Giédré : « La fin du monde c'est toujours très inspirant »
Humour / Des chansons drôles sur des sujets pas drôles : cela définit bien Giedré, chanteuse et humoriste que nous avons rencontrée lors de sa tournée nationale célébrant ses 15 ans de carrière. Giedré était sur la scène du Palais de la Mutualité (Lyon 3ᵉ) le 8 octobre 2025.
Photo : Giedré était sur la scène du Palais de la Mutualité (Lyon 3ᵉ) le 8 octobre 2025
Féministe bien avant metoo, celle qui aborde cyniquement des sujets sociétaux et politiques guitare à la main avait fait une apparition retentissante dans l'émission musicale Taratata en mars 2013. Elle y avait interprété le titre Pisser debout dans lequel elle s'imagine au masculin avec tous les avantages que cela suppose dans une société patriarcale. Son texte fin, drôle et avant-gardiste, avait rapidement touché un large public.
La radio comme booster
Cinq ans plus tard, après une vague metoo jamais retombée et une carrière qui a suivi la même courbe, Giedré partage sa vie pro entre la scène et la radio. Après France Inter, on la retrouve aujourd'hui régulièrement dans l'émission de Guillaume Meurice La Dernière sur Radio Nova. Elle le dit, écrire pour la radio lui a appris une certaine rigueur : « quand on est sur un plateau de radio, il faut que ce soit plus efficace, plus impactant tout de suite ».
Le rire comme contrepouvoir
Car l'intime est politique, elle évoque aussi, crûment, les aléas de la parentalité. Ainsi, récemment, elle chantait Faire caca toute seule sur le plateau de La Dernière dans laquelle elle narrait en filigrane les aléas de la vie de jeune mère. Un titre tournant en dérision le quotidien d'une frange de la population dont la première cause de mortalité est le suicide. Le rire, comme l'écrit la philosophe Olivia Gazalé dans Le Paradoxe du rire : Et si ce n'était pas toujours drôle ? (aux éditions Seghers, 2024) est un contrepouvoir : « Quand on fait rire, on fédère autour de soi une armée de rieurs. C'est un danger pour la stabilité du pouvoir ». Giedré avoue d'ailleurs espérer qu'il n'y ait pas « que des gens de gauche » dans ses salles. « Venez gens de droite, vous êtes les bienvenus ! » conclut-elle.
