble, deux interprètes en état de grâce, un accueil d'une rare ferveur... Notre premier Petit Bulletin Live ne pouvait pas mieux tourner. Merci à tous ceux qui ont passé leur dimanche soir en notre compagnie et celle de Rosemary Standley et Dom La Nena plutôt qu'en celle de Thomas Sotto. En attendant la disponibilité de la captation du concert (quelques extraits sur notre site, une diffusion sur TLM) et des informations sur notre prochaine date, voici de quoi vous remémorer cette belle soirée.

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Le petit oiseau va sortir

MUSIQUES | Pour la première édition de PB Live, Rosemary Standley et Dom La Nena se produiront à la Chapelle de la Trinité le 17 novembre en duo violoncelle-voix. Au menu : "Birds on a Wire", un répertoire de reprises surprenantes courant de Monteverdi à John Lennon, en passant par Leonard Cohen ou Purcell. La chanteuse de Moriarty revient pour nous sur la genèse de ce projet singulier. Propos recueillis par Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Jeudi 17 octobre 2013

Le petit oiseau va sortir

Comment est né le projet "Birds on a Wire" ? Rosemary Standley : Au départ c’est une initiative de Madame Lune [producteur de concerts et du festival Les Rendez-vous de la Lune, NdlR]. J’ai commencé avec la violoncelliste Sonia Wieder-Atherton mais elle a dû arrêter et a pensé à Dom La Nena pour la remplacer. Notre première répétition a été déterminante. Dom vient du classique mais a accompagné beaucoup d’artistes pop en tant que violoncelliste : Piers Faccini, Jane Birkin, Camille… Son oreille et son ouverture dans sa façon de jouer laissaient enrevoir un très grand champ de possibilités. Vous semblez avoir une inclination particulière pour l’exercice de la reprise, que ce soit avec Moriarty [dont le récent album est un album de reprises et dont on se rappelle la version du Enjoy The Silence de Depeche Mode, NdlR] ou vos derniers spectacles [Queen of Heart à la Bastille, NdlR]... Oui, depuis toujours ça fait partie de moi. Je suis née dans une famil

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