Villa Gillet

L'âme slave moderne

par JED
Publié Lundi 18 mai 2026

Musique classique / L'orchestre national de Lyon réunit deux grands compositeurs russes du début du 20ᵉ Siècle, deux exilés qui ont beaucoup innové tout en s'appuyant sur la tradition musicale russe.

Photo : Portrait Bruce Liu DR

Sous la direction d'Anna Rakitina, jeune cheffe russe (née à Moscou en 1989), l'Orchestre National de Lyon s'attelle à deux œuvres importantes de la modernité russe du début du 20e Siècle : le Concerto pour piano N°3 de Sergueï Prokofiev et les Danses symphoniques de Sergueï Rachmaninov. Si les deux compositeurs ont choisi l'exil après la Révolution russe de 1917, ils conservent tous deux un lien profond avec les traditions musicales de leur pays d'origine : pour les propulser vers des rythmiques effrénées et parfois ironiques chez Prokofiev, avec davantage de nostalgie voire de franche mélancolie chez Rachmaninov.

Sombre et mélancolique

Achevé l'été 1921 lors d'un séjour en Bretagne, le troisième concerto de Prokofiev acquiert très vite une grande popularité. Son premier mouvement est tout simplement époustouflant, faisant « mordre la poussière » au piano : dissonances, accélérations, percussions, dysrythmies... sur fond de mélodies traditionnelles russes. La partition exige une grande virtuosité, à laquelle fera face le pianiste canadien Bruce Liu, récent lauréat du concours Frédéric Chopin en 2021.

Composées en 1940, les trois Danses symphoniques de Rachmaninov sont comme une synthèse orchestrale de son œuvre : grandeur mélodique, richesse harmonique, art du contrepoint, lyrisme, couleur orchestrale souvent sombre et mélancolique. 

Les deux œuvres partagent en tout cas un ancrage nostalgique russe et une volonté d'innovation rythmique et harmonique : dans la provocation et l'éclat chez Prokofiev, dans l'émotion et le lyrisme chez Rachmaninov.

Danses symphoniques,  Rachmaninov/Prokofiev
Jeudi 21 mai 2026 à 20h et samedi 23 mai 2026 à 18h à l'Auditorium (Lyon 3e) ; de 10 à 54€