Créatures précoces

Benjamin Mialot | Mardi 17 février 2015

Plongées dans un espace-temps indéfini, enveloppées dans la pénombre, deux silhouettes se dessinent sur scène, accompagnée par une voix off et une lumière diffuse qui envahit peu à peu le plateau. Esther Gottman, interprétée par Anne-Shlomit Deonna, a «uploadé» son esprit dans un serveur, tandis que certains humains, en partie interprétés par Roberto Molo, tentent de lutter contre cette virtualisation de l'homme. Créature(s), la dernière création de la compagnie Les Moteurs Multiples, fait sienne les codes de la science-fiction avec un minimalisme inhabituel. Un écart de genre qui permet à ses auteurs d'aborder simplement cette épineuse question de l'individu qui s'informatise dans une société encline à basculer irrémédiablement dans l'ère du réseau. Récurrent ces dernières années, ce discours trouve une nouvelle portée avec cette fable virtuelle où, par le biais de mots inventés, les deux acteurs semblent s'adresser directement à la génération Y.

Paradoxalement, le choix de réinterpréter les bases du théâtre grec à la lampe torche et avec seulement deux comédiens pour l'ensemble des rôles rend toutefois complexe l'identification du personnage en action et laborieux le démêlement de la trame. Si ces problématiques qui nous dépassent sont d'actualité, elles devraient donc cependant rester compliquées à assimiler pour des non initiés, tant la forme de Créature(s) déroute autant qu'elle charme.

Charline Corubolo

Créature(s)
Au Théâtre Les Ateliers du mardi 24 au vendredi 27 février


Créatures

Par Lise Ardaillon et Sylvain Milliot, Cie Les Moteurs multiples. Interrogation sur les sciences et les technologies actuelles
TNG - Les Ateliers-Presqu'île 5 rue Petit David Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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L'orfèvre élect'Rone

MUSIQUES | Le troisième album de Rone, "Creatures", est exaltant et passionnant en tous points. Production très soignée, collaborations étincelantes, ambiances musicales féériques, il confirme qu'il est le diamant brut de l'électro française du XXIe siècle. On prendra la mesure de son éclat à Nuits Sonores. Nicolas Bros

Nicolas Bros | Mardi 12 mai 2015

L'orfèvre élect'Rone

Même si l'effet de surprise n'est plus, le Rone cru 2015 met tout le monde d'accord. À 34 ans, Erwan Castex met la barre très haut avec son troisième album, l'onirique et lumineux Creatures. L'effervescence ayant entouré Tohu Bohu, son précédent disque, témoignait déjà de la qualité des productions de l'artiste alors exilé à Berlin : un véritable condensé de bombes électroniques entre douceur et dancefloor, tels l'imparable Bye Bye Macadam ou le florissant Parade. Avec Creatures, Rone réitère l'exploit, fruit du travail minutieux d'un véritable passionné de sons électroniques naviguant à l'étage céleste. Sons tentaculaires et épanouissement auditif Très mélodique, Creatures est également poussé sur le plan technique, conservant un côté paradoxal dans sa construction. «Ce qui est étonnant explique Rone, c'est que Creatures est mon album le plus collectif mais également le plus intime."» Dans le but d'atteindre un niveau supplémentaire dans sa création, Rone s'est en effet appuyé sur toute une équipe de techniciens et de musiciens. De quoi lui permettre de s'exprimer pleinement,

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