Cinéma sous les étoiles : After Hours

Publié Jeudi 4 juin 2026

Projections / Quatre soirs consécutifs, la place d'Aisnay devient un lieu de visionnage et de partage à la faveur d'une très belle programmation.

Photo : Parasite © The Jokers Les Bookmakers

Quatre films, quatre genres, quatre styles. On passera rapidement sur l'apprécié, quoique discutable car sournoisement conservateur, Captain Fantastic pour se concentrer sur trois véritables projections-événements.

Palme d'Or la plus populaire de ces dix dernières années, Parasite de Bong Joon-ho est déjà un classique. Rarement un film aura réussi avec une telle virtuosité à émouvoir, faire rire, inquiéter et déranger dans un même mouvement s'adressant simultanément à tous les publics. Derrière sa mécanique de thriller parfaitement huilée, le cinéaste coréen signe surtout une satire sociale d'une précision redoutable. Sa mise en scène, aussi ludique que brillante, permet à chacun d'y trouver son propre niveau de lecture. Un film que l'on revoit inlassablement avec le même plaisir, et la même fascination.

Œuvre précurseure, The Truman show de l'Australien Peter Weir offre à Jim Carrey l'un de ses plus grands rôles. Cette satire visionnaire d'un voyeurisme devenu permanent, d'une société du spectacle sans morale et d'un monde saturé d'images paraît aujourd'hui encore plus actuelle qu'à sa sortie, il y a près de trente ans. Derrière son apparente légèreté, le film questionne avec une étonnante acuité notre rapport à la liberté, à l'intimité et à la fabrication du réel.

Dans l'histoire du studio Ghibli, derrière l'immense Hayao Miyazaki, se cache un autre géant du cinéma d'animation : Isao Takahata (Le Tombeau des lucioles, Le Conte de la princesse Kaguya). Avec Pompoko, fable écologique aussi drôle que mélancolique, le cinéaste met en scène une communauté de tanukis capables de se métamorphoser pour lutter contre la destruction de leur habitat naturel. Sous ses allures fantasques et burlesques, le film déploie une réflexion profondément humaniste sur la modernité, l'urbanisation et la disparition progressive du vivant.

Cinéma sous les étoiles
Du 15 au 18 juillet 2026 dès 20h (début des films à 22h) place d'Ainay (Lyon 2e) ; gratuit