Théâtre : événements à venir

Groseille

Texte et mise en scène de Clémence Baltazard, 1h10, dès 14 ans, Groseille travaille au Doll House Cabaret, un lieu étrange où elle répète jour et nuit les mêmes performances. Elle semble être la seule danseuse de ce cabaret lugubre. Sa féminité, trop lisse, trop parfaite, saturée de stéréotypes, finit toutefois par devenir inquiétante. Quelque chose cloche chez elle, que son majordome Hector doit à tout prix contenir et contrôler.

Seul·tou

Troisième édition du festival de seul·es en scène Seul·tou, regroupant cette fois-ci sept œuvres, entre monologues sensibles, road-trip, enquête, lecture et ukulélé.

Cerveau de pauvre

Texte de Léa Porracchia, mise en scène de Ninon Gascoin Portier, 45 min. En douze épisodes, cette histoire tente de politiser les points de rupture, avec la précarité économique et sociale, mais aussi les violences sexistes, sexuelles et familiales.

Numéro deux

D'après David Foenkinos, mise en scène de Sophie Accard, 1h30. En 1999 débutait le casting pour trouver le jeune garçon qui allait interpréter Harry Potter et qui, par conséquent, deviendrait mondialement célèbre. Des centaines de garçons furent auditionnés, pour qu'il n’en reste plus que deux. Ce spectacle raconte l’histoire de celui qui n’a pas été choisi.

Notre avis : C'est l'histoire d'un gamin qui a failli jouer Harry Potter au cinéma, sauf qu'il a été doublé dans la dernière ligne droite par Daniel Radcliffe. Ce Numéro deux doit donc regarder la réussite du numéro un de loin. Adapté par Léonard Prain et mis en scène par Sophie Accard, le roman fictionnel de David Foenkinos prend vie dans un spectacle efficace et captivant qui rencontre un succès mérité depuis sa création en début d'année à Paris dans le théâtre privé.

Le roi des ours

Mise en scène de Quentin Dubois, 1h, dès 7 ans. Thor est un grizzly majestueux, robuste et solitaire, qui règne sur les montagnes du grand Nord canadien. Quand deux hommes le prennent en chasse et le blessent, une course-poursuite effrénée s’ensuit qui les mènera sur les plus hauts sommets rocheux.

Le petit bois

Mise en scène de Michel Cerda, 1h. Un matin d’automne pas comme les autres, les forains arrivent pour la fête au village. Lui, trop grand dans son corps pour pouvoir faire du manège, este là à regarder. Des images lui reviennent, des retours de rêve, des comptines et des proverbes. Cela n’arrête jamais de tourner comme les manèges de la fête et les roues de son vélo, son destrier quotidien pour battre la campagne.

Le Repas des gens

Ensemble depuis de nombreuses années, Robert et son épouse n'ont plus grand chose à se dire, et décident de ne de parler qu'à l'heure du dîner, un moment dont profite tout le quartier pour passer chez eux. Un jour, un cousin éloigné, directeur de théâtre, les invite sur scène pour rencontrer le public.

Notre avis : Succès du festival Off d'Avignon 2024, Le Repas des gens de l'auteur et metteur en scène François Cervantes est une tendre et drôle déclaration d'amour au théâtre adressée à un large public, et notamment à celles et ceux qui pensent que cet art n'est pas pour eux. Alors qu'un couple âgé (Catherine Germain et Julien Cottereau) débarque sur le plateau à l'invitation d'un cousin qui dirige les lieux, les deux vont dîner face à la salle et ainsi parler de leur découverte du monde du théâtre, qu'ils ne connaissent pas, et de tout un tas d'autres choses. Délicieux.

Merveille

Texte de Catherine Monin, par la compagnie Bande d’Art et d’Urgence, 1h, dès 10 ans. Sans la tête de Marie se bousculent ses préoccupations matérielles, sa solitude, ses combats et surtout sa transformation. Sa vache Merveille va la pousser un peu de la corne pour rentrer dans un monde consolant, élargi, étrangement plus riche et réparateur.

Ulysse de Taourirt

Texte et mise en scène dAbdelwaheb Sefsaf. Dans la lignée de son spectacle sur sa mère, Abdelwaheb Sefsaf se penche à présent sur la figure paternelle à travers le regard de l’adolescent qu’il était dans les années 80. Une ode teintée d’humour et de poésie, entre petite et grande histoire de l’immigration.

Goupil et Kosmao

D'Étienne Saglio, 40 min, dès 5 ans. Nouveau venu incontournable dans le monde de la magie, Étienne Saglio met en scène un renard rebelle et un magicien qui composent un duo cartoonesque aussi féérique que comique, entre music-hall et marionnette. La star, ce n’est pas le prestidigitateur, c’est l’animal.

Notre avis : Grand nom de la magie contemporaine, Étienne Saglio a conçu, avec Goupil et Kosmao (soit le nom de l'assistant renard et celui du magicien), une petite forme cabaret de 30 minutes destinée au jeune public (à partir de 5 ans) d'une inventivité et d'une intelligence folles. Ici, l'humour est le moteur du récit, porté par ce duo involontairement comique qui fait littéralement s'esclaffer les enfants. Et les plus grands.

Détective Lovecraft

Texte et mise en scène de Julien Bourières 1h15, dès 12 ans. New York, 1943. Le détective Howard Phillips Lovecraft est engagé par Veronica, une femme fatale envoûtante, pour retrouver son mari ainsi qu’un livre occulte légendaire : Le Necronomicon. Très vite, son enquête le plonge dans un univers aussi mystérieux que dangereux.

Diptyque : La lune, si possible - Une petite merveille

Texte et mise en scène de Myriam Boudenia, 1h15. Deux monologues, deux parcours d’émancipation pour aborder des sujets de société anxiogènes : le désastre climatique et la santé mentale des jeunes avec La lune, si possible et Une petite merveille de Myriam Boudenia.

Nos matins intérieurs

Mise en scène de Nicolas Mathis, écrit par Julien Clément, 1h05, dès 10 ans. Cette année, le Quatuor Debussy partagera la scène avec le collectif Petit Travers, pour un spectacle tout en équilibres et en suspensions ; imaginée comme un grand jeu de construction, la scène est constituée de grands cubes dessinant autant de paysages qu’ils offrent de situations de jeu, dix jongleurs et jongleuses accordent leurs rythmes et leurs gestes dans des tableaux d’unisson, alors que les membres du quatuor jouent les maîtres du temps, imposant les vitesses, les cassures et les durées.

Je me lèverai

Texte et mise en scène d'Agathe Groult, 1h, dès 10 ans. Entre documentaire et fiction, Agathe Groult amène le public dans une traversée racontant le parcours des personnes dites sans-papiers.

Cartoon, ou n'essayez pas ça chez vous !

Texte de Mike Kenny, mise en scène d'Odile Grosset-Grange, 1h15, dès 7 ans. Jimmy Normal vit avec sa famille dans une maison normale, sur une rue normale, dans une ville normale. Sauf que rien n’est normal, car ce sont des cartoons ! Chaque jour, tout recommence à zéro, personne ne change, jusqu’au jour où une potion ratée transforme le quotidien en chaos : Jimmy devient humain.

Notre avis : La pièce du truculent auteur britannique Mike Kenny a un titre à rallonge, Cartoon ou n'essayez pas ça chez vous. C'est par cette reprise de sa création de 2023 qu'Odile Grosset-Grange attaque la partie de saison qu'elle a programmée en tant que directrice du TNG. Mike kenny invite a suivre la vie de Jimmy Normal et sa famille normale dans une ville normale où tout est en cartoon, irréel. Spectacle le plus ambitieux de ceux qu'elle a mis en scène, il permet de découvrir l'univers artistique de cette artiste rarement venue dans nos contrées jusque-là.

Le petit chaperon rouge

D'après les frères Grimm, mise en scène de Céleste Germe et Mathilde Wind, 45 min, dès 5 ans. La compagnie Das Plateau décide de reprendre l'histoire très connue du petit chaperon rouge, mais cette fois-ci dans la version des frères Grimm, mettant en scène une petite fille non pas imprudente ni suspecte, mais vaillante et courageuse, le tout dans un jeu de miroirs et de transparence.

Brel, la sueur et les rêves

Mise en scène de Julien Tiphaine. D’après les interviews et textes de Jacques Brel, Julien Tiphaine, tire le portrait d’un homme avide d’amour et d’aventure. Mettant en parallèle des extraits de chansons et d’entretiens, ce spectacle invite à naviguer dans l’imaginaire du chanteur, entre désespoir et aspiration à une vie poétique intense et riche.

Graines connection

Mise en scène de Guillaume Gladieux, dès 10 ans, 1h. Dans un futur lointain, Mamie organise la soirée de clôture de sa Foire des Graines. Au milieu de sa famille, de ses amis et des ses compagnons de lutte, elle a une annonce à faire, mais une invitée surprise pourrait bien gâcher la fête...

Rendez-vous du lundi #9 - La nuit l'ordure

Texte de Sébastien Joanniez. Dans son mouroir médicalisé, Louis raconte son quotidien : l’acharnement thérapeutique, l’infantilisation maltraitante, sa famille qui attend, le voisin sénile qui hurle... Entre passé qui revient, avenir dans le mur, et Maryvonne qui débarque dans la nuit pour lui redonner vie.

Toutes les choses géniales

Texte de Duncan Macmillan et Jonny Donahoe, mise en scène de Valérie Marinese-Barboza et Thomas Poulard, 1h15, dès 12 ans. Pour redonner le goût de vivre à sa mère, un jeune garçon décide de la soigner en imaginant une liste de toutes les choses qui font que l’existence mérite d’être vécue.

Notre avis : Le théâtre de l'Assemblée semble trouver sa vitesse de croisière depuis l'arrivée à sa tête du metteur en scène Thomas Poulard. Cette semaine, il est seul en scène dans ce travail qu'il mène autour d'un garçon de 7 ans qui apprend que sa mère a fait une tentative de suicide et fait, pour lui remonter le moral, une liste de toutes les choses géniales qu'il connait : les glaces, les batailles d'eau... Loin de l'ambiance de Dürrenmatt et Gombrowicz auquel il s'est attelé il y a plusieurs années.

Et vous emporterez les restes

Mise en scène de Sarah Spaggiari, 1h20, dès 13 ans. Dans un entrepôt imaginé comme un espace du souvenir, deux interprètes-archivistes sont chargés de reconstituer ce qui s’est déjà produit ailleurs et dans un autre temps. En revivant les souvenirs des autres, ils sont, tour à tour, vieille dame au bord de l’eau, fils abandonnés, amoureuse révoltée ou chanteur solitaire.

Les Insomniaques - Petit Cabaret des Gros Foutus

Écrite et mise en scène par Ophélie Kern et Elsa Repellin, 1h15, dès 12 ans. Spectacle musical mettant en scène une galerie de portraits décalés qui capturent les tracas et les renoncements du quotidien, dans des saynète à la Jean-Michel Ribes, pensées comme des numéros de cabaret illustrant des tranches de vie.

Cyrano Guignol de Bergerac

D'Albert Chanay, mise en scène de Brice Coupey, 55 min, dès 5 ans. Dépourvu d’appendice nasal, Cyrano-Guignol est complexé par son apparence mais animé d’un cœur immense. Secrètement amoureux de Roxane, il aide cependant le beau Christian à la charmer avec ses mots d’esprit et son espièglerie.

L'art d'avoir toujours raison

Mise en scène Sébastien Valignat et Guillaume Motte, 1h15, dès 15 ans. Deux conférenciers issus d’un groupement de recherche international viennent présenter leurs travaux à un parterre de candidats à une élection. Ils ont mis au point une méthode qui permet d’emporter n’importe quel scrutin : ils enseignent comment avoir toujours quelque chose à dire, comment faire disparaître le conflit, et surtout, comment avoir toujours raison.

Notre avis : Un spectacle en forme de (fausse) conférence de deux (faux) scientifiques sous-titré « méthode simple, rapide et infaillible pour remporter une élection », telle est l'aventure dans laquelle s'est lancé le metteur en scène et auteur Sébastien Valignat (compagnie Cassandre) avec son coauteur Logan De Carvalho. En découle une proposition solide sur ses assises (des chiffres, des démonstrations, des exemples...) sans se priver de pas mal d'humour pour, en gros, dénoncer les failles de nos démocraties libérales. Diablement efficace.

C'est pas facile d'être heureux quand on va mal

Mise en scène de Rudy Milstein et Nicolas Lumbreras, 1h15. Cinq jeunes Parisiens aux profils variés cherchent le bonheur, une mission tout sauf simple car rien ne va dans leurs vies, du couple au travail en passant par la famille et la santé.

Notre avis : Dans la catégorie théâtre à succès qui a pour ambition de divertir tout en s'appuyant sur des bases solides (notamment niveau texte), C'est pas facile d'être heureux quand on va mal fait parfaitement le job. Sorte de vaudeville contemporain, le spectacle de Rudy Milstein, Molière 2024 de la meilleure comédie, suit les aventures de « cinq Parisiens en quête du bonheur, une mission qui semble tout sauf simple, parce que c'est pas facile d'être heureux quand on va mal ». En plein dans notre époque.

Mydoom

De Lucie Garrigues, 40 min, dès 10 ans. Une jeune-femme libère accidentellement un fantôme prisonnier de son jeu-vidéo d’enfance. Cette créature du passé va peu à peu infiltrer son ordinateur jusqu’à envahir sa chambre et sa vie, le tout dans une scénographie mêlant projections, marionnette et manipulation vidéo pour donner forme à l’invisible.

Les Choix tremblants / Cirkus Nevkus

De Daniel Kvašňovský, 35 min, dès 6 ans. Dans ce seul en scène, Daniel Kvašňovský incarne un clown empruntant les codes et l'esthétique d’un cirque non actuel explorant une excentricité timide oscillant entre un minimalisme corporel aux accents absurdes et de grands gestes scintillants qui ramènent à l’imaginaire du cirque.

Juillet

D'après Ivan Viripaev, mise en scène de Clément Bonhomme, 1h30 dès 15 ans. Aux alentours de Smolensk, en Russie, un septuagénaire meurtrier dont la maison vient de brûler entame une épopée sanglante qui le verra successivement poignarder son voisin, le chien de son voisin, décapiter une personne sans domicile sous un pont, démembrer un prêtre qui lui avait donné refuge, puis dévorer une infirmière dans l’hôpital où il est interné.

Sans Ulysse

Texte de Pascal Cesari et Liora Jaccottet, mise en scène de Liora Jaccottet, 1h30, dès 12 ans. À la mort de sa mère, Liora Jaccottet découvre un texte inachevé, Sans Ulysse, comme le dernier secret d’une femme qui écrivait en attendant l’homme qu’elle aimait. Accompagnée de Pascal Cesari, elle explore le lien d’amour en glissant progressivement de l’enquête documentaire à la fiction pure.

Bienvenue au Palace

Mise en scène de Franck Morellon, 1h, dès 10 ans. Fruit de quatre mois de travail par les élèves des ateliers de comédie du Rikiki, cette pièce met en scène les clients d'un palace pas comme les autres, où l'on peut se doucher au champagne, se faire anoblir sur demande et parler de richesses sans complexe.

La Machine de Turing

De Benoit Solès, d'après Hugh Whitemore et Andrew Hodges, mise en scène de Tristan Petitgirard, 1h30. Manchester. Hiver 1952. Suite au cambriolage de son domicile, le professeur Turing porte plainte au commissariat. Il n’est d’abord pas pris au sérieux par les forces de l'ordre, mais sa présence n’échappe pas aux services secrets grâce à son acharnement pour briser l’Enigma, machine allemande d'encodage pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce spectacle retrace sa vie et ses nombreuses contributions à développer ce qui deviendra l'informatique moderne.

Notre avis : En ayant porté au plateau l'histoire du mathématicien et cryptologue britannique Alan Turing, dont les travaux permirent d'accélérer considérablement la chute de l'Allemagne nazie lors de la Seconde Guerre mondiale, le metteur en scène, comédien et auteur Benoit Solès a livré un spectacle passionnant sur cette figure oubliée des livres d'histoire, notamment du fait de son homosexualité. Un spectacle autant pour la mémoire que pour le plaisir du jeu, qui connaît un succès dingue (et mérité) depuis sa création en 2018, repris à Lyon sur une longue période avec un casting local.

Une pièce sous influence

Texte de Martin Legros, mise en scène de Sophie Lebrun et Martin Legros, 1h35. Deux couples rentrent du carnaval et se font face le temps d’une nuit. Anna, déguisée en mariée zombie annonce à son mari qu’elle a invité les acheteurs de leur maison à venir boire un verre alors qu’ils les détestent… Au milieu des confettis, commence alors une nuit de confessions et de révélations entre ces deux couples que tout oppose.

Notre avis : Une mariée dans une robe ensanglantée et un homme dans une parure de chevalier : voici Anna et Mathias tels qu'ils apparaissent d'entrée de jeu de ces 95 minutes toutes aussi tristes que drôles. Le couple a perdu son enfant il y a trois ans et s'apprête à vendre sa maison-mausolée à un autre couple qui débarque sur scène. Entre Ibsen et Lars Norén, la troupe du collectif caennais La Cohue sait parfaitement varier l'intensité des émotions pour absorber dans un sens de la fête indéniable les ressentis les plus sombres.

4211 km

Texte et mise en scène d'Aïla Navidi, par la compagnie Nouveau Jour, 1h35, dès 12 ans. Pour se réfugier en France après la révolution, Mina et Fereydoun ont dû parcourir 4211 kilomètres, soit la distance à vol d'oiseau entre Téhéran et Paris. Yalda, leur fille née à Paris dans les années 1980, raconte leur vie exilée, leur combat pour la liberté, l’amour de leur pays et l’espoir d’un retour.

La guerre n'a pas un visage de femme

D'après Svetlana Alexievitch, mise en scène de Julie Deliquet, 2h30. Après Welfare, Julie Deliquet poursuit son travail documentaire en adaptant cette fois-ci le premier livre de la prix Nobel de littérature Svetlana Alexievitch sur les 800 000 femmes mobilisées dans la Grande Guerre patriotique, largement invisibilisées jusqu'en 1985 et la sortie de son essai, résultat de sept ans de travail.

Notre avis : Quand nous nous asseyons, elles sont déjà là, dans leur appartement communautaire. Svetlana Alexievitch, prix Nobel de littérature 2015, les a rencontrées individuellement et a fait de leur récit son premier ouvrage, censuré, au mitan des années 80. Julie Deliquet prend le relais pour sortir de l'ombre ces femmes ukrainiennes, biélorusses, russes qui ont combattu avec les armes de l'armée de l'URSS après la rupture du pacte germano-soviétique en 1941. Un grand spectacle d'une des meilleures metteuses en scène actuelles, déjà bluffante avec Welfare ou 8 heures ne font pas un jour récemment.

Un ascenseur pour deux

Texte et mise en scène de Julien Bourières, 1h15, dès 10 ans. Le 15 avril à 10h30, Sarah et Tom entrent dans un ascenseur. Ils ne se connaissent pas, mais vont au 8ème étage. L’ascenseur va alors tombe en panne. Une fois réparé, Sarah et Tom vont se séparent et sont de nouveau propulsés dans l’ascenseur. Piégés dans une boucle temporelle, Sarah et Tom vont revivre la même journée, encore et encore.

Le Père Noël est une ordure !

D'après le Splendid, 1h25. Un soir de Noël, à la permanence téléphonique parisienne de l’association SOS Détresse Amitié, deux bénévoles, Pierre et Thérèse, sont perturbés par l’arrivée de personnages marginaux et farfelus provoquant des catastrophes en chaîne.

Dispak Dispac'h

Texte et mise en scène de Patricia Allio, 2h30. Après Autoportrait à ma grand-mère, Patricia Allio transforme la scène en agora et invite le public à se rassembler dans un espace intime pour explorer les mémoires conscientes et inconscientes, le tout rythmé par des performances et la musique de Léonie Pernet.

Le Grand Sommeil

Texte et mise en scène de Marion Siéfert, 1h, dès 14 ans. Dans ce duo interprété en solo, Marion Siéfert interroge notre rapport à la norme et ce qu’il faut transgresser pour grandir et représenter le lien adulte-enfant autrement qu’à travers la rivalité ou le classique rapport mère‑fille.

Notre avis : Il y a six ans, la metteuse en scène Marion Siéfert a scotché le monde du théâtre avec son spectacle _jeanne_dark_, plongée dans la vie d'une adolescente de notre époque façon confession intime à un téléphone. Elle reprend aujourd'hui Le Grand Sommeil, précédent solo dans la lignée de _jeanne_dark_, avec la même comédienne (Helena de Laurens), afin de « scruter les zones d'ombre de l'enfance ». Une création en forme de performance à la fois captivante et déroutante.

By heart

Texte et mise en scène de Tiago Rodrigues, 1h45, dès 13 ans. Pour la première fois à Lyon, le directeur du festival d'Avignon vient produire son œuvre la plus connue, le plaçant seul sur scène face à dix personnes du public pour apprendre un poème choisi au préalable.

L'Amante anglaise

De Marguerite Duras, ms Jacques Osinski, 2h10

Notre avis : Immense actrice révélée par Maurice Pialat encore adolescente dans "A nos amours", Sandrine Bonnaire occupe de temps à autre les scènes depuis "L'Odeur des planches" en 2015 sous la houlette de Richard Brunel. Et elle conserve le même talent. La voici auprès de deux autres grands comédiens de théâtre, Frédéric Leidgens et Grégoire Oestermann dans un texte de Duras qu'on ne lasse pas d'entendre.

Virginie et Paul

De Jacques Mougenot, mise en scène de Hervé Devolder, 1h20. Deux chanteurs et un metteur en scène répètent une pièce intitulée Virginie et Paul qui raconte l’histoire de Paul et Virginie, lesquels invitent à dîner leurs meilleurs amis Paul et Virginie. Paul, le mari de Virginie, est amoureux del’autre Virginie, et sa femme, Virginie, est courtisée par l’autre Paul.

Morceau de chair

Texte d'Azani V. Ebengou, mise en scène de Gabriela Alarcón Fuentes, 1h10. Récemment revenue du Congo-Brazzaville, le pays de son père, Imani est obnubilée par l’idée d’avoir un enfant. Mais « lesbienne depuis les temps anciens et nouvellement célibataire », les choses ne sont pas si simples. Elle s’adresse à son ex-amoureuse, Aïssatou, pour lui raconter son voyage, ses réflexions, ses épiphanies, ses tourments et ses rêves pour l’avenir.

Carte blanche : mémoires queer

De la compagnie La Chataîgne, 1h, dès 15 ans. À la frontière entre le manifeste et la confession, cette pièce invite le public à rencontrer les univers des performeur·euses drag, entres les mémoires d'hier et de demain.

Lily et Lily

Mise en scène de Marie Pascale Osterrieth, 2h. Hollywood, 1935. Lily Da Costa, star dont le talent n’a d’égal que son goût immodéré pour le luxe, l’alcool et les hommes, est assaillie par la presse et son entourage cupide. Deborah, sa sœur jumelle, épouse effacée d’un austère pasteur du Minnesota, quitte ses poules et ses patates douces, bien décidée à venir sauver l’âme de sa soeur et la remettre dans le droit chemin. L’une et l’autre, copies conformes, seront amenées à se remplacer...

Médée et moi

Texte et mise en scène de Violetta Latte, 1h, dès 14 ans. Après un temps indéfinissable passé chez elle à ressasser ce que Jason lui a fait subir, Médée a finalement décidé d’ouvrir sa maison pour raconter la véritable histoire de son voyage de Colchide à Corinthe. Entre chœurs de révolte grotesques et shots de rhum, une autre voix surgit : celle d’une femme d’aujourd’hui, venue pour exprimer sa vision des événements.

Jean Moulin, mes résistances

Mise en scène de Philippe et Maude Bulinge, par la compagnie Interlignes, 1h10 dès 10 ans. De juin 1940 jusqu’au 8 juillet 1943, ce seul-en-scène braque les projecteurs sur toutes les facettes du personnage de Jean Moulin et témoigne de l’engagement dont il a fait preuve dans la Résistance.

Next / Note d'intention

Texte d'Anthony Breurec, 50 min. Sur scène, Anthony Breurec revient sur l’affaire France Télécom et la manière dont le plan de suppressions d’emplois Next des années 2000 a impacté la vie de son père et la sphère familiale, ce qui l’a mené à en imaginer un spectacle.

La catastrophe (titre provisoire)

Teste et mise en scène de Guillaume Bailliart, 1h, dès 16 ans. Entre savoirs techniques et récits mythologiques, cette conférence fictionnelle signée Guillaume Bailliart et Erwan Verron mêle ingénierie et poésie pour interroger notre monde et penser l’apocalypse autrement avec humour, gravité et un brin d'absurde.

Des aidants chantés

Texte et mise en scène d'Anne-Erell Tor et Sophie Belvisi, 1h10, dès 12 ans. Ninou et Ninou embarquent le public dans leur émission de radio décalée, drôle et touchante, dédiée aux aidants qui accompagnent un proche malade ou en situation de handicap. À partir de leurs propres expériences, elles brisent les tabous avec humour et tendresse, donnant une voix à ce sujet souvent passé sous silence.

Tarpin me manquer

Texte et mise en scène de Chloé Bouiller, 1h. Dans ce récit en fragment situé entre Marseille, les Enfers et la Corse, nous retrouvons Zoé, insomniaque et l’alcool dans le sang, qui affronte amours disparus, mort subite, squelettes et pompes funèbres. En convoquant le trivial autour de la grande cérémonie de la mort, elle va se débattre face à ces impalpables démons, le tout dans une esthétique proche du nanar de zombies.

Mesure pour mesure

D'après William Shakespeare, mise en scène de Lucile Lacaze, 1h35. Le jeune Claudio est alors condamné à la décapitation pour fornication par le puritain Angelo, régent de la ville. Sa sœur Isabella, novice dans un couvent, tente d’obtenir sa grâce auprès d’Angelo, qui lui propose la vie de son frère en échange de sa virginité. Obligée de sortir du couvent, elle se retrouve prise au piège de ce monde d’hommes qu’elle avait fui.

Ivanov

D'après Anton Tchekov, mise en scène de Jean-François Sivadier, 2h30. Il y a un an, Ivanov avait un domaine, se sentait fort et était apprécié de ses voisins. Aujourd'hui, il n’est plus que l’ombre de lui-même, envahi par un fort sentiment de culpabilité et de solitude alors que sa vie est livrée aux rumeurs de la société qui l’entoure, entre ennui, alcool et méchancetés sur fond d’antisémitisme après son mariage avec Anna Petrovna, une jeune fille juive.

Fatayer bi Banadoura - Chaussons aux tomates

De Hiba Najem, 55 min, dès 12 ans. Sur une grande table, le public met la main à la pâte pour fabriquer un chausson à la tomate accompagné de l'artiste Hiba Najem, qui partage les histoires et les gestes des femmes de Beit Chabeb au Liban, le village de sa mère.

L'endormi

Texte de Sylvain Levey, mise en scène Estelle Savasta, 50 min, dès 9 ans. Victoire a 10 ans, et son grand frère, Isaac, en a 15. C’est le boss du quartier, mais la dernière bagarre tourne mal et le place entre la vie et la mort. Entre rap, musique, poésie et émotion, cette pièce raconte le parcours d’une jeune fille téméraire et pleine de vie qui cherche à mettre des mots sur ce qu’on lui cache.

Les souterraines

D'après Penda Diouf, mise en scène de Julie Guichard et Mia Rambaldi, 1h30, dès 13 ans. Mélina, ingénieure géologue spécialisée en dépollution, analyse les sols, l’eau et l’air afin de réhabiliter ou condamner des sites pollués. Chargée d’expertiser un terrain destiné à accueillir une maison de retraite, elle découvre qu’il abrite les fondations d’une ancienne usine enfouie et le juge dangereux pour la santé. En quête de vérité, elle se confronte à une puissante entreprise productrice de polluants éternels, protégée par l’État.

Cavalières

Mise en scène d'Isabelle Lafon, 1h45. Denise, entraîneuse de chevaux de course, passe une annonce pour accueillir trois colocataires dans son grand appartement, qui lui fera rencontrer Nora, éducatrice spécialisée pour jeunes délinquants, Jeanne, barmaid, et Saskia, qui a laissé sa famille et son poste d'ingénieure au Danemark après un burn out. Cavalières, audacieuses et insolentes, elles tissent des liens et font famille.

La guerre des sexes

Texte et mise en scène de Pascal Grégoire, dès 16 ans. Après 5 ans de vie commune, rien ne va plus entre Anne-Laure et Pierre. Ancien animateur dans un club de vacances, Pierre est un adulescent qui rêve d'écrire la pièce de théâtre qui va le faire connaître. Mais sa journée type se résume entre console de jeu et poker en ligne, le tout en caleçon. De son côté, Anne-Laure travaille dans le service juridique d'une grande entreprise. Épaulée par sa meilleure amie Isabelle, sexologue, elle décide de reprendre son couple en main et lui redonner un nouveau souffle.

Yoko & John - Chambre 1742

Écrit et mis en scène par Benjamin Kerautret et Caroline Guisset, par la compagnie Théâtre en pierres dorées, dès 14 ans. En 1969, après leur mariage, John Lennon et Yoko Ono décident de s’installer dans la chambre 1742 de l’hôtel Elisabeth à Montréal afin de rester toute une semaine au lit en y conviant des journalistes, étudiants, humoristes, stars et photographes pour débattre des problématiques de l'époque.

Notre avis : Dans une proposition très participative (les spectateurs sont incités à chanter, dessiner, prendre de profondes inspirations selon un maitre yogi qui passe par là) en tri-frontal autour du lit, le metteur en scène Benjamin Kerautret s'est inspiré du documentaire Bed-Peace de Nick Knowland. Il parvient, avec un duo de comédiens, troublants sosies du couple mythique, à faire à la fois entendre la naïveté des stars et leurs contradicteurs, notamment les étudiants de Berkeley matraqués par la police.

Pollock

Mise en scène de Sandrine Bauer, par la compagnie Athénadès, 1h15, dès 13 ans. Dans un bar qui n’existe que dans sa tête, dans une cuisine qui n’existe que pour elle, dans une vie qui les lie l’un à l’autre, l’artiste peintre contemporain américain Jackson Pollock et sa femme également peintre Lee Krasner se racontent, s’affrontent, se plaignent et se dépeignent.

Gaviota

D'après Anton Tchekhov, mise en scène Guillermo Cacace, 1h30, en espagnol surtitré en français. Tous interprétés par des femmes, les personnages de Tchekhov boivent un verre, grignotent ou relisent des notes à une table centrale autour de laquelle est aussi conviée une partie du public, dans une lecture respectueuse et admirative de l'œuvre originelle.

Mamé

De et avec, 50 min, dès 9 ans. Seul sur scène, Antoine Demor propose une plongée tendre, gourmande et poétique au cœur de souvenirs familiaux, articulée au tour du personnage de Mamé, sa grand-mère italienne.

L'arbre et l'oiseau

Par la compagnie Les petits monstres, 30 min, de 18 mois à 5 ans. Petit Oiseau habite un arbre dans lequel il joue avec son amie l’Araignée. Un jour, il s’aperçoit que les feuilles de son arbre changent de couleur, se froissent, se cassent et tombent. Affolé, il se lance le défi de les peindre, les défroisser, les coller, les attacher… Mais en vain : le vent souffle et son petit monde est chamboulé.

Ma joie comme tranchée

Par la compagnie Ktha. À l'occasiond e sa sortie de résidence, la compagnie Ktha met en scène trois interprètes au milieu d’une centaine de tabourets occupés par le public, déclamant, disant et confiant la colère des personnes en Ehpad pour la transmettre aux passants.

Haute-Autriche

Texte de Franz Xaver Kroetz, mise en scène de Guillem Font-Serradeil, 1h10, dès 14 ans. Heinz, livreur, et Anni, employée de bureau, sont mariés depuis trois ans. Leurs semaines avancent au même rythme : des longues journées de travail, des sorties le dimanche et des rêveries devant les prospectus publicitaires. Jusqu’au jour où Anni apprend qu’elle est enceinte, une nouvelle qui fissure le vernis de leur quotidien, révélant tout à coup leurs difficultés financières et l’instabilité de leur condition sociale.

Les Divines

Ludivine, une jeune femme atteinte du trouble du spectre de l'autisme, est la nièce de Joséphine, travailleuse du sexe. Les deux femmes se retrouvent à l’occasion d’un stage de Ludivine dans un Esat, après de longues années de séparation. La découverte sans tabous de l’univers de Joséphine va permettre à Ludivine de laisser libre cours à sa curiosité sur un sujet qui l’intéresse, les relations amoureuses.

Oshi et le roi d'amazonie

Texte et mise en scène de Jordan Chapuis et Ana Diener, par la compagnie Athénadès, 30 min, de 2 à 6 ans. Oshi décide d’aller rendre visite à sa grand-mère, qui vit dans la forêt amazonienne. Seul problème, l’adresse qu'on lui a donnée : tout près du roi de la jungle. Mais qui est ce roi de la jungle, et où est-il ? Aidé des créatures de la grande forêt, il tentera de découvrir de qui il s'agit.

Applaudissez l'escroc !

Texte d'Eloïse Galicier, mise en scène de Julien Decourty, 1h10, dès 12 ans. Amis d'enfance, Rose et Édouard vivent en colocation. Lui, petit escroc toujours plongé dans les embrouilles, elle, jeune comédienne réservée et incapable de mentir. En galère financière, Rose et Édouard vont devoir se plonger dans une arnaque qui va les dépasser, mais cette fois, ils vont devoir intervertir leurs rôles.

L'Après-midi d'un foehn, version 1

De Phia Ménard, 25 min, dès 5 ans

Notre avis : Classique du théâtre jeune public et créé en 2011, cette pièce (en version courte ici) de Phia Ménard est un petit bijou dédié au vent. Avec de simples sachets plastiques bricolés, la circassienne invente un monde de personnages au son de Debussy et son "Après-midi d'un faune". Inratable.

Le bruit des arbres qui tombent

Mise en scène de Nathalie Béasse, 1h30, dès 15 ans. Sur le plateau, une bâche devient mer ou ciel, les corps dansent et racontent quand les mots échouent : quatre membres d’une même famille s’essaient à tenir debout, au bord de leurs failles. Entre chutes, élans, souvenirs et silences, tout se mêle et la nature s’infiltre, discrète et insistante.

Notre avis : À la fois plasticienne et comédienne, Nathalie Béasse revient avec un spectacle de 2017 où, comme souvent dans son travail, des personnages sont de passage, un peu égarés. Ils racontent leurs états, leurs rencontres quand ils ne dansent pas ensemble l'espace de quelques instants. Les corps, enrobés dans des costumes très élégants et soignés, apportent une légèreté souvent contradictoire avec ce bruit des arbres qui tombent. La grande classe.

Qui veut la peau de Sherlock Holmes ?

De Titouan Bodin et Nicolas Delahaye, dès 10 ans, 1h35. Novembre 1889. Sherlock Holmes est sur le point d’être condamné à mort pour double homicide ! Les preuves sont accablantes, mais sa mémoire récente accuse quelques lacunes et l'empêche de prouver son innocence.  Ce sera donc au public de jouer le rôle des neurones du détective pour le tirer d'affaire.

Yann et Marguerite

D'après Yann Andréa, mise en scène d'Antoine Atek, 1h10, dès 14 ans. Entre l’été 1980 et le 3 mars 1996, Marguerite Duras et Yann Andréa ont vécu une histoire d’amour. De cette relation entre fascination, possession et inspiration, Yann Andréa a tiré un livre intitulé Cet amour-là, qui se voit adapté sur la scène des Clochards Célestes. Sur scène, Yann raconte son histoire, mais Marguerite est toujours là, et les mots se conjuguent aux fantômes du passé.

Notre avis : Il faut toujours aller voir ce qui se passe au théâtre des Clochards célestes. Leur début de saison a été excellent et voici qu'arrive ce projet de fin d'études basé sur le livre de Yann Andréa Cet amour-là, récit de son lien atypique à Marguerite Duras. Élève du Théâtre national de Bretagne, Antoine Atek dirige et joue avec son acolyte Karl Picard, formé au Conservatoire de Lyon. Au programme : « l'amour, Hervé Vilard, l'alcool, la mer et l'éternité » annoncent-ils.

Les 4 Mousquetaires

D'après Alexandre Dumas, par la compagnie La Douce, dès 9 ans, 1h15. Réarrangés en mode pop et coloré, les 67 chapitres de l'œuvre originale d'Alexandre Dumas se transforment en une nouvelle, frénétique, empruntant son humour aux Monty Python, le tout plongé dans l’univers des années 1980.

Blanche-Neige, histoire d'un prince

Écrit par Marie Dilasser, mise en scène de Michel Raskine, 1h, dès 8 ans. Le couple princier bat de l’aile, le royaume est dévasté, la biodiversité en danger à force de fêtes et de guerres. Ces héros mélancoliques et joyeux clopent, chantent, se disputent et divaguent en tricotant. En un tourbillon burlesque, le spectacle plonge dans un récit moderne interrogeant les archétypes, le patriarcat, le féminisme et l’environnement.

Notre avis : Une histoire très connue comme on ne nous l'a jamais racontée : avec Blanche-Neige, histoire d'un prince, l'autrice Marie Dilasser a livré un texte bourré d'intelligence et d'humour (Blanche-Neige rêve par exemple d'une aventure avec sa copine Peau d'âne) qui nous transporte des années après le fameux baiser. Le metteur en scène Michel Raskine en a fait un excellent spectacle pour tous (petits et grands) dans la droite lignée d'un théâtre généreux et inventif. On adore.

Le Petit Coiffeur

Écrite et mise en scène par Jean-Philippe Daguerre, chorégraphie de Florentine Houdiniere, 1h10. Inspirée par la célèbre photo de Robert Capa, « La tondue de Chartres », cette pièce vise à imaginer la vie du coiffeur qui a rasé la tête de cette femme.

Le Cercle des poètes disparus

Mise en scène d’Olivier Solivérès, 2h. Première adaptation en France du film de Peter Weir, reprenant l'histoire de John Keating, professeur de littérature anglaise qui va pousser ses jeunes élèves à s’ouvrir à la vie, loin du carcan des conventions qu’incarne leur établissement.

Notre avis : Quand un film culte passe à la scène sans autre but que de raconter une fois de plus l'histoire, la circonspection peut-être de mise : que va apporter cette nouvelle version ? Dans le cas du Cercle des poètes disparus, film de Peter Weir sorti en 1989 avec Robin Williams dans le rôle d'un professeur de littérature tout sauf conventionnel, la réponse est : une savoureuse vivification ! Ce récit d'émancipation prend vie et corps sur le plateau avec justesse, grâce notamment à Stéphane Freiss dans le rôle-titre et à tout une série de jeunes comédiens épatants de fougue en guise d'élèves. Rien de révolutionnaire, certes, mais quel plaisir communicatif.

Absalon Absalon !

D’après William Faulkner, mise en scène de Séverine Chavrier, 5h15. Dans le Sud des États-Unis post-guerre de Sécession, Thomas Sutpen, un homme blanc rongé par la rancœur bâtit, à partir d’une unique pièce d’or, un domaine monumental qu’il baptise de son nom, Sutpen’s Hundred. Pour fonder sa dynastie, au sang le plus pur, il multiplie les épouses et les enfants dans un délire d’engendrement, mais échoue, dans l’inceste et le fratricide.

Notre avis : Après avoir présenté son excellent Ils nous ont oubliés en 2023 au TNP, Séverine Chavrier revient avec son intense adaptation de 5h du roman culte de William Faulkner qu'elle a créée au festival d'Avignon 2024. Sur le plateau, elle a tout mis : la maison et la voiture de Thomas Sutpen, cet enfant des basses couches de la société qui veut fonder un empire de plantations, mais aussi la moiteur du Mississipi et l'Amérique de la guerre de Sécession, la ségrégation et l'inceste. L'acteur Laurent Papot impressionne, le spectacle nous happe, quitte à parfois ne pas être complètement saisissable.

Process Comedy

De Quentin Lesaffre et Bertrand de Ruyver, mise en scène d'Olivier Maille, 1h15. À travers des anecdotes et des imitations, Process Comedy vise à apprendre au public à mieux se connaître et à mieux comprendre son entourage, à la maison comme au travail.

Zaï zaï zaï zaï

D’après Fabcaro, mise en scène de Paul Moulin, 1h. Fabrice est à la caisse d’un supermarché lorsque la caissière lui demande s’il a la carte du magasin, mais il ne la trouve pas. La caissière appelle la sécurité et Fabrice prend la fuite. En quelques heures, il devient l’ennemi public numéro un. Installés autour d’une grande table équipée de micros, une bande d’acteurs s’amuse comme des gosses à raconter cette histoire complètement déjantée, en faisant les voix et les bruitages.

Romancero queer

Texte et mise en scène de Virginie Despentes, 1h40, dès 15 ans. Après Woke, sa première expérience de mise en scène, Virginie Despentes est de retour avec Romancero Queer, qui se déroule dans les loges d’un théâtre public où huit acteurs sont rassemblés pour l’adaptation d’une pièce. La banalité de la tyrannie du metteur en scène les exaspère, puis les révolte et les soude.

Notre avis : Événement : l'autrice culte Virginie Despentes débarque cette saison à Lyon (à la Croix-Rousse, forcément) avec sa deuxième pièce qu'elle met en scène : Romancero queer. Un spectacle vivifiant et joyeusement imparfait, dans la lignée de ses réflexions et de ses combats (sa première pièce, écrite à huit mains, revendiquait fièrement le titre Woke), avec pour point de départ narratif le monde du théâtre et une histoire de metteur en scène problématique. Très métathéâtral.

Prendre soin

Texte et mise en scène d'Alexander Zeldin, 1h30. Au cœur de la nuit, dans une boucherie industrielle, cinq agents de ménage se rencontrent pour la première fois. Au moment de leurs pauses, ils bavardent, dans une scénographie d’une grande sobriété donnant toute la place aux acteurs et actrices.

Notre avis : Dans cette saison dense, on ose affirmer que c'est le spectacle que nous attendons le plus. Il y a quelques années, Alexandre Zeldin nous avait fait chavirer avec Love tant il aimait ses personnages plus qu'il ne collait sur eux un discours, intensément politique. Avec le théâtre, il rendait leur humanité à des allocataires en mal de logement gérés par les services sociaux anglais. Avec Prendre soin, autre volet de sa trilogie sur les inégalités, le Britannique s'attache aux travailleurs précaires, celles et ceux compressés par le programme économique à la tâche dit « Zero hour ».

Le Premier sexe

Texte et mise en scène de Mickaël Délis, 1h20. Épaulé par divers membres de sa famille, ses camarades de classe, des collègues et d'autres, un homme offre le fruit de sa réflexion sur le thème de la virilité, de l'enfance à l'âge adulte, le tout condensé en sept tableaux.

Notre avis : Dans la famille des seuls-en-scène à personnages, très à la mode en ce moment, Le Premier sexe de Mickaël Délis est dans le très haut du panier. Le comédien et auteur a ainsi livré en 2022 un spectacle sur « la grosse arnaque de la virilité » analysée de son point de vue d'homme gay, et avec pas mal d'humour et de théâtralité - notamment lorsqu'il campe sa mère. Une réussite qui tourne petit à petit en France et qui, pour info, a été complétée par deux autres spectacles afin de former une remarquable et passionnante « trilogie du troisième type ».

La prochaine fois que tu mordras la poussière

D’après Panayotis Pascot, mise en scène de Paul Pascot. Dans le miroir d’une salle d’attente d’hôpital, face à son fils, un père apparaît et disparaît. Des deux, on ne sait pas qui sera le prochain à mordre la poussière.

Notre avis : Du roman à succès La Prochaine fois que tu mordras la poussière de son frère Panayotis Pascot, le metteur en scène Paul Pascot a sorti des passages saillants sur le rapport compliqué du jeune humoriste à son père. Dans une scénographie polymorphe, il a placé son comédien principal (Vassili Schneider à la création, Roméo Mariani pour la tournée) au centre de l'attention, le père (Yann Pradal) étant une présence presque fantomatique habilement convoquée, pour un spectacle subtil et émouvant.

(É)mouvoir

Mise en scène de Claire Petit et Sylvain Desplagnes, 30 min, dès 6 mois. À l’intérieur même d’un décor de forêt doux et enveloppant, les tout-petits pourront se déplacer, toucher, observer, écouter. Accompagnés par une marionnettiste, ils partiront à l'aventure au contact de la nature mouvante.

Notre avis : Régulièrement des compagnies s'attèlent à s'adresser aux bébés avec des moyens restreints, tant l'économie du théâtre jeune public est précaire. Voici que Claire Petit et Sylvain Desplagnes s'offrent les moyens d'une scénographie immersive pour les tout-petits dès 6 mois. De petites boules orange évoluent dans un monde ouaté blanc-crème et des végétaux s'animent, sortant des limbes ou tombant du ciel. De quoi faire ses premiers pas au théâtre avec une grande délicatesse.

Big Mother

Par la compagnie Mélody Mourey. Alors qu’un scandale éclabousse le Président des États-Unis et agite la rédaction du New York Investigation, la journaliste Julia Robinson voit sa vie vaciller dans la salle d’audience d’un tribunal quand elle croit reconnaître sur le banc des accusés son compagnon, mort quatre ans plus tôt. Son enquête croise celle de son équipe, et la petite cellule du New York Investigation se retrouve confrontée à un programme de manipulation de masse d’une ampleur inédite.

Notre avis : Nom bankable du théâtre privé français, Mélody Mourey a créé il y a deux ans un nouveau hit à succès. Soit une sorte de thriller dans le milieu journalistique états-unien, efficace dans sa narration et ses rebondissements (il est question d'un mort qui réapparaît subitement) et au plus près des enjeux démocratiques contemporains - le titre de la pièce est évidemment une référence à George Orwell. Voilà qui fait le job, même si c'est parfois aux forceps et à gros traits.

La vie secrète des vieux

Mise en scène de Mohamed El Khatib, 1h10, dès 15 ans. Après ses précédents succès au Théâtre de la Croix-Rousse, Mohamed El Khatib est de retour en invitant des femmes et des hommes âgés de 75 à 102 ans pour partager leurs histoires de coeur. Dans cette performance drôle et touchante, ces anciens évoquent avec sincérité leurs aventures sentimentales et intimes, passées ou présentes.

Notre avis : Raconter La Vie secrète des vieux, et notamment leur rapport au désir, avec sur le plateau des « vrais vieux », c'est ce qu'a entrepris le metteur en scène et auteur Mohamed El Khatib, grande figure d'un théâtre documentaire enrichi par la fiction. Le résultat est à la fois touchant, drôle, politique et, surtout, empreint de la fragilité et de la mélancolie de la fin de vie, l'une des interprètes amateurs étant décédée depuis la création en 2024.

Pistes...

Texte et mise en scène de Penda Diouf, 1h55, dès 14 ans. Dans ce seule-en-scène, Penda Diouf prend le parti de l’autofiction pour révéler la mémoire de la colonisation en reliant son enfance en France, marquée par le racisme systémique, au récit de son voyage en Namibie sur les traces de son héros d’adolescence, l’athlète Frankie Fredericks, seul Namibien à avoir remporté un titre olympique.

Notre avis : Pour sa première mise en scène, l'autrice franco-sénégalaise Penda Diouf est partie de sa propre histoire et l'a reliée à la grande. Ou comment une jeune fille noire, élevée quelque part en France, là où les regards pointent la différence, décide, à l'âge adulte, après avoir découvert l'athlète namibien Frank Fredericks, de se rendre en Namibie, là où la colonisation allemande a conduit à un génocide au début du siècle dernier. Interprété par Nan Yadji Ka-Gara, ce riche seule-en-scène déploie de nombreuses pistes - politiques, engagées - afin d'écrire toutes les histoires.

Nexus de l'adoration

Texte et mise en scène de Joris Lacoste, 2h. Dans une grande cérémonie performative, Joris Lacoste réunit toutes les expériences individuelles du monde pour mieux célébrer notre hétérogénéité, entre poésies répétitives, chansons pop, prières matérialistes, chorégraphies K‑pop, dialogues absurdes, duos TikTok, discours flamboyants et confidences intimes en mode stand‑up.

Notre avis : Alerte ovni scénique, de ceux qui emballent une partie du public autant qu'ils en agacent une autre, bien décidée à quitter la salle avant la fin de la représentation - ici quelque 2h20 tout de même. En ayant créé une sorte de comédie musicale à la gloire des "choses" (des objets, des concepts, des discours...), l'auteur et metteur en scène Joris Lacoste a placé les mots au centre du plateau, délivrés par des interprètes chantant sur une musique live hypnotique. Entre la messe géante, l'arty fascinant et la grosse blague assumée.

L'Abolition des privilèges

D’après Bertrand Guillot, mise en scène d'Hugues Duchêne, 1h15. Après avoir parlé de la politique actuelle, Hugues Duchêne plonge au cœur de la nuit du 4 août 1789, lorsque des jeunes députés sont venus à Versailles pour abolir les privilèges des bien-nés, un moment fondateur de la nation française.

Notre avis : De ce moment fondateur qu'est la fameuse nuit du 4 août 1789 ayant permis L'Abolition des privilèges, le metteur en scène Hugues Duchêne a fait un spectacle survolté pour un comédien. Un pan de l'histoire française réanimé façon one-man-show, Maxime Pambet changeant de rôle en quelques secondes pour enflammer un discours, rejouer un affrontement, délivrer une anecdote... Captivant.

Les gros patinent bien

De Pierre Guillois et Olivier Martin-Salvan, 1h20, dès 10 ans. Comme des Laurel et Hardy des temps modernes, un homme en costume trois pièces passe tout le spectacle assis, tandis qu’un autre, en maillot de bain, s’agite autour de lui, brandissant des centaines de cartons racontant un voyage imaginaire à travers le monde. Il fait ainsi défiler des paysages, des personnages et même des animaux croisés au cours de cette drôle d’épopée. 

Notre avis : Un gros homme, statique sur scène, se lance dans un impressionnant voyage grâce à un maigre acolyte qui matérialise avec des cartons tout un tas d'accessoires, de paysages, de compagnons de route... Signé Olivier Martin-Salvan et Pierre Guillois, Les Gros patinent bien, cabaret de carton est un bijou burlesque au succès phénoménal mérité depuis sa création en 2020. Interview de Pierre Guillois à lire sur notre site (« faire marrer les gens, c'est notre travail ! » nous dit-il).

White dog

Mise en scène de Camille Trouvé et Jonas Coutancier, 1h35, dès 12 ans. Dans l’Amérique des années 1960, bouleversée par de violentes luttes raciales, un couple recueille un chien. D’apparence douce et affectueuse, il est dressé pour attaquer les personnes noires ; un récit sur la haine, le conditionnement et l’instrumentalisation sur fond de jazz.

Notre avis : Créé en 2017, White Dog de la compagnie Les Anges au Plafond, grand nom français de la marionnette, est un petit bijou de spectacle construit autour du roman Chien blanc de Romain Gary. Dans ce texte de 1970, l'auteur raconte comment, aux États-Unis avec son épouse Jean Seberg, il a recueilli un chien abandonné d'apparence affectueuse, sauf quand il croise une personne noire... Une œuvre forte, politique, qui, sur scène, a été habilement adaptée avec une scénographie en papier, de la vidéo, des jeux de lumière et de la musique live.

Face à la mère

Mise en scène de Guy Cassiers, 1h30. Après vingt années passées en Afrique puis en Europe avec sa famille, une femme décide de retourner à Haïti, sa terre natale. Dans ce pays progressivement en proie à la violence puis au chaos, elle choisit de rester envers et contre tout, y devient enseignante, consacre sa vie à s’occuper des autres avant d'y mourir tragiquement.

Notre avis : Un homme, seul sur le plateau, évoque le souvenir de sa mère, assassinée en Haïti, et la douleur qui a suivi. En 2006, le comédien, metteur en scène et dramaturge Jean-René Lemoine a publié puis joué le texte Face à la mère. C'est ce même texte qu'il reprend aujourd'hui, avec la voix calme de celui qui ne veut pas imposer sa peine, dans une mise en scène humble, au cordeau, de Guy Cassiers, l'un des papes du théâtre européen. Pour un moment presque hors du temps.

Au nom du ciel

Texte et mise en scène de Yuval Rozman, 2h, dès 15 ans. Après Ahouvi en 2023, Yuval Rozman aborde le quatrième opus de sa Quadrilogie de ma Terre, une œuvre qui aborde le lien avec son pays natal et le territoire israélo-palestinien. Dans cet ultime épisode, il prend de la hauteur et met en scène le point de vue de trois oiseaux qui enquêtent sur l’assassinat d’un jeune Palestinien autiste de 32 ans, Iyad Al-Hallaq, tué par la police israélienne en 2020.

Notre avis : En plein dans l'actu mais avec décalage. Homme de théâtre israélien installé en France et très critique envers la politique de Benyamin Netanyahou, Yuval Rozman a choisi, pour le quatrième volet de sa série baptisée Quadrilogie de ma terre, de prendre de la hauteur en confiant le récit à trois oiseaux témoins de l'assassinat, en 2020, d'un Palestinien autiste par la police israélienne. Des oiseaux engagés, forcément, mais également délicieusement vulgaires, pour un spectacle en tous points surprenant et captivant.

Une maison de poupée

D'après Henrik Ibsen, mise en scène d'Yngvild Aspeli et Paola Rizza, 1h20. Par amour pour son mari banquier et pour le sauver de sa maladie, Nora a contracté un emprunt illégal qu’il ne lui pardonne pas. Face à cette hypocrisie, elle préfère quitter son foyer et leurs trois enfants. Mi‑femme, mi‑oiseau, Nora se libère de son mariage avec grâce et conviction.

Notre avis : Metteuse en scène, comédienne et marionnettiste, la Norvégienne installée en France Yngvild Aspeli a choisi d'adapter la pièce culte du répertoire norvégien et européen qu'est Une maison de poupée d'Ibsen avec, forcément, des marionnettes. Un parti pris pertinent tant visuellement, la scénographie brouillant la frontière entre illusion et réalité, que sur le fond. L'aspect féministe du texte (une femme qui refuse d'être réduite au rôle de poupée par son mari) saute ainsi littéralement aux yeux, à l'image des immenses araignées convoquées sur scène.

Marius

D'après Marcel Pagnol, mise en scène de Joël Pommerat, 1h20, dès 12 ans. Les affaires du café‑boulangerie de César vont plutôt mal, les clients se font rares et son fils Marius n’a guère envie de reprendre le commerce. Partagé entre son envie de prendre le large et son amour pour Fanny, une amie d’enfance, le jeune homme se demande s'il faut tout quitter au risque de tout perdre, ou rester et honorer son devoir de fils.

Notre avis : Joël Pommerat revient à Lyon avec Marius, adaptation du texte de Marcel Pagnol portée par des interprètes professionnels et d'anciens détenus rencontrés lors d'ateliers en prison. En artisan précis du théâtre, il a dirigé ce petit groupe hétéroclite avec finesse, respectant la nature de chacun, pour composer un spectacle à plusieurs niveaux de lecture qui se déploie magistralement et avec fragilité. À noter que Pommerat sera également au TNP fin novembre avec son nouveau conte Les Petites Filles modernes.

Le soleil brille pourtant dehors

Écrit par Marine Chartrain, mise en scène de Louen Poppé, Mathilda Bouttau et François Geslin, 1h. Dans sa maison d’enfance, Adèle vit avec Samy, son partenaire. Depuis quelques mois, leur enfant a disparu sans laisser de trace derrière elle. Les recherches ne mènent à rien et le temps s’étend dans l’attente d’un indice, d’une explication.

Notre avis : Voilà un spectacle lynchéen. L'adjectif est beaucoup galvaudé et trop facilement utilisé pour décrire par paresse tout ce qui est étrange, mais ce spectacle là, découvert à l'Élysée le jour même du décès du réalisateur américain iconique (!), l'est pleinement. Le trio de créateurs son et lumière de la compagnie Maison vague, formé à l'ENSATT s'est adjoint le texte (commandé) de leur collègue dramaturge Marine Chartrain. Et voilà que cette histoire de parents déboussolés après la perte d'un jeune enfant devient un labyrinthe aussi visuel que réflexif.